Arnaud Delalande & Stéphane Carrié ("Whisky") : « Nous voulions rester déjantés mais sérieux, comme le whisky ! »

19 décembre 2020 12 commentaires
  • Gros coup de cœur pour cette bande dessinée qui s'intéresse au Whisky de manière aussi humoristique qu'encyclopédique. Un grand écart qu'on doit notamment à la collaboration de deux scénaristes, le premier éprouvé à la BD tandis que le second est plus habitué à écrire pour la télévision. Rencontre.

Comment vous êtes-vous rencontrés tous les deux ? Dans le cadre de la confrérie des « « Chevaliers des Forces du Malt » », ou cela datait-il d’auparavant ?

Arnaud Delalande : C’était avant et pour cause ! Stéphane et moi nous connaissons depuis près de 30 ans, comme un très bon malt. C’était simplement à l’occasion d’un déjeuner où j’ai confessé à Stéphane d’un air navré que je ne prenais que des whiskies de contrebande, dont nous tairons le nom – disons le tout-venant. Je crois que nous devions être à l’aube des années 2010. Stéphane était déjà plus qu’un amateur, un collectionneur. Il m’a rétorqué que, bien sûr, j’avais tort – et que le whisky, comme le vin, avait son trésor de saveurs, d’histoire, de poésie. Alors a germé à ce déjeuner l’idée d’organiser de temps en temps chez lui une dégustation de choix, en y conviant quelques amis – dont curieusement beaucoup de scénaristes ! Ainsi est née cette noble et excellentissime institution contemporaine que nous avons baptisée « Les Chevaliers des Forces du Malt ».

Pourriez-vous expliquer aux lecteurs quel est cet ordre ?

Stéphane Carrié : Concrètement, c’est un groupe d’amis tombés dans la marmite du malt à peu près au même moment, autour de 2010. L’idée était que chacun apporte une bouteille différente à chaque fois, afin de découvrir plusieurs whiskies au cours d’une même soirée. Au fil des sessions, les choses se sont formalisées, les « menus » de dégustation se sont affinés, pour explorer toujours plus avant le monde du whisky, par exemple avec des soirées à thème (whisky japonais, bourbon, whiskies du monde, etc.). Nous avons parfois des invités, mais le groupe reste à peu près le même depuis dix ans avec le même esprit très fun des débuts.

Arnaud Delalande & Stéphane Carrié ("Whisky") : « Nous voulions rester déjantés mais sérieux, comme le whisky ! »

D’où l’idée de réaliser cette bande dessinée sur le whisky...

Stéphane Carrié
Photo : DR.

SC : Arnaud étant écrivain et moi scénariste, nous avons longtemps joué avec cette idée de raconter une histoire sur notre passion commune.

Quelles ont été vos contraintes pour traiter un sujet aussi vaste ?

SC : La première contrainte, c’est la maîtrise du sujet. Nous avons tous deux dégusté de nombreux whiskies au fil des ans. Pour ma part, je fréquente des forums sur le whisky et je participe à de nombreuses soirées entre passionnés. Pour pouvoir goûter certains nectars très rares, il m’arrive de voyager, notamment pour des salons de whiskies exceptionnels, en Hollande, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Il a fallu également se documenter sur les aspects techniques et historiques de la fabrication du whisky.

La seconde contrainte, c’est de choisir une structure narrative appropriée qui permette à la fois de raconter une histoire captivante tout en y plaçant des éléments d’information sur le whisky pour les néophytes, ainsi que de nombreux clins d’œil aux amateurs avertis. Mêler l’authenticité et l’imagination permet de toucher un public plus large.

Court voyage dans le passé pour évoquer l’histoire du whisky

Le principe d’un tour du monde en 80 jours cous a semblé opportun pour ce tour des whiskies ?

AD : Oui, l’idée est venue très vite dans nos discussions. Elle nous a tout de suite libérés, tout en nous donnant un principe actif très fécond pour l’aventure et ses péripéties, ses rebondissements, les potentiels changements de décors... voire les ruptures graphiques. Elle nous situait aussi d’emblée dans le clin d’œil, l’humour, la tribulation, l’idée d’un rythme trépidant, que nous avons également choisi très vite de croiser avec les séquences de fabrication et de maturation d’un bon whisky, en autant de chapitres qui ponctuent l’album.

Pourriez-vous rappeler son pitch ?

AD : Fix est donc un jeune trader dont la vie s’effondre : sa femme le quitte, son meilleur ami le trahit pour prendre sa place, il perd son travail et fait un esclandre chez un rappeur hystérique qui démolit sa voiture à coups de barre à mine. Il rencontre alors l’un des meilleurs dégustateurs du monde de whisky, Giorgio Paviani, qui se trouve être aveugle... Et qui, en effet, lui propose de retrouver en 80 jours, pour le compte d’un ami collectionneur, cinq bouteilles de légende. Ce voyage les emmène de l’Irlande en Antarctique en passant par l’Écosse, les USA et le Japon...

Quant à ces cinq bouteilles de légende, il s’agit d’un flacon d’Uisge Beatha, un Usher’s écossais, un Harry E. Wilken, bouteille datant de la Prohibition, un Karuizawa japonais issu du fût mythique 1842, un Mackinlay blended malt sauvé de la folle expédition de l’explorateur Shackleton... Fix va retrouver dans cette chasse aux trésors un sens à sa vie, à mesure qu’il apprend également l’histoire des whiskies, le secret de leur fabrication, et la poésie de saveurs qui leur sont associés...

En deux paragraphes, on comprend bien le mélange entre l’aspect pointu et grand public de votre ouvrage ! En tant que profane, je pensais que les seuls vrais "Whisky" étaient les Scotches. Mais votre volonté était ici de traiter de tous les alcools de grain, de bourbons au Whiskey ?

SC : Il y a encore pas mal d’idées toutes faites autour du whisky, de son goût (nombreux sont celles et ceux qui croient qu’il est inévitablement tourbé), de son origine (il y a 15 ans, qui savait vraiment que le Japon produisait du whisky ?), de son public (de plus en plus de jeunes, et notamment de plus en plus de femmes, s’intéressent au whisky), de la façon dont on le déguste, etc. C’est aussi pour cela que avons essayé de proposer une exploration ludique de l’univers du whisky. Impossible de tout traiter, évidemment, mais l’odyssée de nos héros permet aux néophytes une initiation pleine d’humour.

Pourquoi avoir choisi de scénariser ensemble ce récit ?

AD : Par amitié, naturellement, et intérêt commun pour ce nectar ! Le champ de la bande dessinée semblait encore immaculé, il fallait que ça change...

Quelle a été la part de l’éditeur : vous a-t-il poussé dans une direction ou une autre ?

Stéphane Douay
Photo : ©Pierre Hybre MYOP

AD : Nous avons proposé ce roman graphique sur le whisky à Laurent Muller, aux Arènes BD, il y a trois ou quatre ans maintenant. Laurent a été enthousiaste et c’est donc lui qui a proposé à Stéphane Douay de nous rejoindre à son tour dans l’aventure, puis au talentueux coloriste Christian Lerolle. Il a donc aidé à constituer l’attelage artistique et il était d’accord avec notre orientation : cette idée de raconter une histoire qui ne ressemblait pas à ce qui avait déjà été fait pour le vin ou le cognac, de proposer une fiction à la fois divertissante et riche d’enseignements, qui entraîne les lecteurs néophytes dans une aventure ponctuée de comédie et d’informations sur le whisky,… et qui parle tout autant aux connaisseurs à travers des clins d’œil et des références plus pointues ! Tout cela pour nourrir les drams [1] qui se déroulaient sous nos yeux.

Mais une fois posés les principes, l’éditeur est très peu intervenu dans la scénarisation de l’album. Il a cependant souhaité rectifier un tir ou deux. Nous avons, par exemple, réaménagé la relation entre notre aveugle, Giorgio, et Marina, la jeune femme concurrente qui se lance elle aussi dans la conquête des whiskies de légende... Mais il a toujours accompagné le projet sans être intrusif. Et nous avons aussi l’habitude de travailler ensemble, nous savons donc nous écouter et nous faire confiance... ce qui est évidemment très précieux dans une relation éditoriale.

Comment Stéphane Douay s’est-il impliqué ?

Arnaud Delalande
Photo : DR.

AD : Lorsque Laurent Muller a proposé Stéphane Douay pour le dessin, nous avons tout de suite été séduits. Il a impulsé à l’album une vraie patte artistique, du semi-réalisme à tendance cartoonesque, stylisé en même temps très « roman graphique », ce qui nous a paru parfait pour le propos. N’oublions pas la couleur de Christian Lerolle, efficace et pleine d’humour elle aussi (eh oui, une couleur peut avoir de l’humour, selon les choix opérés par l’artiste) qui a également travaillé dans ce sens.

Sur la base de la trame scénaristique et de nos séquences très détaillées, Stéphane Douay a apporté en outre sa lecture personnelle, y ajoutant son propre rythme dans un découpage d’une grande efficacité narrative. Il s’est donc fortement impliqué dans l’élaboration du projet, au-delà même du dessin. Pour notre plus grand plaisir, parce qu’on sentait qu’il le prenait à son compte et qu’il s’amusait. On peut dire qu’il s’est immergé, noyé dans le Whisky. Bref, tout cela tournait rond en bouche.

Stéphane Carrié, en tant que scénariste pour la télévision, c’est la première fois que vous participiez à une bande dessinée. Quelle relation avez-vous avec le médium ?

SC : Je suis lecteur de bande dessinée depuis longtemps, qu’il s’agisse des grands classiques franco-belges de mon enfance (de Hergé à Schuiten-Peeters), des auteurs de mon adolescence (Tardi, Pratt, Bilal, Moebius…), plus récents (Sfar, Blain, Sattouf…) ou encore anglo-saxons (Gaiman, Vaughan, Kirkman…), et quelques mangas (Taniguchi). Ma bibliothèque contient aussi bien la série des Sandman que les Blake & Mortimer, Adèle Blanc-Sec ou Asterios Polyp. De la BD grand public aux romans graphiques plus intimistes, c’est pour moi un médium qui a largement trouvé sa place aux côtés de la littérature ou du cinéma.

Arnaud, quel est apport plus spécifique de l’expérience d’un scénariste de télé comme Stéphane à la réalisation d’une bande dessinée ?

AD : L’avantage de travailler l’un avec l’autre est que nous nous connaissons depuis longtemps. Et puis, nous avons pour ainsi dire les mêmes références, ainsi que le même bagage scénaristique, bien que notre orientation soit différente. Nous avons les mêmes formations et partageons les mêmes codes, en un mot le même langage... Télé, littérature, cinéma, roman, bande dessinée,... pour nous, cela ne change pas grand-chose à l’affaire, bien qu’il existe des techniques spécifiques à chaque média. Au centre il s’agit toujours de dramaturgie.

Il n’y a pas eu de problème ni même d’ajustement : une fois d’accord sur un synopsis développé, nous avons déroulé tranquillement, en nous séparant l’histoire – qui s’y prêtait assez bien – par blocs, en fonction de nos ressentis et de nos humeurs et en faisant des navettes sur nos textes réciproques. Lui comme moi avons l’habitude du travail à quatre mains. Ce qui ne signifie pas que cela peut fonctionner avec tout le monde ! En l’occurrence, c’était très fluide. Puis il a fallu nous caler également en fonction de l’apport et des propositions de Stéphane Douay. Là aussi, notre « maturation en fût » s’est passée dans de très bonnes conditions climatiques.

J’ai le sentiment que vous avez construit votre intrigue en rajoutant progressivement des couches. Tout d’abord, la déchéance de Fix, puis Gio, le pari en 80 jours, puis l’arrivée de Marina, le fait qu’ils ne parviennent à rassembler toutes les bouteilles, etc. Même les révélations finales en cachent d’autres, comme un whisky dont les différents goûts et arrière-goûts arrivent au fur et à mesure ?

SC : Nous nous sommes inspirés des étapes de la fabrication du whisky pour accompagner en quelque sorte le parcours du personnage de Fix. En suivant le chapitrage, nous partons d’une matière brute qui va d’abord être malmenée (germination, touraillage et concassage) avant de s’ouvrir à une nouvelle dimension (le malt devient le moût par le brassage), se transformer au contact d’éléments extérieurs (la levure qui entraîne la fermentation), des péripéties (la distillation), etc. Ainsi le personnage brut du départ se transforme grâce à Gio et se bonifie au fil de sa découverte du whisky. Les différentes couches de l’intrigue se retrouvent effectivement dans la façon dont certains whiskies se dévoilent lors d’une dégustation – un verre de vieux malt sélectionné par un des grands amateurs italiens des années 1960-70 comme Samaroli ou Giaccone peut vous raconter toute une histoire pendant une heure ou deux, tellement ils sont riches et évolutifs.

Vous avez choisi un ton assez décalé, en osant les voyages dans le temps plus ou moins imaginés, ou par exemple en plaisantant sur le mariage de Fix.

AD : Comme vous l’avez compris, ce que nous ne voulions pas, c’était tomber dans le piège de l’académisme ou du didactisme, du « cours à distance ». Nous souhaitions aussi nous démarquer des « histoires d’héritage » des autres albums parus sur le vin par exemple, sans pour autant exclure le clin d’œil aux Gouttes de Dieu, ce manga japonais incroyable qui tourne autour du vin. Nous cherchions un ton de comédie. Aussi, outre Jules Verne, nous avions d’autres références, :Indiana Jones et Les Aventuriers des Whiskies Perdus, Ken Loach et sa Part des Anges – les péripéties autour d’un fût de la légendaire distillerie Malt Mill, la tentative comique des personnages d’en subtiliser une partie du contenu de façon rocambolesque –, les comédies anglaises de manière générale, The Full Monty, les Monty Python en embuscade ; ou, dans un autre genre, l’aveugle de Parfum de Femme...

Nous voulions donc rester barrés, déjantés, mais tout en gardant le fond, le sérieux de la documentation, de la référence, de l’univers et des traditions propres au whisky. Stéphane Douay y a ajouté sa propre « part des anges », en poussant parfois notre principe de comédie jusqu’à l’absurde, mais tout en veillant toujours méticuleusement avec nous à l’exactitude du propos, jusqu’aux représentations des étiquettes des bouteilles d’origine, la couleur des nectars, etc...

Vous citez beaucoup de spécialistes du whisky. Est-ce une volonté de donc vous adresser aux lecteurs connaisseurs ?

SC : Notre pari a été de concilier les exigences d’un lectorat d’amateurs qui connaissent déjà le whisky (sans être eux-mêmes forcément des experts) et la curiosité d’un lectorat plus large d’amateurs de BD (réguliers ou occasionnels) pour une histoire qui se situe dans un univers (re)devenu à la mode ces dernières années. En tout cas, l’accueil des amateurs de whisky est très très enthousiaste, alors si ça en amène certains à s’intéresser plus largement à la BD, je dis banco !

Des références du whisky à l’hommage d’une poursuite en voiture tirée d’un James Bond

Cette réussite vous donne-t-elle l’envie de rempiler ensemble ?

SC & AD : Bien sûr ! Cet album s’est vraiment créé avec plaisir et passion, ce qui est un privilège rare. Nous avons déjà évoqué l’envie, avec Stéphane Douay, de nous attaquer à une suite...

Propos recueillis par Charles-Louis Detournay.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Whisky - par Stéphane Carrié, Arnaud Delalande, Stéphane Douay & Christian Lerolle - Les Arènes. 136 pages, 20 €, sortie le 12 novembre 2020.

[1Le dram est un terme écossais désignant un petit verre de whisky.

 
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12 Messages :
  • Encore un album au dessin approximatif ! Les auteurs ont donc si peu de respect pour la BD ?

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    • Répondu par Toca le 19 décembre 2020 à  22:30 :

      C’est du boulot de débutant, mais il va falloir s’y faire si les éditeurs ne paient plus.

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      • Répondu le 20 décembre 2020 à  07:10 :

        Soit les éditeurs payent moins, soit les délais à tenir sont de plus en plus courts et laissent moins de marge pour peaufiner le boulot.

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        • Répondu par kyle william le 20 décembre 2020 à  10:47 :

          La qualité d’un style de dessin n’est pas en rapport avec la quantité de temps passé dessus.

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        • Répondu le 20 décembre 2020 à  11:00 :

          Ouah, on est dans l’amateurisme de très haut niveau ! À côté, l’Association à ses débuts, c’était du Grand Art. En trente ans, on est passé du dessin médiocre au minable.

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          • Répondu par Douay Stéphane le 4 janvier à  08:07 :

            celle-là, elle n’est pas gentille.

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        • Répondu par Douay Stéphane le 4 janvier à  08:03 :

          c’est ça, en tout cas pour moi.

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      • Répondu par Douay Stéphane le 4 janvier à  08:17 :

        Après une vingtaine d’albums, je reste un éternel débutant. Pour moi, la bd n’a jamais été que le dessin, pour ça, je préfère l’illustration.
        On va jusqu’au bout du bouquin oui ou non, le reste...

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    • Répondu par alan le 20 décembre 2020 à  22:59 :

      des dessins approximatifs, oui ,de l’humour en lattes de bois de 2 mètres de hauteur , oui !
      la possibilité de s’évader avec cette BD, oh que oui, un grand plaisir que cette histoire whiskyesque !

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      • Répondu par Douay Stéphane le 4 janvier à  08:35 :

        Voilà ce qui compte pour moi : on commence à lire et soit on va jusqu’au bout soit ça nous tombe des mains. le dessin"approximatif" ne l’est plus quand on a passé un bon moment.
        Quand je lis les com’, je vois bien le souci que représente l’image dissociée de l’ensemble. ce qui est approximatif devient un mouvement qu’en il est lu. Merci de l’avoir remarqué.

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    • Répondu par Douay Stéphane le 4 janvier à  08:02 :

      Bonjour, je suis le dessinateur approximatif de cet album. N’en voulez pas aux scénaristes, prenez-vous en qu’à moi si vous en êtes resté aux dessins. Nous voulions une bande dessinée d’humour ( sans pipi caca, désolé) tout en apprenant quelque chose, là dessus, ça fonctionne. Ceci étant, il est évident qu’un délai très court ( 9 mois/ 130 Pages ) et une enveloppe trop légère ne donne aucune latitude pour s’étendre artistiquement . La bd n’est pas le dessin, lisez la bd et dites que c’est approximatif mais ne mélangez pas les deux sans avoir lu avant.

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      • Répondu par Milles Sabords le 5 janvier à  07:09 :

        Je comprends tout à fait que par manque de temps, voir, d’un prix de planche insuffisant qui oblige à bosser à côté, on ne puisse pas peaufiner son travail. Malheureusement, si les auteurs continuent cette course illusoire au rendement que leurs imposent le monde l’édition, il y a fort à parier qu’une certaine idée de la BD sera morte dans quelques années. Pire, la raréfaction du lectorat au détriment d’autres médiums, finira d’achever le métier. Certes, on ne mord pas la main de celui qui vous nourrit, mais lorsqu’il vous tient la tête sous l’eau, ça devient du suicide. Il va falloir un mouvement revendicatif plus dure des auteurs que quelques marches de protestations à Angoulême.

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