Angoulême 2011 : Le stand de l’Association occupé par les grévistes

27 janvier 2011 13 commentaires
  • Le licenciement annoncé de salariés de L'Association provoque une situation inédite: alors que l'éditeur parisien est présent à Angoulême, aucun ouvrage n'est disponible sur leur stand.

On le sait, L’Association traverse des turbulences depuis le 10 janvier 2011. Nous avions déjà évoqué dans nos pages la grève de leurs salariés suite à une suppression de 3 à 4 postes sur les 7 salariés de l’entreprise à compter de février 2011. Le personnel de l’Association reproche notamment à ses dirigeants un manque de dialogue constructif au sujet sa gouvernance.

En dépit de la grève, les salariés sont quand même venus tenir le stand de L’Association au FIBD d’Angoulême. Seulement voilà, aucun des livres de l’éditeur ne sont à disposition sur les tables et les présentoirs : ils ont été remplacés par des tracts rappelant les revendications des salariés grévistes.
L’un d’eux nous déclare : « Nous avons pris de notre temps pour monter le stand, comme si rien n’était. Nous avons porté des caisses de livres que nous avons mis au centre du stand ou sous les tables. Nous voulions assurer une présence et sommes prêts à travailler normalement si la direction fait preuve d’une bonne volonté et s’engage fermement à satisfaire nos exigences. »

Les salariés demandent :

1. Que les raisons économiques de ces licenciements soient justifiées. Les salariés font part de leur étonnement car les documents comptables prouvent que la structure est saine et ne justifie pas cette décision.

2. Dans le cas où les difficultés financières seraient avérées, des solutions autres que les licenciements devraient être étudiées pour arriver à des économies d’échelle. Les salariés demandent à en discuter.

3. Les salariés dénoncent la structure opaque de l’entreprise et notamment le fait que le mandat du directeur éditorial J.C. Menu, reste flou..

Ils précisent dans leur communiqué : «  La situation nous paraît suffisamment grave pour que soit remis en marche un processus démocratique qui fait défaut à l’Association depuis plus de cinq ans. […] Nous exigeons conformément à l’article 13 des statuts que l’Assemblée Générale (AG) annuelle obligatoire soit convoquée sans délai ».

Les salariés veulent que l’AG ait connaissance d’un rapport financier et comptable sur la situation de l’entreprise et qu’un nouveau conseil d’administration soit élu.

Les salariés dénoncent aussi le fait que le Bureau de L’Association a réuni une Assemblée Générale Extraordinaire le samedi 22 janvier dans le plus grand secret, sans convocation de tous les membres quinze jours à l’avance comme les statuts l’exigent.

On apprend dans un communiqué du comité de soutien aux salariés de l’Association, distribué le 25 janvier 2010 que cinq membres de l’entourage du bureau avaient pour intention de modifier les statuts de l’Association dans un but qui reste inconnu. L’information ayant filtré, un groupe constitué de salariés, d’adhérents et d’auteurs, se sont pointés à cette réunion pour s’informer sur ce qui se « tramait ». L’arrivée du groupe aurait interrompu la manoeuvre et des questions ont été posées au bureau dans un climat de tension électrique.

On le voit le dialogue entre Jean-Christophe Menu et les salariés est des plus houleux. Le Festival International de la BD devenant l’occasion pour ces derniers de mettre leurs problèmes sur la place publique.

Angoulême 2011 : Le stand de l'Association occupé par les grévistes
Le Stand de l’Association ce jeudi 27 janvier à Angoulême
(c) Nicolas Anspach

(par Nicolas Anspach)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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13 Messages :
  • C’est un peu triste de voir l’Association dans cet état-là... J’espère que la situation va s’améliorer

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  • Angoulême 2011 : Le stand de l’Association occupé par les grévistes
    27 janvier 2011 13:24, par Franck Biancarelli

    Et bin, dis-donc.
    (Oui, je sais. On doit pouvoir être plus inspiré mais c’ est la seule chose qui me vient).

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  • Angoulême 2011 : Le stand de l’Association occupé par les grévistes
    27 janvier 2011 13:43, par Monsieur The web lecteur

    On peu d’ailleurs lire ceci dans le dernier paragraphe du billet du 24 Janvier sur le site Internet de Joann Sfar : « Ben Ali, Gbagbo, Menu, sale temps pour les dictatures ! Comme beaucoup d’auteurs, je regarde de très près ce qui se passe en ce moment à l’Association et je rêve que cette structure survive aux tempêtes présentes, se dote (à nouveau) d’un directoire plus démocratique, et sauve les emplois, les livres, et réapprenne à se parler ailleurs que dans des cabinets d’avocats ou chez des liquidateurs d’entreprises. Ne croyez pas les corbeaux qui vont vous répéter que l’Association a une économie moribonde, c’est faux. Si elle réussit à surmonter les volontés suicidaires et autocratiques de sa direction, je suis persuadé que l’Association a de beaux jours devant elle. »

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  • On se demande où se trouve la solidarité des auteurs, en général tous prêts dans leurs ouvrages à nous donner des leçons d’humanisme. Tas de bobos prétentieux !

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    • Répondu par JLouis le 27 janvier 2011 à  17:54 :

      Lisez donc la liste des signataires et vous verrez qu’une majorité d’auteurs soutient les grévistes ! Il y a les bobos, et il y a les neuneus !

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    • Répondu le 27 janvier 2011 à  17:55 :

      Les auteurs ? Ben, sur la pétition ils viennent de passer la barre des 1050 signataires, ça fait pas mal de "bobos prétentieux" solidaires du coup.

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      • Répondu par Oncle Francois le 27 janvier 2011 à  21:29 :

        Il y a beaucoup d’auteurs connus, édités par l’Asso dans le passé, certes. Mais il y a aussi des marques de soutien de libraires, artistes divers et d’été, bibliothécaires, etc. Moi-même, j’ai pétitionné !

        "Ce n’est qu’un début, le combat con-tinue !". Déjà entendu,mais pour une fois que le social réel fait irruption à Angoulême de façon spontanée, cela change un peu des réflexions sur la lutte contre l’épilepsie et des jeunes femmes modernes ayant choisi de quitter l’Iran...

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        • Répondu par ishimou le 27 janvier 2011 à  23:09 :

          Chers amis,
          Quand des salariés sont obligés de créer des événements pour protester, comme le font pour l’instant les gars de l’association c’est qu’ils n’ont pas d’autres moyens.
          Les pétitions et les déclarations de soutien ça ne coûte pas cher à signer !

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          • Répondu par K-putt le 28 janvier 2011 à  05:59 :

            C’est assez triste, mais quand un auteur n’a plus de travail, il n’a même pas de chomage, lui !

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            • Répondu le 28 janvier 2011 à  17:36 :

              Ce n’est pas une raison pour trouver que les chomeurs sont des privilégiés.

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  • La situation a l’association est vraiment triste. Les salariés ont raison de faire ce qu’ils font à Angoulême.
    Le coup de gueule de Sfar sur Menu résulte de sa présente à l’AG de l’association qui avait eu lieu le 22 janvier.
    Le comité de soutien des salariés de l’association a mis en ligne un compte rendu de l’ag.. Une ag surréaliste et qui fait froid dans le dos. Il y a vraiment un très très gros problème.
    C est vraiment triste
    Le lien pour ceux que ca intéressent :
    http://longue-vie-a-lassociation.mopi.fr/post/2011/01/27/Compte-rendu

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    • Répondu par ishimou le 28 janvier 2011 à  10:25 :

      Merci pour le lien. Quand les bobos se déchirent c’est vraiment sans pitié. Si j’étais salarié je n’attendrais plus grand chose de ces gens et j’irais voir un avocat pour leur rentrer dans les plumes.

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