Tanâtos, T2 : le Jour du Chaos - Par Didier Convard & Jean-Yves Delitte – Glénat

17 février 2008 0 commentaire
  • Avec ce second opus paru dans la foulée du premier, Tanâtos s'inscrit d'emblée comme une réussite : cette série d'action historique réunit inventivité et suspense dans des décors très travaillés. Avec le tome 3 en préparation, tous les jalons sont posés pour un grand succès.

Juillet 1914. Après l’assassinat de l’Archiduc François Ferdinand, l’Europe est prête à sombrer dans la guerre malgré les efforts politiques et humanistes de Jean Jaurès. Conscients que Tanâtos, le génie du mal aux mille visages, met à profit cette période troublée pour manigancer un mauvais coup, l’inspecteur Bernin et son comparse Victor de l’agence de détectives privés Fiat Lux, le traquent sans relâche, sans se douter que loin de simplement profiter de la guerre qui s’annonce, c’est bel et bien lui, Tanâtos, qui cherche à la provoquer. Car depuis qu’il a volé l’identité d’un important marchand d’armes, le Fiancé de la Mort n’a plus qu’un but : pousser les nations les unes contre les autres afin de vendre ses engins de mort au plus offrant et devenir ainsi l’homme le plus riche du monde...

Tanâtos, T2 : le Jour du Chaos - Par Didier Convard & Jean-Yves Delitte – Glénat

Dans cette seconde partie de leur diptyque introductif, les auteurs tiennent leur formidable pari : raconter une histoire basée sur des faits réels tout en entretenant un habile suspens basé sur leurs personnages hauts en couleurs. Si ce second tome renferme moins de substitutions d’identité de la part de Tanâtos, ses manœuvres se précisent, et on comprend pleinement les horreurs de la guerre dus aux marchands de canons. Faisant profiter à l’agence de détective Fiat lux des dernières innovations scientifiques pour débusquer les criminels, Didier Convard donne plus de poids à la riposte policière. Effectivement, le premier tome, centré sur le génie du mal, faisait paraître ses ennemis bien pâles en intelligence et moyens techniques, mais cette seconde partie renforce la pugnacité des détectives, alimentant la tension jusqu’au dénouement, très Grande Menace de Lefranc, mais dans la ligne des rebondissements précédents : la morale est presque sauve !

Le dessin de Jean-Yves Delitte correspond toujours aussi bien à l’ambiance historique et glauque de la série : les planches fourmillent de détails intrigants, mais ô combien réalistes. Malgré l’excellente restitution du début du XXème siècle, on s’étonnera toujours des trognes ébahies des personnages qui dénotent malheureusement de l’ensemble.

Tanâtos a franchi avec maestria le niveau du diptyque introductif : le décor est planté, les personnages jouent au chat et à la souris dans de manœuvres subtiles dignes des feuilletons populaires de la Belle Époque. Le prochain tome va nous entraîner dans les méandres politiques du naufrage du Lusitania. On s’en délecte d’avance ...

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?