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Vue imprenable sur la Fin du monde

Par Baptiste Gilleron le 20 décembre 2012                      Lien  
Avec ce fameux calendrier Maya nous annonçant l'apocalypse pour demain, on aurait pu penser qu'éditeurs et auteurs en profiteraient cette année pour nous inonder d'albums sur le sujet. Mais contrairement aux chaînes de télé et autres journaux à sensation, la bande dessinée n'a que très peu surfé sur la vague, à l'exception de Jean-Christophe Menu et de... Lapuss' et Sti.

Du côté de JC Menu, L’Apocalypse a eu lieu avant l’heure et on ne peut pas dire que cela ait bouleversé le climat éditorial de l’Hexagone, ni précipité le 48cc dans l’enfer.

Heureusement, Lapuss’ et Sti se sont jetés à l’eau pour nous livrer un déluge de gags. De quoi se payer une dernière bonne tranche de poilade avant que ne survienne (ou pas ?) cette fin du monde.

Trop occupé à glandouiller et à siroter du bourbon là-haut, Dieu a laissé ses créations se débrouiller toutes seules sur Terre. Et comme le lui demande sa gentille femme qui semble porter la culotte à la maison, il finit par jeter un oeil sur ce qu’il s’est passé pendant qu’il trainait en slip dans son transat. Force est de constater que c’est le bazar et qu’il a laissé passer de grosses boulettes, comme ce "Hitler", là. Seule solution pour résoudre tous les problèmes : détruire l’humanité. Dieu descend donc sur Terre et, après avoir forcé sur la bouteille, rencontre Noé dans des circonstances pas très glorieuses. Il lui confie alors l’importante mission de construire une arche pour sauver chaque espèce animale. Rien que ça !

Une nouvelle fois, Lapuss’ prouve qu’il est un véritable gagman. À grand renfort de situations saugrenues et de trouvailles bien senties, il revisite cet épisode de la Genèse d’une manière décalée, gentiment irrévérencieuse. En ressortent des demies-pages très drôles, sinon hilarantes. Dieu en prend pour son grade, accumulant les bourdes et les vices. Noé, lui, est bien plus simple et plus sage, son seul problème étant de se retrouver embarqué dans une histoire qui le dépasse. Deux personnages à la fois complémentaires et attachants, y compris dans leurs travers.

Vue imprenable sur la Fin du monde
Extrait de "La fin du monde T1 : le déluge"
© Lapuss’ - Sti - Editions Paquet 2012

La complémentarité se fait aussi entre les auteurs de La Fin du monde. Sti, plus habitué à un humour qu’on appellera familial (avec ses séries telles que Les Rabbit ou La ferme !), se montre parfaitement à l’aise pour illustrer ces gags. Son style simple -dans le sens positif du terme- et reconnaissable apporte d’une certaine manière la touche de fraîcheur supplémentaire qui pourrait tout faire passer sans accroc. Le dessinateur ne s’embarrasse pas trop de décors quand ceux-ci ne sont pas nécessaires, et on ne lui en voudra pas puisque cela fonctionne et permet aux planches de respirer.

En bref, nous ne pouvons que vous recommander la lecture de cet album avant qu’il ne soit trop tard. Et, qui sait si l’on survit, les auteurs devraient nous prédire une autre Fin du monde. Croisons les doigts !

Extrait de "La fin du monde T1 : le déluge"
© Lapuss’ - Sti - Editions Paquet 2012

(par Baptiste Gilleron)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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La Fin du monde T1 : le déluge - Par Sti et Lapuss’ - Éditions Paquet

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Le Piou T1 avec Baba et Tartuff

In Vitro Veritas

Alea Gesta Est

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6 Messages :
  • Vue imprenable sur la Fin du monde
    20 décembre 2012 16:24

    la bande dessinée n’a que très peu surfé sur la vague, à l’exception de Jean-Christophe Menu

    Même pas. Vous n’avez pas lu son communiqué de presse pour le lancement de l’Apocalypse ?

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  • Vue imprenable sur la Fin du monde
    21 décembre 2012 00:35, par Alex

    on ne peut pas dire que cela ait bouleversé le climat éditorial de l’Hexagone, ni précipité le 48cc dans l’enfer.

    Après 4 mois d’existence, vous vous attendiez à quoi ? Et, Menu dans son communiqué de presse (que vous n’avez pas lu -ou alors feignez-vous de l’ignorer ?)explique dès les premières lignes d’où vient le nom de sa nouvelle maison d’édition et prend d’emblée ses distances avec la (fausse)théorie apocalyptique Maya. Vous devriez pourtant vous douter qu’il est un peu plus érudit que cela. Il replace ce nom dans un contexte historique pré-"Association". Le reste de votre chronique n’a d’ailleurs rien à voir avec Menu. Je me demande donc pourquoi Menu apparait encore sur ce site comme qq’un "surfant" sur une vague, une hype ? C’est totalement faux, c’est écrit noir sur blanc. "Le sage sait ce qu’il dit, l’idiot dit ce qu’il sait" (proverbe rabbinique)

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    • Répondu par Phil C le 21 décembre 2012 à  09:58 :

      De plus, "Susceptible" de Geneviève Castrée, le n°1 de l’éditeur, est un livre remarquable, dont on a bizarrement peu entendu parler.

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      • Répondu par Alex le 22 décembre 2012 à  01:15 :

        Votre alias me rappelle un certain Phil Casoar. J’élucubre peut-être...

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  • Crise et apocalypse
    26 décembre 2012 17:29, par Bardamor

    J’ai quand même vu passer une couverture de "Spirou magazine" exploitant le côté "no future" des divers courants apocalyptiques. Comme me disait un pote anarchiste récemment, il y a des tas de gens dans le monde qui en bavent tous les jours et seraient ravis que l’apocalypse se produise demain.
    - D’ailleurs la culture US n’a pas attendu l’affaire du calendrier Maya pour produire films et feuilletons apocalyptiques depuis une quinzaine d’années. La culture protestante a coutume de faire du pape et de l’Eglise romaine des alliés de la bête satanique, ce qui explique sans doute le frein mis dans les pays de tradition catholique romaine au propos apocalyptique.
    - Je n’ai pas constaté que les médias français "exploitaient" spécialement l’affaire du calendrier maya, mais plutôt qu’ils adoptaient le plus souvent le ton railleur de l’auteur de cet article.

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    • Répondu par Alex le 27 décembre 2012 à  01:52 :

      >La culture protestante a coutume de faire du pape et de >l’Eglise romaine des alliés de la bête satanique,
      >
      C’est ridicule, vous sortez vos images du protestantisme du 17e siècle. Et vous connaissez très mal cette branche du christianisme. Ou alors continuez car je sens qu’il y a lieu pour moi de s’amuser et de briller !

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