Affaire Aylan et Riss/Charlie Hebdo : Les dessinateurs dans la ligne de mire

18 janvier 2016 18 commentaires
  • Le dessin de presse est plus que jamais en ligne de mire ces derniers temps, cible des critiques les plus acerbes comme des balles les plus meurtrières. Un dessin de Riss publié cette semaine dans "Charlie Hebdo" en fait à nouveau la démonstration.

Décidément, la caricature à la française vit un sale moment. Alors que l’on est encore dans l’émotion et le souvenir suite à l’assassinat, il y a un an, de l’équipe de Charlie Hebdo, alors que plus d’une centaine d’ouvrages ont été écrits à la suite de cet événement, voici que le journal satirique se rappelle directement à l’actualité en publiant un dessin contesté de Riss, l’un des dessinateurs réchappés du massacre.

Tripoteurs de fesses...

"La misère humaine a une dimension inhumaine" disait Coluche. Charlie Hebdo tente pourtant d’en rendre compte, par le rire. Apprenant l’odieuse agression perpétrée auprès de femmes pendant le réveillon du Nouvel An à Cologne et dont, selon les sources officielles, la majorité aurait été le fait d’immigrés illégaux ou des demandeurs d’asile, Riss a réagi à sa façon en se saisissant d’un dessin dont il était l’auteur et qui avait déjà choqué la communauté internationale à l’époque montrant le petit Aylan, un réfugié syrien mort noyé, à côté d’un McDonald. Cette fois, il recycle l’icône en interrogeant cette hypothèse : que ce serait-il devenu le petit Aylan s’il avait grandi ? "Tripoteur de fesses en Allemagne", écrit le dessinateur.

Affaire Aylan et Riss/Charlie Hebdo : Les dessinateurs dans la ligne de mire
Le dessin de Riss paru cette semaine à l’origine du scandale.
(c) Charlie Hebdo

Le dessin a immédiatement soulevé le tollé. "C’est l’histoire d’un dessin pas très clair, et un peu stupide. Un dessin de Riss, un dessin parmi tous les dessins parfois très drôles, parfois pas du tout, qu’on peut voir chaque semaine dans Charlie Hebdo" écrit Libération. "Un dessin révoltant. Quelle saloperie d’imaginer un gosse-mort dans de telles conditions -en futur violeur. Ignoble caricature ! En plus, très facile de dézinguer un gosse de pauvres dans sa tombe" peut-on lire sur Médiapart.

Rania Al Abdulah, la reine de Jordanie elle-même s’est fendue d’un tweet indigné où elle écrit : "Aylan aurait pu être un médecin, un professeur, un parent aimant..." et de reproduire une autre caricature, de son compatriote Ossama Eid Ajjaj, un caricaturiste peu amène avec les intégristes islamiques, où il illustre cette sentence.

La réaction de la Reine Rania de Jordanie
DR

Le rôle des réseaux sociaux

Bien que ce dessin maladroit -mais qui s’explique par le volonté de choquer qui est depuis toujours dans la ligne "bête et méchante" de Charlie Hebdo- ne soit pas vraiment défendable, dans le même article de Libération, Daniel Schneidermann explique le rôle particulier des réseaux sociaux dans la diffusion de cette affaire : "Le dessin aurait pu passer totalement inaperçu, dans [la] page intérieure [du journal], au milieu de la livraison de la semaine, qui s’en prend à Sarkozy, à Depardieu, à Johnny, aux curés pédophiles, aux barbus, bref aux usual suspects de Charlie. Mais Aylan, les migrants, l’agression sexuelle : trois tabous fracassés en un seul dessin, c’est beaucoup. Quelques anti-Charlie le postent sur Twitter. Et voilà reparti, contre Charlie et Riss, le procès en islamophobie, en migrantophobie, en aylanophobie..."

Il ajoute : "Et s’il n’y avait que les twittos ! Chaque dessin du directeur de Charlie Hebdo est reçu comme un communiqué officiel d’on ne sait trop quelle institution. On fait réagir politiques et penseurs. Jusqu’à la tante du petit Aylan, à Vancouver, interrogée par un journal canadien et dont le chagrin - « nous tentons de mettre cela derrière nous. Pourquoi veulent-ils nous rappeler notre douleur ? » - est immédiatement porté, lui aussi, par les mêmes réseaux sociaux. Dans les années 70, c’étaient les institutions, qui s’offusquaient de Hara Kiri, jusqu’à la censure du numéro fatal sur le « Bal tragique à Colombey ». Aujourd’hui, ce sont les communautés minoritaires, plus ou moins stigmatisées, qui se dressent, douloureuses, contre la statue de la liberté d’expression."

Le premier dessin de Riss mettant Aylan en scène. Il avait aussi suscité le scandale.
(c) Charlie Hebdo

Disproportions

Dans L’Obs, l’historienne Annie Duprat trouve ces réactions disproportionnées, soulignant que la violence fait partie de l’histoire de la caricature et que l’on fait erreur à donner trop de sens à ces dessins : "Contrairement à ce qui est souvent dit, la caricature n’est pas là nécessairement pour faire rire ou réfléchir, dit-elle. L’équation faite paresseusement entre caricature et rire n’est même jamais pertinente. La caricature joue sur le ridicule, qui peut entraîner un rire, mais aussi sur l’effroi, la peur, et toutes sortes de ressorts qui engendrent le sarcasme... Le seul impératif de la caricature, c’est plutôt d’être toujours "d’attaque", de s’en prendre, par exemple, aux mœurs, aux personnes... Et c’est bien le cas du dessin de Riss."

Les couvertures de Charlie Hebdo sont en général très dures, depuis longtemps.
(c) Charlie Hebdo

Amalgames

D’aucuns cependant soulignent le côté néfaste de ce douteux amalgame. "Le même dessin publié par le Front National lui aurait valu un procès cinglant" entend-on. Le dessin deviendrait contre-productif car il est précisément utilisé par les #JeNeSuisPasCharlie pour critiquer la feuille satirique.

Mouloud Akkouche, dans un article intitulé "Riss m’a tuer" publié sur Mediapart, en convient mais il objecte : "Riss , Siné, les caricaturistes vivants et les morts, ont raison de ne pas prendre de gants avec la merde et le sang. Riss a-t-il assassiné ce gosse échoué sur la plage ? Les vrais assassins d’Aylan courent toujours . La plupart bien connus. Comme nous tous, Riss a pris ça en pleine gueule. Peut-être même chialé ou gerbé… Comment traduire l’horreur ? Quels angle pour dénoncer nos petits et grands travers ? Chacun fait comme il peut et veut. Certains préfèrent le compassionnel, d’autres la cruauté plus provocante. Au risque d’être instrumentalisé parfois par des gens aux antipodes de leurs convictions. Provoquer n’est pas sans risques ; des barbares l’ont prouvé le 7 janvier. La caricature, pour parodier les écrits d’un tyran sanguinaire d’une autre époque, n’est pas un dîner de gala. Ne pas hésiter à choquer sa propre famille et ses amis de longue date. Un humour noir à faire grincer des dents. Secouer le cocotier de nos certitudes. Rester irrévérencieux et transgresser."

Et d’ajouter : "Avec leurs crayons, ces joyeux fêlés tordent le monde, transforment la réalité, pour déranger les regards, générer de la révolte ou, à minima, susciter des interrogations. Inoculer le virus du doute sur les autres et soi. Nous mettre le nez dans la boue contemporaine. Une boue détournée par un crayon caustique. Une plume qui peut-être aussi critiquée et blasphémable. Caricaturer ne protège pas de la connerie. Et même de basculer dans le camp de l’extrême-droite. Aux lecteurs de juger..."

À vous de juger, donc...

Riss est l’une des plumes les plus féroces du journal à l’encontre des religions.
(c) Charlie Hebdo

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
18 Messages :
  • C’est le pire dessin que j’ai vu cette dernière année. Pour le coup, je ne suis pas "Charlie" mais "Aylan".

    Rangez votre tripotage intellectuel.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Pierre le 18 janvier 2016 à  19:27 :

      Article très intéressant dont une phrase m’a cependant choqué : "Bien que ce dessin maladroit (...) ne soit pas vraiment défendable..". Pourquoi faudrait-il défendre un dessin, en quoi est-il maladroit ? Ce que dit Annie Duprat me semble très sensé. On peut concevoir que les dessins de Riss heurtent certaines sensibilités, mais on n’oblige personne à les regarder ! Et si les réseaux "sociaux" et les faux-culs mettaient une sourdine, de temps en temps, ça éviterait quelques vagues nauséabondes dont on se passerait bien !

      Répondre à ce message

    • Répondu par FL le 19 janvier 2016 à  01:50 :

      Les gens qui se disent écœurés par le dessin de Riss oublient seulement ce qu’il est essentiel de faire quand on lit un message : savoir qui l’émet, et d’où il est émis.
      Si on savait vraiment qui a écrit la Bible, la Torah, ou le Coran, et dans quel contexte, on aurait sans doute un regard plus… détaché, sur ces littératures.
      Charlie Hebdo est donc un magazine satirique qui, depuis 25 ans et plus, remet en question tous les pouvoirs, et tous les conformismes. L’argent, l’armée, les pollueurs et la religion, sont ses cibles préférées, et les conformistes de tous poils sont ses têtes de turcs privilégiées.
      Parmi ces conformistes, il y a les bons vieux racistes d’avant l’islamophobie (« racisme 2.0 »), ceux qui craignent les arabes qui viennent manger le pain des français quand bien même ils n’ont jamais vu un basané de leur vie, et qui redoutent les roms qui volent leurs poules, même s’ils n’ont pas de poules.
      C’est leur pensée à ceux-là, sourde et muette, que Riss a voulu ridiculiser par ce dessin : celle des « braves gens qui n’aiment pas qu’on suive une autre route qu’eux » : ceux qui pensent, chaque fois qu’un arabe prend une balle dans le dos, qu’il a dû « bien la chercher », et qui n’ont de semblables que les « bons musulmans » qui pensent, eux-aussi que Charb et Cabu « l’ont bien cherché »… Ne riez pas : cette engeance représente encore un bon 30% de la population votante, et aujourd’hui, elle est « décomplexée »…
      Pour quiconque lit Charlie depuis plus d’un an, il est juste impensable que ce dessin soit à prendre au premier degré, et qu’il exprime la pensée de Riss… D’ailleurs, l’allure, le regard, et l’attitude des personnages montrent bien qu’il s’agit d’un truc à prendre avec des pincettes. Mais Riss va avoir du mal à s’en justifier tout simplement parce que Charlie est maintenant malgré lui placé dans un autre contexte : celui du grand public, celui de la presse tout-venant, de la presse premier degré.
      Je m’explique : autrefois Charlie était regardé – et lu – par à peine 35000 lecteurs, tous dans la confidence de cet humour noir, caustique, cynique, provocateur, et surtout second degré, hérité des années 70 et 80. L’humour qui permettait à Coluche de faire « le CRS arabe », par exemple, ou à Desproges de demander « s’il y a des juifs dans la salle »… 35000 lecteurs qui savaient aussi d’où venaient les auteurs et quel était leur combat. Il n’y avait donc aucune ambiguité : les lecteurs avaient "les codes".
      Aujourd’hui, tout le monde se croit concerné par Charlie, et autorisé à donner son avis sur un dessin, sans avoir jamais lu un article de Philippe Lançon, de Bernard Maris, de Charb, de Gébé, de Cavanna, de Patrick Pelloux ou d’Antonio Fischetti. Tout le monde pérore donc sans savoir « qui » dessine, et « pourquoi ».
      Les mêmes ont ils déploré la une de Minute après l’assassinat de Clément Méric : « jeux de mains jeux de vilains » ? Non parce que personne de sensé ne fait attention à la une de Minute. Mais sont-ils choqués par les unes à répétition du Point ; de l’Express, ou de Valeurs Actuelles, quand ils parlent des roms avec un racisme affligeant et tout à fait premier degré ?
      Non plus.
      Non plus car au fond, pour beaucoup, même s’ils se sont dit « Charlie » le 7 janvier 2015, Charlie reste un truc de gauchistes infréquentables et de bouffeurs de curés attardés, à qui ils n’ont fait que l’aumône de leur compassion…
      Selon eux Charlie Hebdo devrait être à présent dans le mainstream de la presse censurée par les échanges publicitaires, ou par le contrôle de l’industrie lourde, voire auto-censurée. Ce qu’ils attendent, serait qu’il s’assagisse en quelque sorte, qu’il rentre dans le rang, pour mériter son statut de vedette… Un peu comme on attend du pauvre à qui on a donné la pièce, qu’il n’aille pas picoler avec…
      C’est sûrement de cela que Riss et sa bande ne veulent à aucun prix : mériter l’assentiment compassionnel d’une bourgeoisie (petite ou grande) qui pourrait sournoisement mettre la main sur sa ligne éditoriale, et le faire entrer dans les salles d’attente des dentistes, des notaires, et des radiologues…
      Et c’est pour cela qu’ils continueront – j’espère – à commettre des unes aussi provocantes et dégueulasses, qui parlent trop bien de la connerie pour être supportables…
      Alors continuez, imams, rabbins, et curés, (même laïcs) à vous indigner, et à ne pas comprendre l’humour de Charlie : vous n’avez manifestement pas été touchés par la grâce, et il ne prétend pas, lui, vous ramener dans le droit chemin !
      En outre Charlie est déjà mort plusieurs fois, politiquement, économiquement, et physiquement. Il n’a donc plus rien à perdre, et rien à gagner à complaire aux « bien-riants ».

      Post-Scriptum qui n’a presque rien à voir : je souviens en 1995 d’avoir été pris à partie dans le métro par des « JMJistes » qui venaient acclamer Jean Paul II et perdre leur pucelage dans les auberges de jeunesse. Ils s’étonnaient que j’aie le culot de déplier mon Charlie devant eux (délicieux petits censeurs en herbe) alors qu’à l’époque, c’est le Pape qui était la cible favorite de Cabu de Riss et de Gébé. Et les jeunes gens en question de m’expliquer que Cabu avait choisi une cible facile et innocente, et qu’il était trop lâche pour s’en prendre aux "vrais" méchants : les imams ou les rabbins…

      Comme dirait Brassens, « la suite leur prouva que non »…

      Répondre à ce message

      • Répondu par SJ le 19 janvier 2016 à  11:49 :

        Excellent commentaire. Rien à ajouter.

        Répondre à ce message

      • Répondu par Pirlouit le 20 janvier 2016 à  22:00 :

        Bravo pour ce commentaire éclairant, FL, moi-même qui ne lis qu’épisodiquement Charlie-hebdo, j’ai d’abord été choqué par ce dessin, publié en tout petit dans les pages intérieures. Merci donc pour vos explications !

        Répondre à ce message

  • Voilà un papier équilibré, comme j’aimerais en lire davantage sur un sujet aussi déstabilisant.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Zébra le 19 janvier 2016 à  10:25 :

      Le problème n’est pas tant le dessin de Riss que celui du statut de "Charlie-Hebdo". En effet la direction de cet hebdo a elle-même réclamé et/ou justifié la censure d’autres journaliste, humoriste ou homme politique - deux exemples récents, radicalement opposés sur le plan des idées : Eric Zemmour et Dieudonné.
      Il est donc difficile de défendre au nom de la liberté d’expression un hebdomadaire qui ne souscrit pas au principe voltairien mais plutôt à celui, "républicain" ou stalinien, d’encadrement de la liberté d’expression par l’appareil d’Etat.

      - Par conséquent l’historienne citée plus haut déforme la réalité historique : oui, la caricature à la française a souvent été faite d’images choquante (l’humour choque a priori ceux qui n’en ont pas) ; en revanche, rares sont les titres de la presse satirique par le passé qui ont revendiqué les valeurs de la République et sont devenus un "symbole national", (mal) protégé par la police.

      - Ce changement de statut de "Charlie-Hebdo", qui progressivement a été assimilé à la culture dominante, quittant le créneau de la "contre-culture" qu’il occupait autrefois, explique largement la confusion grandissante autour des dessins publiés par cet hebdo. Comment continuer de prendre "Charlie-Hebdo" pour un petit journal "bête et méchant" ?

      Répondre à ce message

      • Répondu par JP le 19 janvier 2016 à  23:14 :

        Comment continuer de prendre "Charlie-Hebdo" pour un petit journal "bête et méchant" ?

        Z’avez tout faux mon gars, le journal bête et méchant c’est Hara-Kiri, pas Charlie-Hebdo.

        Répondre à ce message

      • Répondu par Frenchauide le 20 janvier 2016 à  10:05 :

        "Charlie-Hebdo", qui progressivement a été assimilé à la culture dominante, quittant le créneau de la "contre-culture" qu’il occupait autrefois

        Récemment sur France Culture Denis Robert parlait bien de la mutation du journal au fil du changement générationnel de ses auteurs. C’est réécoutable ici.

        Répondre à ce message

        • Répondu par Zébra le 20 janvier 2016 à  23:15 :

          Le premier "Charlie-Hebdo" incarnait à peu près l’esprit frondeur de Mai 68 ; le second, à partir de 1992, quelque chose de très différent, en dépit de la présence de Cabu, Cavanna, Willem... Le côté populaire s’était estompé au profit, disons, d’un discours élitiste de gauche. Le coup du catéchisme laïc aurait certainement fait marrer Choron tellement c’est un truc de culs bénis.
          Charb, et Val avant lui, ont mis le doigt dans un engrenage, celui du choc des cultures, alors que ce n’est pas le rôle de ce genre de publication de mobiliser les troupes.

          Répondre à ce message

      • Répondu par kyle william le 21 janvier 2016 à  08:50 :

        Il me semble que Riff essaye seulement de continuer son travail comme avant. Il fait se percuter deux evénements récents, pour faire rire, interpeller ou réfléchir le lecteur. Il s’adresse à l’inconscient collectif, celui qui a pu être ému par la mort d’Aylan, qui est indifférent depuis à la mort de 3000 autres enfants dans des conditions similaires, et qui pourrait se laisser tenter par l’amalgame suivant : Migrants = Violeurs, équation fausse colportée par une partie de la presse, du Point à Valeurs Actuelles en passant par Atlantico…
        Petit correctif : Zemmour et Dieudonné ne sont pas radicalement opposés sur le plan des idées. Ils ont notamment tout deux exprimé publiquement une certaine sympathie pour le Maréchal Pétain.

        Répondre à ce message

        • Répondu par kyle william le 21 janvier 2016 à  12:00 :

          Riss, pas Riff, pardon pour la faute de frappe… (mais Riff Reb’s est aussi un auteur qui fait bien son boulot)

          Répondre à ce message

        • Répondu par kyle william le 21 janvier 2016 à  12:03 :

          Autre correctif, je parlais de 3000 enfants disparus dans les mêmes conditions qu’Aylan depuis sa mort. C’est très exagéré. Apparemment, c’est plus de 100 et moins de 300. Ce qui fait quand même beaucoup…

          Répondre à ce message

  • N’empêche, à première vue, le dessin de Riss sur ce qu’Aylan aurait pu devenir, peut être interprété comme "c’est bien fait s’il est mort alors, de toute façon, ces musulmans et pauvres, c’est tous des violeurs en puissance, après tout, ils ne partagent pas nos valeurs". Vu le contexte depuis un an, c’est franchement pas malin !

    La provoc, pourquoi pas, puisqu’elle a pu faire avancer le débat. Mais là, en ces temps où les gens sont à cran, que la moindre étincelle peut rallumer certains feux (notamment dans les quartier difficiles), mieux vaut ne pas en rajouter, hein.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 21 janvier 2016 à  09:05 :

      Ca n’est jamais le moment de faire des caricatures.

      Répondre à ce message

      • Répondu le 21 janvier 2016 à  15:50 :

        Si on s’y prend bien, si.

        Il faut juste prendre en compte le fait que ce qui nous fait rire ne fait pas rire d’autres, exemple : blagues sur les handicapés, surtout faites par des gens valides.

        Ou alors, on assume complètement le(s) message(s) sous-jacents de ses caricatures : les enfants musulmans et pauvres, on s’en fout qu’ils crèvent. Pourquoi pas ? Mais alors, faut pas venir pleurer ensuite si on se fait allumer par le reste du monde et qu’on traîne par la suite une réputation de c***ard.

        Rire et caricaturer, oui. Mais il ne faut pas oublier sa responsabilité en tant que personne publique dont la voix porte plus haut que celle du quidam lambda !

        Répondre à ce message

        • Répondu le 21 janvier 2016 à  22:47 :

          Le dessin de Riss sur le petit Aylan n’était pas à prendre au premier degré, bien évidemment... Tout comme ses dessins sur les handicapés.

          Répondre à ce message