Zone blanche - Par Jean-C. Denis - Futuropolis

4 septembre 2012 0 commentaire
  • Le futur président d'Angoulême 2013 signe un polar décalé, à la mécanique aussi ludique qu'efficace. Où il est à la fois question de vengeance, d'amour, et d'électro-sensibilité.

Deux amoureux qui batifolent en forêt entendent un coup de feu et découvrent un homme mort. Tandis que la police déboule pour mener l’enquête, nous suivons en parallèle une rencontre incongrue, un soir d’hiver noirci par une panne d’électricité. Un homme plein d’obsessions, isolé mais spirituel, croise alors une femme mystérieuse qui l’écoute avec bienveillance avant de lui proposer de se rendre service mutuellement. Rien moins qu’assassiner les deux personnes qu’ils haïssent chacun le plus au monde. Pour elle, son violeur si faiblement condamné, pour lui, un promoteur immobilier qui l’a ruiné.

Avec une alternance de cadre narratif qui accroche immédiatement, Denis installe un climat singulier et diablement intriguant : d’un côté les lumières de paysages naturels, des tourtereaux face à des policiers plutôt contrastés, de l’autre cette froideur urbaine propice à toutes les violences. Petit à petit, on comprend le lien entre ces deux décors, tout en dégustant les subtilités de personnages parfaitement campés. On retrouve dans les hantises du parisien arnaqué une part du thème de Nouvelles du monde invisible, mais de façon bien mieux exploitée.

Zone Blanche, avec son final déstabilisant, parvient à mêler des aspects psychologiques d’une grande finesse avec une intrigue de crime parfait appartenant au registre du polar grand teint. Et la réussite de cet album tient autant au plaisir de lecture qu’il apporte qu’à sa totale originalité.

(par David TAUGIS)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?