L’âge dur - Par Max de Radiguès - L’Employé du Moi

4 mai 2011 0 commentaire
  • Il n'y a pas que Riad Sattouf qui s'intéresse à la vie secrète des jeunes. Avec {L'âge dur}, Max de Radiguès se paye une bonne tranche d'adolescence en rôdant dans la cour d'un lycée. Tout ça ne manque pas de poésie.

Les histoires d’adolescents, c’est toujours un peu la même chose. Des histoires de filles, de musique, de copains, de filles, de devoirs de physique, de cigarette et de filles. La différence, c’est la façon de les raconter. Max de Radiguès a choisi de brouiller les cartes. Récit choral, décors minimalistes, chronologie floue, on est un peu perdu dans ce lycée dont on suppose qu’il est en Belgique, quelque part à la fin du XXème siècle. Et c’est bien là la réussite de l’album, cette immersion dans le monde des djeun’s qui laisse un peu étourdi quand on arrive à la dernière page.

Comme le fil rouge de l’histoire (une photo de classe), c’est une photo d’une certaine jeunesse à un certain moment que Max de Radiguès nous propose. Chacun reconnaîtra sans doute un peu de la sienne, de jeunesse, dans les bravades, les hésitations, les petites hontes, les "grandes" victoires de ces lycéens plus ou moins mal dans leur peau. Pas de héros mais une galerie de personnages d’égale importance, si ce n’est que l’attention est focalisée sur les garçons. Les filles sont objets de désir, souvent plus dégourdies, matures, sauvages, que leurs camarades masculins. Loin d’être des potiches, elles jouent plutôt le rôle de contrepoint (voire d’antagoniste) qui donne à l’histoire son mordant.
L'âge dur - Par Max de Radiguès - L'Employé du Moi
Tout est question de sensations. Au bout d’un moment, on ne sait plus très bien qui sort avec qui ou avec qui certains voudraient bien sortir. L’enchainement des séquences, la plupart du temps assez courtes, participent à cette impression et dynamisent une narration qui finalement ne repose que sur des détails, des futilités (très importantes pour les personnages) ou des attitudes. L’absence relative d’intrigue pourra dérouter certains lecteurs, les autres apprécieront ce travail de précision qui fait dans la dentelle, de Bruges évidemment. Au final, ce moment de la vie des jeunes dégage, malgré (mais ne serait-ce pas plutôt "grâce à" ?) une certaine économie graphique, une grande poésie et une forte puissance d’évocation. La nostalgie camarade.

Pour compléter la lecture de L’âge dur, jetez donc un œil sur l’interview de Max de Radiguès que nous avions fait en début d’année.

(par Thierry Lemaire)

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