Burn the Witch : le grand retour du créateur de Bleach

22 février 2021 2 BD d’Asie par Jaime Bonkowski de Passos
  • Il revient plus fidèle à lui-même que jamais : Tite Kubo, mythique auteur de "Bleach", l'un des shonens les plus emblématiques de la "golden génération" avec "Naruto", "Fairy Tail" et "One Piece" ! Au programme : magie, dragon et société secrète dans une Londres inversée, pour une série qui rappelle toute l'efficacité de "Bleach" à ses débuts.

Quand un auteur aussi important que Tite Kubo revient à la création, difficile de passer à côté. Burn the Witch est son dernier-né dans les pages du Shonen Jump, un titre que l’éditeur (Shueisha) pousse en avant de toutes ses forces avec pour ambition de remettre l’auteur sur le devant de la scène, et préparer ainsi l’événement des 20 ans de Bleach en 2021.

À la base imaginé comme un one-shot sorti en été 2018, une suite est finalement confirmée pour le titre à partir d’août 2020, et la série a depuis confirmé sa popularité grâce notamment au support d’une adaptation en film animé du premier chapitre, sorti en octobre 2020.

Il faut dire qu’après avoir signé Bleach, un des shonens les plus emblématiques des années 2000 qui s’est achevé un peu timidement en 2016 après 15 ans et 74 tomes (rien que ça), beaucoup attendaient le retour du maître avec enthousiasme pour certains, appréhension pour d’autres. Rassurez-vous : dans ce Burn the Witch, on retrouve pas mal des ingrédients qui ont fait le succès de sa précédente série, arrosés d’une dose d’inspirations nouvelles. Le pari est donc réussi.

Dragons, sorcières, magie et contes de fée

On suit les aventures d’un duo de sorcières, Noel et Ninny, forcées de prendre sous leur aile Balgo, un abruti fini qui, par un étrange concours de circonstances, se retrouve investi d’un pouvoir très pratique pour les sorcières et le monde dans lequel elles vivent. En effet, l’intrigue prend place dans Reverse-Londres, une Londres inversée dans laquelle la magie et les dragons sont monnaies courantes. Et si la plupart sont inoffensifs, voire même utiles à la vie quotidienne des habitants, d’autres, les Dark-Dragons, sont beaucoup plus dangereux.

Il revient donc aux sorciers et aux sorcières de l’agence Wing Bind (dont Noel et Ninny font partie) d’identifier et d’éliminer ces menaces.

Burn the Witch : le grand retour du créateur de Bleach

La Soul Society, le retour

Une société parallèle, des guerriers dotés de pouvoirs spéciaux chargés de défendre le quidam contre des menaces magico-spirituelles : Tite Kubo reste en terrain bien connu. Les parallèles à tisser entre cette nouvelle série et Bleach sont nombreux, peut-être même un poil trop nombreux. On a presque l’impression que l’auteur recycle certains de ses anciens thèmes pour faire du neuf avec du vieux. On parlera plus vraisemblablement d’hommage, la série apportant tout de même beaucoup d’idées neuves.

On a surtout ce sentiment avec la structure de l’univers : l’agence au cœur du récit, Wing Bind, est répartie en différentes unités (évoquant les compagnies dans Bleach), elles-mêmes dirigées par un ou une capitaine ultra-fort, ultra-badass et ultra-mystérieux (ça ressemble pas mal aux capitaines de compagnies).

Mais le talent de Tite Kubo, que ce soit dans Bleach ou dans Burn the Witch, ne réside pas dans son intrigue ni même réellement dans son univers, mais bien dans la construction de ses personnages et dans l’action. Et là on est servi : on notera tout d’abord la modernité du récit qui choisit pour héros un duo d’héroïnes fortes, badass, et loin des canons du genre que ce soit au niveau du physique ou du caractère. Et une fois l’inévitable séquence-culotte passée [1] on se plaît à découvrir leur motivation et à anticiper leur progression.

L’inventivité visuelle dont l’auteur fait preuve est ensuite un autre très gros point fort du titre. Avec Reverse-Londres, on est plongé dans une Europe contemporaine alternative, à mi-chemin entre Harry Potter et les tours de La Défense à Paris. Et les personnages principaux, héros comme capitaines, ont des looks d’enfer (mention spéciale pour l’utilisation originale du tartan, motif qui revient à plusieurs reprises sur les uniformes et qui est joliment traité).

Mais ce sont surtout les antagonistes du récit qui transforment l’essai : les dragons, terme générique qui, dans l’intrigue, désigne toutes les créatures magiques non humaines, sont superbes et variés. Certains marrants et fun, d’autres menaçants, d’autres gracieux, d’autres ridicules, on en a pour tous les goûts. Et le concept des créatures intégrées à la société et remplissant de multiples missions (taxi, facteur, pot de fleur, armes...) a un très gros potentiel.

À l’instar de ce qu’il proposait dans Bleach, Tite Kubo se pose comme un maître de la mise en scène et de l’action. La puissance et le dynamisme de ses combats, ses chorégraphies : chaque séquence d’action est une vraie masterclass. Son trait n’a pas changé d’un iota et, heureusement, la qualité graphique de Bleach était une composante essentielle de son succès.

Burn the Witch démarre donc sous les meilleurs auspices et s’impose comme une série singulière à surveiller de très près pour tous les amateurs de shonen pur et dur. En France, on est en outre gratifié d’un bel effort éditorial de la part de Glénat qui a très bien travaillé ses couvertures. Le premier tome est même augmenté d’une double-page dépliante en couleur au début du volume : que demander de plus ?

Et pour tous les fans d’anime, rendez-vous ce mercredi 24 février à 21h10 sur la chaîne Mangas (Canal+) pour découvrir l’adaptation animée du titre, aussi disponible sur Crunchyroll.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

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[1Les auteurs de manga devraient vraiment arrêter d’utiliser ce poncif du héros motivé par le fantasme de voir la culotte de l’héroïne, ça devient vraiment lassant...

 
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2 Messages :
  • C’est quoi la "Golden Generation" ?

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    • Répondu par Jaime le 22 février à  09:08 :

      Juste une petite expression faite maison pour qualifier la vague de manga qu’on a eu au début des années 2000 (Naruto, Fairy Tail, One Piece, Bleach, Death Note, Fullmetal Alchemist et d’autres), titres qui aujourd’hui font figures de milestones pour tous ceux qui ont grandi à cette époque.

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