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« Astérix et le Griffon » sort dans dix jours

  • Astérix chez les Sarmates… C’est le sujet du nouvel album d’Astérix, "Astérix et le Griffon", qui doit sortir le 21 octobre prochain. Nous avons assisté ce lundi à la conférence de presse de lancement. Comme à leur habitude, les éditions Albert René ont été chiches en infos. Mais nous avons néanmoins pu recueillir des confidences des uns et des autres. Et notamment, entre nouveau un film live tourné en Chine, une mini-série de dessins animés pour Netflix et une séquence de sortie de Covid pour Astérix qui s’annonce exceptionnelle, celles de Jean-Yves Ferri, le scénariste du nouvel album.

Chez Hachette Livre qui contrôle les Éditions Albert-René depuis leur rachat en 2008, on aime bien les chiffres. On vous dit que le nouvel Astérix tirera à cinq millions d’exemplaires dont deux pour la France et 1,3 millions pour l’Allemagne. On vous parle d’un Parc Astérix qui fait 2 millions de visiteurs par an (54 depuis sa création voici trente ans). Et des millions de téléspectateurs. On aime vous dire que c’est l’album de BD le plus vendu au monde, ce qui est faux : le western Tex, chez Bonelli, et One Piece, chez Shueisha, dépassent le chiffre annoncé de plus de 385 millions d’albums vendus sur la planète.

« Astérix et le Griffon » sort dans dix jours
Céleste Surugue et Isabelle Magnac. Le griffon ne les menace pas, bien au contraire.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Mais ne chipotons pas : Astérix reste un phénomène et 5 millions d’albums à imprimer, c’est un vrai défi technique, réparti sur quatre imprimeries, « en Europe et en France chez Pollina, où sont également fabriquées toutes les réimpressions », nous précise Isabelle Magnac, présidente des éditions Albert-René. Quand au fonds, les ventes ont progressé de 25% cette année, nous dit-on chez Hachette. Énorme…

Et cela devrait encore progresser dans les prochains mois puisqu’un nouveau film live d’Astérix, L’Empire du milieu, tourné par Guillaume Canet devrait sortir bientôt. « Nous avons vu les images, nous dit Isabelle Magnac, elles sont sublimes. » Et puis il y a une mini-série de dessins animés réalisés par Alain Chabat pour Netflix. « Cela devrait étendre encore la notoriété d’Astérix dans le monde », conclut Céleste Surugue, le directeur général d’Albert-René.

Jean-Yves Ferri et Anne Goscinny très entourés lors de la conférence de presse
Photos D. Pasamonik

Didier Conrad, le dessinateur actuel d’Astérix qui habite Austin, au Texas, USA, n’a pas pu faire le voyage jusqu’à nous car, souffrant, pris d’une forte fièvre (mais pas la Covid, son test est négatif), il n’a pas pu passer les frontières. Dommage car il aurait pu raconter son investissement dans cet album qui a pris plus de trois mois supplémentaires pour la réalisation. « C’était une performance, dit Céleste Surugue, car les décors ne sont plus le village d’Astérix mais un tout nouveau décor imaginaire emprunté à la Mongolie, au Kazakhstan. » « Il a bossé durement, renchérit Jean-Yves Ferri, c’est un album qui ressemble à un conte… ».

Yves Ferri raconte... "Comment j’ai eu l’idée d’Astérix et le Griffon"

Réalisation : D. Pasamonik et A. Delion.

Alors où vont nos Gaulois cette fois-ci selon la règle devenue immuable d’une aventure sur deux se passant en dehors du village ? Chez les Sarmates ? Kesako ? Un peuple -mythique ; on peut donc inventer- situé quelque part entre la Mer noire et la Mer Caspienne, habitant des espèces d’isbas, tandis que le chamane du village loge dans une yourte. Et surtout, une tribu sauvage qui doit contrer les soldats de César venus capturer le griffon, leur animal totémique.

Un animal mythique dans les hauteurs enneigées aux confins du monde ? Le Yéti ? L’hommage à Hergé est présent au début de l’album. Dans l’expédition, un soldat de César, le centurion Dansonjus, un gladiateur spécialisé dans le combat avec les animaux, Jolicursus, et Terinconus, un géographe qui a les traits de Michel Houellebecq, le célèbre auteur de La Carte et le territoire. On n’en saura pas plus.

Un territoire à l'Est de l'Europe, au-delà de l'oural.

Michel Houellebecq, invité du prochain Astérix.
Photo : Laurent Melikian

Puis on nous fait découvrir la couverture de l’album. Très réussie, Conrad est à son sommet. Elle a un côté western, ou plutôt « eastern » puisque nos héros pérégrinent vers l’Est. Un journaliste (Jérôme Lachasse de BFM TV) pose la question : « Il fait froid, ils portent mitaines et écharpes, mais ils sont encore à demi nus, comment font-ils ? » La potion magique reste la meilleure solution…

Il ne nous reste plus qu’à attendre quelques jours avant de découvrir l’album qui sort dans son format classique à 9,90 €, en 17 langues, et pour la France, une édition de luxe à 39 €.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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13 Messages :
  • Vivement qu’ils arrêtent la série !

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  • "Puis on nous fait découvrir la couverture de l’album. Très réussie, Conrad est à son sommet."

    Entièrement d’accord avec vous !
    Et certainement une des couvertures les plus réussies de la série depuis longtemps.

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    • Répondu le 12 octobre à  08:05 :

      C’est très chouettement dessiné mais Uderzo était quand même plus fort en composition d’image.

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      • Répondu le 12 octobre à  09:21 :

        Cette couverture est bien mieux composée que la plupart des dernières couvertures signées Uderzo. On la mémorise immédiatement et elle fonctionne aussi bien en très petit format qu’en très grand. Elle est à la fois esthétique et populaire, une équation difficile à résoudre.

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        • Répondu le 12 octobre à  11:23 :

          Passons sur le Uderzo des dernières années. Elle est bien moins bien composée que celle des Astérix de la grande époque. Et elle a un autre problème : elle ne dit rien du contenu ni de l’histoire ni des autres protagonistes ni des nouveaux antagonistes que les Gaulois vont rencontrer. Astérix va monter sur un poney. Formidable ! Mais encore ?

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          • Répondu le 12 octobre à  14:48 :

            C’était toujours mieux avant. On se demande pourquoi le temps ne se déroule pas à l’envers, on irait toujours plus vers le progrès originel.
            Je ne partage pas votre affirmation. Démontrez-moi pourquoi elle est moins bien composée !
            Pour savoir si elle ne dit rien du contenu, il faut avoir lu le contenu. Vous l’avez lu avant tout le monde ?
            Je trouve au contraire qu’on se demande ce qui se passe et qu’une couverture qui ne dévoile rien d’une histoire donne envie d’en savoir plus. Astérix et son cheval n’ont pas l’air confiant et qu’est-ce que c’est que ce totem et pourquoi Idéfix est-il grimpé dessus et où sont-ils ?

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            • Répondu le 12 octobre à  19:24 :

              Non tout n’était toujours pas mieux avant. Bien loin de là. Mais Lucky Luke, Astérix et Corto Maltese, oui. Blake et Mortimer surtout. Aucune des couvertures des nouveaux albums n’est à la hauteur des couvertures de Jacobs. Et de loin. Jacobs, Hergé, Morris, Uderzo, Pratt, tous étaient de fameux graphistes en plus d’être de grands dessinateurs.

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              • Répondu le 13 octobre à  06:24 :

                Cette couverture démontre que Conrad est aussi un bon graphiste.

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                • Répondu le 13 octobre à  07:59 :

                  Conrad avait tout d’un grand, ça ne fait aucun doute. Ferri aussi d’ailleurs. Dommage qu’ils délaissent leurs œuvres personnelles pour ne faire plus qu’Asterix.

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                  • Répondu par Lol le 13 octobre à  09:51 :

                    La licence Astérix leur rapporte plus que leurs œuvres personnelles, et comme c’est un métier de crève-la-faim, il y a des occasions qu’il ne faut pas rater.

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                  • Répondu le 13 octobre à  09:56 :

                    C’est un autre problème. Les auteurs sont uniquement rémunérés au succès. La qualité est rarement compatible avec celui-ci et il ne faut ni compter sur les éditeurs, ni sur les pouvoirs publics pour changer la donne. Quand vous avez comme Conrad travaillé des années sans rencontrer un véritable succès commercial et qu’on vous propose de reprendre Astérix, difficile de faire la fine bouche. C’est donc un travail de commande et je trouve qu’il s’en sort très bien. Je vois même qu’album après album, il parvient à sortir du dessin d’Uderzo our imposer sa propre patte. Ce qui n’est pas évident et la preuve qu’il n’a rien perdu de son talent.

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    • Répondu par Laurent le 12 octobre à  10:56 :

      Espérons que le contenu sera à la hauteur de la couverture. Pour une fois...

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  • Eh ben, cette conférence de presse ne manquait pas de superlatif, dirait-on.

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