Les Contrebandiers de Moonfleet - Par Marion Mousse & Igor Szalewa - Treize Etrange

30 mai 2009 0 commentaire
  • Un jeune garçon côtoyant une bande de contrebandiers, se voit chargé par le fantôme de Barbe-Noire, de retrouver son trésor. Une présentation atypique qui transporte le lecteur : un grand moment épique !

Au 18e siècle, John Tranchard est un jeune orphelin élevé par sa tante dans le village Anglais de Moonfleet ; tranquille petite cité littorale le jour, et un haut lieu de contrebande la nuit... En jouant près du cimetière, John va découvrir par hasard que la bande d’Elzévir Bloch utilise la crypte sous l’église comme cachette pour le produit de leur contrebande.

Pour les observer de plus près, John va se laisser enfermer dans cette crypte qui abrite aussi la dépouille du célèbre Barbe Noire, mort sans avoir révélé l’emplacement de son fabuleux trésor ! Mais bientôt, John se retrouve pris à partie par les autorités locales et se voit obligé de quitter l’Angleterre en compagnie de Bloch... Les Contrebandiers de Moonfleet - Par Marion Mousse & Igor Szalewa - Treize Etrange

Voici un album Étrange pour un format qui ne l’est pas moins. En effet, dans une coupe peu commune, on retrouve une deux tiers d’une planche classique par page, pourtant on ne peut vraiment le qualifier d’à l’italienne, la forme semblant plus carré. Avant d’ouvrir la première page, on s’attend déjà à rentrer dans un univers pas vraiment réaliste mais rude, aventureux mais non dénué de violence.

L’entrée en matière est d’ailleurs assez spéciale : on distingue mal le blanc du noir, le sol et la mer s’entremêlent, ce sera un récit de marins ; mieux : de pirates ! Passant outre cette déstabilisation, on se laisse donc emporter par la folle vie de ce gamin qui rêve d’aventures. Bien entendu, cela ne se passera pas vraiment comme prévu, mais qu’importe la destination, pourvu que l’on ait le voyage, et parfois c’est lorsqu’on est arrivé, qu’on se rend compte que l’on était sans doute pas si mal chez soi.

Bâti sur des fondations similaires à Achab, un autre très bon récit de Treize Etrange, Les Contrebandiers de Moonfleet est un bel album qui explore le sujet peu connu de la contrebande. Si on retombe rapidement dans une opposition assez classique, doublée d’un apprentissage croissant, l’allégorie à nos vies devient évidente à la fin du récit, ce qui ravira les esthètes qui auraient choisi le livre sur la forme.

Les autres vibreront au rythme des aventures de ce jeune héros et pourront se laisser submerger par ce noir et blanc rigide et à la fois vivant, comme un pirate bourru qui cache un cœur d’or, mais ce sont parfois les imperfections qui rendent un conte crédible…

Après son adaptation cinématographique par Fritz Lang, le roman de John Meade Falkner revient sur ses bases du passage de l’enfance à l’âge adulte, avec ses prises de conscience. Chez le même éditeur, notons que Marion Mousse et Igor Szalewa avaient déjà publié la première partie de ce récit dans un format plus classique et en couleurs. [1] Le noir et blanc, ainsi que ce format peu habituel conviennent mieux à l’ambiance mystérieuse du récit.

(par Charles-Louis Detournay)

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Lire les premières pages(attention, l’agrandissement déforme les planches)

[1Rodolphe et Dominique Hé ont également adapté le roman de Falkner dans un diptyque intitulé sobrement Moonfleet et publié chez Robert Laffont.

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