Mon Oeil ! - Par Florentine Rey - Des ronds dans l’O

8 mars 2010 17 commentaires
  • Louise, jeune trentenaire, découvre un « manuel d’éducation domestique à l’usage des jeunes filles » datant de 1960. Elle fait partager sa découverte et sa révolte à ses copines qui vont la suivre dans son appel au boycott de la société de consommation, responsable selon elle des maux de la condition des femmes qui n’a guère évolué depuis les années soixante. Premier album de bande dessinée de Florentine Rey.

A la fois drôle et revendicatif, « Mon œil ! » dénonce l’oppression faite aux femmes dans nos sociétés. Les femmes auraient aujourd’hui les mêmes droits que les hommes et seraient libres et égales à eux ? « Mon œil ! » répond Florentine Rey qui vient de recevoir pour ce livre le Prix Olympe de Gouges ! Olympe de Gouges, auteure de la « déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », guillotinée deux ans plus tard en 1793, citée également dans le livre comme exemple à suivre. A contrario, sont épinglés des personnes comme Napoléon, De Gaulle ou Éric Zemmour qui naviguent dans le sens contraire.

D’un point de vue formel, « Mon œil ! » possède un graphisme minimaliste avec des personnages en fil de fer à têtes de « Shadocks » et habillés de vêtements photographiques. Les décors sont également succincts et répondent surtout à des codes parfaitement lisibles. Les cases reposent sur un fond noir et sont bordées pour chaque chapitre (le récit est découpé en Actes et en Scènes) par des rideaux rouges. Tout est fait pour nous faire penser à une pièce de théâtre.

De fait, on pourrait qualifier Mon œil ! de « pièce de théâtre dessinée ». Les dialogues sont incisifs, drôles et percutants. On ressort réjoui et quelque peu anxieux de la lecture de cette première BD de Florentine Rey, une auteure qui avait déjà commis deux livres aux éditions Michalon.

Les éditions Des ronds dans l’O, déjà connues pour leur engagement dans la défense des droits des femmes avec le collectif « En chemin elle rencontre… » notamment, confirment sa vocation en ce sens.

Mon Oeil ! - Par Florentine Rey - Des ronds dans l'O
Extrait de "Mon oeil !"
(c) Florentine Rey / Des ronds dans l’O

(par François Boudet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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17 Messages :
  • Premier album de bande dessinée de Florentine Rey

    "Dessinée" vous êtes sûrs ? Vous êtes bien indulgents, je n’appelle pas ça "dessiné". Même pas écrit d’ailleurs, une typo à l’ordi. Franchement une bande dessinée où la main humaine n’a rien fait je n’appelle pas ça une bande dessinée .

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    • Répondu par Oncle Francois le 8 mars 2010 à  14:28 :

      Bien d’accord avec vous.Je n’ai pas la patience d’apprendre à dessiner (c’est un métier, savez-vous....quoique l’on puisse parfois se poser des questions !!), mais si un jour je décide de publier un album des mes innombrables facéties, j’adopterai des procédés de ce genre. L’idée de photographier des vêtements de poupée pour les silhouette est excellente. La reprise des mêmes visages à chaque case a déjà été utilisée, notamment par l’excellent Le Vice-Trondheim à ses débuts (le dodo-rumeur, Monocunilinguiste, Psych "anal" Lise, etc)

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    • Répondu le 8 mars 2010 à  14:34 :

      Cela n’engage que moi mais dans la mesure où il s’agit d’une suite de vignettes formant une narration, alors c’est bien une BD. C’est vrai que dans "bande dessinée" il y a "dessinée", mais je pense que l’aspect narratif est le plus important. Vous me direz que c’est aussi le cas du roman-photo. Certes, mais dans "roman-photo", il y a "photo" et là, il y a un travail graphique qui le distingue de cette catégorie (Désolé, tout ceci est bien compliqué, je dois reconnaître, c’est toujours le cas lorsqu’on essaie de nuancer ses propos).

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      • Répondu le 9 mars 2010 à  07:19 :

        Mais là, il y a de la photo, du dessin, du collage, des effets photoshop. Donc, vous appelez ça comment ? Bande Graphique ?Ce qui est drôle, c’est que dans l’extrait, le livre qu’elles citent n’est pas de l’auteur. Donc, elle fait une citation... encore une forme de copier/coller. Tout ça sent la personne un peu flemmarde mais ce n’est pas grave si les idées sont là. Mais les idées graphiques sont pauvres quand même. Les personnages n’ont pas d’expression, pas de bouche, juste un nez et un œil. Le visage blanc. C’est important le visage blanc. C’est révélateur de notre époque, j’ai l’impression. L’idée des habits contraste et est est bonne. Les seuls objets réalistes de la page puisque photographiés. Ce qui donne un caractère encore plus futile et matérialiste aux deux personnages. Ce sont les vêtements qui nous donnent une idée de la psychologie des personnages. Si la forme est originale, le fond va bien dans le sens de l’époque. Les personnages dessinés par Margaux Motin ou Pénélope Bagieu... sont construits de la même manière. Visages blancs et fringues détaillés et fortement colorisés. Génération de femmes consuméristes ? Elles sont ce qu’elles achètent ou est-ce la démonstration d’un mal-être, une révolte sourde sur les limites du féminisme qui bat de l’aile ?
        La typo des bulles est maladroite même si elle est informatisée. Et on peut se passer des images qui ne racontent rien d’autre que la surface de la surface des apparences. Une continuité dialoguée nous en apprendrait autant. Alors, pourquoi des images ? Pour amplifier la banalité de ce qui est raconté ? Peut-être... Cela renvoie le lecteur à la banalité du quotidien, à sa répétition. Du coup, cela renforce le discours et ses paradoxes.

        Florentine Rey est surtout un écrivain et militante. Et cette forme de BD convient à son discours.

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    • Répondu par Francois Boudet le 8 mars 2010 à  15:27 :

      Cher anonyme,
      La "main humaine" de Florentine a composé les pages, les images, elle (la main) a dessiné également les traits des personnages ainsi que les décors... C’est donc bien une "bande dessinée", même si le graphisme est minimaliste comme je l’ai précisé... Je ne vois pas ce que ce serait d’autre selon vous .

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  • En fait il s’agirait d’un "manuel scolaire catholique d’ECONOMIE DOMESTIQUE pour les femmes", c’est revenu dans l’actualité il y a 4 ans et était déjà anachronique en 1960.

    Il semblerait que ce soit un hoax qui circule depuis les années 80, venant du Canada et des USA.Le dessin utilisé en couverture provient d’une couverture de 1957 du magazine de John Bull "la Bonne épouse" http://www.advertisingarchives.co.uk/gallery_johnbull.php

    Cette histoire est remontée dans l’actualité il y a quelques années avec un épisode de NCIS où un exemplaire de cette revue etait retrouvée par l’équipe.
    C’est l’épisode du marines qui enlève des jeunes filles pour qu’elles deviennent idéales et qu’il les épouse normalement..
    Selon Hoax buster ce texte ne serait pas un Hoax a l’origine mais daterait plutôt de début 1900 :)

    Faire un bouquin avec juste des copié/collé basé sur un canular c’est limite.

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    • Répondu par Florentine Rey le 10 mars 2010 à  09:13 :

      Mon œil ! est un livre qui a exigé huit mois de travail à plein temps. Pour avoir travaillé, les mains ont travaillé ! Apprendre à se servir de l’outil (Illustrator), séquencer le texte qui dans le premier jet avait pris la forme d’un essai, dessiner pour trouver les personnages (minimal et facilité ça ne rime pas, on remarquera…), les habiller et retoucher les habits, reprendre chaque bulle dessinée au crayon (et non pas à la plume), retoucher le contour de la typo, dessiner les décors, etc. Bref, j’ai mis en place un système graphique qui m’est propre et qui sert mon propos. On aime ou on n’aime pas… mais on ne traite pas l’auteur de flemmarde !
      Quant à l’hypothèse du canular concernant le manuel… et bien je répondrai avant tout que Mon oeil ! est une oeuvre de fiction, pas un documentaire. La source m’a été proposée par une enseignante, sous la forme d’une photocopie et je m’en suis servie de point de départ. Il semble qu’existent effectivement plusieurs versions de ce texte. Qu’il date de 1950 ou de 1960, qu’il s’appelle manuel « d’économie », « d’éducation » ou « de la bonne épouse », voir même qu’il soit un condensé des trois, peu importe. Allez faire une tour en kiosque en 2010, rayon magazines féminins ado/jeune adulte, vous trouverez des propos malheureusement similaires, il me semble que ça, c’est bien plus grave, non ?

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      • Répondu le 10 mars 2010 à  14:27 :

        Que votre travail soit graphiquement nul est une chose (vous n’êtes pas obligée d’avoir du talent), mais baser un travail de 8 mois sur une obscure photocopie sans vous renseigner sur sa provenance, son authenticité, sa véracité (dès la première case il est écrit "ça date de 1960", ce qui est faux, vous auriez pu vérifier) en dit long sur votre feignantise intellectuelle, parce que là c’est pire que B.H Levy avec Botul puisque votre démonstration repose entièrement sur une photocopie sans provenance, autant dire une rumeur.

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        • Répondu par Marie Moinard le 10 mars 2010 à  18:36 :

          Il semble évident que ce livre ne s’adresse pas à vous. Vous n’êtes pas obligés de le lire ni même de lire l’article de François Boudet. Le propos de Florentine Rey doit pousser à réfléchir. Alors que la base soit celle d’un article de journal ou d’une émission, d’un tube à la radio ou autre, peu importe, le point de départ n’est pas le coeur du sujet (mais comment pourriez-vous le savoir puisque le livre ne sort que demain et que seuls les journalistes ont eu accès aux ouvrages réservés à leur intention ?), il est l’introduction lisez le livre et ensuite reparlons-en. Il s’agit de réfléchir à la condition de vie des femmes. Votre lâcheté - vous restez anonyme - ne vous autorise pas à attaquer directement Florentine Rey. Par ailleurs, ce livre a décroché le prix Olympe de Gouges devant un jury d’élus et d’historiens ce qui en dit long sur son travail. Connaissez-vous personnellement Florentine Rey ? Nous sommes perplexes. Marie Moinard

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          • Répondu par Twingo Picasso le 11 mars 2010 à  13:08 :

            puisque le livre ne sort que demain...
            Par ailleurs, ce livre a décroché le prix Olympe de Gouges devant un jury d’élus et d’historiens

            C’est fort de décocher (moi je l’écris comme ça) un prix avec un livre pas encore sorti. Vous devez être au mieux dans les coteries parisianistes !

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            • Répondu par Marie Moinard le 11 mars 2010 à  18:10 :

              Non c’est très simple, cet album était présenté pour une bourse. Cette bourse aurait dû aider à l’écriture mais Florentine a été plus patiente et n’a présenté son ouvrage qu’une fois terminé. La qualité de son travail a été telle que la bourse a été déclarée Prix pour cette année de façon qu’au lieu d’aider à l’écriture, ils aident à la promotion entre autre. En fait de Paris, il s’agit de la ville de Montauban. Quant au reste de vos tentatives de rumeur, je regrette, nous ne connaissons personne. Un auteur qui présente un livre pour une bourse ou un prix ne connait en général pas le jury. Quelle étrange réflexion. Vous avez des comptes personnels à régler ? C’est assez particulier d’accuser tout le monde comme ça. Marie Moinard

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              • Répondu par Twingo Picasso le 11 mars 2010 à  22:34 :

                Je m’étonnais juste qu’un livre non paru puisse obtenir un prix (sûrement très prestigieux, je n’en avais jamais entendu parler), ne soyez pas paranoïaque.

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                • Répondu par Francois Boudet le 11 mars 2010 à  23:51 :

                  Ça commence à être un peu long et grotesque... Vous vous étonnez (pas de quoi pourtant) en étant agressif, on vous répond ; non seulement vous n’êtes pas gêné le moins du monde par votre attaque gratuite, mais en plus vous en rajoutez encore une couche... Ça devient vraiment lourd là...

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                • Répondu par Francois Boudet le 12 mars 2010 à  00:02 :

                  Pour en savoir plus sur l’appel à candidatures pour la bourse Olympe de Gouges qui a eu lieu en 2009 (auquel précisément a donc participé Florentine Rey), on peut visionner une petite vidéo explicative à cette adresse... : http://www.montauban.com/Article/7/2734/Bourse_Olympe_de_Gouges.html.

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                • Répondu par Marie Moinard le 12 mars 2010 à  04:40 :

                  Ok, pas de souci. :-)

                  Marie

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      • Répondu par Oncle Francois le 10 mars 2010 à  23:04 :

        huit mois de travail à plein temps pour ce livre ? Ourfe, je pensais que c’etait bien plus rapide ! Je sens que je vais devoir trouver un style minimaliste plus rapide à concrétiser. Bonhommes de pommes de terre à la Vidberg, personnages dans le noir total (on ne voit que le blanc des yeux, rapide à dessiner sur papier noir !!), personnages en fil de fer à la Fabio, crobards à la Cauvin (pas si facile, je vous prie de le croire ; j’ai essayé !), voire personnages rapides à la Wolinski (pas évident non plus, en fait Wolinski est un bon dessinateur qui a épuré son trait), il existe en fait de multiples solutions, accessibles à tous !

        Ok, reste plus qu’à mettre en place ! Je publierai mes premiers travaux sur mon centerblog ! Et je participerai au maximum de concours possibles !!

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        • Répondu par Alain Béthune le 16 juin 2010 à  21:52 :

          Wahooo !! Ça a chauffé ici !... C’est vrai que l’hiver a été long et que rester enfermé si longtemps, ça rend nerveux. J’interviens bien tard, c’est vrai, mais faut dire aussi que je viens à peine de lire le livre en question. Déjà, j’avais été emballé par les images diffusées sur le site de l’éditeur, mais je dois avouer que mon impression était très largement en dessous de ce que j’ai ressenti avec le VRAI livre entre les mains. Florentine Rey, que je ne connais absolument pas (je précise, pour les pourfendeurs de combines), a fait un travail de synthèse admirable et son propos n’aurait pas été mieux servi par un dessin académique "fait main". À lire les grincheux d’entre vous, je me retrouve quarante ans en arrière lorsque l’ORTF a osé diffuser les Shadoks à la télévision. Le talent rend jaloux, c’est connu. Allez, pour vous consoler, je suis prêt à vous offrir ma collec’ du Sapeur Camembert (100 % dessiné à la main, à peine 45 % de matière grise) !

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