Solanin T1 - par Inio Asano - Kana (made in)

3 décembre 2007 0 commentaire
  • "Une petite mélodie un peu folle qui raconte notre jeunesse, imperceptible et ténébreuse" annonce la quatrième de couverture. Une phrase qui résume bien cette oeuvre que l'on parcourt tel un album photo retraçant l'entrée dans la vie active d'une jeunesse rongée par l'ennui et le désir d'évasion.

Taneda a la musique dans le sang, bien qu’il ne tienne pas vraiment ce discours. Peu importe ce qu’il ressent au fond de lui, il a relégué la musique au rang de simple passe-temps, une activité qui ne rapporte pas d’argent. Pour palier aux besoins matériels, il oeuvre donc en tant qu’illustrateur dans une boîte travaillant en sous-traitance pour un quotidien sportif. Mais il faut le reconnaître, professionnellement ça n’est pas franchement l’éclate. Etant très mal payé, il n’a d’autre choix que de vivre chez sa petite amie, Meiko, qui est "office lady". Et à vrai dire, elle non plus ne s’éclate pas dans son boulot. Aussi, après avoir eu une discussion avec Taneda, Meiko remet sa lettre de démission. En puisant dans les économies de la jeune femme, ils bénéficient d’un surcis ne dépassant pas une année afin de trouver une solution. Pourtant, Meiko semble plus préoccupée par l’avenir musical de son copain que par leur avenir financier.

Solanin tire sa force de sa banalité. Car, par définition, le quotidien rime souvent avec routine. Et c’est justement cela que veulent fuir les personnages de ce récit, reflet d’une jeunesse aspirant à marier plaisir et vie professionnelle. Ces jeunes gens insouciants, capables de tout plaquer sur un coup de tête, ont le plus souvent les pieds sur terre lorsqu’ils se retrouvent dans une situation délicate mais n’ont pas toujours conscience que tout peut basculer d’un instant à l’autre.

Avec cette première partie de Solanin (se concluant en deux volumes), Inio Asano dresse un portrait sensible et drôle, porté par un trait moderne et sincère, qui touchera à n’en pas douter plusieurs générations de lecteurs.

(par Baptiste Gilleron)

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