Disparition d’Albert Uderzo, un géant de la bande dessinée de notre temps

24 mars 2020 29 commentaires
  • « Albert Uderzo est mort ». On a beau prononcer ces mots, les lire en boucle sur les dépêches, on n’arrive pas à y croire. Il venait d’une famille où on mourait centenaire, on pensait qu’il allait y aller allègrement. Il était né le 25 avril 1927 à Fismes, dans la Marne, d’une famille d’immigrés originaires du Nord de l’Italie. Une région certes devenue « romaine » mais qui n’en était pas moins gauloise…

À ActuaBD, nous ne faisons pas comme dans certaines rédactions prévoyantes, de la « viande froide », ces articles nécrologiques écrits à l’avance quand une personnalité atteint un âge avancé. Pour nous, Albert Uderzo était vivant, trop vivant. Nous avions sans doute confondus -il ne le faut pas- l’homme et l’œuvre. Comme dirait l’autre, quel roman que sa vie !

Avec plus de 380 millions d’albums vendus en 117 langues, son personnage Astérix est incontestablement une figure iconique de la nation française, au point que le Général De Gaulle le préférait au Belge Tintin. Il faut dire que l’humour de son scénariste René Goscinny (1926-1977) s’appuyait solidement sur le parfait dessin d’Albert Uderzo qui constitue l’une des gloires du 9e art européen.

Un émule de Walt Disney

C’était un dessinateur de son temps, influencé, comme son maître Edmond-François Calvo, par le « phare » graphique de l’époque, Walt Disney, mais capable aussi de s’illustrer aussi bien dans un registre réaliste d’une précision parfaite que dans le dessin humoristique où il atteignait des sommets.

Ses débuts à la Société Parisienne d’Edition, la maison d’édition des frères Offenstadt, juste avant leur aryanisation par les nazis, furent modestes mais formateurs : lettrage, calibrage de textes, retouches d’images. Il publie dans la foulée ses premières BD en 1941 mais doit aller se planquer en Bretagne pour échapper au Service de Travail Obligatoire imposé par l’occupant.

À la Libération, il s’essaye au dessin animé, publie ses premières illustrations et ses premières BD, dont Arys Buck puis Belloy. Après son service militaire, il publie nombre de travaux graphiques, notamment pour France Dimanche ou pour une agence pour qui il dessine Capitaine Marvel Jr paru dans l’hebdomadaire belge Bravo.

Disparition d'Albert Uderzo, un géant de la bande dessinée de notre temps
Arys Buck, par Albert Uderzo (1946), une sorte d’ancêtre d’Astérix.

En route vers la gloire

Sa rencontre avec René Goscinny à la World Press de Georges Troisfontaines, grâce à Jean-Michel Charlier, en 1951 a été déterminante dans sa carrière. Goscinny va réaliser avec lui un bon nombre de créations qui annoncent Astérix : Jehan Pistolet (1951) et Luc Junior (1954) pour La Libre Belgique, puis Oumpah Pah pour l’hebdomadaire Tintin (1958).

Oumpah-Pah pour le Journal Tintin (1958)

Le moment déterminant a été le lancement de l’hebdomadaire Pilote en octobre 1959 où Albert Uderzo, avec René Goscinny, Jean-Michel Charlier, Raymond Joly, François Clauteaux et Jean Hébrard, cherchent à lancer un « Paris-Match pour jeunes ». Repris en main par les seuls auteurs de BD, Goscinny et Charlier devenant rédacteurs en chef et Uderzo directeur artistique, Pilote ne tarda pas à devenir un magazine d’humour qui fait passer la bande dessinée à l’âge adulte : « Nous voulions changer ce qui paraissait devoir l’être dans la presse pour les jeunes, témoignait Goscinny, et d’abord étendre la tranche d’âge des lecteurs. Ne plus faire un journal qui s’adresse seulement aux enfants, ni même aux adolescents, mais aussi aux adultes. Après tout, il n’y a pas d’âge pour rire. » Le niveau de "double-lecture" d’Astérix en est la démonstration.

Albert Uderzo, Jean-Michel Charlier et René Goscinny, le trio des créateurs de Pilote.
Courtesy Philippe Charlier

Lorsqu’Uderzo débute chez Pilote, en plus des séries Astérix et Tanguy & Laverdure, s’ajoutent des planches d’Oumpah-Pah pour le Journal Tintin et quelques autres menus travaux : pas loin de vingt planches par mois, alors qu’un dessinateur contemporain normalement constitué essaie d’en produire un minimum de huit dans la même période. Le talent d’Uderzo est dans la droite ligne de l’école franco-belge. Sous l’influence d’André Franquin notamment, son dessin se fait plus réaliste au fur et à mesure qu’il abandonne ses autres séries, Oumpah-Pah et Tanguy & Laverdure, cette dernière étant laissée à d’autres dessinateurs. Astérix devient rapidement le phénomène mondial que l’on connaît.

Tanguy & Laverdure dans Pilote (1959)

Un travailleur acharné

Si Albert Uderzo et René Goscinny ont pu recueillir à ce point les lauriers de la gloire, à la faveur de ce que Pascal Ory qualifie de « suffrage universel de la culture », c’est surtout parce qu’ils appliquèrent en leur temps une recette inédite où l’intuition s’accordait parfaitement à la compétence, la détermination à la chance.

L’axiome qui postule que la chance est un dividende du travail s’applique sans conteste à Goscinny et à Uderzo. L’un et l’autre sont issus d’une génération qui a une revanche à prendre. Enfants d’immigrés (le premier est issu d’une famille de juifs polonais et russes fuyant les pogroms, le second d’ouvriers italiens), ils œuvrent dans un milieu innovant, la bande dessinée, qui rêve de cinéma. Tout au long de leur vie, l’un et l’autre auront à cœur de voir leurs personnages animés à l’écran et feront d’immenses sacrifices pour y parvenir.

Astérix dans Pilote en 1959, en album en 1961.

Au décès de René Goscinny en 1977, Uderzo décide d’assurer les scénarios lui-même et crée, avec Gilberte Goscinny, sa propre maison d’édition, Albert-René. Dans la foulée, il inaugure un Parc Astérix. La suite d’adaptation live d’Astérix au cinéma en fait le dessinateur français le plus adapté à l’écran.

En 1977, Uderzo reprend Astérix seul.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

En 2013, revendant son entreprise au Groupe Hachette, il passe la main sur Astérix, désormais dessiné par Didier Conrad, scénarisé par Jean-Yves Ferri, sous le contrôle vigilant d’Anne Goscinny et d’Albert Uderzo lui-même.

La qualité essentielle d’Uderzo ? Une virtuosité graphique alliée à la clarté. C’est la parfaite synthèse entre Disney et Hergé. « J’aime bien Uderzo, disait Goscinny : c’est un copain, et il est capable de dessiner clairement et avec talent n’importe quoi, jusqu’à, et y compris, un combat de pieuvres dans de la gelée de groseilles… »

Sa modestie, le génie de Goscinny et l’immense succès d’Astérix ont longtemps occulté la munificence de son talent. Il était l’égal de Franquin ou d’Hergé qui le reconnaissaient volontiers. C’est pourquoi sa disparition laisse un vide immense.

L’hommage de Jul

Voir en ligne : LIRE AUSSI : L’HOMMAGE DES DESSINATEURS À ALBERT UDERZO

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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29 Messages :
  • La preuve par neuf d’un talent
    24 mars 12:44, par Jean-Paul

    Uderzo a développé un style tellement original qu’il n’a pas eu de suiveur dans ce mélange d’humour et semi-réalisme, contrairement à d’autres grands de la bd européenne. La cohabitation de "gueules" si différentes au fil des albums est une prouesse graphique.

    Je crois qu’à l’instar de génies de la musique, ce qu’il a fait semble tellement "évident" à la lecture, qu’on ne se rend pas compte du travail de synthèse qu’il a opéré entre observation et caricature (je parle aussi de la caricature des mouvements).
    Merci pour tous ces albumes lus des dizaines de fois : )

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    • Répondu par vincent le 24 mars à  22:58 :

      Entièrement d’accord avec votre analyse que je partage depuis des années.
      En dessin pur Cezard est le seul qui s’y rapproche. Mais une production plus importante donc moins de temps par planche. Et le graphisme est différent.

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    • Répondu par laurent le 25 mars à  10:46 :

      pas vraiment d’accord avec vous.
      il y a le superbe AGENT 327 de Martin Lodewijk qu’aucun éditeur francophone n’a jamais eu la bonne idée de traduire.

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  • Génie du dessin et du marketing.
    24 mars 14:52, par Jean-Michel ROBERGE

    La mort d’un génie. Uderzo est un des grands créateurs du XXème siècle, car avec son ami Goscinny, il a créé des personnages qui n’existaient pas avant lui. Car ils se sont rencontrés en 1951 et ils ont créé les personnages en juillet 1959 d’Astérix et d’Obélix. Il a créé des personnages aisément reconnaissables. Uderzo est un génie du dessin mais aussi du marketing, comme Hergé, Picasso, Walt Disney ou Franquin. Beaucoup de gens dessinent avec talent mais peu ont droit à la célébrité. En 1959 le monde change. Avant la deuxième guerre mondiale, les enfants passent rapidement de l’enfance à l’âge adulte. En 1950, il y a peu d’étudiants environ 70 000, aujourd’hui 1.5 millions. En 1950 apparaît une nouvelle classe d’individus : les adolescents entre l’âge de l’enfance et l’âge de l’adulte. C’est celle classe de jeunes qu’ Uderzo va viser contrairement à Spirou, Mickey ou Tintin qui visent les enfants et leurs parents : Uderzo va viser les grands fils de CSP+, car Pilote n’est pas lu dans les campagnes, mais auprès de la jeunesse bourgeoise, qui bénéficie d’argent de poche que donne les parents. Des histoires d’Astérix pour les adolescents, souvent rebelles. Hergé avait cherché à séduire les enfants mais aussi les parents. Uderzo est l’un des premiers dessinateurs à ne plus s’adresser aux parents. À aucun moment on ne voit de morale dans ses histoires contrairement à Hergé. Les personnages d’Astérix agissent au nom du petit village mais surtout en leur nom propre. Ils ne sont pas seulement rebelles contre la société mais veulent vivre leur vie. Uderzo est un génie du dessin, mais aussi du marketing. Cet homme a montré son talent mais aussi le fait que pour vivre et réussir, il faut savoir mettre en valeur son talent.

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    • Répondu par Pierre le 24 mars à  15:35 :

      Merci Mr Roberge de m’avoir bien fait marrer ! Par les temps qui courent, les occasions se font plus rares...

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      • Répondu par Jean-Paul le 24 mars à  22:37 :

        Ah, j’ignorais qu’en lisant Pilote je faisais partie de la jeunesse bourgeoise à l’époque. On en apprend tous les jours : )

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        • Répondu par Sergio Salma le 25 mars à  16:37 :

          Ah oui haha c’est un pur délire. Uderzo a eu cette caractéristique en mourant de faire franchement délirer. On entend parler de panthéon ,la canonisation
          bientôt. Ça fait rire et un peu pleurer aussi.

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          • Répondu le 25 mars à  18:01 :

            Avec le Covid-19, sa mort est plutôt passée inaperçue. Je ne sais pas où vous avez entendu parler de panthéon et de canonisation. Vous devriez surveiller votre température…

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            • Répondu par Fred le 26 mars à  01:55 :

              Inaperçue ??? Des portraits dans chaque journal et une soirée spéciale sur M6 avec films et documentaire !

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              • Répondu le 26 mars à  07:20 :

                Sa disparition est quand même très éclipsée par le covid-19. M6, c’est évident, Natalie Altmann a co-produit les films qu’ils présentaient. Mais ailleurs, bof. Pas grand chose. Un sujet de fin de journal le jour de sa mort et rien le lendemain. Ils ont plus parlé de la disparition de Claire Brétécher. La presse : il partage la une avec la pandémie. Uderzo, c’est quand même le dessinateur du personnage qui a remplacé Marianne. Ce n’est pas rien dans l’Histoire. Il aurait mérité un plus grand hommage.

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    • Répondu par Breugnol le 26 mars à  14:24 :

      Je n’ai rien contre le marketing, et vous avez sans doute raison quant à l’émergence du marché des ados dans les années cinquante. Maintenant de là à dire qu"’Uderzo en est responsable, c’est tirer le bouchon un peu loin. Les premiers Albums d’Astérix sortent à peu prés en même temps que ceux d’Oumpapah, or c’est le même tandem d’auteurs aux commandes, et les aventures du vigoureux Indien ont été pré-publiées dans les pages du journal de Tintin.N’oubliez pas qu’à la même époque, Uderzo mène de front les aventures d’Astérix et celles de Tanguy. Et si les Belloy publiés dans les années cinquante sont déjà bien au niveau du dessin, c’est encore une BD pour enfants, et non pour ados (là ce sont plutôt les Heroic-Albums qui créent la tendance jusqu’à 1956)

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  • Il n’y avait qu’Albert Uderzo pour être capable de faire du Albert Uderzo. Il n’y avait que René Goscinny pour être capable de faire du René Goscinny. Astérix ne pouvait être que l’œuvre de ce duo. J’espère qu’il n’y aura plus jamais de nouvel album d’Astérix. Si Didier Conrad et Jean-Yves Ferri sont intellectuellement honnêtes, qu’ils arrêtent !

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    • Répondu par Nicolas Anspach le 26 mars à  07:41 :

      C’est aux auteurs, et à eux seul, de décider ce qu’il peut advenir de ses personnages. Et à leurs héritiers de gérer le droit moral, afin d’être certain que l’on ne dévie pas trop de l’esprit des créateurs dans de nouveaux albums.
      Vous par, contre, vous êtes libre de ne plus acheter les prochains albums.
      Je ne connais ni Conrad, ni Ferri, par contre ce dont je suis certain c’est qu’ils travaillent dans la sincérité, avec respect et honnêteté.

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      • Répondu le 26 mars à  09:52 :

        Les auteurs d’Astérix sont morts. Les repreneurs ne son pas "à l’origine de". Reprenez la définition du mot auteur et son sens latin. Faut arrêter d’appeler "auteurs" des repreneurs.
        Conrad est un excellent dessinateur mais qu’il fasse du Conrad. Ferri est un scénariste très drôle et excellent pour des gags courts et qu’il fasse du Ferri.
        La sincérité et l’honnêteté. Tout cela est bien relatif. Qu’ils essaient de faire de leur mieux, oui, bien sûr. Mais est-ce intellectuellement honnête ?
        Les films de Louis Clichy et Alexandre Astier sont bons. Ce sont des adaptions. Il y assez de matière dans les albums signés Goscinny et Uderzo pour faire de nouvelles bonnes adaptions. Mais désolé, les albums de Uderzo seul (à part le Grand Fossé peut-être) et Conrad et Ferri ne sont pas à la hauteur. Continuer de produire de l’alcool qui n’est pas de l’alcool seulement pour faire du cash, c’est triste.

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        • Répondu par kyle william le 26 mars à  11:00 :

          De toute façon, vous ne pourrrez pas l’empêcher.

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        • Répondu le 26 mars à  11:41 :

          Personne ne vous oblige à acheter les derniers astérix, on vous l’a déja dit. Les puristes n’ont qu’a relire les albums fait par les auteurs d’origines comme cela ils seront comblés. C’est le même cirque avec toutes les reprises, c’est lassant à la fin.
          Aprés il ne faut pas oublier que la vente des nouveaux astérix permet le financement de nouveaux projets qui eux sont bien contemporains.

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          • Répondu le 26 mars à  14:54 :

            "Aprés il ne faut pas oublier que la vente des nouveaux astérix permet le financement de nouveaux projets qui eux sont bien contemporains"

            Quel projets ?
            Albert René ne publie qu’Astérix et les œuvres d’Uderzo. Il n’y a pas de création originale à proprement parler. Et le fort de Hachette n’est pas la création originale contemporaine.

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            • Répondu le 26 mars à  17:46 :

              Croire que les albums qui se vendent très bien permettent de financer les albums d’auteurs moins connus est une légende urbaine ; le financement de projets d’un éditeur, se fait à partir de la base de sa pyramide d’auteurs.

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              • Répondu le 26 mars à  21:32 :

                Ouf me voilà rassuré pour mes dividendes ?
                Merci albert et réné pour cette corne d’abondance

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        • Répondu par Nicolas Anspach le 26 mars à  20:15 :

          Monsieur l’inconnu de 9h52, merci de m’apprendre qu’André Franquin sur Spirou & Fantasio, Will sur Tif et Tondu ou Bergèse sur Buck Danny, notamment, n’étaient pas auteurs. J’imagine que vous pensez que ces auteurs n’ont pas fait une œuvre avec ces personnages ?
          En tant que lecteur, il y des albums d’Uderzo (seul) que je trouve très bon (et pas que le "Grand Fossé"). De même que du duo Ferri & Conrad.

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          • Répondu le 27 mars à  08:47 :

            Tout à fait : lorsque une reprise et faite avec talent et réussite, en respectant l’esprit du/des créateur(s) d’origine, les repreneurs n’en sont pas moins des auteurs à part entière !

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            • Répondu le 27 mars à  11:36 :

              Auteur veut dire "à l’origine de" pas repreneur. Faut appeler un chat un chat.

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              • Répondu le 27 mars à  18:51 :

                Oui... et puis il faut aussi couper les cheveux en quatre, chercher la petite bête, ou midi à quatorze heures, chinoiser... quant une reprise est réussie, elle est réussie, et cela s’appelle du talent d’auteur !

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                • Répondu le 27 mars à  21:43 :

                  Quand une reprise est réussie, c’est une reprise réussie. De l’excellent travail d’artisan mais pas un travail d’auteur. Les auteurs d’Astérix sont Goscinny et Uderzo. Ni Conrad, ni Ferri. Ne soyez pas absurde !

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                  • Répondu le 28 mars à  08:55 :

                    Que pensez-vous alors de la reprise de Blueberry par Sfar et Blain ?

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                    • Répondu le 28 mars à  11:45 :

                      Que les bulles et le lettrage sont du travail d’amateur et que c’est un coup d’éditeur. Et que c’est beaucoup de bruit pour pas grand chose.

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                      • Répondu le 29 mars à  10:52 :

                        Et puis, c’est comme Spirou vu par. Pas faire du Giraud et du Charlier mais donner sa vision d’auteur. Ce qui est un exercice de style en bande dessinée : l’hommage à tel ou tel personnage. Le travail d’auteur, ce n’est pas cela. Quand on voit les personnages d’Astérix, ils ressemblent à Uderzo physiquement. Conrad est vraiment très talentueux mais il ne sera jamais Uderzo comme Uderzo n’était pas Conrad. Quand on lit les dialogues de Goscinny et qu’on écoute Goscinny parler, c’est tellement lui. Ferri a beaucoup de talent mais il n’a pas la culture et le génie de Goscinny. On en peut pas refaire du Goscinny comme on en peut pas refaire du Hugo ou du Baudelaire ou du Proust. Il faut accepter que les séries se terminent. 24 excellent Astérix, c’est déjà merveilleux. Je préfère eles relire plutôt qu’espérer un nouveau Goscinny-Uderzo sans Goscinny-Uderzo. Sfar et Blain sont toujours plus intéressants lorsqu’ils font du Blain et du Sfar.

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