Agadamgorodok - Bailly et Lapière - Aire Libre, Dupuis

28 août 2003 0 commentaire
  • Agadamgodorok … heu … non, Agadamgorodok … Pas facile à retenir, un nom pareil. D'ailleurs, plusieurs magazines et sites Internet s'y sont trompés … Pas facile à retenir, mais difficile à oublier … Comme l'histoire, d'ailleurs. Une histoire pareille, ça ne s'oublie pas. On se demande même si ça s'invente ...

C’est l’histoire de deux frères qu’apparemment tout oppose. Jules et Spéracédès. Ils ne savent pas qu’ils sont frères. Ils ignorent qu’ils ont, qu’ils ont eu, le même père. Jules est un rêveur, un naïf qui vit d’expédients. Spéracédès, un criminel, le chef de la maffia locale. Un jour, pourtant, un événement les rapproche et leur fait découvrir la vérité ; la vérité sur leur passé et sur eux-mêmes. Agadamgorodok est leur histoire. Mais c’est aussi le nom d’une ville obscure de Sibérie construite dans l’euphorie socialiste des années cinquante, aujourd’hui abandonnée à sa triste déchéance. Le climat y est rude. Rude y est la vie. Régulièrement, des gens disparaissent et l’on ne retrouve jamais leurs corps. L’oeuvre de Spéracédès, évidemment... Un récit tragique et flamboyant.

(par JLM)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Une fois de plus, le scénario de Lapière nous touche profondément. Pilier des éditions Dupuis, habitué de la prestigieuse collection Aire Libre (n’est-il pas le scénariste qui y a le plus d’albums ?), Lapière change encore une fois de registre. Cette fois-ci, nous voilà plongé dans les noirceurs de l’âme humaine. Dans le froid de la Sibérie, et le froid des sentiments. Il y a bien quelques lueurs d’espoir dans ce récit tragique, mais les lueurs, hélas, s’éteignent très vite. La fin serait sûrement refusée par les studios hollywoodiens, mais ce n’est pas évident non plus qu’elle fasse tressaillir de joie nos cœurs européens. Le dessin est à l’avenant du scénario, la couleur sombre est comme celle des sentiments. On ferme cet album avec une déception, mais elle est voulue par les auteurs : non, les bons sentiments ne gagnent pas toujours dans la vraie vie, non, le héros auquel on s’est attaché ne sera pas sauvé. Cette fin nous remue, mais pouvait-il y en avoir une autre ? Dans cet album, tout est déprimant, sauf le plaisir de l’avoir lu.

Lire un extrait

  Un commentaire ?