Louis Girard (expert auprès de Catawiki) : "On veut rendre la collection de bande dessinée plus accessible"

22 février 2019 3 commentaires
  • Catawiki, vous connaissez sans doute si vous passez sur ActuaBD, nous affichons régulièrement leurs publicités. Mais qui sont-ils ? Il s'agit d'un site d'enchères en ligne d'origine hollandaise qui ne touche pas que la BD mais tous les objets de collection (gravures, décoration, bijoux, montres...). C'est cependant pour la BD un acteur très structuré avec jusqu'à 22 vacations hebdomadaires. Ce site est devenu l'un des acteurs majeurs du marché européen de la planche originale et de l'album de collection. Nous avons rencontré l'un de ses experts.

Catawiki est une plateforme de vente aux enchères en ligne, c’est-à-dire ?

On a pris le principe d’une salle de vente traditionnelle, c’est à dire des ventes cataloguées, encadrées par des experts et qui se font à un rythme régulier. La différence, c’est que nos offres sont exclusivement en ligne.

Comment être sûr que l’on se fait payer de manière sécurisée et qu’en tant qu’acheteur, on va pouvoir récupérer son lot, car les sommes sont parfois croquignolettes, quand même ?

En amont, il y a déjà un travail de l’expert, il s’assure que le lot est bien authentique, bien conforme à l’état de la description. Ensuite, le lot est proposé à la vente aux enchères et, après son adjudication, l’acheteur paye directement Catawiki sur un compte sanctuarisé. Une fois que le paiement a été effectué, le vendeur reçoit un mail et il envoie ensuite le lot à l’acheteur, ce dernier a ensuite le droit à deux semaines de recours, et s’il n’y a aucun souci nous payons le vendeur. Au moindre souci, nous gérons les litiges clients directement.

Louis Girard (expert auprès de Catawiki) : "On veut rendre la collection de bande dessinée plus accessible"
Le stand Catawiki à BD Boum (Blois).
© Vincent Savi

En quoi vos experts sont-ils des experts ? C’est un label certifié, "expert en bande dessinée" ?

C’est comme pour tous les segments du marché de l’art, il n’y a pas d’école d’expert officielle. À titre personnel, j’ai fait des études de droit et d’histoire de l’art, pour être commissaire-priseur. J’étais collectionneur de bande dessinée depuis des années, donc j’avais une expérience et une passion dans ce domaine, ce sont les deux prérequis pour être un expert qui soit juste, qui recherche l’authenticité et la qualité des lots. Comme personne ne peut être expert en tout, surtout pas dans la BD, nous avons formé une équipe européenne d’experts BD qui sont complémentaires. Mais il y a aussi quelques chambres d’experts qui sont reconnues au niveau européen, par rapport aux assurances ou aux tribunaux. Je fais partie d’une qui s’appelle la Chambre Nationale des Experts en Objets d’Art, une chambre européenne dont le siège est à Paris.

On le sait : sur le Net circulent beaucoup de faux. Comment être sûr qu’on achète de l’authentique ?

C’est pour cela que Catawiki est né : le marché est extrêmement intéressant et on pouvait toucher tous les types de collectionneurs, et ainsi rendre la collection beaucoup plus accessible et moins citadine par rapport aux boutiques spécialisées, aux marchands, aux galeristes, etc. Mais le souci c’est que n’importe qui pouvait mettre en vente sans aucun contrôle. Donc Catawiki a cette volonté d’être une assurance dans le service client. On vérifie toujours nos produits, il y a un véritable travail de recherche. Pour les auteurs encore vivants, on n’hésite pas à les contacter directement, il y a un vrai travail d’authentification comme doivent le faire les experts dans d’autres marchés.

"Le Petit Vingtième" sur le stand de Catawiki à BD Boum (Blois)
© Vincent Savi

Combien de commission Catawiki prend sur une vente ?

On s’est aussi construit par cette volonté de réduire les frais de vente aux enchères, de les rendre plus accessibles. Catawiki prend une commission de 15,1 % TTC pour les vendeurs, et de 9 % pour les acheteurs. Si l’on compare à des salles de vente traditionnelles, ils prennent entre 25 % et 30 % de commission.

C’est gros Catawiki ?

L’avantage de la bande dessinée, c’est que cela touche des gens plus bibliophiles avec des éditions originales, des tirages de tête… Ça peut toucher aussi des collectionneurs de « para-BD », c’est-à-dire de sérigraphies par exemple. Mais notre pan le plus important, ce sont les originaux de bandes dessinées. Catawiki organise entre 22 et 25 ventes hebdomadaires cataloguées, on touche la bande dessinée française, belge, néerlandaise, italienne ou américaine, avec des ventes thématiques ou prestige. Catawiki, c’est environ entre 5 et 8 millions de chiffre d’affaires annuel sur la bande dessinée, on adjuge près de mille lots par semaine.

Propos recueillis par Didier Pasamonik. Retranscription : Vincent Savi.

Louis Girard
© Vincent Savi

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

(par Vincent SAVI)

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3 Messages :
  • Avoir fait des études de droit et d’histoire de l’art et être collectionneur me semble un peu juste pour se dire "expert"... (Pour moi, un expert est quelqu’un comme D. Pasamonik, par exemple, et je le dis comme je le pense)
    Par ailleurs les commissions affichées (15,1% pour le vendeur et 9% pour l’acheteur) sont un peu supérieures à ce qu’on trouve ailleurs, chez ebay par exemple (sauf erreur : 8,5% pour le vendeur, et rien pour l’acheteur ! )
    Ce genre d’article, qui fait penser à du publi-reportage, me dérange un peu.... mais bon, catawiki est un annonceur...... (y a-t-il d’autres liens entre actuabd- ou certains de ses membres - et ce site de vente, qui expliqueraient cette mise en avant ?)

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 23 février à  09:45 :

      Avoir fait des études de droit et d’histoire de l’art et être collectionneur me semble un peu juste pour se dire "expert"... (Pour moi, un expert est quelqu’un comme D. Pasamonik, par exemple, et je le dis comme je le pense)

      Vous êtes gentil de me traiter d’expert (effectivement, j’ai fait partie de la Chambre Belge des Experts et j’en suis peut-être encore membre honoraire) mais vous confondez connaisseur, historien et le statut de l’expert. Un expert est celui qui fait tout un travail pour trouver la pièce, pour en établir le pédigrée, l’authenticité et la valeur afin que la mise en vente atteigne ses objectifs. Je ne fais pas ce travail (et je refuse de le faire). Je connais personnellement Louis Girard depuis quelques années et j’ai pu constater sa connaissance et sa probité et le fait qu’il a les diplômes requis. Donc, le procès d’intention que vous lui faites est sans objet et probablement mal intentionné.

      Par ailleurs les commissions affichées (15,1% pour le vendeur et 9% pour l’acheteur) sont un peu supérieures à ce qu’on trouve ailleurs, chez ebay par exemple (sauf erreur : 8,5% pour le vendeur, et rien pour l’acheteur ! )

      Sauf que sur Ebay, vous n’êtes assuré de rien. C’est une option.

      Ce genre d’article, qui fait penser à du publi-reportage, me dérange un peu.... mais bon, catawiki est un annonceur...... (y a-t-il d’autres liens entre actuabd- ou certains de ses membres - et ce site de vente, qui expliqueraient cette mise en avant ?)

      Cet article n’est pas du publi-reportage, sinon ce serait mentionné. Par ailleurs, nous trouvons important de mettre la lumière sur un acteur qui fait 5 à 8 millions de ventes par an -plus qu’un gros galeriste et aujourd’hui davantage que certaines grosses maisons de vente connues- sur un marché dont on publie parfois des statistiques en omettant de le citer.

      Vous découvrez qu’il est annonceur sur ActuaBD ? C’est le cas depuis de nombreux mois et nous n’avons jamais fait d’article sur cette acteur qui est méconnu, alors que Maghen, Champaka, la Galerie Martel, Christie"s, Artcurial et d’autres ont eu droit à des articles sans prendre le moindre espace publicitaire (ce que nous regrettons d’ailleurs). Soit votre réflexion est marquée par l’ignorance ou la niaiserie, soit il est mal intentionné.

      Et puis quoi ? Glénat, Le Lombard, Michel-Edouard Leclerc annonceraient sur notre site et le moindre article sur le sujet deviendrait suspect ? Nous accéderions à une source légitime de revenu et vous, qui ne payez par un centime pour les informations que l’on vous dispense gratuitement, vous êtes "dérangé" ? La belle affaire ! Continuez à l’être. Toute la presse fonctionne sur ce schéma, je ne vois pas pourquoi nous ferions exception.

      Du reste, procès d’intention pour procès d’intention, votre vocabulaire-même -"mise en avant" etc.- me semble très marketing. Pour qui roulez-vous, internaute anonyme ?

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      • Répondu par Pierre le 23 février à  10:25 :

        Merci d’avoir publié mon message, qui, contrairement à ce que vous pensez, n’était nullement mal intentionné. Je ne roule pour personne, je suis juste un paisible retraité qui essaie (depuis longtemps) de comprendre le monde dans lequel il vit...
        Par ailleurs, mon ordinateur étant équipé d’un bloqueur de pub, je pourrais presque dire que je découvre Catawiki.
        Quant à mon anonymat, je vous rappelle que tout intervenant vous communique son adresse email. Je ne tiens par ailleurs pas, pour diverses raisons, à voir mon état civil complet sur la toile.
        Enfin, quand vous dites que toute la presse fonctionne sur ce système...non, pas toute (le Canard Enchaîné, par exemple). Toute la presse gratuite, oui.
        Mais restons positifs, actuabd est un site que je visite toujours avec plaisir et profit !

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