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Lucky Luke chez les gays

  • Aujourd’hui, on vous parle d’un album particulier, un hommage à Lucky Luke : « Lucky Luke Choco-Boys. » On avait connu jadis « Lucky Luke chez les Pieds bleus » avec des blanchisseurs chinois et des dormeurs mexicains, c’était la période Morris, Lucky Luke au XXe de Cavalerie ou recevant un Pied-Tendre, c’était la période Goscinny. On avait vu récemment, avec Jul, Lucky Luke chez les juifs -La Terre promise- et Lucky Luke dans le coton, entendez par là parmi les blacks, les esclaves émancipés afro-américains… Alors quoi, dans cet album, Lucky Luke est gay ou bi ? "So what ?" répondrait Jon Kent. Il va falloir lire l’album pour le savoir...

On connaît désormais les déclinaisons de « Lucky Luke par… » . Des hommages signés Bouzard, Mawill et, dans une facture plus réaliste, Mathieu Bonhomme.

Cette histoire est dûe à une star de la bande dessinée gaie allemande : Ralf König, dont deux des récits avait été adaptés au cinéma sous le titre de Der bewegte Mann (1994), faisant quelque 7 millions d’entrées. Un phénomène de société en Allemagne dont la législation avait longtemps criminalisé l’homosexualité. Ce nouveau Lucky Luke donc, c’est la jonction entre l’univers de Morris et cette nouvelle sensibilité dans la BD de western.

Lucky Luke chez les gays

Lucky Luke dans Choco-Boys fait la rencontre d’un couple de gays façon Broreback Mountain. Pas pas en 1960-80, comme dans le film, mais en 1870-80, la période où vit Lucky Luke. Le narratif est assuré par un cow-boy gay qui raconte sa rencontre avec l’homme qui tire plus vite que son ombre (aucune allusion graveleuse : c’est pour éviter la répétition) qui, sachez-le, n’est désormais plus seulement le défenseur de la veuve et de l’orphelin, mais aussi des gays. Cela nous vaut un regard un peu sexy sur le cowboy où l’on évoque ses tétons roses, son corps imberbe, les quelques poils qui remontent jusqu’à son nombril (on le voit d’ailleurs pour la première fois déshabillé ou torse nu) dans une comédie très drôle et très décalée.

Au passage, on découvre que Calamity Jane est lesbienne (So What ? dirait Wonder Woman), amoureuse de Sitting Butch (en slang dans le texte). On entend Lucky Luke dire : « Les cow-boys devraient coller la main le plus souvent sur le « long john » de leurs collègues ! On aurait la paix dans l’Ouest !  » Même les Dalton jouent les groupies. Pas sûr que Morris aurait beaucoup apprécié (on se souvient qu’il avait claqué la porte de l’Académie des auteurs du Festival d’Angoulême quand Vuillemin avait été élu), mais c’est un joli moment de lecture.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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8 Messages :
  • Lucky Luke chez les gays
    17 octobre 04:45, par patrick

    Le sujet à la mode en ce moment !

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    • Répondu par J.Pinkman le 18 octobre à  05:19 :

      Sujet a la mode...lol.

      Comme le climat ?

      Ou les scandales d’affaires sexuel ?

      Non non, c’est juste des chose qui sont moins invisibiliser, et qui sont traités avec plus d’egard. Tout simplement. Les différences non jamais été une mode. Ça a toujours existé, encore une fois c’est juste qu’on les traite enfin comme il se doit.

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  • Lucky Luke chez les gays
    17 octobre 06:25, par Milles Sabords

    Je n’ai jamais été un grand lecteur de Lucky Luke, mais ce nouvel opus du principe de "vu par...", me dérange. Non pas dans le traitement graphique ou l’histoire, mais dans la logique éditorial. Depuis les précédent Lucky Luke de Bonhomme, Bouzard, Mawill, le Blueberry de Sfar & Blain, le Tif & Tondu de Blutch, les reprises de Spirou pas toujours heureuses et celles encore moins de Bob Morane, le Corto de Vivès, cette surenchère des éditeurs à faire du neuf avec du vieux, finit par dévaluer les œuvres originelles. On tue le patrimoine au détriment du pécunier. Finalement, ce sont bien nos éditeurs qui tournent en rond et manque d’imagination. Ils ne veulent plus investir sur de nouvelles recettes de créations et leur cuisine sens le réchauffé. Bien sûr, il y a aussi de belles réussites dans les reprises, le Spirou de Bravo, le Ric Hochet de Van Liemt, le XIII de Jigounov, l’Alix Senator de Mangin, ou le nouvel Astérix, mais tout ceci démontre un monde de la BD en perte de vitesse, proche de ses sous, sauf pour les paradis fiscaux et au détriment des auteurs-autrices.

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    • Répondu par Eric B. le 18 octobre à  07:34 :

      Vous avez raison mais cela a tellement été dit mille fois que ça ne vaut même plus la peine de se fatiguer à donner à nouveau son avis sur ce genre de publication pathétique. La seule chose à faire, c’est de ne pas acheter. Il n’y a aucune démarche logique ni artistique dans ce genre de reprise, seul l’appât du gain prime. Donc autant faire comme eux et ignorer ce genre d’album. Parler ne sert plus à rien, ne pas acheter sera beaucoup plus efficace.

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    • Répondu par PATYDOC le 18 octobre à  08:33 :

      "au détriment ... du pécuniaire"

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      • Répondu le 18 octobre à  09:08 :

        Ralf Konig est un grand auteur. Je vais évidemment l’acheter. Mais il est clair qu’à multiplier les déclinaisons de vieilles séries au lieu de créer de nouvelles fictions et de nouveaux personnages, les éditeurs franco-belges scient lentement la branche sur laquelle ils sont assis.

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        • Répondu par Anne Teuf le 24 octobre à  20:41 :

          Un album sympathique, mais à mon avis bien "gentil", j’en attendais plus de la part de Ralph König. C’est très bavard, il ne se passe rien de surprenant, les références ( l’intervention des Daltons par exemple ) semblent un peu forcées. Dans le genre, la reprise de Lucky Luke par Mawil "Lucky Luke se recycle" est bien meilleur.

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        • Répondu par nina.everda le 29 octobre à  01:51 :

          Ils scient lentement mais sûrement oui ...

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