Adieu aux Seven Deadly Sins

15 février 2021 0
  • Les Seven Deadly Sins nous disent adieu avec ce dernier tome, mais pas l'univers de Britannia. Fin atypique pour une œuvre qui l'a été sur de nombreux points et aura marqué l'univers ultra-codifié du Shônen manga avec une proposition originale.

Nous retrouvons ainsi la suite et fin du mini-arc narratif du Chaos, durant lequel Merlin dévoile à ses compagnons ses plans secrets liés à Arthur et à son plus grand désir. Une sorte de rappel après la tombée de rideau, faisant office à la fois d’épilogue "musclé" et de teasing à la séquelle. En effet, nous nous retrouvons face à une fin ouverte, avec certes une intrigue principale menée à terme, mais où le monde de Britannia va continuer d’être l’objet de grands événements.

Mais pouvait-il en être autrement avec une histoire présentée à son lancement au Japon, en 2012, comme la Préquelle de la Légende du Roi Arthur de Nakaba Suzuki ? Nous savons que le mangaka avait prévu au départ au mieux une trentaine de tomes, avant d’allonger un peu l’histoire suite au succès rencontré. Au tome 20, dans le mot de l’auteur, il avait alors indiqué être arrivé à la moitié de ce qu’il avait prévu. Il s’est donc tenu à son réarrangement de l’époque.

Et si le tome 40 s’est présenté comme une fin classique, offrant le dénouement de la bataille épique contre le Roi des Démons par les légendaires Seven Deadly Sins, l’arc du Chaos surprend dans son sujet, du moins sans la vision globale de la franchise. En effet, outre la séquelle, un nouveau film d’animation est annoncé cet été au Japon, chargé de faire une transition entre les deux œuvres, et contenant des éléments que le mangaka n’a pas montré dans cette fin. Dans une interview, ce dernier reconnaît d’ailleurs que le contenu de l’arc du Chaos a été revu de nombreuses fois et jusqu’au dernier moment, confirmant qu’il est avant tout pensé comme une articulation de la franchise, c’est-à-dire avec le prochain film et la séquelle.

Adieu aux Seven Deadly Sins

Ces précisions et ces considérations éditoriales étant faites et pouvant répondre à certaines interrogations à la lecture de ce dernier tome, quel bilan pour le final des aventures de ces chevaliers légendaires et de l’œuvre elle-même ?

Nakaba Suzuki conclut donc l’histoire des Sins, mais pas celle du monde de Britannia. Comme nous l’avons parfois évoqué, le centre de gravité du manga a toujours été Meliodas, son héritage et les Démons. Une fois la menace des Démons éliminée et la quête de Meliodas achevée, le récit se termine logiquement. Mais ce qui surprend réellement dans les derniers chapitres, c’est l’absence de point de situation globale de l’état du monde et des nombreux personnages qui le peuplent.

De façon générale, tout ce qui concerne le "Monde d’Après" se trouve relégué dans la séquelle afin de susciter la curiosité et l’envie de la découvrir. Un procédé un peu cavalier mais classique et pas forcément malvenu vu l’appétence de l’époque pour les univers étendus. L’avenir nous dira si le pari de Suzuki et de son éditeur aura été le bon.

Rappelons aussi que Seven Deadly Sins n’a jamais été un récit initiatique, même s’il en comportait quelques éléments ici et là, ce qui a souvent perturbé le lecteur. Le manga s’est ainsi présenté dans ses premiers chapitres comme les aventures d’une troupe de chevaliers légendaires et surpuissants. Ces héros furent victimes au début de l’histoire d’un certain nombre de malus pour éviter qu’ils pulvérisent d’emblée leurs adversaires. Puis, au moment où ces malus ont progressivement disparu, les Ten Commandments sont entrés en scène, équilibrant les choses, et forçant les Sins soit à renouer avec leur véritable nature, soit à trouver des power-ups (se jouant dans certains cas des codes du genre).

En fin de compte, il aura fallu attendre l’acte final pour voir la troupe entièrement réunie, où chacun aura atteint l’apogée de sa magnificence. En effet lorsqu’ils se présentent au Roi des Démons (version finale), ils ont atteint leur pleine évolution, après avoir achevé leurs sous-quêtes respectives : ils ne déploient en définitive aucun nouveau pouvoir durant la bataille. Ce combat final s’inscrit ainsi, en quelque sorte, dans la veine J-RPG [1], où le joueur se présente au Boss de Fin après avoir monté au maximum son équipement, son niveau et ses compétences. Via ce choix, des héros triomphants, le mangaka a pu alors démontrer qu’ils étaient bel et bien la troupe de chevaliers la plus légendaire et la plus surpuissante de tous les temps. Sur ce point-là, la promesse initiale de l’œuvre a été tenue à notre sens.

Si nous devons établir les grandes particularités de la série, rappelons donc ce que nous avons évoqué au cours de nos chroniques : récit non-initiatique, prédominance de la romance sur l’amitié, héros surpuissants, déroulement rapide des séquences et histoire qui se transforme constamment pour la rendre imprévisible. C’était une belle aventure, relativement atypique, pleine de scènes cultes, qui a réimaginé de façon intéressante la légende arthurienne et la classique bataille contre les Démons.

Et maintenant ? Comme annoncé par le mangaka il y a longtemps, nous assistons dans les dernières pages à la naissance de Tristan et de Lancelot, respectivement le fils de Meliodas et d’Elizabeth, et celui de Ban et d’Elaine. Mais aussi à l’éveil du véritable pouvoir du jeune Roi Arthur qui, assisté de Merlin, projette de bâtir un royaume idéal.

Une fin ouverte comme nous l’avons mentionné, qui met en avant la prochaine génération de héros de Britannia, laissant planer de nombreux mystères sur ce "Monde d’Après". Cette séquelle, baptisée Four Knights of the Apocalypse, a d’ailleurs déjà débuté au Japon, le 27 janvier dernier. Elle met en scène un jeune garçon, Perceval, vivant à l’écart et ignorant tout du monde de Britannia, l’invitant, lui et le lecteur, ancien ou nouveau, à découvrir et parcourir cette étonnante terre de magie et de merveilles ! Alors, êtes-vous prêt pour une nouvelle aventure ? Nous de notre côté, nous le sommes, et avec enthousiasme !

Teaser officiel japonais de Four Knights of the Apocalypse

(par Guillaume Boutet)

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Seven Deadly Sins T. 41. Par Nakaba Suzuki. Traduction Fédoua Lamodière. Pika Édition, collection "Shônen". Sortie le 3 février 2021. 192 pages. 6,95 euros. Édition limitée 11,50 euros.

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