Ever Meulen : "Will se distinguait par la subtilité de son trait"

12 septembre 2013 7 commentaires
  • En prolongement de la [Fête de la BD de Bruxelles->art15113], l'exposition Planches Mémorables associe à nouveau deux grands noms du 9e Art. Cette année, c'est [l'élégant Will->art14942] qui passe sous le regard expert du graphiste flamand [Ever Meulen.->art3977].

C’était un des piliers du journal Spirou entre les années 1940 et les années 1990. Élève de Jijé, compagnon de route de Morris et Franquin, peintre à part entière, Will était un auteur incontournable de l’âge d’or de la BD franco-belge. L’illustrateur et graphiste Ever Meulen nous propose de (re-)découvrir le travail de ce monument de la BD au travers d’une expo haute en couleur.

Ever Meulen : "Will se distinguait par la subtilité de son trait"
Will - Expo Planches mémorables
Ever Meulen décortique l’œuvre de Will

Pourriez-vous nous expliquer les raisons qui vous ont poussé à travailler sur l’œuvre de Will ?

Ever Meulen : Je voulais rendre hommage aux qualités graphiques de Will, l’auteur de BD, bien sûr, mais surtout, mettre en évidence le fait que c’était un véritable artiste. On peut le constater tout au long de sa carrière !

À la fin des années 1950, Will a coiffé la casquette de directeur artistique du Journal Tintin pendant deux ans. C’est à cette époque que je l’ai découvert. Cela m’a beaucoup marqué, car ses travaux étaient très différents de tout ce qui se faisait alors dans la presse pour la jeunesse. Je trouvais son style amusant mais il y avait une finesse, une touche artistique inimitable. C’est cela que j’ai essayé de montrer dans cette expo.

Le heaume de Monsieur Choc confronté à une sculpture d’Ever Meulen. Une filiation dans l’élégance.
Une vision onirique de Tif & Tondu : "Le Grand Combat" de Will & Rosy.
(c) Dupuis

De quelle manière Will a-t-il pu vous inspirer en tant qu’artiste ?

Je trouve que Will était très fort dans les paysages ainsi que dans sa représentation des appareils mécaniques, notamment les automobiles. D’ailleurs, mon album préféré de la série Tif & Tondu, c’est le N°7, "Plein Gaz", une histoire de course de voitures qui se déroule en Amérique. C’est un peu grâce à lui que je suis devenu amateur d’automobiles. Bien sûr, j’ai aussi été influencé par Jean Graton et Michel Vaillant mais avec Will, c’était différent. Il y avait de la légèreté dans son trait et de la fantaisie dans ses couleurs. Will proposait des BD très chouettes à lire.

C’est pour cela que vous avez proposé ces immenses cases ? Pour faire en faire ressortir les couleurs ?

Oui, ce sont des cases que nous avons agrandies tout simplement parce que je les aime bien. Admirez ce paysage ! L’ambiance est chaude, ça rappelle le Midi et les décors de l’Italie.

S’il y avait une chose que la nouvelle génération devrait retenir sur le travail de Will, qu’est-ce que ce serait ?

La subtilité de son trait. Will était vraiment quelqu’un de très doué. Il y a une grande poésie qui émane de son dessin.

Ever Meulen et la Ministre de la culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles Fadila Laanan

Voir en ligne : Planches mémorables Will sous l’oeil d’Ever Meulen

(par Christian MISSIA DIO)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

- Will - Planches mémorables sous l’œil d’Ever Meulen

Du 6 septembre au 13 octobre 2013

BOZAR

Palais des Beaux-Arts

Rue Ravenstein

Horaire : 10:00 > 18:00

- Les amateurs de Will peuvent faire coup double en allant voir ses originaux dans son exposition rétrospective à la Maison de la BD (juste à côté de Bozar) jusqu’au 24 novembre 2013.

de 10 à 18h

La Maison de la Bande dessinée

Bd de l’Impératrice 1

1000 Bruxelles

Le Site de l’exposition

 
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7 Messages :
  • C’était un des piliers du journal Spirou entre les années 1940 et les années 1990.

    Un pilier dans les années 40 ? La carrière de Will a véritablement commencé au milieu des années 50 avec le diptyque La Main blanche/Le retour de Choc. Will n’a rien produit dans les années 40 !

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 12 septembre 2013 à  11:05 :

      Will dessine dans Spirou depuis 1948. Il fait ses classes auprès de Jijé, en l’assistant au besoin, dans les années 1940.

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      • Répondu le 12 septembre 2013 à  11:37 :

        Je sais cela. Mais les travaux de Will sont insignifiants entre 1948 et 1953/4. C’est pour cela que je voulais dire qu’il est un peu osé de prétendre que c’était un "pilier" du journal Spirou à cette époque-là !

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 12 septembre 2013 à  12:51 :

          Vous oubliez la collaboration avec Dineur dès 1949 sur Tif & Tondu qui est, excusez-nous, un pilier du journal depuis 1938.

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        • Répondu par In utero le 12 septembre 2013 à  15:15 :

          C’est pour cela que je voulais dire qu’il est un peu osé de prétendre que c’était un "pilier" du journal Spirou à cette époque-là !

          Dans ce cas c’est très dificile de définir à partir de quelle date précise il serait devenu un pilier. Midam est devenu un pilier de Spirou dès son premier dessin dans la rubrique jeu vidéo, même si on ne le savait pas encore.

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  • Typiquement belge
    25 décembre 2013 15:40, par Zombi

    Typiquement belge, cette passion de l’automobile.

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    • Répondu le 26 décembre 2013 à  06:03 :

      Vous avez entièrement raison. C’est bien connu, les 24 heures du mans et le grand prix de Monaco se déroulent en Belgique. Et Daytona est située à 76kms de Liège.

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