YVES FRÉMION : Lettre ouverte à Joann Sfar

28 mai 2020 46 commentaires
  • Le 23 mai dernier sur France Inter, le dessinateur Joann Sfar a fait une déclaration mettant en cause la Société des Gens de Lettres. L'institution a déclaré vouloir porter plainte. Yves Frémion, écrivain et critique de bande dessinée, est président du Syndicat des écrivains de langue française. Il a été le fondateur et le premier président du MOTif, observatoire régional du livre et de l'écrit en Ile-de-France. Par ailleurs, il dirige la revue "Papiers Nickelés" et est un collaborateur régulier d'ActuaBD.com. Il écrit à Joann Sfar aujourd'hui.

Cher Joann,

Malgré toute mon amitié et mon respect pour ton travail, qui parfois m’irrite et parfois m’enchante, je dois te dire que tu as merdé. Plus grave que tu n’affectes de le voir.

Tu as le droit d’attaquer la SGDL comme d’autres organisations, bien entendu. Après tout, la SGDL (dont je ne suis pas membre) n’est pas l’organisation la plus radicale dans la défense des auteurs (on se souvient de l’affaire Relire, où elle n’avait pas été à la hauteur pour défendre le droit moral que politiques et éditeurs voulaient amputer). Nous avons tous des critiques vis-à-vis de cette institution vénérable, mais, sur le point où tu l’attaques, tu avais tout faux.

Si, dans le passé, des sociétés d’auteurs ont utilisé l’argent des auteurs à mauvais escient, cela n’a jamais été le cas de la SGDL qui, je te le rappelle, n’est pas une société de perception de droits comme la SOFIA, la SACEM, la SACD, l’ADAGP ou la SAIF. Elles sont toutes aujourd’hui surveillées de bien plus près que les députés et ministres. Ce genre d’accusation est pourtant récurrent, mais ce sont des élus d’extrême-droite qui s’y livrent et aucun n’est jamais allé jusqu’à la plainte judiciaire, et pour cause.

YVES FRÉMION : Lettre ouverte à Joann Sfar
L’Hôtel de Massa, siège de la Société des Gens de lettres.
Photo : SGDL. Droits réservés.

Plusieurs personnes t’ont répondu et tu as dû dans ton communiqué en convenir : cette accusation, grave, était absurde.

Mais dans ta diatribe, tu assimiles aussi l’ensemble des organisations représentatives, en gros la vingtaine qui compose le Conseil Permanent des Écrivains, illustrateurs et auteurs de l’écrit et du livre (sa véritable appellation). Un nombre qui démentit ton affirmation stupide : « On n’est pas représentés ». Tu dis « On a le privilège d’être la seule profession qui n’élit pas ses représentants... » Mais dans TOUTES les organisations, ils sont élus, souvent avec des contraintes ultra-démocratiques (mandats non-renouvelables dans le temps, direction plurielle, parité...) Tu as le droit de penser qu’elles « nous représentent bien mal », mais que n’es-tu venu le dire en interne, en te battant à leurs côtés, ou mieux, dans leurs instances.

Crois-moi, quand ces instances, syndicats ou associations que tu méprises et sur qui tu craches ici, ont obtenu après des années de bagarre, les premiers accords (Codes des usages) avec un SNE alors simple relais du CNPF (le MEDEF de l’époque), la Sécurité sociale (que nous avons obtenue APRÈS les ecclésiastiques et les prostituées), une retraite complémentaire, une formation professionnelle, l’Exception culturelle au Parlement européen, le droit de prêt, celui sur la copie privée numérique, et plein d’autres avancées.

Dans ces luttes que nous avons gagnées, nous aurions beaucoup aimé avoir pour « président d’honneur » quelques grandes figures de l’édition qui nous auraient boostés. Mais ces avancées ont été obtenues par des sans grade de l’édition (ceux qui la font marcher pourtant), qui vendent modestement, à qui on propose parfois moins de 1 000 € pour un roman ou un album qui leur a pris des mois et des années, un pourcentage ridicule, à qui on n’envoie pas de relevés de compte, pour qui on ne fait pas de promotion dans le métro - et qui sont bénévoles. Tu leur donnes des leçons, mais où étais-tu pendant ces combats ? Il ne te « représentent » peut-être pas, mais toi tu nous représentes bien mal.

Si je te faisais lire les réactions furieuses qui me sont parvenues, pas seulement dans le syndicat que je préside, de la part d’auteurs qui pourtant étaient tes lecteurs, tu comprendrais à quel point tes réflexions à l’emporte-pièce, sans vérification élémentaire, ont été pris par les militants syndicaux et associatifs comme une gifle. Car, quotidiennement, ce sont eux qui TE défendent, qui TE permettent de toucher régulièrement des droits bien plus élevés que les leurs pour le prêt en bibliothèque, les photocopies, la copie privée numérique, et plus tard ta retraite.
Alors que toi, dont la notoriété pourrait leur être utile, tu viens leur tirer dessus.

Ta polémique survient dans un des moments les plus tragiques pour la culture. Un moment où se serrer les coudes, tous, radicaux et modérés, est indispensable, tu tapes sur des copains. Mais que ne tapes-tu avec cette énergie sur ceux qui nous mis dans cette merde ? Sur le ministre qui s’écrase dès que Bercy aboie ? Sur le gouvernement qui a mis le rapport Racine direct au panier ? Sur le SNE ? Sur les éditeurs qui bafouent la loi et les codes des usages ? Sur ceux qui ne reversent pas la part auteur du droit de prêt ? Sur ceux qui se gardent bien d’envoyer les comptes annuels ? Sur ceux qui ne réintègrent jamais les provisions sur retour ? Sur ceux qui nous spolient VRAIMENT (Google, Amazon, et les pillards du Net qui mettent nos œuvres en ligne sans accord ni rémunération) ? T’emportes-tu contre la fermeture des librairies, la suppression des festivals et des salons ? Contre la disparition du dessin d’actualité dans la presse ? Contre la faillite de Presstalis et la fermeture des kiosques qui ruinent nos journaux et revues ? Non, Joann Sfar tape sur les organisations d’auteurs créées et animées bénévolement par les auteurs qui font ce boulot chaque jour ! Merde, Joann, jamais je n’aurai - nous n’aurions - cru ça de toi !

Yves Frémion
Photo ; D. Pasamonik (L’Agence BD)

Mal renseigné par des gens qui sans doute ne te/nous veulent pas du bien, tu t’es énervé à côté de la plaque. L’ennui est que ta notoriété a donné à cette bourde une ampleur qui ne profite qu’aux ennemis des auteurs. Et que la réaction de la SGDL, aussi épidermique que la tienne, en rajoute une couche. Dans certains ministères et certaines maisons d’édition, ton coup de sang est béni : il montre une faille dans l’unanimité des créateurs, si facile à exploiter. « Les auteurs se déchirent » : un titre qui va en faire jouir dans l’édition ! Comme d’habitude, on les jouera les uns contre les autres. Cela a marché pendant des décennies. Quand je présidais le Conseil permanent, j’ai consacré mon mandat à faire revenir les organisations qui en étaient parties, à faire venir celles qui refusaient d’en être. Nous avons doublé les effectifs, et alors, d’un coup, nous avons été bien mieux écoutés. Nos désaccords ont toujours existé, mais ils s’exprimaient en amont, en interne, et ni les éditeurs, ni les gouvernements ne pouvaient les utiliser en jouant les uns contre les autres. Je n’ai aucune envie de revenir 30 ans en arrière, j’ai donné.

Alors, STP, reprends-toi. L’auteur du Chat du rabbin vaut mieux que l’image qu’il vient de montrer. Et surtout, notre métier, nos métiers, écrire ou dessiner, valent mieux que l’image que nous venons de projeter et qui, en ce temps noirci de virus, nous desservira alors que nous sommes en pleine bagarre. Ne te trompes pas de camp : ta place est aux côtés des auteurs qui luttent. Concrètement. Quotidiennement. En réfléchissant, pas en gueulant sans réfléchir. On t’attend.

Yves Frémion

(par Yves FREMION)

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46 Messages :
  • D’après un editeur...ingérables ; les auteurs...des vrais divas….vous avez un contrat et vous livrez ce qui est commandé dans les temps….comme tout employé...dixit les éditeurs.

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  • YVES FRÉMION : Lettre ouverte à Joann Sfar
    28 mai 11:19, par Laurent Colonnier

    Soutien total à Joann Sfar !
    On veut le faire passer pour un jaune maintenant, voilà qui est bien dégueulasse. Il est le chien dans le jeu de quilles, il a bien raison de gueuler contre ces sociétés, associations, observatoires et autres usines à gaz qui ne font que dans le clientélisme et l’entre-soi. Oui les hôtels particuliers sont somptueux et les buffets toujours bien garnis lors des réceptions, alors que la plupart des auteurs crèvent la dalle, les sommes redistribuées sont bien maigres face aux masses de pognons qui transitent et les critères pour en bénéficier sont toujours particulièrement opaques.

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    • Répondu par lau le 28 mai à  11:47 :

      C’est le cas pour tout employé dans tous les secteurs d’activité….faudrait pas finir comme don quichotte ne tuant pas les moulin mais Blueberry ?

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      • Répondu le 28 mai à  12:04 :

        Incohérent, comme le premier message.

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        • Répondu par kyle william le 28 mai à  12:13 :

          Soutien total à Yves Frémion. Sfar est illégitime pour parler sans réfléchir dans les médias.

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        • Répondu par lau le 28 mai à  12:16 :

          sans explication détaillé du pourquoi de votre message..je n’irai aps plus loin….Et oui tous les employés de tous les secteurs d’activité ne sont pas au courant des rentrées et benefices de leur boite...je persiste et signe...belle journée !!!

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          • Répondu par Thierry le 28 mai à  14:30 :

            C’est courageux et important de faire entendre ce son de cloche. M.Sfar donne le sentiment de vouloir nous entrainer dans une sorte d’indignation justifiée par le fait qu’il en est l’initiateur.
            Mais la réalité ne correspond pas à ses paroles, même prononcées sur un grand média. Ces accusations sont graves et ne servent pas notre cause !

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    • Répondu par Jacques le 28 mai à  12:41 :

      Mr Yves Frémion est clair, précis, explicatif dans sa lettre à Mr Sfar et Mr Colonier n’y répond que par ...heu...par rien en fait. Quand je lis son message, à Mr Colonier, j’ai l’impression que le déconfinement a permis la réouverture des bars où le comptoir devient un gueuloir voire un dégueuloir. Argumenter, meeeeeeeeeeerdeee.

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    • Répondu par Eclectic Shepherd le 28 mai à  13:07 :

      Frémion est précis dans sa harangue ; il rappelle toutes les avancées réalisées par les « sociétés, associations... » ; faites-lui au moins la grâce d’être un peu plus spécifique dans votre mécontentement. Pensez-vous vraiment que les « masses de pognon » règlent les « buffets toujours bien garnis » des réceptions ? Qu’il y a détournement et malversation ? Clientélisme, comme vous le dites ? On vous entendrait mieux si vous étiez en mesure de le démontrer.

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  • Je m’étrangle à la lecture de cet article. Est-ce que ce monsieur connaît la ligue des auteurs professionnels ? Est-ce qu’il a suivi tout le travail de personnes comme Samantha Bailly, ou Bajram ? Si je résume son propos, c’est que sfar aurait dû se taire car il y a eu des avancées par le passé grâce à d’autres, et que les institutions ne peuvent être critiquées en raison de droit acquis passés, et de ce que ses membres sont élus.... C’est nier toute la problématique sociale actuelle des auteurs. C’est venir dire que les auteurs devraient se contenter de la situation et de quelques droits, sans remise en question, car ce ne sont pas eux qui sont au pouvoir. Je suis désolé, quand on est face à du politique, il est permis d’être critique, tant envers le gouvernement que les institutions mises en place. Soutien total à Joann Sfar.

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    • Répondu par JB le 28 mai à  15:58 :

      « Je suis désolé, quand on est face à du politique, il est permis d’être critique, tant envers le gouvernement que les institutions mises en place. Soutien total à Joann Sfar.« 

      Personne n’a jamais reproché à J Sfar d’être critique.
      On ne va pas au tribunal pour ça.

      La SGDL lui reproche de porter des accusations de détournement d’argent : Sfar dit que l’argent pour les auteurs n’est pas reversé aux auteurs.

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      • Répondu par mathias Lair le 29 mai à  09:01 :

        Etre critique, bien sûr ! Mais menteur et diffamateur, non ! On se croirait chez Trump !

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      • Répondu par dkbtf le 31 mai à  09:07 :

        Sfar a fait l’erreur d’avoir dit que rien n’avait été versé aux auteurs, plutôt que de nuancer en précisant "presque rien" ou "seulement à une certaine catégorie d’auteurs". L’affirmation comme quoi SGDL n’aurait rien versé aux auteurs est ridicule, et quiconque avec un minimum d’intelligence comprends qu’il s’agit d’une erreur, de paroles floues (on parle de quelques mots dans une interview...). Est-ce que les conditions pour une condamnation pour diffamation sont là ? Je ne pense pas. Ce qui me dérange c’est qu’une association qui défend des auteurs en attaque un. Ce qui me dérange c’est que je n’ai lu nulle part la SGDL préciser les frais de fonctionnements, les redistributions etc... Je suis d’accord que nous ne sommes pas dans un procès public (bien que ce soit le cas dans l’accusation de Sfar) mais vu la perte de confiance, ils pourraient être moins opaques... (parce que là, franchement, ça fait un peu penser à une réaction à la Trump).

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        • Répondu par Sofia le 31 mai à  22:02 :

          Mais même en disant « presque rien" ou "seulement à une certaine catégorie d’auteurs" sans preuves c’est de la diffamation !! On accuse pas les gens comme ça sur une grande antenne, c’est grave.

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        • Répondu par ABCDE le 1er juin à  06:14 :

          Vous pourriez peut-être commencer par apparaître à ciel ouvert plutôt que de rester anonyme non ? Ayez au moins le courage de vos petits hurlements...

          Et comme le dit Frémion, à part gueuler visage caché, vous faites quoi vous pour aider ?

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          • Répondu par dkbtf le 2 juin à  10:37 :

            Votre réponse reflète ce qui me pose problème. Cela revient à dire que quiconque ne fait pas partie du pouvoir décisionnel n’a rien à dire car "qu’est-ce que vous faites, vous ?".
            Alors oui, à part aller manifester avec les auteurs durant Angoulême, essayer de les soutenir comme je peux financièrement, ne pas acheter sur Amazon, commander en ligne à des éditeurs indépendants, signer des pétitions, venir poster un commentaire anonyme sur internet, non je n’ai rien fait. J’ai fait juste un petit peu, mais cela m’interdirait de m’exprimer à défaut d’une "légitimité" qu’il me faudrait décrocher ?

            Vous me reprochez d’apparaitre caché alors que vous l’êtes vous même. Si j’ai envie d’être caché, c’est mon droit dès lors que le site le permet. Si cela vous pose problème, je vous invite à vous bouger pour exprimer des critiques quant à cette possibilité d’anonymat (c’est votre droit), ou à aller lire d’éventuelles conditions générales du site qui interdiraient de poster anonymement (si c’est le cas, je supprimerai mes commentaires, ou je posterais non anonymement).

            J’admets que je peux me tromper, et je peux changer mon opinion. Or, plutôt qu’essayer de convaincre, la SGDL a préféré attaquer bêtement. Le bon discours aurait été dire "que pouvons nous faire de plus pour les auteurs ?". Si la réponse est "rien", c’est alors que la critique est inutile, et que les solutions sont à trouver ailleurs… Mais je vous pose la question, à vous, est-ce que vous pensez que la SGDL et d’autres associations peuvent faire mieux ?

            (je tiens également à préciser que j’ai beaucoup de respect pour Fremion et son travail, même si je suis critique sur son intervention)

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          • Répondu par Sofia le 2 juin à  17:04 :

            Et vous, vous êtes qui pour donner des leçons aux autres ?
            Commencez donc par signer de votre nom avant de faire la morale aux autres.

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            • Répondu par dkbtf (Olivier) le 2 juin à  21:55 :

              J’ai mis mon prénom comme vous. Cela vous convient ? Vous estimez Joann Sfar coupable de diffamation sans même attendre de voir le résultat de la plainte (elle sera peut être fondée, ou classée sans suite, qui sait). Je vous retourne dès lors votre question en la modifiant un peu : qui êtes vous pour outrepasser la présomption d’innocence, de plus sur une question discutable ? Et veuillez m’excuser, je ne donne pas des leçons, je donne mon opinion. Faites en ce que vous voulez. Donnez moi tort, je n’attends que cela... j’aimerais me tromper et vivre dans un monde où les auteurs seraient mieux valorisés, soutenus, où on les écouterait plutôt que de ne pas les entendre ou de porter plainte contre eux. Mais la profession se paupérise, beaucoup d’auteurs ont du mal de faire entendre leur voix. Dans tous les cas, si la plainte aboutit, la seule vérité qui sera rétablie est que des auteurs ont perçu de l’argent, ça ne fera pas avancer le débat, et la confiance de beaucoup d’auteurs restera ébranlée... Tout ceci est un gros gâchis qui aurait pu être évité...

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  • YVES FRÉMION : Lettre ouverte à Joann Sfar
    28 mai 13:45, par Lionel Evrard

    Nous sommes déjà plus de 800 (en moins de 24 h), à nous tromper de camp en nous déclarant solidaires de Joann Sfar (s’il faut en croire le président du SELF, que j’ai connu plus inspiré, et qui se trompe de combat en amenant de l’eau au moulin des censeurs). Le combat continue, ce n’est qu’un début, heureusement.
    https://www.change.org/p/sgdl-soutien-%C3%A0-joann-sfar?recruiter=false&utm_source=share_petition&utm_medium=twitter&utm_campaign=psf_combo_share_message&utm_term=share_petition&recruited_by_id=8316cbf0-a018-11ea-b8ca-5d6d8b908dea&share_bandit_exp=message-22429188-fr-FR&share_bandit_var=v3

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    • Répondu le 29 mai à  07:16 :

      1100 personnes ont signé cette pétition ce matin, Sfar est bien soutenu.

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      • Répondu par Sofia le 31 mai à  22:10 :

        « Et puis, un beau jour, le type (Sfar), au micro, devant 300.000 personnes, déclare que vous avez piqué dans la caisse. Et ça, donc, c’est toujours de la libre critique et de la liberté d’expression ? Vous continuez à ne pas réagir ? Et comment réagir, si vous le faites ? Vous lui dites : allez, on va discuter ? Mais discuter de quoi ? Et comment faire savoir aux 300.000 personnes que c’est un mensonge éhonté ? Vous criez dans la rue : « Je suis innocent » ? Vous les invitez à vérifier votre compte en banque ? Ils s’en foutent. On leur a dit que vous piquiez dans la caisse, le mal est fait. Le type qui a sorti ce mensonge vous a acculé au seul moyen possible d’établir la vérité avec éclat : la justice. Sinon, vous pouvez gueuler autant que vous voudrez : « c’est même pas vrai, j’ai pas piqué un sou », le doute s’est répandu, c’est parole contre parole, 50-50.« 

        https://www.nouvelobs.com/les-chroniques-de-pierre-jourde/20200529.OBS29493/sgdl-suite-et-fin-par-pierre-jourde.html

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  • YVES FRÉMION : Lettre ouverte à Joann Sfar
    28 mai 14:02, par François Maingoval

    "qui ne réintègrent jamais les prévisions sur retour"

    Provisions sur retour, pas prévisions !

    Même si sans doute ce taux de provision est une prévision ;-)

    FM

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  • Sfar doit s’excuser ou partir !
    28 mai 14:46, par AGT

    Bravo pour cet article.
    Sfar a merdé, gravement, et nuit à tous les auteurs que nous sommes.
    Il doit revenir publiquement sur ses propos qui le déshonorent et s’excuser, ou partir.
    Et vite avant que ça ne finisse mal.
    AGT

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    • Répondu par Franck le 28 mai à  17:16 :

      C’est à dire cela va mal finir ?

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    • Répondu le 28 mai à  17:33 :

      Incroyable tous ces "auteurs" qui viennent cracher sur Sfar dans l’anonymat...La SDGL aurait-elle lâché ses trolls ?

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      • Répondu par Mille Sabords le 28 mai à  18:56 :

        Sfar, Jul, et tant d’autres, correspondent bien à notre époque de la contestation molle pour show-médiatique ; ne jamais mordre la main qui vous nourrie.

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      • Répondu par Eclectic Shepherd le 29 mai à  08:07 :

        Par pitié, épargnez-nous les « Si t’es pas d’accord avec nous c’est que tu es un vil troll qui ne survit que grâce aux buffets somptueux de la SGDL ». La SGDL est loin d’être parfaite dans ses fonctionnements, ce que dit d’ailleurs Frémion. De là à la suspecter de détourner l’argent des auteurs, il y a un gouffre. Reconnaissez-le, ou bien donnez-vous la peine d’une enquête en bonne et due forme sur ces supposées malversations.

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  • YVES FRÉMION : Lettre ouverte à Joann Sfar
    28 mai 16:41, par marie Sellier

    yves FREMION,
    merci de cette mise au point claire et argumentée.

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    • Répondu par Auteur-trice le 28 mai à  17:42 :

      Quelle mise au point ? Ni claire ni argumentée, il n’est jamais question de l’aide d’urgence au « Fonds de soutien » CNL/SGDL, pourquoi une telle minorité d’auteurs y ont droit ? Alors que la crise touche tout le monde il n’est pas possible de prouver qu’on aurait pu gagner de l’argent qu’on n’a pas gagné quand on est auteur, en particulier sur des mois précis.

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    • Répondu par Nicolas le 28 mai à  18:11 :

      Yves Frémion est précis dans son argumentaire, et respectueux par rapport à la personne de Sfar et de son œuvre. Je ne retrouve pas cette argumentation et ce respect dans les messages postés ici, qui attaquent Frémion. C’est navrant !
      On dirait qu’une partie des auteurs a décidé de suivre un tribun. Or, le tribun est un homme. Il peut avoir merdé ! Et çà, certains auteurs ont du mal à le concevoir. Parce qu’il est de bon ton, alors que les auteurs traversent d’énormes difficultés depuis pas mal d’années, de penser que le tribun a toujours raison. Pour une raison simple : il nous a si bien défendu dans le passé. Ce n’est donc même pas la peine de le remettre en question, de réfléchir sur ses paroles…
      La meute suit, et signe benoîtement cette pétition.
      Alors que je suis certain que Frémion et Sfar ont un but commun, la défense des auteurs.
      Le militantisme pour la défense des auteurs est ancien, bien avant le "Syndicat des Auteurs" ou la "Ligue des auteurs". Notamment Ribéra (pour la France) et Delporte (Belgique) ont fait partie de mouvements dans les années 60 à 80. Frémion fait partie de ceux qui ont pris la relève. Et rien que pour cela, il mérite d’être respecté.
      Tout ceci est bien triste.

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  • Cette lettre ouverte est raisonnable et s’appuie sur une expérience solide. Expérience que Joann Sfar n’a pas. Ce qui explique peut-être qu’il soit parti en vrille. Joann Sfar accuse effectivement la SGDL de malhonnêteté et cela, sans aucune preuve et sur une radio publique à une heure de grande écoute. La meilleure chose qu’il aurait à faire maintenant, serait de demander publiquement des excuses pour s’être emporté. Ces mots ont dépassé sa pensée sous le coup de la colère et de l’agacement. Ce que la SGDL pourra admettre.
    Si Joann Sfar persiste, ce sera à la justice de dire s’il est coupable ou non et non pas à une pétition. Une pétition n’est que la matérialisation de l’opinion d’un ensemble de personnes sur une question.
    Les auteurs, pour la plupart et peut-être pas Joann Sfar, traversent de grosses difficultés économiques. Mais à se comporter n’importe comment, on aboutit qu’à des divisions qui font le jeu de l’adversaire. Cet adversaire, ce sont les éditeurs et l’État. Il ne faut pas se tromper de combat et pour cela, ne pas se tromper de représentant.
    Les auteurs doivent impérativement et urgemment exiger la création du CNAA (conseil National des Artistes Auteurs). Sans ce conseil, ils n’avanceront pas d’un pouce. Et il faut que ce conseil soit doté d’emblée par l’État de 10 millions d’euros pour pouvoir fonctionner et être vraiment efficace (de bons juristes et spécialistes du droit d’auteur, ça se paye). S’il y a une première chose à retenir et à appliquer du rapport Racine, c’est ce CNAA.
    Raconter n’importe quoi comme Joann Sfar sur les ondes ne sert à rien. Pire, c’est destructeur.

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    • Répondu par Auteur-trice le 29 mai à  07:14 :

      de bons juristes et spécialistes du droit d’auteur, ça se paye

      Alors que les auteurs ça ne se paye pas, ils vivent de leur passion, ils ne voudraient pas être payé en plus, et pourquoi pas avoir une couverture sociale et une retraite en plus, ils sont dingues, pour qui ils se prennent ?

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      • Répondu le 29 mai à  09:33 :

        Je n’ai pas dit qu’un auteur ne se payait pas.
        Pour être bien défendus et être mieux payés, les auteurs doivent commencer par s’entourer d’experts pointus qui défendront les droits des auteurs. C’est à l’État d’amorcer en dotant le nécessaire CNAA de moyens conséquents pour parvenir à changer les choses. Ce n’est pas seulement avec du bénévolat que la situation changera. Vous comprenez la nuance ou il faut vous faire un plan en trois parties ?

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  • YVES FRÉMION : Lettre ouverte à Joann Sfar
    29 mai 08:27, par Jean-Noël Lafargue

    C’est sûr, la charge était un peu rapide et assimilait assez confusément la SGDL à une société de redistribution de droits genre SACEM. C’est sain de s’interroger sur ses représentants, bien sûr, mais là il me semblait aussi que ça tombait à côté. Et le détail qui m’a choqué c’est la mention infamante des "hôtels particuliers" dont disposent les sociétés d’auteurs... Certes, personne aujourd’hui ne peut s’offrir ça dans Paris, mais justement, c’est le fruit d’une Histoire, et je vois mal ce que ça améliorerait de vendre tel ou tel bâtiment pour acheter un truc moins cher à Aubervilliers ou à Vierzon !

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    • Répondu par Chérel le 29 mai à  09:24 :

      Merci de rétablir la vérité.... le monde à l’envers !
      J’ai pu personnellement observé et bénéficier de l’excellent travail de la SGDL dont je suis membre depuis 5 ou 6 ans ?
      Amitiés
      Guillaume

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      • Répondu par nini patalo le 29 mai à  14:05 :

        J’ai moi même été choqué par le ton méprisant de Sfar et ses accusations de vol sur FI et dans sa réponse au nouvel observateur.

        Mais pourquoi la SGDL ne fournit pas, en toute transparence, la liste des sommes versées aux auteur.e.s sur les fond donnés par l’état ? Sur ses frais de gestion ? C’est un sujet qu’il faut maintenant prendre à bras le corps et regarder en face.

        Par contre oui je serais pour le déménagement de la SGDL dans un bâtiment en banlieue nord parisienne afin de faire des économies pour que l’argent aille d’abord aux auteurs. Et parce que ce sont des villes très vivantes avec de très beaux bâtiments qui pourraient convenir. Oui, même à Aubervilliers, j’habite pas loin. D’ailleurs les bobos débarquent.

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    • Répondu le 29 mai à  09:34 :

      Quand Sfar sombre dans le populisme…

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      • Répondu par Christophe Arleston le 29 mai à  23:52 :

        Frémion yoyote un peu, là.

        Soyons factuels.

        Il ne comprend pas (ou fait semblant de ne pas comprendre ?) ce qu’à dit Joann, en particulier sur les élections professionnelles. Dans tous les métiers, des élections professionnelles sont organisées auprès de tous les travailleurs pour élire des représentants de plusieurs syndicats comme interlocuteurs légitimes. Ce que réclame la Ligue. Et qui n’a rien à voir avec le fait que les dirigeants d’une association soient élus par les membres de la dite association.
        (Pour être clair, c’est comme si on voulait ne pas faire d’élection législatives sous prétexte que les dirigeants des partis politiques sont élus par leurs propres militants ! Stupide.)

        Point numéro deux : l’aide spéciale "confinement".
        La Ligue réclamait une aide distribuée à ceux qui en ont besoin directement par le ministère de la culture, avec des critères transparents, via son organisme le CNL, et non pas une enveloppe donnée les yeux fermés à une société privée, la SGDL, qui pour le moment n’a pas redistribué grand chose et a opéré le choix des "méritants" selon des critères qui lui sont propres.

        Troisième point, et une fois de plus on dirait que Frémion s’est contenté de lire le communiqué de la SGDL sans avoir écouté l’émission, Joann n’a pas vraiment épargné le gouvernement en déclarant en substance qu’on avait affaire au "gouvernement qui nous a le plus écouté, et qui a le moins agi".

        Il n’y a rien de plus horripilant que les gens de mauvaise foi...

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        • Répondu le 30 mai à  06:53 :

          La SGDL accuse Joann Sfar d’avoir tenu sur France Inter, ces propos : « On nous a promis que l’on aurait droit à des aides. Mais les sommes ont été allouées aux organismes qui devaient les redistribuer aux auteurs... Et qui ne redistribuent rien du tout. Alors que ces organisations en question ont parfois des hôtels particuliers dans le centre de Paris ».
          Et sur ces mots précis, qu’avez-vous à dire, Monsieur Arleston ?

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          • Répondu par Christophe Arleston le 30 mai à  12:11 :

            Que Joann s’est juste laissé emporter sur l’expression "rien du tout" alors qu’il aurait du dire "pas grand chose en regard de ce qu’ils ont reçu".

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            • Répondu par Alain F. le 30 mai à  13:28 :

              C est intéressant ce que vous dites... Malheureusement ce n est pas ce qu’a dit J Sfar (dont les propos ont choqué beaucoup de monde) ni ce que dit la Ligue qui s obstine à le défendre et risque d être emportée avec lui. Car le juge regardera les propos de M. Sfar au regard du motif de la plainte ("accusation diffamatoire de détournement de fonds publics"). La SGDL n a jamais reproché à M. Sfar ses propos désagréables sur la SGDL, ni ses opinions sur la gestion de la crise vis a vis des auteurs (qu elle partage sans doute par ailleurs). Relisez son communiqué.
              Je crains que vous ne vous soyez fourré dans un beau petrin...
              Tout le monde fait des erreurs. Mais il faut savoir les reconnaître.
              Des excuses publiques de J Sfar seraient un minimum s’il a un minimum d’honnêteté intellectuelle.
              Conseil d’ami..

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          • Répondu par Un auteur le 30 mai à  12:45 :

            C’est vrai que la Sofia comme la SDGL ont de très très beaux hôtels particuliers dans Paris et qu’ils ont des frais de fonctionnement dispendieux. J’ai reçu hier la Synthèse d’activité 2019 de la Sofia, pages grand format imprimée sur du très beau papier, ça doit couter bien cher alors que c’est totalement inutile, surtout à l’heure où l’assemblée générale et le vote sont totalement dématérialisés .A côté de ça, le chèque que je reçois chaque année au titre du prêt de mes livres en bibliothèque n’est que d’une cinquantaine d’euros.

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            • Répondu le 30 mai à  14:21 :

              Vous croyez sincèrement que si la SGDL ou Sofia étaient hebergés dans de moins beaux hôtels particuliers et qu’il utilisaient un moins beau papier, les auteurs s’en porteraient mieux ?
              Ce n’est pas sérieux , ce ne sont pas d’économies de bouts de chandelle dont les auteurs ont besoin ni de polémiques inutiles qui ne font que les diviser et les affaiblir. La Ligue des auteurs professionnels ("Ligue", je rêve, un terme qui est traditionnellement employé par les mouvements politiques d’extrême-droite et des clubs de foots) veut rassembler en critiquant les autres associations et organismes. Franchement, la Ligue, on lui aurait confié des sommes à redistribuer aux auteurs, elle aurait fait quoi ?
              Les méthodes de la ligue me rappellent celles de Le Pen et Mélenchon et autres tribuns populistes qui braillent mais n’ont rien de mieux à proposer à part leurs incompétences. On sème le doute, on parle fort maison on n’agît pas. La parole de la Ligue n’est malheureusement que performative.
              Sfar n’est pas un auteur pauvre mais il veut parler au nom de ces auteurs pauvres. Quand on en parle de ce dont on ignore, on parle le faux.
              Sfar s’est emporté parce qu’il y avait un micro et plutôt que revenir sur son emballement et admettre qu’il a dépassé la ligne rouge, non, il s’obstine en prétextant qu’il a sa liberté d’expression et blablabla. Mais dans liberté d’expression, il y a liberté et sa liberté doit ne pas nuire à autrui.
              À s’obstiner, il ne défend pas la cause des auteurs, au contraire. Il ne fait simplement que sa publicité. Une mauvaise publicité mais bonne quand même puisqu’encore une fois, on en parle que de son nombril.

              Je trouve que la lettre de Monsieur Frémion est raisonnée et que Monsieur Sfar se trompe. Non seulement il est mauvais stratège mais en plus, mauvais tacticien. Les auteurs sont mal barrés avec des clowns pareils !

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  • YVES FRÉMION : Lettre ouverte à Joann Sfar
    29 mai 22:26, par Sergio Salma

    Ce qui est choquant c’est la décision de la SGDL d’attaquer un auteur en justice. Il devrait y avoir débat et confrontation d’idées. Si Sfar se goure il le reconnaîtra peut-être , si la SGDL peut faire mieux elle l’avouera sans doute, la colère est bien mauvaise conseillère .

    Le sujet n’est pas dans un premier temps de savoir qui a tort ou raison. Que va venir dire la justice ? Quelle justice ? Et de mon côté, malgré la reconnaissance envers certains anciens , je peux constater que c’est mon combat perso au quotidien qui me permet d’avancer et pas des acquits définitifs dûs aux poilus d’on ne sait plus quelle guerre.

    Les pétitions de soutien sont à mon avis à double tranchant , elles confirment les querelles et finissent de diviser. Ah oui, dites donc, 2020, l’année de la BD.

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  • Malgré tout mon respect pour votre travail monsieur Frémion, votre lettre ouverte aurait gagné à se (la) fermer, car comme vous le dîtes si bien : "Nos désaccords ont toujours existé, mais ils s’exprimaient en amont, en interne, et ni les éditeurs, ni les gouvernements ne pouvaient les utiliser en jouant les uns contre les autres…".

    Ce que vous faîtes là, n’est ni plus ni moins que "gueuler sans réfléchir" (pour vous citer encore).

    Par ailleurs, vous n’en parlez pas, mais on croit comprendre que vous soutenez donc la SGDL dans sa plainte contre un auteur...

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