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Lucky Luke et la théorie du cycle

  • Lucky Luke suivrait-il le même chemin que Spirou ? Là, le voilà sous le crayon de Mawil, gagnant une course de vélo. À la rentrée, il va faire entrer en pâmoison tous les cow-boys gays du Far West… Sans aucun doute, donc. Les « Spirou par… » se déclinent depuis près de 15 ans avec plus ou moins de réussite. La démarche de ces « Lucky Luke par… » est distincte de celle de la série régulière qui s'emploie à perpétuer le « canon » graphique de l'auteur d'origine, comme c'est le cas pour Astérix, Blake et Mortimer, Les Schtroumpfs ou… Spirou. Pour ces avatars, on confie une série du patrimoine à un « auteur » qui, tout en restant dans l'hommage, distord davantage les codes du créateur d'origine pour en faire « son » œuvre. Un peu comme Cézanne faisant un clin d'œil à Manet ou Picasso à Vélasquez. Mais la manœuvre va bien au-delà de la démarche artistique : c'est une leçon de marketing.

La formule est éprouvée dans l’édition depuis que l’éditeur Émile de Girardin dans la première partie du XIXe siècle a popularisé le feuilleton : chaque nouvel épisode est un rendez-vous avec le lecteur, à date régulière. Et chaque nouvel album provoque l’intérêt de nouveaux lecteurs dans un effet « boule de neige » constituant une communauté de lecteurs fidèles. Ainsi, la sortie hyper-vendeuse d’un nouvel Astérix ou d’un nouveau Blake & Mortimer s’accompagne d’un réassort de milliers de volumes sur le « back catalogue ».

L’intérêt d’une telle opération est double : elle permet de revendre encore et encore des titres amortis depuis des décennies et produisant par conséquent une marge plus importante, une véritable machine à cash, et de répartir sur un plus grand chiffre d’affaires la promotion faite sur la nouveauté. Une promotion qui renforce encore la puissance de la marque.

Rompus à ce genre de procédé depuis des années, le cinéma (Chaplin, Disney, James Bond, Star Wars, Indiana Jones…) comme l’industrie du comics (Superman, Batman, X-Men, Spider-Man, Walking Dead…) et des mangas (One Piece, Dragon Ball, Naruto…) s’y adonnent avec application.

Pondérer les fins de cycle

Mais toute marque s’use au bout d’un cycle de six à dix ans, si on ne la renouvelle pas. C’est surtout vrai pour des univers jeunesse. La raison ? L’enfant, l’ado, ou le jeune adulte qui a été fan de Spawn, de Goldorak voire de Tintin a évolué et est souvent passé à « autre chose ». Mais il y revient avec nostalgie. D’où les trésors d’ingéniosité de la part des éditeurs pour travailler ce public qui, entretemps, a gagné en pouvoir d’achat. L’intérêt, à ce stade, c’est de pérenniser la marque, de faire en sorte qu’elle passe le cap de la transmission aux générations suivantes.

Lucky Luke et la théorie du cycle
Né en 1947, le héros de Morris va connaître de nombreux avatars... Surtout dans les années à venir.

Un personnage né au milieu du XXe siècle

Lucky Luke est un bon exemple. Voici un personnage, né en 1947, qui est passé d’un public enfantin, celui du Journal de Spirou, une clientèle populaire (les premiers albums souples étaient destinés au réseau des supermarchés) à celui, plus adulte, de Pilote (1968, les albums passant en cartonné). À l’instar d’Astérix, la série a acquis un statut de classique, multipliant les références à double lecture, certaines séquences plaisant davantage aux enfants, d’autres aux adultes, devenant ainsi un best-seller.

Le premier dessin animé de Belvision est très fidèle.
© Belvision.

Le premier film, un long-métrage de dessin animé sort en 1971 chez Belvision. La série TV d’Hanna et Barbera une décennie plus tard (1984), la seconde chez IDDH sept ans après (1991), la troisième chez Xilam en 2001 avec « Les Nouvelles Aventures de Lucky Luke », puis avec un long métrage d’animation en 2007, décliné pour la TV en spin-off avec des formats courts incluant Rantanplan (2’) et Les Dalton (6’). Le tout entrecoupé de films live pas trop réussis. C’est la vie habituelle d’une licence.

La version Xilam, surtout pour les personnages secondaires, se distancie déjà un peu.
© Lucky Productions, Xilam.

La série régulière a continué bien après la mort de Morris (2001) grâce au dessinateur Achdé aidé de divers scénaristes parmi lesquels Laurent Gerra et Jul. Là encore avec une réussite commerciale en dents de scie.

Arrive la dernière étape : les « Lucky par ». Avec d’entrée une réussite : la version de Mathieu Bonhomme. Deux albums parus, deux best-sellers de librairie. Et un renouvellement de l’intérêt du public adulte, tandis que la série régulière « gère » le public enfantin. On voit à peine passer l’album dessiné par Guillaume Bouzard mais il annonce pourtant de grands changements.

Car, plus ambigu est celui de l’Allemand Mawil, Lucky Luke se recycle. Nous sommes clairement dans le registre enfantin avec la caution historique habituelle (les personnages de la BD sont historiques) : Lucky accompagne l’industriel qui a popularisé la bicyclette aux USA. C’est sympa, bien enlevé et, hormis le pauvre Jolly Jumper qui est bien malmené dans cette histoire, l’esprit de Lucky est bien là.

Lucky Luke se recycle, par Malwil. L’esprit, pas vraiment le trait...
© Lucky Productions

Un autre Allemand, Ralf König animera l’automne avec un album détonnant dont l’homosexualité au Far West traitée de façon bouffonne est le sujet central, en attendant la nouveauté de la série régulière à paraître en 2022.

Deux allemands à la suite ? Oui. Car comme pour Astérix, les ventes en Allemagne font jeu égal avec la France. Les stratégies de marché sont focus sur la clientèle, internationale donc.

Lucky Luke par Ralf König. Décapant.
© Lucky Productions

Va-t-on trop loin ? Pas forcément, cette façon de faire en sorte de malmener l’identification de Lucky Luke au seul trait de Morris a comme but de rendre plus souple son adaptation sur tous les supports et donc de l’adapter en fin de cycle à n’importe quelle nouvelle vague montante ; Lucky Luke en mangas, en comics, en webtoon... Attendez-vous à tout, et pas forcément au pire. Un cas d’école.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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19 Messages :
  • "Va-t-on trop loin ? Pas forcément, cette façon de faire en sorte de malmener l’identification de Lucky Luke au seul trait de Morris a comme but de rendre plus souple son adaptation sur tous les supports et donc de l’adapter en fin de cycle à n’importe quelle nouvelle vague montante ; Lucky Luke en mangas, en comics, en webtoon... Attendez-vous à tout, et pas forcément au pire. Un cas d’école."

    je comprends le jeu de mot avec "fin de cycle", mais je ne comprends pas bien le sens de votre propos. Est-ce que cela veut dire que Lucky Luke est en fin de cycle et que tous les coups sont permis pour gratter encore quelques billets ?
    Pour ma part, je ne crois pas que la finalité de la transmédialité soit seulement mercantile. Je crois plutôt qu’il faut choisir les bonnes manières d’adapter une œuvre dans toutes les directions pour continuer de la développer, pas seulement la faire perdurer .La fin de cycle, c’est la voie de garage. Je ne crois pas que ce soit le but.
    Qu’en pensez-vous ?

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    • Répondu par Milles Sabords le 4 août à  05:50 :

      Poursuivre une licence, c’est une chose, mais partir dans tous les sens, même les plus farfelus, n’aidera qu’à la maintenir sous perfusion. On en voit le résultat contrasté avec l’univers de Spirou. On attend le pire lorsque TinTin tombera dans le domaine public. La vitalité d’un secteur c’est la création de nouveautés, pas de plans marketing qui tourne en rond.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 4 août à  06:23 :

      Je pense que toute fin de cycle offre une ouverture sur un nouveau cycle, avec plus ou moins de latence. Cela peut durer un siècle, ou quelques semaines si une bonne idée et une bonne opportunité survient.
      Nous sommes dans une stratégie de gestion d’une marque. Certaines passent les siècles (Dom Perignon, Coca Cola, Michelin, Casterman...), ont des plus values qui ne faiblissent jamais, au contraire (L’Oréal, LVMH, Danone...)
      Contrairement à ce que disent certains intervenants des forums, la créativité n’est pas seulement du côté des auteurs. Un bon éditeur a cette capacité de dynamiser en permanence ses marques. Cela peut être le fait d’un auteur quand il contrôle ses droits (Uderzo, Gotlib, Peyo...)
      Ce qu’explique l’article, peut être pas assez clairement, c’est que dépersonnaliser un univers d’origine en le confiant à une succession d’auteurs consiste à transformer une création (une oeuvre d’un auteur, immédiatement identifiable) pour la tranformer en marque, Picasso, in fine, devenant une marque de voiture.

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      • Répondu le 4 août à  07:04 :

        Merci pour vos éclaircissements. Je partage votre analyse.

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      • Répondu le 4 août à  07:36 :

        D’accord sur le fond. Mais c’est pas ce que la famille Picasso a fait de mieux, la Citroën Picasso. Je comprends la nécessité de transformer des personnages en marques pour en assurer la pérennité (et pour rapporter de l’argent, soyons clair) mais l’exigence de qualité doit rester présente. Lucky Luke était une Bd de grande qualité. Elle a donné lieu à des déclinaisons plutôt faibles jusqu’à présent : films en prises de vue réelles épouvantables, reprise de la série-mère très loin du niveau de la série d’origine, et maintenant toutes ces parodies… attention à ne pas faire vraiment n’importe quoi. Batman par exemple est aujourd’hui un mythe qui persiste encore dans un océan de reprises et adaptations très médiocres dans lequel surnagent seulement quelques chefs d’œuvre…

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        • Répondu le 4 août à  08:28 :

          Ce que fait Nick Rodwell de Tintin est intéressant. Sans même un nouvel album, il arrive à développer la marque. Et puisque la transmédialité n’est pas propre aux personnages de bandes dessinées, prenons l’exemple de la gestion de la marque Béatrix Potter et de son Peter Rabbit. Comme avec Tintin, les déclinaisons et adaptations sont soignées et respectueuses de l’œuvre originelle. Il y a de l’avenir dans la gestion des marques (personnages et univers) et c’est un espace de créativité qui n’appartient pas qu’aux auteurs.
          Ce qui se fait avec Lucky Luke, Spirou, Astérix, les Schtroumpfs, Tintin… m’intéresse. Il y a de bonnes idées et de mauvais exemples à ne pas suivre. La création au XXIème siècle passe par la transmédialité. Un seul support ne suffit plus pour s’exprimer.

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          • Répondu par Milles Sabords le 4 août à  10:33 :

            La transmédialité, nouveau totem à la mode. C’est aussi un piège. Dans un métier où les auteurs en vivent très mal, qui ne peuvent plus lancer de nouveaux projets, reprendre une licence prestigieuse assure un bon moyen de subsistance. Mais, quel que soit votre travail, vous marchez toujours dans les pas d’un autre. Il n’y a plus de création au sens pur du terme, avec votre propre univers. La transmédialité uniformise la création et tue le statut d’auteur. Lucky Luke, Spirou, Tintin, Ric Hochet, Bob Morane, XIII, Cubitus, Corto Maltese, et maintenant Bruce J.Hawker, la BD européenne balade ses vieilles dentelles mais n’invente plus rien. Hergé avait raison sur toute la ligne quant à la survie de ses personnages ; ne pas entretenir le tiroir-caisse d’une série c’est aussi donner du souffle à l’avenir et une opportunité à de nouveaux talents. Ne pas suivre la tambouille commerciale des américains ou des japonais, ne ferait pas de mal à la BD francophone.

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            • Répondu le 4 août à  13:06 :

              Reprendre ou créer une licence. La transmédialité ne se résume pas à reprendre une licence. Rien ne vous empêche d’en créer une nouvelle. La transmédialité n’est pas un nouveau totem à la mode mais la conséquence logique d’un processus. Qu’un univers puisse se développer sur plusieurs supports et de différentes manières ouvre des perspectives qui ne sont pas seulement économiques mais aussi créatives. Je prends un exemple tout bête : une adaptation radiophonique d’un album de Tintin. Vous n’avez plus l’écrit et le dessin mais seulement le son. Vous entrez dans une autre dimension et pourtant, vous devez conserver l’esprit de l’œuvre originale. Artistiquement, c’est enrichissant. L’intérêt de la transmédialité est de développer de nouvelles facettes à une œuvre, pas seulement de faire des produits dérivés pour engranger du fric. C’est ce phénomène qui est intéressant à étudier et à explorer. Quand des auteurs donnent leur vision d’un personnage, ils peuvent ou bien se planter, ou bien trouver une nouvelle voie. Par exemple, le Spirou de Bravo a apporté autre chose au personnage. Mettez de côté les histoires de profits et concentrez-vous sur ce qui peut être l’intérêt d’une adaptation. Spirou en roman ou Lucky Luke en série de podcasts. Ou même, pourquoi pas imaginer un nouveau personnage qui ne pourrait vraiment exister qu’en utiliser les spécificité des chaque médium.

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          • Répondu le 4 août à  12:47 :

            La marque Tintin ? Les jeunes lisent de moins en moins les albums et les produits dérivés ne s’adressent qu’à des bobos fortunés.

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            • Répondu le 4 août à  14:51 :

              Qu’à des gens fortunés plutôt. Tintin n’a pas un public spécialement bobo. D’ailleurs bobo mis à toutes les sauces ne veut plus rien dire. Et contrairement à ce que vous dites, les albums de Tintin se vendent encore très bien, remarquablement bien quand on pense que c’est une BD d’il y a plus de 50 ans.

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            • Répondu le 4 août à  15:02 :

              Tous ces auteurs qui reprennent Spirou ou Lucky Luke ont simplement l’occasion de vendre un bouquin à 150 000 exemplaires au lieu des 20 000 maximum qu’ils vendent habituellement. Ça ne se refuse pas. Ça paiera la pompe à chaleur ou la voiture électrique. Ça peut aussi donner de bons résultats artistiques. Mais un artiste vraiment ambitieux ne devrait pas renoncer à imposer ses propres créations même si c’est difficile. Pour moi, par exemple, Bastien Vivés n’a pas encore assez accompli pour s’abîmer déjà à reprendre Corto Maltese.

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              • Répondu le 5 août à  08:08 :

                150 000 exemplaires au lieu de 20 000 maximum. Vous les sortez d’où vos chiffres ?

                Un artiste vraiment ambitieux ne renonce pas nécessairement à imposer ses propres créations et sa propre créativité en se livrant à un exercice de style ou en jouant, pour un temps, avec une marque.

                S’amuser avec une marque, rendre hommage à un personnage qu’on apprécie, peut être enrichissant artistiquement et intellectuellement, pas seulement et pas obligatoirement financièrement. Cette expérience peut aussi offrir à un artiste un peu plus de notoriété avant de revenir à des projets personnels.
                Cette expérience peut aussi être un échec ou perçu comme un échec par le public.

                Encore une fois, les commentaires sortent du cadre de l’article qui expose avec finesse un processus à la fois créatif et commercial. Les deux se mélangent et jusqu’où cela peut nous mener ? Quelles perspectives nouvelles pour la création ? En quoi cela transforme-t-il l’acte de création ? De dire que c’est uniquement pour le fric et que c’était mieux avant, de sortir toujours les mêmes âneries ne sert absolument à rien. Le processus est lancé et il continuera à se développer.

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                • Répondu le 5 août à  11:11 :

                  Ces reprises "vu par" sont des coups d’épée dans l’eau. Bien sûr que des auteurs sont capables de relancer des franchises par leur savoir-faire. Mais ça n’est pas nouveau dans l’édition. Le problème, c’est qu’il n’y a plus que ça.

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                  • Répondu le 5 août à  14:14 :

                    Le Spirou de Bravo n’est pas un coup d’épée dans l’eau. Le Lucky Luke de Bonhomme non plus.
                    Et il n’y a pas "plus que ça" puisqu’il y plus d’offres dans toutes les directions qu’il y a vingt ou trente ans. Si nous ajoutons à cela tout ce que l’audiovisuel et tous les écrans proposent comme adaptations, nous sommes tous des enfants gâtés.
                    Relisez ce qu’explique l’article de Didier Pasamonik, c’est vraiment une analyse pertinente de ce phénomène.
                    Évidemment, il y a du bon, du meilleur et du pire, mais l’ensemble de propositions enrichissent les personnages parce qu’elles nous permettent de le repenser autrement, de les voir sous de nouveaux angles. On peut être pour ou contre ces interprétations mais elles ne nous laissent pas indifférentes.

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                    • Répondu le 5 août à  17:54 :

                      Ce n’est pas l’article qui est remis en cause. Il donne, en effet, une analyse fine et pertinente du phénomène. Le problème, c’est l’ampleur du phénomène et son miroir aux alouettes. Les auteurs crèvent la dalle, de nouvelles séries ne sont plus possible par des éditeurs devenus frileux, et le tiroir-caisse de la nostalgie tourne à plein régime. On s’en fiche que Lucky Luke soit devenu "stewart sur un bateau à roues" ou que Spirou et fantasio "se lance dans la culture de champignons"... ce que je veux dire par là, c’est que la redite d’anciennes séries, déclinée à toutes les sauces numériques et autres, ras-le-bol ! On veut du neuf ! O.K., pour Bonhomme, Vivès et tous les autres, ça rapporte, et tout le monde à besoin payer ses factures, mais il ne manque plus qu’un nouveau Tintin qui aurait "viré sa cutie" pour que le tableau soit complet !

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                • Répondu le 5 août à  11:24 :

                  Je ne dis pas que c’était mieux avant. En effet ça peut être un exercice de style intéressant mais il ne faut pas se leurrer, faire un Lucky Luke est la garantie de gagner plus d’argent qu’avec sa production habituelle. D’où je sors mes chiffres ? Ils sont connus. 150 000, c’est ce que vend un Lucky Luke. 20 000, c’est les ventes moyennes habituelles de certains des auteurs que je connais qui ont depuis accepté (ou proposé) d’en faire un.

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                • Répondu le 6 août à  08:26 :

                  Comme tous les processus, c’est un cycle et il peut être très court, tous va dépendre de la patience du public. les dernières études ont montré que la lecture de BD a diminué de 10 % en 2020, alors même que les librairies ont connu une hausse de leur chiffre d’affaires. Cela signifie que les lecteurs ont plus lu et que le panier moyen dans les librairies a augmenté durant la période. Mais le nombre de lecteurs n’a pas augmenté pour autant, puisque ont lit de moins en moins en France, surtout chez les jeunes, malgré la vague manga. La création sera certainement le meilleur moteur de l’édition pour les années qui viennent, pas les reprises.

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