Philippe Poutou (Candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste aux Présidentielles 2012) :

15 mars 2012 46 commentaires
  • ActuaBD.com continue sa rencontre avec les candidats à la Présidentielle 2012. Après Eva Joly, François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan c’est aujourd’hui Philippe Poutou, le "candidat anticapitaliste" du NPA, qui répond à nos questions.

- Lisez-vous des bandes dessinées, lesquelles ?

J’ai découvert la bande dessinée lorsque j’étais enfant au travers des albums de Tintin, tout simplement. J’apprécie aujourd’hui les dessinateurs qui utilisent la BD pour que la vie de ceux d’en bas soit comprise, comme Tardi.

Récemment j’ai apprécié la série Ermo, dessinée par Bruno Loth. Cette histoire d’un enfant parmi les républicains espagnols en guerre contre les fascistes franquistes, ses rencontres avec les combattants, les anarchistes, les femmes, toux ceux qui résistent, m’a touché et intéressé.

- Que pensez-vous du développement récent de la bande dessinée, de sa reconnaissance, de son succès ?

La bande dessinée aborde aujourd’hui tous les thèmes, s’adresse à tous les publics. Elle est aussi une forme d’expression artistique riche et foisonnante. Le développement de la BD, comme de tous les moyens d’expression est positif, car on ne peut que se féliciter du développement de tout ce qui permet d’améliorer les échanges, les relations entre les individus.

- Que pensez-vous de cette mode récente de raconter la biographie des plus grands candidats sous la forme de BD ? Pensez-vous que cela puisse influencer des votes ?

Si des candidats pensent que leur biographie a un intérêt, qu’ils le fassent.
Pour nous, dans une campagne politique, ce qui doit rester déterminant, c’est le programme de chacun, ses propositions.

- Les caricaturistes et les auteurs de BD vont-ils parfois trop loin, quand ils vous représentent par exemple ?

Lorsqu’on accepte d’être un homme public, il faut accepter la caricature.

- Pensez-vous que la BD puisse porter les idées et les valeurs que vous représentez ?

Je ne suis pas certain que la bande dessinée soit le support adéquat pour l’expression d’un programme politique.

Par contre, elle peut être un moyen d’expression formidable de dénonciation des injustices, du racisme, des discriminations, des guerres, et mettant en valeur l’égalité, la solidarité, l’action collective.

Philippe Poutou (Candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste aux Présidentielles 2012) :
Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste
Photo : DR / NPA

- Comment pensez-vous faire évoluer la librairie ?

Les livres, BD ou autres, ne doivent pas être des marchandises quelconques. La priorité est de mettre en place des systèmes de distribution qui ne sont pas centrés sur la vente immédiate des ouvrages nouvellement parus, juste après une campagne de publicité.

- Que pensez-vous du développement de la BD sur les supports numériques et notamment de leur protection par la loi Hadopi ?

Le NPA s’est toujours clairement prononcé contre HADOPI : injuste et inefficace, HADOPI est surtout totalement déconnecté de la réalité et non seulement n’assure en aucun cas des revenus justes aux artistes et techniciens (et pas seulement aux "gros et reconnus"...), mais surtout acte de fait, dans une période de crise dans laquelle les biens culturels sont souvent les premiers sacrifiés faute de pouvoir d’achat, la primauté du commerce sur les échanges culturels. C’est pourquoi il faut non seulement l’abroger, mais revenir au fond du problème.

Nous proposons une licence "égale", qui permettrait ainsi de répondre aux trois questions posées par les échanges culturels sur internet : la rémunération, l’accès à la culture pour toutes et tous, et la question du financement.

Cette licence égale repose sur deux grands principes : maintien de l’exception pour copie privée des internautes et protection de la rémunération des artistes et techniciens.

Elle serait financée majoritairement par l’instauration d’une taxation sur le chiffre d’affaire des grosses majors de l’entertainment, fabricants de matériel informatique, opérateurs de télécoms et fournisseurs d’accès qui, en gagnant des abonnés à coup de publicité sur le haut débit, sont les principaux bénéficiaires des échanges, légaux ou non, des œuvres, et ce afin de compenser les ayants droit pour le manque à gagner occasionné par le téléchargement dit illicite.

Concernant la répartition de cette taxe entre les ayant-droits, précisons tout d’abord que nous sommes contre la patrimonialisation de ces mêmes droits : un salarié ne fait pas hériter ses descendants des bénéfices de sa production, et ce sont les futurs salariés de son secteur qui bénéficient de son apport.

Même chose ici donc, où les droits post-mortem générés par un artiste serviraient à alimenter un fond d’aide aux artistes fragiles et/ou émergents.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photos : DR / NPA

- Lire l’interview de François Bayrou, candidat du Modem

- Lire l’interview d’Eva Joly, candidate Europe Ecologie / Les Verts

- Lire l’interview de Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la République

Nous avons fait des demandes d’interview à tous les candidats de la Présidentielle. Tous n’ont pas encore répondu. Nous espérons qu’ils auront conscience de la nécessité d’une représentation équilibrée sur ActuaBD.com, le premier site d’information de référence sur la BD en France.

 
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46 Messages :
  • "Concernant la répartition de cette taxe entre les ayant-droits, précisons tout d’abord que nous sommes contre la patrimonialisation de ces mêmes droits : un salarié ne fait pas hériter ses descendants des bénéfices de sa production, et ce sont les futurs salariés de son secteur qui bénéficient de son apport.
    Même chose ici donc, où les droits post-mortem générés par un artiste serviraient à alimenter un fond d’aide aux artistes fragiles et/ou émergents."

    La plupart des auteurs qui se croient de gauche vont être super d’accord avec cette proposition, alors ?
    HAHA !

    f*

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    • Répondu le 15 mars 2012 à  09:57 :

      Entièrement d’accord avec Poutou. Il faut supprimer les droits d’auteur post-mortem.
      N’empêche, l’ouvrier Poutou est plus au fait et au courant que Bayrou et Dupont-Aignan...

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      • Répondu par Monsieur l’ambassadeur du Bon Gout le 15 mars 2012 à  11:35 :

        Oui, c’est bien connu, les régimes communistes ont toujours favorisé l’épanouissement culturel.

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    • Répondu par Moynot le 15 mars 2012 à  11:43 :

      C’est la première fois que je lis quelque chose d’intelligent sur le sujet des droits posthumes. Je m’en félicite. Je suis auteur. Je n’ai pas besoin de "me croire" pour être de gauche. Et je signe : Emmanuel Moynot. Haha.

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    • Répondu par Gill le 15 mars 2012 à  12:10 :

      Ha ha ha ! Mon scénario d’il y a seulement 4 jours, évoquant le modèle économique le plus logique que professerait une Gauche pure n’était pas de la science fiction, finalement. C’était bel et bien un programme électoral !

      Je le rappelle ici, où il a une place plus logique que dans le débat sur Trondheim et Angoulême :

      "un système de Gauche pur fonctionnerait grâce à un organisme centralisé qui accorderait un salaire décent et unique pour tous les artistes diplômés, même lorsqu’il n’y a pas de travail ou que l’artiste est malade, et le ferait travailler dans l’un des supports qu’il subventionnerait grâce à un impôt globalisé. L’entrée dans ce cercle artistique serait difficile (concours), mais la tranquillité créatrice assurée. Par contre, pas de droits d’auteurs variables, ni pour profiter du succès d’une parution, ni pour en faire profiter les descendants de l’artiste (qui devront gagner leur vie avec leur propre mérite). Un salaire permanent et puis c’est tout !"
      (...)
      "Pour les "artistes diplômés", ce n’est qu’une extrapolation de ma part : tout le monde ne pouvant exercer le "métier" d’artiste fonctionnarisé, il faudrait bien sélectionner ceux qui en auraient le salaire. Et même les autodidactes pourraient passer le concours. Mais c’est de la SF tout ça (Liberté et collectivisme pur ne vont pas bien ensemble)."

      Je ne dis pas (contrairement à Philippe Poutou) que c’est ce qu’il faut faire (ni que l’hyper-libéralisme dans lequel vivent les artistes actuellement est la solution), mais je me réjouis de voir un vrai homme de Gauche qui va jusqu’au bout de ses convictions :o)).

      Reste à analyser ce que proposent les sympathisants de Centre-Gauche ou de Centre-Droit, pour ménager la chèvre (capitaliste) et le chou (socialiste), dans le domaine artistique...

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      • Répondu le 15 mars 2012 à  13:41 :

        Heu... pas besoin d’aller au centre gauche. Le parti socialiste est un parti libéral.

        Les seuls partis de gauche clairement pas libéraux sont le Front de gauche, le NPA et LO.

        Les seuls qui vont plus loin sont LO.

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    • Répondu par Maë l Rannou le 15 mars 2012 à  14:40 :

      Personnellement je suis de gauche, je suis scénariste depuis peu, et je suis contre les droits d’auteurs patrimoniaux. Comme monsieur Moynot je me reconnais parfaitement dans cette proposition.

      Le droit d’auteur en France aujourd’hui c’est du n’importe quoi, d’abord parce qu’il diffère selon les arts, ensuite parce qu’il entraine de graves excès.

      Ainsi une chanson tombe dans le domaine public un certain nombre d’années après avoir été enregistrée (50 ans je crois ? Je ne suis pas sur du détail), permettant des situations absurdes ou un artiste voit des chansons tomber dans le domaine public de son vivant. C’était par exemple le cas de Trenet, pas qu’il soit particulièrement à plaindre mais bon, sur le principe je trouve ça dérangeant.

      A côté de ça, dans le livre, les droits d’auteurs courent jusqu’à 70 ans après sa mort (pour les œuvres publiées après le 27 mars 1997) pour le plus grand bonheur des ayants droits. C’est comme ça qu’un un homme épousant la veuve d’Hergé peut se retrouver à gérer les droits de Tintin alors qu’il n’a aucune légitimité particulière à ce sujet, c’est le cas le plus emblématiques mais il y en a bien d’autres (les blocages imbéciles de Marsu productions, le cas Millénium...).

      Je suis pour que le droit d’auteur existe jusqu’à la mort de l’auteur, pas moins mais pas plus. La solution que propose Poutou (pour qui ne vont pas mes volontés électorales) visant à injecter les droits d’auteurs dans une sorte de caisse de soutien à la création me semble une très bonne idée. Il ne s’agit pas pour autant de passer un quelconque diplôme, mais c’est le classique système d’aides à la création mieux alimenté.

      Sinon je constate avec un certain plaisir que Poutou semble un peu plus au fait de la BD que les deux autres candidats interrogés, même s’il ne fait pas mystère d’un intérêt limité. Bon, ça ne me fait pas oublier que Besancenot avait préfacé sans sourciller "Le Capital en mangas", pur produit de studio édité par le plus capitalistes des éditeurs de BD.

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      • Répondu par J-Phil le 15 mars 2012 à  15:42 :

        Je suis pour que le droit d’auteur existe jusqu’à la mort de l’auteur, pas moins mais pas plus.

        Plutôt pour qu’il existe jusqu’à la majorité de son dernier enfant (ou ses 25 ans, le temps de se lancer dans la vie), en cas de mort prématurée ça évite des situations pénibles.

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      • Répondu le 16 mars 2012 à  02:34 :

        Quand un auteur meurt, et il arrive que ce soit à un jeune âge (par exemple Chaland) sa veuve et ses orphelins n’auraient pas droit à toucher un sou sur les ventes qui continuent ? Vous croyez que son éditeur baisserait le prix ?

        Le principe du droit d’auteur est le contraire du capitalisme. Au lieu que tous les dividendes du travail reviennent à l’actionnaire, une petite part (moins de 10 pour cent) revient au travailleur qui a quand même fait la plus grosse part du boulot. C’est ce qui différencie le droit d’auteur du copyright à l’américaine. Financièrement, je ne suis pas sûr qu’on y gagne forcément beaucoup mais moralement ça me semble beaucoup plus juste.

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      • Répondu le 16 mars 2012 à  03:17 :

        Renseignez-vous avant d’écrire n’importe quoi ; quelque soit le domaine de votre création artistique, la loi protège le droit d’auteur 70ans après la mort de son auteur, que ce soit un livre, une musique, la reproduction d’un dessin, et même l’exploitation d’une photo d’un bâtiment achitectural( je vous déconseille fortement de publier une photo de la pyramide du Louvre sans l’accord de Pei !). Jusqu’en 1996ou97, cette protection s’étendait à 50ans après la mort pour la France, 50ans plus les années de guerre pour l’Angleterre, et à cette époque, l’harmonisation européenne s’est calquée sur le droit allemand qui protégeait jusqu’à 70ans . Trenet n’a jamais eu les problèmes dont vous parlez. Vous confondez avec le copyright américain qui protège 50 ans après la création, mais après on peut tricher en déposant une marque. C’est ce qui s’est passé avec Mickey pour Disney, qui a déposé ce personnage, comme n’importe quel objet nouveau manufacturé ou n’importe quel nom ( le couturier Lacroix s’est vu ainsi dépossédé de son nom en tant que marque, un des descendant de surcouf ayant déposé le nom de son aïeul dans son coin prive aussi ses cousins de l’utilisation de leur propre nom) afin d’éviter que la création ne tombe dans le domaine public ( regardez vos DVD ou VHS, Mickey apparaît maintenant en tant que marque au début de chaque film). Après, vous êtes d’accord ou non, mais c’est la loi et pour le moment, personne ne peut y déroger. Si vous êtes auteur comme vous dites, renseignez-vous. C’est facile maintenant avec le net, sinon il y a un "que sais-je" régulièrement actualisé. Moi, je l’ai acheté avant de signer mon premier contrat, il y a bien longtemps déjà. Ou demandez conseil à des aines dans la profession.Ça permet de ne pas signer n’importe quoi d’illegal, mais néanmoins couteux à défaire.
        t

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        • Répondu par Maë l Rannou le 16 mars 2012 à  10:40 :

          Et pourtant si, Trenet a eu ces problèmes que vous le vouliez ou non. Je ne confond absolument pas avec la fameuse directive Mickey qui n’a rien à voir. En musique le droit d’auteur n’est pas le même, vous en voulez une preuve ?

          BDMusic, l’éditeur avec qui j’ai travaillé justement, ne publie que des œuvres sur des musiciens libres de droits, d’où le jazz, bien pratique, les auteurs étant morts depuis des années. Pourtant il y a eu récemment des Brassens, Ferré, Brel, Aznavour, Trenet, Félix Leclerc, etc. Mais ne reprenant que de très vieilles chansons des débuts, parce qu’elles sont libres de droits. Et il ne me semble pas qu’Aznavour soit mort depuis plus de 70 ans.

          Le droit d’auteura été harmonisé au niveau européen en 1997, comme je l’ai dit, mais ça ne touche pas les oeuvres publiée,s enregistrées, filmées avant qui se basent sur l’ancien droit. De plus cette réforme est une horreur, pousser à 70 ans après la mort de l’auteur est une véritable aberration. Vous avez parfaitement le droit de ne pas être d’accord mais merci de ne pas dire n’importe quoi et, en effet, de vous informer.

          J-Phil et anonyme : Dans le cas de mort prématuré, la famille hérite de l’héritage, je ne vois pas pourquoi il y aurait des droits d’auteurs. Après l’argument de droits jusqu’à la majorité pourquoi pas, ce serait un premier pas vers une réduction du droit patrimonial délirant.

          Et bien sur que non l’éditeur ne baissera pas le prix, il y aura toujours des droits d’auteurs, mais versés à une caisse de soutien à la création, selon le schéma dit plus haut. Je n’y avais jamais pensé mais ça me semble très bien.

          Autre anonyme : Je ne suis pas inquiet pour mes droits, je pense sincèrement que mon œuvre actuelle ne rapportera rien à mes enfants, si déjà elle me rapporte quelques sous ce sera bien.

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          • Répondu par Michel plessix le 16 mars 2012 à  12:11 :

            Désole de vous contredire, mais j’ai commencé l’adaptation bd en96 du "vent dans les saules" tombé à l’époque dans le domaine public ( Kenneth grahame étant mort en 1943). Or l’harmonisation européene de 97 nous a obligés, mon éditeur et moi à rechercher les ayants droit et à negocier avec eux jusqu’en 2003. Et cela concernait également les ventes du tome 1 (sorti en 96) à partir de la date de l’harmonisation.

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            • Répondu par Mael Rannou le 16 mars 2012 à  13:44 :

              Fort étrange et avec cet exemple concret j’apprends que l’harmonisation était rétroactive (chose juridiquement peu défendable pourtant !), je l’ignorai.

              Mais il semble malgré tout qu’elle ne touche pas la musique, cf. mon exemple plus haut.

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              • Répondu par Michel plessix le 16 mars 2012 à  16:27 :

                L’harmonisation n’était pas rétroactive, je n’ai pas eu à rétrocéder des droits sur les exemplaires vendus AVANT la loi de 97.je pensais avoir été suffisament clair dans mon précédent post. Quand à la musique, allez donc voir l’article "droits d’auteur" sur Wikipédia, sur ce sujet ils ne racontent pas de bétises. Vous y constaterez que la musique et les paroles sont considérées comme œuvres de l’esprit au même titre que les livres, les peintures, les sculptures, l’architecture entre autres et est donc protégée par le droit d’auteur

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                • Répondu par Gwen le 16 mars 2012 à  22:38 :

                  M. Plessix a raison. Les enregistrements devenaient libres de droit après 50 ans mais pas les textes des chansons ni les partitions (c’est pour cela que dans les coffres patrimoniaux à bas coût, les paroles ne sont généralement pas reproduites).

                  Mais comme les enregistrements des Beatles ou des Rolling Stones risquaient d’être touchés dès 2012, la protection a été étendue en septembre dernier à 70 ans après l’enregistrement. A priori, c’est cette fois non rétroactif, mais il faudrait vérifier.

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                  • Répondu par Mael R. le 17 mars 2012 à  16:16 :

                    Je n’ai jamais dit que les paroles ou musiques tombaient dans le domaine public, j’ai bien toujours parlé d’enregistrement. Et ne trouvez-vous pas largement plus immoral de se retrouver à ne pas toucher de droits sur des chansons qui ressortent de votre vivant que d’avoir des droits patrimoniaux réduits ? Moi si.

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                    • Répondu le 18 mars 2012 à  00:02 :

                      Les enregistrements ne dépendent pas de la propriété intellectuelle (droit d’auteur) mais de la propriété industrielle, soumise à d’autres lois. Ne mélangez pas tout.

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                      • Répondu le 20 mars 2012 à  08:30 :

                        Ceci dit, les auteurs perçoivent un droit de reproduction mécanique…

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      • Répondu le 16 mars 2012 à  03:26 :

        Ps : j’oubliais, dans le cas du marsupilami, de Spirou, Blake et mortimer, chlorophylle et quelques autres, c’est différent, en ce sens où les éditeurs ont acheté les droits d’exploitation aux auteurs pour des sommes très variables selon les cas. Ils deviennent donc (d’un point de vue de propriété) l’équivalent des auteurs. Sauf que les sociétés sont moins mortelles (ou en tout cas peuvent être plus immortelles) que les humains. Je ne sais pas si le législateur a prévu une limite dans ces cas. Pour en revenir à ce que vous disiez sur trenet, c’est aux états unis que ce cas de figure peut arriver, le copyright prenant en compte la date de la création de l’œuvre et non la date de la mort de son auteur.

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      • Répondu le 16 mars 2012 à  03:30 :

        Ne vous énervez pas pour rien, il y aa très peu d’œuvre qui persistent jusqu’à 70 ans après la mort de son auteur. Souvent elles meurent bien avant leur créateur. Vous pouvez déjà prevenir vos enfants, il y a de fortes chances qu’ils ne touchent RIEN.

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  • Amusant : je vois bien en bas de l’article la mention :

    Photos : DR / Debout la République

    Donc Nicolas Dupont-Aignan fait des piges en prenant ses adversaires en photo pour Actua-BD. Dur le financement d’une campagne...

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  • Ce qu’il faut faire, c’est abolir les éditeurs, les nationaliser, et créer la Centrale de bande dessinée où seront embauchés les dessinateurs qui ne cèdent pas à la décadence libérale bourgeoise mais valorisent le corps de l’ouvrier et la beauté du combat de la classe laborieuse.

    Le matin, chacun ira pointer sur son petit bureau où lui sera distribué sa planche quotidienne à faire. Fabrice Parme surveillera la qualité des planches pendant que Lewis Trondheim signera les reçus. Tous les ans, dans le palais du peuple de Dunkerque, près des usines de papeterie du soviet suprême, les ouvriers dessinateurs retraités remettront la plume d’or à l’ouvrier qui aura accompli le plus de planches la gloire du peuple.

    Salaire mensuel : 2000 euros net.
    Les ventes de chaque titre sont tenues secrètes pour éviter la compétition. Tout est mutualisé et redistribué.

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    • Répondu par Marc Bourgne le 16 mars 2012 à  11:17 :

      Je suis totalement effaré de constater qu’il existe des individus pour contester, en 2012, le principe même des droits d’auteur. Que le sinistre Poutou, qui représente une idéologie collectiviste rétrograde et totalitaire, veuille priver les auteurs et leurs enfants de leurs droits, c’est choquant mais logique... Mais que des auteurs (tels que le talentueux Moynot, le seul à avoir le courage de signer de son vrai nom) lui emboîtent le pas, ça me désole profondément. Si ceux-ci veulent priver leurs enfants de leur héritage, libre à eux. Mais qu’ils ne me forcent pas à le faire !

      Créée par une loi anglaise de 1710, institués par la constitution étasunienne de 1787 et les lois françaises (révolutionnaires) de 1793, le droit d’auteur a été harmonisé par la Convention de Berne, une harmonisation reconnue aujourd’hui par 164 pays ! Le droit d’auteur est un droit de l’Homme, bordel ! Un droit universel !!!

      Shuster et Siegel, les créateurs de Superman, sont morts dans la misère parce qu’ils n’étaient pas protégés par le droit d’auteur. Leur éditeur, les producteurs de films et les fabricants de produits dérivés ont gagné des fortunes, sans leur reverser le moindre dollar. Et vous croyez peut-être que ces mêmes éditeurs, producteurs et fabricants ont privé leurs enfants de leurs héritages ? Contester tout ou partie du droit d’auteur, c’est favoriser l’enrichissement des capitalistes ! Sauf, bien sûr, à mettre en place dans ce pays une dictature bolchevique... Ah, c’est sûr, en Corée du Nord, les enfants d’auteur n’héritent de rien ! Mais fort heureusement, à part Poutou et ceux qui l’approuvent, les Français ne souhaitent pas vivre dans un régime à la nord-coréenne.

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      • Répondu par Mael Rannou le 16 mars 2012 à  12:25 :

        Monsieur vous nous lisez mal (et par ailleurs je signe de mon nom même si actuabd ne semble pas supporter les tréma sur mon prénom).

        Je remet en cause l’hérédité des droits d’auteurs patrimoniaux, comme monsieur Moynot je pense. Certainement pas les droits d’auteurs. Le cas Shuster est dramatique et c’est bien pour ça que je suis pour un droit d’auteur intégral, couvrant toute la vie de l’auteur et incessible. Par contre une fois mort, il n’y a pas de raison que les droits continuent d’être versés aux enfants. Donc deux solutions, soit une sorte de caisse collective récoltant tout de même des droits (mais durant bien moins longtemps que 70 ans !) et reversant des aides à la création, soit domaine public à la mort des auteurs, tout simplement.

        Par ailleurs je ne suis sincèrement pas du tout client du discours de Poutou et du NPA, ici je trouve qu’il y a une idée et une remise en cause réellement intéressante.

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        • Répondu par f*Parme le 16 mars 2012 à  13:16 :

          Essayez de vous mettre à la place d’un enfant qui a vu une grande partie de l’œuvre de son père ou sa mère se dessiner au quotidien, presque sous ses yeux. Cet enfant en a entendu parler presque tous les jours, et même donné son avis, a servi de modèle plus ou moins directement, de sujet... Un artiste s’inspire de tout ce qu’il voit, ceux qui l’entourent, ce et ceux qu’il peut toucher. Je crois que vous n’imaginez pas à quel point cet héritage n’est pas que matériel, il est aussi et surtout spirituel, intellectuel, affectif. C’est pour ça que le droit est prolongé 70 ans après la mort d’un auteur. Ensuite, les liens intimes disparaissent et l’œuvre peut enfin appartenir pleinement à tous.
          Pour exemple, je pense à ce que disait Nausicaa hier sur son papa qui pour vous, pour nous n’est que Jean Giraud-Moëbius, mais pour elle, c’était son soleil. Extrêmement touchant. Lui retirer son droit, ce serait d’une violence et d’une injustice inouïes. Le droit d’auteur n’est pas une propriété comme les utres. Poutou parle hâtivement de ce qu’il ne connaît pas.

          f*

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          • Répondu par J-Phil le 16 mars 2012 à  16:19 :

            Qui a dit que la droite et la gauche ça n’existait plus ? Ici on voit bien la différence entre les auteurs de droite et ceux de gauche.

            Mettez-vous à la place du petit Nick R qui a vu une grande partie de l’œuvre se dessiner au quotidien, presque sous ses yeux. Ce charmant garçon en a entendu parler presque tous les jours, et même donné son avis, a servi de modèle plus ou moins directement à Tintin. Je crois que vous n’imaginez pas à quel point cet héritage n’est pas que matériel, il est aussi et surtout spirituel, intellectuel, affectif, mais si peu matériel...

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          • Répondu par Mael Rannou le 16 mars 2012 à  16:40 :

            Monsieur Parme j’entends ces arguments, je ne suis pas d’accord avec eux, parce qu’être lié fortement à un créateur ne fait pas de vous un créateur. Oui il y a un lien inbtime, et ? Moebius avait des amis, vont-ils toucher des droits ? Non heureusement, et pourtant on est bien souvent plus proche de ses amis que de sa famille.

            Vous dîtes "ils se disent de gauche et en lisant ça ils vont rire" bein non, c’est tout, et je me sens obligé de le dire parce que votre intervention l’appelle. Bon voilà, au bout d’un moment le débat sera stérile.

            Par ailleurs ce n’est pour moi même pas une question gauche/droite là, je ne trouve pas que le droit d’auteur est une dérive ultra libérale mais un acquis social. Comme la question des prix, avec sa compétition il est vrai, qui n’est pas incompatible avec l’idéal de gauche, tout simplement parce que je ne suis ni collectiviste, ni communiste, ni bolchevique, juste de gauche.

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            • Répondu par f*Parme le 16 mars 2012 à  20:24 :

              Juste de gauche. Mais ça veut dire quoi ?

              Vous oubliez que le droit d’auteur est aussi un droit moral. Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas devenu créateur au contact d’un créateur que vous devez pour autant n’hériter de rien. C’est un peu simpliste votre raccourci, non ?
              Avec cette même logique, je ne vois pas pourquoi les enfants devraient hériter des biens matériels, immobiliers de leurs parents, pas même une photo souvenir. Et si on pousse le bouchon plus loin, une fois majeurs, les enfants devraient se débrouiller seuls et si elles crèvent de faim, c’est leur problème, les parents n’ont pas à les aider. Et si on va jusqu’au bout de l’absurde, les gens cultivés ne devraient pas transmettre leur savoir aux enfants. C’est le boulot de l’école. Ainsi, tout le monde partirait avec les mêmes chances et blababla. Les utopies sont pavées de bonnes intentions et conduisent à sombres dictatures.
              Quand vous aurez des enfants, on en reparlera. En attendant, le débat est stérile, comme tous les débats d’ailleurs. Mais je vous souhaite ne pas l’être si vous souhaitez avoir le plaisir de déshériter vos enfants un jour.

              f*

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              • Répondu par Mael R. le 17 mars 2012 à  16:28 :

                Si je disais "juste de gauche" c’est que je ne suis ni un extrémiste ni un collectiviste.

                Mais ce que vous dites touche juste, je disais dans un de mes premiers messages que ça posait la question de l’héritage en général et vous l’illustrez. On a envie quand on construit un patrimoine, de le donner à ses enfants, ça me semble normal et assez naturel. Je serai le premier a avoir envie que mes enfants profite de mon travail. La question qui se pose, que vous me poser, c’est celle de savoir ou s’arrêter car vu que je ne suis justement pas un collectiviste je n’ai aucun désir d’une société égalitariste (et donc totalitaire) ou toutes les familles seraient détruites pour laisser place à une éducation généralisée par l’État. Bon. Alors où s’arrêter ?

                Je vois une manière simple de distinguer les héritages, sphères publique et sphères privée. Parce qu’en effet je suis toujours sidéré de voir que par exemple les rênes d’une entreprises se transmettent de parents à enfants. La plupart du temps ces derniers ne font que jouir du fruits du travail de véritables gestionnaires d’entreprises, président vaguement un CA, etc. C’est malheureux. Ce serai difficile à légiférer, je vous l’accorde, mais il y a forcément un moyen (après je ne suis ni juriste, ni député, ni candidat à la présidentielle donc je ne me sens pas l’obligation d’y réfléchir plus que ça). Sur le droit d’auteur ça ma parait plus simple, mais rassurez vous ma logique se poursuit au delà, dans un monde idéal cela devrait aussi toucher les entreprises, en fait tout ce qui serait hors du cercle intime (qu’il faudrait bien spur délimiter).

                Mais je trouve en effet totalement illogique de voir des héritiers vivre en faisant juste fructifier leurs intérêt, que leurs parents ait été dessinateur, chanteur ou chef d’entreprise. Gérald le rappelait très bien plus bas, les extensions sans cesse renouvelées des droits patrimoniaux depuis 200 ans ne sont pas le fait des auteurs mais bien plus souvent des héritiers effrayés de voir s’enfuir la poule aux œufs d’or.

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                • Répondu par f*Parme le 18 mars 2012 à  13:16 :

                  "Mais je trouve en effet totalement illogique de voir des héritiers vivre en faisant juste fructifier leurs intérêt, que leurs parents ait été dessinateur, chanteur ou chef d’entreprise. Gérald le rappelait très bien plus bas, les extensions sans cesse renouvelées des droits patrimoniaux depuis 200 ans ne sont pas le fait des auteurs mais bien plus souvent des héritiers effrayés de voir s’enfuir la poule aux œufs d’or."

                  Vous vous basez sur vos relations personnelles avec des héritiers d’artistes pour l’affirmer ou seulement sur une projection que vous vous faites ? Parce que les généralités sont souvent théoriques, du moins, c’est ce que j’ai constaté au fil du temps. Pour ce qui est de Mickey qui est la marque de Disney, si le personnage tombait dans le domaine public, c’était la porte ouverte au grand n’importe quoi. La loi a changé parce qu’un cas particulier à démontré que la loi n’était plus adaptée à la situation. La loi évolue parce que le monde évolue.
                  Ensuite le raccourci dessinateur, chanteur, chef d’entreprise... il est rapide. Tout dépend des cas, du succès, de la taille de l’entreprise...

                  Je ne me retrouve ni à gauche, ni à droite, ni aux extrêmes, ni même au centre. Tout dépend des situations, de mon humeur, de mes expériences, de mes rencontres... tout est si paradoxal que la recette toute simple de Monsieur Poutou, je ne peux y souscrire. Je prends ses propositions et je me dis : où elles pourraient nous mener... et elles conduisent toutes à des impasses.

                  Il y a des tas d’absurdités dans le droit d’auteur, mais globalement, c’est mieux que le copyright quand même. Faites comme moi, discutez avec des artistes américains et anglais, vous verrez que leur rapport à la propriété intellectuelle est très différent. Le copyright, c’est moins bien, du moins, pour l’instant, avec la révolution numérique, on risque d’avoir des surprises. Et si je n’ai pas adhéré au discours du SNAC BD il y a deux ans, c’est parce que je connais bien ce qui se passe à la TV et que le modèle économique qui nous attend est plus à aller chercher de ce côté que du côté de l’édition classique, parce que je discute avec mes éditeurs et producteurs et que je n’ai pas une image toute bête du gentil auteur et du méchant profiteurs. Je connais des auteurs qui sont bien moins de gauche que des éditeurs qui se disent de droite.

                  Je sais que des gens au SNAC sont sincères (pour d’autres je vois trop flou), à fond dans leur trip, ils y croient, une sorte de foi politique. Je les respecte mais je n’ai pas cette foi là. Impossible pour moi. J’ai besoin d’être indépendant pour penser et créer. Des gens comme Monsieur Poutou sont de gentils illuminés bourrés de bonnes intentions qui peuvent vous mener avec un grand sourire béat jusqu’aux pires ténèbres en vous disant que ce sera mieux demain. Ben voyons. En attendant, que le camarade Philippe change de conseiller (ou de crémier) parce que sur la question du droit d’auteur, il ne sait rien et n’a aucune projet solide et durable à nous proposer en échange.

                  f*

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                  • Répondu par Sergio Salma le 19 mars 2012 à  17:48 :

                    M’sieur Parme, je vous suis totalement. De plus , je ne comprends pas une seconde qu’on s’excite sur les propositions d’un candidat ! Il aurait été crédible que ça n’aurait rien changé. Il a reçu un journaliste spécialisé bédé ; il a donc répondu en conséquence selon sa sensibilité. Après cet entretien, il a reçu un journaliste d’un magazine qui cause de chiens et de chats ( ça touche beaucoup plus de monde) et il aura sans doute dit quelques banalités sur le sujet. Les avancées dans le domaine du droit d’auteur sont une avancée dans la protection de la personne. Elles sont nées avec la révolution ; au moment où la population a acquis une identité , au moment où l’instruction se généralisait. On a traversé un siècle catastrophique qui donne l’illusion à pas mal de gens que l’argent est la cause de tous les malheurs. On ne parle même pas de propriété intellectuelle, on considère que l’héritier, l’ayant droit ne devrait pas avoir tous ces pouvoirs. Ce qui dérange pas mal de monde c’est pas que ça appartienne à une personne ou à une société mais que ça génère de l’argent. Diabolisé complètement. C’est pratique les diables. La propriété intellectuelle, comme le souligne monsieur Parme a dû s’adapter parce que personne ne savait en 1929 ou en 1950 ce qu’il adviendrait de certaines créations 70 ou 90 ans plus tard. Heureusement que les codes changent, que les lois s’adaptent. Nous étions 1 milliard d’individus pour un taux de scolarisation dérisoire il y a quelques dizaines d’années. La technologie a tout changé ; il y a des milliers de créateurs à PROTEGER mais sous prétexte que 2 ou 3 empires créent des jalousies, des philanthropes humanistes sont prêts à piétiner les maigres droits de certains de leurs contemporains. C’est la même démarche en ce qui concerne les acquits sociaux . Le fric est devenu le prétexte pour faire reculer des droits. En ne sachant pas que c’est le respect de la personne qui recule. Les mêmes qui s’indignent et qui défilent pour un oui pour un non , les mêmes qui gueulent contre les gens à la rue favoriseraient un arsenal de lois qui jetterait la plupart des artistes (déjà fragiles par définition ) dans une merde totale. Et tout ça parce que Disney a prolongé son copyright, ce que je trouve absolument normal. Et je trouve même un peu grotesque que les pieds nickelés ou Popeye soient dans le domaine public. C’est une atteinte non seulement aux droits des héritiers, moi ça me fait tout simplement penser à une profanation. Vous avez tous les jours affaire à des produits qui ont 50 , 100, 200 ans ( Saint Gobain, Ford, Nestlé... des milliers de brevets dans la vie de tous les jours) ; il ne vous viendrait pas à l’idée d’aller copier et commercialiser ces objets qui sont aussi des créations, qui sont aussi le produit d’une réflexion et d’un talent. C’est pareil pour la création artistique. Ce qui conduit votre réflexion c’est que vous êtes sans le sou et que vous voudriiez avoir accès à tout. C’est donc purement et simplement une volonté de possession qui vous anime. Sinon, en réalité, le brevet de Disney , franchement, ce sont pas vos affaires.

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        • Répondu par Jean-Luc Cornette le 16 mars 2012 à  14:42 :

          Je pense exactement comme Marc Bourgne. D’accord les enfants de Charles Trenet (je plaisante) n’ont rien a voir dans le succès et la réussite financière de leur père (je plaisante toujours), mais pourquoi spolier l’héritage des artistes ? De plus, le droit d’auteur n’est pas seulement patrimonial, il est aussi moral. Parce que quelques héritiers, évidemment moins brillants que leur génie de père ou de mère, ont mal mené la barque après la disparition de ceux-ci, on devrait condamner les autres. Et l’on devrait laisser aux éditeurs et producteurs la porte ouverte à la trahison et l’exploitation des oeuvres comme bon leur semble dès le lendemain du décès d’un artiste. Imaginons que ce système soit mis en fonction aujourd’hui. D’ici un mois, on aura des Blueberries rapidement bâclés chez DC Comics et Glénat, des Bandards Fous torchés à la va-vite chez Dupuis, Gallimard et Fluide Glacial, et surtout des Majors Fataux de toutes sortes au Lombard et chez Casterman. Dans six mois Luc Besson sortira son Incal 3D avec Dany Boon dans le rôle de John Difool. D’accord, un ouvrier n’a souvent rien à léguer à ses enfants, est-ce une raison pour supprimer l’héritage d’une autre catégorie socio-professionnelle. Catégorie pas super aisée. Alors dans le cas d’une spoliation étatique des héritages, il faudrait les supprimer tous. Aucun enfant n’est responsable en quoi que ce soit du patrimoine financier et immobilier de ses parents. Le commerçant qui est propriétaire de son épicerie, pourquoi pourrait-il la transmettre à ses moutards. Allez hop, on prend. Et le petit agriculteur qui ne possède plus que quelques vaches et deux ou trois hectares de prairies, de quel droit ses enfants pourraient revendiquer un brin d’herbe et une bouteille de lait ? Soyons sérieux, ça ne précariserait que plus de personnes. L’idée d’appauvrir des pauvres pour essayer d’enrichir d’autres pauvres, je pense pas que cela soit une bonne idée.

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          • Répondu par Gwen le 16 mars 2012 à  22:40 :

            Vous et M. Parme oubliez l’existence du droit moral, qui permet aux héritiers d’interdire de tels usages. Et ce droit n’est pas limité par le temps.

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            • Répondu par f*Parme le 20 mars 2012 à  08:20 :

              Le droit moral n’est pas éternel et on ne peut pas l’utiliser sur un coup de tête. Rassurez-vous, ce n’est pas un droit léonin.

              f*

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          • Répondu par Mael R. le 17 mars 2012 à  16:39 :

            Cet argument vient assez logiquement, sauf que dans la réalité des faits on en est bien loin.

            Oui si ça tombe dans le domaine public on a demain des Bandar mou, des trucs mal torchés, des pures exploitations commerciales. On pourrait par exemple imaginer quelque chose comme ’’Le Nid du marsupilami’’ réédité par un tâcheron dans un autre format, en enlevant les cases avec Spirou pour ne garder que le marsu, recolorisée de manière dégueulasse et publiée sous le nom ’’Houba ! Une histoire d’amour’’ pour la St Valentin par exemple. Un type d’écueil que la patrimonialisation du droit d’auteur évite. Ha bah non justement, ce sont les héritiers qui ont publiés ça.

            C’est le problème en fait, les héritiers n’ont pas forcément le goût de leurs parents, ils ne sont pas forcément plus légitime qu’un amateur passionné pour publier un bouquin.

            Moi j’attends avec impatience le jour où certains auteurs tomberont dans le domaine public pour voir sortir des éditions soignés de certains ouvrages avec un vrai travail éditorial, un vrai amour, et pas juste pour le fric. les éditions pourries pour le fric il y en aura, les reprises aussi, bon, et alors ? On évitera en tous cas de laisser dans seuls quelques mains le loisir de faire n’importe quoi, et le risque de priver les lecteurs/amateurs de bon travail durant 70 ans.

            S’il y a une trahison, détournement honteux du travail il reste le droit moral qui est inaltérable. Il est également incessible, et si l’œuvre quitte l’héritage on peut alors imaginer que n’importe quel lecteur pourra - sous condition d’avoir un dossier sérieux - dénoncer les traitement allant à l’encontre de la pensée de l’auteur. ça me semble en effet très bien tout ça.

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        • Répondu par Gill le 16 mars 2012 à  16:01 :

          Et c’est là où l’on s’aperçoit que le droit d’auteur est à la fois un produit (cessible) et "l’établissement" d’une entreprise qui permet de fournir des revenus (les juristes auraient des mots plus précis...).

          - tout comme un boulanger qui a monté son entreprise, l’auteur a construit une oeuvre.
          - tout comme le boulanger a une enseigne et une clientèle fidèle, l’auteur a un nom, une réputation et une célébrité qui attire les acheteurs.
          - tout comme le boulanger multiplie les pains pour assurer des revenus à partir de son travail et de son investissement, l’auteur multiplie les publications et souvent les rééditions ante ou post-mortem.
          - et donc, tout comme le boulanger peut céder son entreprise à ses enfants (ou à un repreneur), l’auteur peut céder ses droits à ses enfants (ou à un éditeur). Pour que subsiste encore un temps la source de revenus.

          Or, il ne viendrait à personne l’idée de confisquer la boulangerie d’une famille à la mort de celui-ci. Non, on la transmet. Et on transmet de la même façon un droit d’auteur.

          La bizarrerie, en fait, ce serait plutôt qu’il y ait une fin (70 ans) à cette propriété, si l’on y réfléchit un peu : "Bonjour, Monsieur le boulanger, votre grand-père est mort voici 70 ans, alors on vient s’installer dans cette boulangerie qui ne vous appartient plus"

          Au final, si l’on voulait vraiment justifier la suppression du droit d’auteur, il faudrait justifier également la suppression du droit à posséder une entreprise à soi. Seul l’Etat pourrait en posséder une. Ou alors (si j’en crois ce qui est proposé ici), l’Etat devrait les confisquer à la mort du créateur d’entre... de l’auteur. Aucune entreprise ne survivrait à la mort de son initiateur, et il faudrait recommencer de zéro à chaque fois.

          Mais alors comment se fait-il que beaucoup ici refusent cet état de fait ? Parce qu’avec un esprit de Gauche, on a tendance à croire que le droit d’auteur, c’est comme un salariat : on vend du temps de travail (transformé en nombre de planches) et lorsqu’on est à la retraite/pension, on ne travaille plus, et donc on n’a plus à recevoir de revenus de son travail passé (...si ce n’est la pension, justement, que seul l’état est habilité à nous donner).

          En fait, vous refusez de concevoir le droit d’auteur comme l’expression d’une entreprise, car ça voudrait dire que vous êtes les chefs d’une petite entreprise mono-employé. Or ni vous ni votre éditeur (votre "patron") n’a envie de percevoir la chose comme ça. Car vous êtes des humanistes qui donnez du plaisir aux lecteurs, des personnes éprises de liberté et de partage... bref, de vrais militants de Gauche !

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          • Répondu par Sergio Salma le 16 mars 2012 à  17:56 :

            Allons plus loin : pourquoi un auteur aurait-il un droit sur son idée et sur son œuvre ? L’œuvre est bien publique non ?! Alors elle est à tout le monde.

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            • Répondu par Fred le 16 mars 2012 à  18:52 :

              Vos exemples montrent bien votre état d’esprit : celui de petits boutiquiers mesquins, on est dans le poujadisme total.

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          • Répondu par Gérald Auclin le 17 mars 2012 à  11:55 :

            Oui, l’artiste est légalement considéré en France comme un entrepreneur. C’est son statut vis-à-vis de l’URSAF et des impôts, c’est vrai.
            Ce que vous éludez un peu vite par contre, en ce qui concerne les dessinateurs notamment, c’est que sa condition sociale est bien souvent plus proche du lumpen-proletariat que du patron de PME !
            Mais la question principale n’est pas là. Le problème du régime actuel du droit d’auteur, qui est récent (200 ans) et certainement pas universel (il y a quasiment autant de régimes de droit d’auteurs que de pays), c’est qu’il est ambigüe. Entre revenus du travail et revenus du capital, ce droit étant transmissible mais à durée déterminée (sauf le droit moral qui est perpetuel...ce qui ne va pas sans poser de problèmes non plus).
            En outre, la durée post-mortem de ce droit a été plusieurs allongée (5 ans à l’origine... puis 50... puis 70) mais JAMAIS à la demande des auteurs ! Plutôt à la demande de riches héritiers ou de conglomérats puissants dont les droits étaient sur le point de s’arrêter (et la manne financière avec). Voir le cas "Mickey Mouse" aux USA qui est édifiant.
            Il est grand temps de réformer le droit d’auteur, de le rendre incessible, de supprimer sa transmission (et oui, pourquoi pas, d’utiliser les droits post-mortem pour financer la création qui manque singulièrement de moyens) !

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            • Répondu par Gill le 17 mars 2012 à  13:27 :

              Et c’est là où l’on voit la différence entre une philosophie de Droite et une philosophie de Gauche :

              - les premiers encouragent la réussite (et la possibilité qu’une réussite puisse être monnayée puis élargie et étendue)
              - les seconds refusent qu’une réussite puisse trop profiter à son auteur. En lui interdisant de la vendre ("droit d’auteur incessible"), puis en confisquant cette réussite pour la répartir entre ceux qui n’ont pas réussi.

              Interdits, donc, les Walt Disney, Marvel, DC, les Mangas, Astérix, Schtroumpfs, Titeuf, Van Hamme... Interdits aussi, les Roger Hargreave, Twilight ou les Harry Potter. Au final : interdite la culture populaire. Parce qu’en fait, la culture populaire n’est pas le fait de gens de Gauche, mais de gens et de pratiques de Droite (cession du droit d’auteur possible). Ce qui ne cesse de me surprendre ! Car sous prétexte de vouloir instruire les foules (de manières très directives bien qu’uniquement culpabilisatrices), on cherche à supprimer tout ce qui fait le bonheur des gens du peuple. "Le bonheur et l’aliénation" me dit-on. Je ne vais pas développer ce point (et pourtant...) pour m’en tenir au droit d’auteur incessible.

              Supposons donc que nous interdisions la transmission du droit d’auteur, et que l’Etat en récupère la jouissance. Que se passerait-il ? C’est donc l’Etat qui gèrerait la fortune populaire d’un Walt Disney ou d’un Astérix (pour en répartir les richesses aux petits auteurs, on est bien d’accord ?). Et que ferait donc notre Etat-éditeur pour que cette manne à redistribuer perdure (façon Prix Nobel) et ne s’écroule pas d’elle-même ? Hé bien, c’est évident : il y mettrait de l’argent, il la diffuserait le plus largement possible, il construirait des parcs à thèmes, revendrait la licence à des tas de marchands, choisirait des repreneurs efficaces bien que peu inspirés par un personnage qui n’est pas le leur... Et tout ça, pour le bien-être de consommateurs heureux de pouvoir profiter encore longtemps de ces personnages qu’ils aiment !

              Sacré réussite sociale et populaire, non ? :-)

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              • Répondu par Ol le 17 mars 2012 à  21:44 :

                Ce qui serait bien Gill c’est que vous vous instruisiez un peu avant de servir une caricature ridicule de ce que vous fantasmez être la gauche, on croirait un discours sarkozyste : une totale mauvaise foi qui ne repose sur rien de concret.

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                • Répondu par Gill le 17 mars 2012 à  23:05 :

                  Il est effectivement possible que je parle là plus de l’Ultra-Gauche que de la Gauche traditionnelle (qui a pourtant également ce travers d’interdire plutôt que d’inciter, de taxer plutôt que de subventionner, mais en moins grave). Et mon chapitre du milieu n’était pas indispensable.

                  Maintenant, il est plus facile de dire "instruisez-vous" que de donner des arguments ou répondre à des questions. En l’occurrence, que ferait l’Etat du droit d’auteur qu’il récupérerait ?

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      • Répondu par berthy le 21 mars 2012 à  15:36 :

        Bravo pour ce cours d’histoire et cette juste réflexion cher Monsieur Bourgne.Il est parfois utile de rappeler à certains,qu’extrêmes et ignorance sont à l’origine de bien des maux...
        Ces droits d’auteur,que l’on pourrait rebaptiser " droits de créateur" ou "d’inventeur" sont en effet le fruit d’innombrables batailles. Qui dit "droits d’auteur" dit propriété de l’auteur.Point..
        Il est juste que seul ce dernier jouisse du droit de décider de faire ce que bon lui semble quant à la succession patrimoniale de ses droits...C’est simple,précis et...tout simplement normal....
        Content de vous avoir lu

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  • Suppression des droits d’auteur !
    4 avril 2012 18:09, par Baptiste

    A titre d’information, c’est dans le sujet évoqué, la suppression des droits d’auteur.

    http://globalpresse.wordpress.com/2012/04/03/suppression-des-droits-dauteur/

    Depuis le 1er mars 2012, les droits d’auteur sur les oeuvres publiées avant le 1er janvier 2001 et non rééditées sont supprimés dans le cas d’une diffusion numérique…
    Belle arnaque une fois de plus envers les auteurs.

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    • Répondu par Gérald Auclin le 6 avril 2012 à  12:55 :

      C’est toutefois complètement différent de ce qui a été évoqué ci-dessus (les droits d’auteurs post-mortem).
      Cette loi, ce holp-up plutôt, spolie les auteurs de leurs droits sur les ouvrages publiés avant 2001 et qui sont épuisés... au profit des éditeurs de livres numériques !

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  • A quand un entretien avec Cheminade ? Je suis sûr qu’il aimait beaucoup les Dossiers Extraterrestres de Gigi & Lob !

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