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Tanguy & Laverdure : Le Pilote qui en savait trop – Par Patrice Buendia, Hubert Cunin et Mathieu Durand – Ed. Dargaud Zéphyr

  • On trouve régulièrement dans nos forums des propos qui annoncent la fin prochaine de la bande dessinée classique franco-belge. Force est de constater que, avec le nouveau Tanguy & Laverdure de Patrice Buendia, Hubert Cunin et Mathieu Durand, les déclinistes aboient et les Mirage IIIc continuent de passer, grâce il faut bien le dire, à l’excellent travail du label Zéphyr spécialisé dans la BD d’aviation. Ce nouvel album en est la parfaite illustration.

Ce qui frappe d’abord, c’est la technicité du propos. Nos braves Tanguy et Laverdure vont vendre leurs avions à aile Delta à l’armée suisse. Mais les essais in situ sont émaillés d’incidents fâcheux à commencer par un tir de sniper essuyé par Michel Tanguy. L’intrigue est extrêmement bien amenée car même si l’on en repère assez vite qui sont les responsables, on ne sait pas pour quels services ils roulent : le KGB, le MI6 ou la CIA ?

Il est d’autant mieux amené que la politique est bien présente, en particulier celle de la Suisse - dont nous ignorons tout - et dont l’un des deux scénaristes de cet album, Hubert Cunin, un banquier franco-suisse né à Berne, est originaire. Cela tourne au thriller avec trahison dans les rangs de l’armée helvète, donnerwetter !, et coups de « parapluies bulgares » ! un récit digne d’un James Bond des années 1960. L’album est rythmé, émaillé de morceaux de bravoure comme une attaque d’avion de chasse en pleines montagnes suisses et un atterrissage d’urgence sur une bretelle d’autoroute au milieu de flancs escarpés.

Tanguy & Laverdure : Le Pilote qui en savait trop – Par Patrice Buendia, Hubert Cunin et Mathieu Durand – Ed. Dargaud Zéphyr

La technicité est aussi du côté du dessinateur, le remarquable Matthieu Durand. Rien que la couverture de l’album montre son habileté à composer les images avec une exactitude confondante en tenant compte des paramètres techniques d’un avion de combat. Nous sommes quasiment dans un simulateur de vol ! Le dessin est précis comme au bon vieux temps d’Uderzo et classique sans être empesé d’une nostalgique poussière. Avec des talents pareils, la BD classique a encore de beaux jours devant elle.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Tanguy et Laverdure, Classic Tome 4, Le pilote qui en savait trop par Patrice Buendia, Hubert Cunin et Matthieu Durand, éd. Dargaud/Zéphyr – 48 pp, 14,95€.

 
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13 Messages :
  • Votre obsession pour ceux que vous appelez les déclinistes commence à devenir vraiment pesante. Je comprends que vous vouliez rester positif et défendre la « BD classique » mais sérieusement à quelle tranche d’âge cet album est-il destiné ?

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 4 septembre à  17:09 :

      Votre obsession pour ceux que vous appelez les déclinistes commence à devenir vraiment pesante

      Oh je ne fais que constater un fait. Désolé que vous le preniez pour vous.

      mais sérieusement à quelle tranche d’âge cet album est-il destiné ?

      Vous êtes distrait, c’est bien mentionné au-dessus de l’article : "A partir de 13 ans". Si cette série ne vous convient pas, passez votre chemin, personne ne vous en voudra, et vous laisserez cet album d’excellente facture aux jeunes de 13 à 77 ans (et plus) férus d’aviation.

      Ils sont suffisamment nombreux semble-t-il pour que l’éditeur persévère dans la publication de cette série. Une collection qui ne se vend pas, s’arrête. C’est mathématique. Ce ne semble pas être le cas ici.

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      • Répondu le 4 septembre à  17:49 :

        Bien sûr à 13 ans on va acheter Tanguy et Laverdure. Bien sûr la BD franco-belge va bien et propose constamment de nouvelles créations. Je comprends que le vieillissement de son lectorat doit vous désoler au point que vous choisissez de le nier. Mais c’est faire l’autruche.

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 4 septembre à  21:43 :

          Restons-en aux faits. Il y a toujours eu un public pour les histoires d’aviateurs. Tanguy et Laverdure a son public et un éditeur prêt à le servir. Vos généralités n’ont aucun sens. Bien sûr qu’un enfant de 13 ans peut lire cette BD.

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          • Répondu le 4 septembre à  22:32 :

            Un enfant de 13 ans peut lire n’importe quoi. Mais sauf à être fortement téléguidé par ses parents, il y a peu de chances que sa curiosité naturelle l’incite à acheter une BD mettant en scène des aviateurs dont les aventures avaient un intérêt et une pertinence il y a 60 ans pendant la guerre froide. Soyez vous-même factuels. Vous êtes journaliste. Renseignez-nous vraiment sur ce que lisent les ados de France et de Belgique. Je doute fortement que ce soit Tanguy et Laverdure ou Bob Morgane. Soyons sérieux. Ces bd s’adressent à leurs parents ou à leurs grand-parents.

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            • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 5 septembre à  07:38 :

              Décidément, nous continuez à pédaler sur votre vélo d’appartement sans réfléchir plus loin. D’abord vous biaisez. Il est bien indiqué : "à partir de 13 ans".

              Ensuite vous y allez de vos assertions invérifiables sur "les jeunes qui..." et vous revenez sur vos obsessions déclinistes : tout cela c’est pour les vieux, dites-vous. Vous n’en savez rien, vous n’avez rien qui le prouve. Vous refusez de voir que derrière des études macroéconomiques, il y a des niches qui marchent très bien. Il y a bon nombre d’amateurs d’aviation en France, d’aéroclubs, de collections d’ouvrages sur les avions.
              Mais vous avez décidé d’être niais.

              Enfin, vous brisez une lance contre les journalistes qui ne feraient pas leur boulot. Très bien. Sauf que j’ai été successivement libraire, diffuseur, éditeur, auteur et journaliste dans ma vie, j’occupe encore quelques-unes de ces fonctions et je fréquente un grand nombre de professionnels. Je suis donc bien renseigné. J’affirme en revanche que vous ne connaissez rien : ni à l’édition, ni à la diffusion, ni à la distribution, ni même au commerce et encore moins à la gestion d’une entreprise.

              Vous vitupérez les reprises, signe du déclinisme selon vous, en ignorant superbement les Spirou de Jijé, Franquin et de Bravo, les Batman de Joe Kubert et de Frank Miller, le Swamp Thing d’Alan Moore. Ce ne sont pas des exceptions, ce sont des constantes. Des opérations commerciales ? Et alors ? J’ai été ravi que Blake et Mortimer sorte Ted Benoît de la précarité et je suis ravi que Bastien Vivès gagne encore un peu de notoriété. Que cela plaise ou non, c’est la prérogative de chacun. Que cela se vende ou non, c’est le problème des marchands.

              Mais cela ne doit pas être prétexte à des contrevérités parfois entretenue par des personnalités que j’estime mais qui le plus souvent en parlant de "crise" ou de "surproduction" ne font qu’habiller leurs impressions personnelles. Si l’on examine ces trente dernières années, cela ne résiste à l’examen.

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              • Répondu le 5 septembre à  07:56 :

                Quand on vous demande de faire votre travail de journaliste, de vérifier les faits que vous affirmez, de réaliser une véritable contre-enquête notamment sur l’étude récente du CNL qui va totalement dans le sens de l’évolution que chacun autour de nous ressent, vous préférez nier la vérité, vous arc-bouter dans une défense servile et inconditionnelle de la politique des gros éditeurs, et même dénigrer le parcours professionnel de vos interlocuteurs, dont vous ignorez tout, voire en dernier recours manier l’insulte, et balayer les personnes d’avis contraires en les traitant de niais ou de déclinistes. ça ne vous grandit pas, ni Actua Bd.

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                • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 5 septembre à  08:43 :

                  Vous vous croyez où ici ? Vous êtes chez nous. Nous sommes un organe d’information, pas vos domestiques et nous n’avons pas à répondre à vos injonctions. A moins que vous nous adressiez un bon chèque à la rédaction, charges comprises. Et encore.
                  Je connais suffisamment cette étude du CNL pour avoir participé à l’établissement de son questionnaire.
                  Et on voit bien que vous en tordez le résultat pour trouver des réponses à vos rancœurs et à vos illusions. Personnellement, je trouve que cette étude quantitative n’apporte rien de nouveau, d’où mon désintérêt.
                  ActuaBD offre à ses lecteurs, grâce à ses rédacteurs, le plus large champ possible d’informations sur la BD en France. Grâce à Frédéric Hojlo notamment, la production indépendante n’est pas oubliée et cela nous semble important. Nous chroniquons journellement des oeuvres qui ne sont pas le fait d’auteurs connus ou de gros éditeurs. C’est vous qui êtes dans la dénégation.
                  Vous n’êtes pas un professionnel. Vous êtes un troll, on vous connaît comme tel et on vous a repéré depuis longtemps, vous avez votre manière bien à vous de publierà longueur de journée des posts dénigrants pour les éditeurs et les artistes. Je tenais pour cette fois à souligner votre imposture et à signifier à nos lecteurs que oui, des trolls comme vous, cela existe et encombre nos forums, en dépit de notre modération, avec des arguments absurdes qui tournent en boucle.
                  Décliniste, niais, oui. Sentez-vous visé : ce sont des faits, pas des insultes. Cela concerne vos propos. Mais vous : pleutre, lâche, publiant anonymement. Cela décrit l’homme.

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                  • Répondu par kyle william le 5 septembre à  09:20 :

                    Ouahou c’est incroyable l’agressivité qui règne ici. Je m’adresse à l’anonyme niais, troll, pleutre etc : laissez tomber. Vous ne saurez pas ce que pense Pasamonik de l’étude du CNL. Ca fait des mois maintenant. Il ne veut pas en parler. Mais on en parle sur plusieurs autres forums et fils de discussions et on en a beaucoup parlé partout dans le métier, notamment avec les libraires croisés cet été, et même avec les éditeurs. Maintenant, il ne faut pas rester les bras croisés, même si la conjoncture est mauvaise. Restez créatif au lieu de vous désoler et de vous heurter à des murs.

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                    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 5 septembre à  10:55 :

                      Vous ne saurez pas ce que pense Pasamonik de l’étude du CNL.

                      Vous ne lisez pas : je dis que cette étude n’apporte rien de neuf, rien non plus qui n’aille dans le sens de "Troll, pleutre, anonyme, etc", notre collapsologue de service, et effectivement, j’ai mieux à faire que de la commenter.

                      Les éditeurs sont des commerçants, des chefs d’entreprise. Ils tentent de temps en temps des choses, se réassurent avec des recettes éprouvées (ils ont des salaires, des auteurs à payer) plus ou moins habilement. Les distributeurs et les libraires idem.

                      Vous êtes scénariste. Très bien. Ouvrez la TV et vous avez sous les yeux le même phénomène, y compris sur les nouvelles plateformes. Arsène Lupin, dans le genre reprise, ça vous dit quelque chose ? Ça a été un four commercial ? Non. Placez-vous facilement vos scénarios chez Netflix ou Disney+ s’ils ne sont pas formatés ? Non. Est-ce que cela empêche une histoire de qualité comme le "Bureau des Légendes" de sortir du lot ? Non. En disant cela, je roule pour le "grand capital" ? Non, je constate des faits.

                      Ce n’est pas la première fois que je tente d’analyser ces phénomènes dans ces pages.

                      Alors plutôt que de verser dans le trollisme systématique de certains, nous ce que nous attendons de nos forums, c’est une vraie discussion, des informations et des réflexions nouvelles, pas des affirmations péremptoires qui tournent en boucle et bardées de procès d’intention.

                      Nous allons d’ailleurs renforcer nos modérations en cette rentrée, dans l’intérêt supérieur de nos lecteurs.

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      • Répondu le 4 septembre à  17:59 :

        La reprise de cette série ne s’adresse qu’aux vieux nostalgiques à pouvoir d’achat, comme une grosse proportion de la BD Franco-belge actuelle. C’est comme ça. C’est un peu comme l’industrie du rock aujourd’hui. Des trucs pour nostalgiques du XXIE siècle.

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        • Répondu par Scenariste le 5 septembre à  09:45 :

          Les reprises de séries classiques ne sont pas dérangeantes, surtout si elles sont réussies, comme c’est le cas pour ce Tanguy et Laverdure. Croire que les différents publics compartimentent leurs lectures et qu’il n’y a pas de porosité vers d’autres genres et juste caricatural ou mal informé. Non, le plus dérangeant, c’est le manque cruel d’investissement sur de nouvelles séries. Les projets sont là, mais pas le répondant éditorial, qui ne veut plus prendre de risque, mais juste décrocher la timbale à chaque publication.

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    • Répondu par Laurent Colonnier le 5 septembre à  21:19 :

      Si vous fréquentiez les bibliothèques et les bibliothécaires, vous seriez étonné de ce qu’empruntent et lisent les jeunes (enfants, ados, jeunes adultes), ils sont bien curieux de tout (je parle de ceux qui lisent, il y en a plein qui ne lisent rien bien-sûr).

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