Axelle Parker & Fabrizio : « Nous tournons en dérision le milieu du X »

20 mars 2011 2 commentaires
  • Joker a consacré un premier album à une authentique star du porno, Axelle Parker. Entre autodérision et extrapolation, les gags sont issus du quotidien de l’actrice avec la principale volonté de faire rire et de distraire.

Nous vous en avions déjà parlé lors de son équipée angoumoisine, Joker, spécialiste de l’humour coquin, publie un album qui détonne dans le paysage de la bande dessinée et qui même irrite certains observateurs particulièrement bas du plafond qui préfèrent accuser, voire injurier, plutôt que de sourire de ce qui n’est que la parodie d’un genre vieux comme le monde : le porno. Revue de détail avec les auteurs.

Vous aviez déjà touché à différents médias, mais pourquoi avez-vous eu cette volonté de vous afficher de bande dessinée ?

Axelle Parker & Fabrizio : « Nous tournons en dérision le milieu du X »

Axelle Parker : Cette idée n’est pas venue de moi, mais c’est Fabrizio qui m’a contacté.

Fabrizio : À côté des bandes dessinées que je réalise en Italie, je fais pas mal d’illustrations, en particulier des pin-ups. Je l’ai d’abord contacté dans ce cadre, puis je lui ai proposé de réaliser directement une bande dessinée sur elle, car Axelle est très différente à d’autres actrices qui passent comme des comètes car elles sont plus écervelées. Axelle a les pieds sur terre, elle est intelligente, professionnelle et disponible, ce qui est important pour envisager une collaboration. Je suis donc arrivée à une première planche, qu’elle a beaucoup aimée.

Vous auriez pu exploiter le thème d’une manière plus trash, mais vous avez opté pour l’humour. Pourquoi ?

Axelle : Le fait de choisir l’érotique et l’humour nous garantissait une distribution tout public, et donc un champ de communication plus large. Alors qu’une bande dessinée pornographique nous restreindrait ces options. Pour ma part, cette aventure a débuté il y a un an et demi, et c’est Pierre Frigau qui s’est occupé d’aller voir les éditeurs. Joker a tout de suite été intéressé, et j’étais honorée de pouvoir devenir l’effigie d’un album de bande dessinée.

On ressent pour vous l’importance de la communication…

Axelle : Du hard, je suis progressivement passé à d’autres médias, avant de mettre actuellement à la musique. Je viens en effet de sortir mon premier single. J’essaye d’élargir mes horizons et mon public, et la bande dessinée me permet de rajouter une carte dans mon jeu. Les lecteurs ne sont pas forcément ceux qui verront mes films ou qui écouteront ma musique.

D’où sont issues les idées des gags ? Est-ce purement imaginaire ou y a-t-il un réel vécu de pornstar ?

Fabrizio : Je me suis bien sûr inspirée de la vie quotidienne d’Axelle, mais aussi des différentes facettes qu’elle exploite, comme les blogs et la musique. Bien entendu, nous avons aussi beaucoup discuté, et pas mal de situations réelles ont été transposées en gags, comme entre autre l’épisode de la coiffure. J’ai pris beaucoup de documentation pour coller à la réalité. Puis, il y a pire comme sujet dans lequel s’immerger… (rires)

C’est lié à l’humour, mais l’album donne une dimension très édulcorée du milieu du X : « Tiens, je vais coucher avec l’éclairagiste ! », etc.

Axelle : Nous ne voulions pas réaliser un reportage sur le hard, mais bien jouer la carte de l’autodérision totale ! Fabrizio a pris quelques petits éléments que je lui ai glissés dans le cours de la discussion, pour les extrapoler, ou alors en inventer d’autres comme l’exploitation des contes de fées afin de varier les thématiques de gags. Si jamais Fabrizio avait pris la peine de raconter un de mes tournages, je ne pense pas que le résultat ait été très drôle ! Il a donc surjoué un maximum, et c’est mieux ainsi.

Fabrizio : J’ai tout de même voulu garder une part de vécu, tant que possible. Ainsi, pour certaines scènes plus compliquées à tourner, Axelle m’avait dit qu’elle y réfléchissait auparavant, et c’est ainsi que j’ai tourné cela en dérision avec l’éclairagiste, mais tout cela se veut essentiellement humoristique. Et Axelle possède cette autodérision de comprendre et de rire de cette revisite de son quotidien.

L’héroïne, c’est-à-dire vous-même Axelle, arborez un look très provoquant dans les gags…

Axelle : J’aime beaucoup changer de look, et jouer sur ce point. À l’époque de notre rencontre, je portais des cuissardes lors des shows dans lesquels je me produisais. Fabrizio a détourné ce thème pour authentifier le personnage de papier.

Photo : ©CL Detournay

Justement, on voit aujourd’hui avec des cheveux courts et noirs, alors que vous êtes présentée en blonde dans l’album !

Axelle : Je ne change pas de coiffure en fonction de la sortie de l’album. Mise-à-part la bande dessinée, il se trouve que j’ai arrêté le X pour me consacrer à la musique, et que mon nouveau look provient de là. Outre mon image et ma vie, je laisse carte blanche à Fabrizio. J’aime beaucoup la bande dessinée, je pense avoir beaucoup d’humour, et j’aime donc jouer cette carte de totale autodérision.

Comme vous aimez la bande dessinée, comment qualifieriez-vous les lecteurs de bande dessinée ?

Pour moi, la bande dessinée est destinée aux grands enfants que nous sommes tous, si on veut se donner la peine de l’accepter, car même à 80 ans, on garde toujours une part d’enfance. Dans cette optique, j’étais très contente de pouvoir travailler avec Joker, et puis, nous sommes tous deux prêts à entamer le second tome !

(par Charles-Louis Detournay)

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Photos : ©CL Detournay

 
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