Seven Deadly Sins T17 - Par Nakaba Suzuki - Pika Édition

20 octobre 2016 0 commentaire
  • À la poursuite de Diane, les Deadly Sins décident de faire un détour au sanctuaire des druides afin de récupérer une « chose précieuse » mais également pour s’entraîner. Un passage classique sublimé par l’étonnant retour sur l’amour perdu de Meliodas. Un tome clé !

Amnésique, Diane s’est élancée vers sa terre natale, la Cité des géants, mais sa route traverse la région où se reposent les terrifiants Ten Commandments, la troupe d’élite du Roi des Démons, récemment libérée de leur sceau millénaire !

Sauvée par une connaissance de son passé, Diane se retrouve en sécurité et les Deadly Sins qui s’étaient lancés à leur tour sur ses traces décident de faire un détour au sanctuaire des druides afin de redonner sa force d’antan à leur Capitaine et profiter de l’occasion pour utiliser la grotte d’entrainement des druides, lieu unique en son genre, idéal pour augmenter sa puissance… et nos héros en ont bien besoin face aux Ten Commandments qui sortent d’un autre âge !

Séquence classique du shônen nekketsu [1], qui peut être comparée au passage de la salle du temps chez le Très-Haut dans Dragon Ball, Nakaba Suzuki poursuit son passage en revue des motifs du genre tout en y apportant sa touche personnelle.

Seven Deadly Sins T17 - Par Nakaba Suzuki - Pika Édition
NANATSU NO TAIZAI © 2013 Nakaba SUZUKI / Kodansha Ltd.

Si les développements autour des personnages entourant le héros se révèle classique, en particulier celui de jeunes chevalier Gilthunder et Howzer qui brûlent de devenir plus fort, c’est définitivement tout ce qui tourne autour de Meliodas qui emporte ici le morceau, dont c’est un tome puissant et clé de son développement.

S’il est question de maîtriser ses émotions et faire le deuil de son passé pour être capable d’embrasser l’avenir et sauver son présent, tout ce qui tourne autour de sa compagne décédée, Liz, surprend par son sentimentalisme et rappelle que s’il y a un thème principal dans Seven Deadly Sins, ce n’est ni le dépassement de soi ni l’amitié, mais l’amour !

Ce qui surprend dans l’œuvre de Nakaba Suzuki à sa lecture c’est la place centrale et presque omniprésente de la romance Bien qu’il s’agisse en surface d’une lutte entre bien et mal, les motivations des personnages tournent en réalité presque systématiquement autour de l’être aimé.

D’une certaine façon il est possible d’y voir une reprise du motif du chevalier (et de sa dame) venant de la source inspirant l’œuvre (la légende Arthurienne) mais le résultat reste surprenant. Ainsi le manga se trouve structuré autour de différentes histoires d’amour, parfois étranges, de temps en temps dérangeantes, mais toujours pleinement assumées et finalement attachantes.

NANATSU NO TAIZAI © 2013 Nakaba SUZUKI / Kodansha Ltd.

Sans doute Nakaba Suzuki est-il un manga romantique mais ce point peut sans doute être rattaché à un autre aspect de son travail : la place de sa femme sans son travail. En effet cette dernière, bien que discrète, apparaît régulièrement ici et là. Le mangaka aime ainsi se dessiner avec elle sur les mots de l’auteur de ses tomes, et elle-même s’invite parfois dans les réponses aux questions des lecteurs afin de se moquer de son mari.

Cependant le point certainement le plus étonnant c’est que Suzuki travaille sans assistant si ce n’est que sa femme lui donne à l’occasion un coup de main pour la finition des chapitres ou des tomes ! Nous ne savons pas exactement ce qu’elle fait, mais dans un tome de Kongô Banchô, une de ses œuvres précédents, Nakaba Suzuki avait dessiné son atelier, et nous pouvions y voir son bureau mais aussi celui de sa femme.

Un « couple » très présent dans la vie du mangaka, ce qui surprend par rapport au mythe du mangaka (homme ou femme) qui vit coupé de sa famille lorsqu’il dessine, ne la voyant qu’une fois par semaine, si ce n’est moins. Apparemment ce n’est pas le cas avec Suzuki qui semble tout partager avec sa femme (qui adore tout de même passer du temps sur ses jeux vidéo nous apprend-t-il).

C’est sans doute l’une des essences de Seven Deadly Sins qui lui apporte ce charme étrange… mais ce chapitre n’oublie pas pour autant l’essence du nekketsu en se terminant par un chapitre proposant un pur moment du genre et une composition de planches tout à fait extraordinaire !

NANATSU NO TAIZAI © 2013 Nakaba SUZUKI / Kodansha Ltd.

(par Guillaume Boutet)

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Seven Deadly Sins T17. Par Nakaba Suzuki. Traduction Fédoua Lamodière. Pika Édition, collection "Shônen". Sortie le 5 octobre 2016. 192 pages. 6,95 euros.

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Seven Deadly Sins sur ActuaBD :
- Lire la présentation de la série,
- Lire la chronique des tomes 4&5,
- Lire la chronique du tome 9,
- Lire la chronique du tome 13.

Concernant les autres œuvres de Nakaba Suzuki :
- Lire la chronique des tomes 1 & 2 de Kongoh Bancho,
- Lire la chronique du tome 3 de Kongoh Bancho,
- Lire la chronique du tome 11 de Kongoh Bancho.

[1Shônen : désigne un type de manga ayant pour cible éditoriale les garçons adolescents.
Nekketsu : signifie « sang bouillant », ce vocable désigne un type de récit au traitement exacerbé et exagéré dans ses situations et dans la manifestation des émotions.

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