Boule à zéro T8 – Le fantôme de la chambre 612 – Par Zidrou et Ernst – Bamboo

10 avril 2020 0 commentaire
  • La série Boule à zéro est bien installée dans le paysage francophone. Les retours sont unanimes sur des albums qui abordent un sujet difficile, celui des enfants hospitalisés pour maladie grave, avec beaucoup d’humanisme et sans verser dans le misérabilisme. Ce 8e album peut-il encore nous surprendre ? Franchement, oui.
Boule à zéro T8 – Le fantôme de la chambre 612 – Par Zidrou et Ernst – Bamboo
© Ernst / Bamboo

A raison d’un rythme immuable d’un album par an, voilà huit ans qu’est arrivée cette petite « boule à zéro » (Zita de son prénom) dans le bacs de nos libraires. Huit ans de sensibilité et d’humanité qui ont réussi à fédérer autours de leurs auteurs, Zidrou au scénario et Ernst au dessin, à la fois la communauté médicale, les parents d’enfants hospitalisés et un très large cercle de lecteurs. Mais peut-on encore être innovant, éviter les redites, la lourdeur, au bout de huit tomes ?

Zita partage toujours sa chambre avec Moïse, le petit garçon réfugié que nous avons découvert dans le tome 7, Goal !. Déjà, les auteurs abordaient simultanément plusieurs thèmes : l’acceptation de l’autre, la question des réfugiés et des orphelins liés aux drames qui se jouent sur la méditerranée. Et en fil rouge la difficile conciliation de la vie de famille avec la vie professionnelle pour le personnel soignant. Oui, une série pour enfant qui va loin et qui offre donc plusieurs niveaux de lecture.

La grande force de Zita : l’humour, toujours
© Ernst / Bamboo

Après être devenue une grande sœur de substitution, Zita apprend que Moïse va quitter l’hôpital. C’est à ce moment qu’arrive un revenant, son père. Depuis le début de la série, il n’en ait pas fait mention. C’est l’occasion de traiter d’un sujet difficile, douloureux : celui de la difficulté de rendre visite à ceux qui sont à l’hôpital. La question est abordée sans jugement, chacun fait ses choix, chacun fait ce qu’il peut. Mais c’est un problème courant dans le milieu hospitalier, un non-dit parfois qu’il n’est pas toujours facile d’aborder.

© 2000 BD

Une fois de plus, les auteurs réussissent ce challenge difficile avec sensibilité, finesse et humanité. Et surtout avec justesse. Si toute la série est d’une très haute tenue, nous l’avons là un des meilleurs albums.

A noter la reprise de l’initiative 2000 BD à l’occasion de la sortie du tome 8. Il est proposé de faire un don sur le site de l’association créée par Ernst pour offrir 2000 albums à des enfants hospitalisés.
Toutes les renseignements sur le site de l’association, et sur la page dédiée au don.

Qui a dit que ce serait simple ?
© Ernst / Bamboo

(par Jérôme BLACHON)

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Chronique du tome 1 (2012 !) sur ActuaBD

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