Newsletter ActuaBD

Ars Magna, T. 3 : V.I.T.R.I.O.L. - Par Alcante & Jovanovic - Glénat

  • Suite et fin de la chasse aux énigmes au cœur de la Belgique occupée. Un « Da Vinci Code » à la sauce bruxelloise, qui ne manque vraiment pas de sel !

Bruxelles, fin 1943. Alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage, l’historien Philippe Cattoir se retrouve malgré lui impliqué dans un attentat contre Hitler. Le Führer était venu dans la capitale belge pour suivre les avancées d’une compagnie de SS à la recherche d’un terrible secret, caché depuis des siècles par la loge maçonnique d’Ars Magna. Mais l’attentat échoue, et Philippe se retrouve obligé de choisir son camp.

Avec ses nouveaux amis résistants, il s’engage dans un jeu de piste infernal, en lutte contre les nazis. Tous sont à la recherche d’un étrange objet surnommé le « Phénix », caché dans les entrailles de la ville par la très ancienne loge secrète au moyen de nombreuses énigmes codées. Au temps des Croisades et de Godefroid de Bouillon, la loge Ars Magna aurait en effet ramené une relique puissante et fascinante. Elle a traversé le temps et semé la mort, ... et pourrait changer le cours de la guerre !

Ars Magna, T. 3 : V.I.T.R.I.O.L. - Par Alcante & Jovanovic - Glénat

Dans ce troisième tome, Alcante révèle enfin le secret du fameux Phénix protégé la loge d’Ars Magna, un mystère que les lecteurs plus scientifiques auront deviné par les multiples indices laissés au fur et à mesure par le scénariste. En distillant les énigmes et les fausses-pistes suivies de fréquences résolutions, Alcante aura donc réussi avec brio à passionner son lectorat par cet intéressant double-jeu : une chasse au trésor au cœur de l’histoire de Bruxelles, doublé d’une rivalité entre les SS et les Résistants plus humanistes.

Ce troisième tome profite une fois de plus de cette double construction, grâce à de savantes énigmes mêlant science, alchimie et loges secrètes, et une seconde partie dominée par une course-poursuite endiablée. Il évite d’ailleurs habilement l’aspect artificiel de la connotation nazie, en rappelant les essais d’armes ultimes réalisés par les Allemands à la fin de la guerre. Alcante termine d’ailleurs avec brio son divertissement de qualité, en faisant référence au célèbre Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche Perdue, ainsi qu’il l’avait fait en clin d’œil du premier tome.

Alcante donne de l’épaisseur aux personnages en mettant en scène une famille divisée par la guerre, mais pour lesquels les faits de Résistance apporte la concorde.

Après le très bon mais mésestimé Jason Brice, voilà donc six albums que Milan Jovanovic continue de s’améliorer aux yeux de son scénariste. La finesse de son graphisme lui permet de placer des multitudes de détails dans les cases, et d’atteindre un haut degré de réalisme. Le revers de la médaille provient des scènes d’action, dans lesquelles cette méticulosité nuit au dynamisme de l’ensemble. Des effets de mouvements ou des onomatopées devraient permettre d’améliorer encore ce rendu.

Ars Magna tient donc toutes ces promesses : un excellent thriller constitué d’albums suffisamment denses pour captiver le lecteur à chaque nouvelle sortie.

Le cadre principal de cette succession d’énigmes se tient dans Bruxelles, mais aussi près de la frontière franco-belge.
Documents

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

D’Ars Magna, commander :
- le tome 1 chez Amazon ou à la FNAC
- le tome 2 chez Amazon ou à la FNAC
- le tome 3 chez Amazon ou à la FNAC

Des mêmes auteurs, lire les chroniques de Jason Brice, tomes 1, 2, et 3, notre article sur l’exposition des planches de Jovanovic, ainsi que deux interviews d’Alcante :
- "Je n’ai pas hésité une seule seconde à adapter en BD une histoire de Jean Van Hamme"
- "Van Hamme est pour moi le Ronaldinho du scénario"

 
Newsletter ActuaBD