Marzi - T1 : Petite Carpe - Par Marzena Sowa & Sylvain Savoia - Dupuis (Expresso)

15 juin 2005 0 commentaire
  • Voilà une série qui se démarque totalement de la production actuelle. La scénariste, {{Marzena Sowa}}, nous raconte quelques bribes de son enfance sous la forme de saynètes. Banal, me direz-vous ? Sans doute, sauf que Marzena Sowa est polonaise e que son enfance n'est pas exactement conforme à celles des petits Français ou des petits Belges...

Née en 1979, Marzi est une petite Polonaise de 7 ans qui regarde le monde de ses grands yeux d’enfant : ses parents, sa famille, ses amis d’école et les dames si revêches du magasin d’alimentation qui ne se dérident pas, même lors d’une exceptionnelle livraison de fruits. Elle vit dans une HLM située dans une ville industrielle. Marzi est gaie, insouciante, espiègle et observatrice. Cette jeune fille frêle a, tout comme les enfants de son âge, une immense soif de vivre.

Ce regard, Marzi le partage avec le lecteur, lui faisant partager ses sentiments face aux aberrations d’une société alors communiste. On sourit franchement lorsqu’elle se vêt de la robe de mariée de sa mère pour imiter le pape Jean-Paul II. Marzena Sowa et Sylvain Savoia, son compagnon et dessinateur de l’histoire, multiplient ces thèmes légers en histoires courtes d’une à neuf planches.

Savoia nous expliquait récemment dans une interview accordée à Laurent Boileau que : « Ces histoires reliées [...] montraient que le décalage entre son enfance et la mienne était réellement étonnant [...] J’avais l’impression qu’elle avait vécu à une période antérieure à la mienne. Le tout, dans un contexte parfois à la limite du surréalisme. J’avais envie aussi en premier lieu de donner à lire aux enfants un autre mode de vie, bien éloigné du matérialisme qui règne en France ». Ces anecdotes très bien caractérisées et si différentes de notre propre manière de vivre font justement le charme de cette série qui peut être lue par les petits comme par les grands.

Le dessinateur a pour l’occasion simplifié son dessin, lui enlevant ainsi tout artifice, un dépouillement qui met
davantage en valeur le scénario de sa compagne.

(par Nicolas Anspach)

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