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Faithless T. 2 – Par Brian Azzarello & Maria Llovet – Panini Comics

  • Suite des aventures fantastiques de la jeune artiste Faith dans le monde de l’art contemporain : est-ce son talent qui s’y exprime, ou est-ce là l’œuvre du Diable ? Ou même de la magie ?

Comme pour le premier album, nous ne pouvons éviter cette recommandation : la lecture de cet album est destinée à un public adulte averti. En effet, le conte narré par le scénariste Brian Azzarello et brossé par la dessinatrice Maria Llovet a une charge érotique certaine, où les ébats des différents protagonistes ne sont pas cachés au lecteur.

On retrouve le personnage principal de Faith là où nous l’avions laissée il y a quelques mois de cela : en route pour les sommets de l’art contemporain sous la houlette de Louis, une figure incontournable du milieu et son amant occasionnel (mais aussi le père de sa petite-amie Poppy). Afin de s’imposer durablement en haut de la pyramide, Faith va devoir rapidement faire ses preuves et ne pas seulement donner l’impression d’être la sensation du moment. Sous la pression de Louis et de sa manager, Faith va s’employer à créer une nouvelle série de tableaux à couper de le souffle… Avec l’aide de sa magie ou de celle, supposée, des personnes qui l’entourent ?

Faithless T. 2 – Par Brian Azzarello & Maria Llovet – Panini Comics
L’artiste, seule face à la création. C’était sans compter le monde moderne !
TM & © 2021 A Monkey Could Do This, LLC.

Brian Azzarello continue de traiter avec efficacité le thème de la création artistique à travers le personnage de Faith et ses aventures. L’auteur est parfois jusqu’au-boutiste dans ses idées, par exemple lorsque son personnage n’hésite pas à avoir recours à une ressource bien intime afin d’obtenir une couleur rouge sans nulle autre pareille pour ses toiles. Le désir et la peur (des illusions ?) de la mort dynamisent le quotidien de l’artiste, qui s’en nourrit pour donner vie à ses nouvelles créations.

À nouveau, nous avons trouvé l’écriture du personnage de Faith belle à suivre, entre (fausse ?) candeur et aplomb assumé. Que ce soit face aux éléments fantastiques qui traversent son quotidien ou que ce soit face à d’autres figures du monde de la culture, Faith présente rarement le même visage et surprend bien souvent le lecteur par ses réactions. Un personnage difficile à saisir, à l’image une nouvelle fois de cet album.

En effet, entre l’affrontement annoncé entre les cieux et les enfers pour Faith ou la nature même de ses pouvoirs magiques (s’ils existent), la série de Brian Azzarello conserve encore beaucoup de mystères à nos yeux. Même si un plan d’ensemble commence à se dessiner, il nous est encore difficile de cerner où le scénariste veut aller : Faith est-elle victime du pouvoir séducteur du Diable ou a-t-elle depuis le début l’avantage sur lui ?

En tout cas, cet album continue de bénéficier des très belles planches de Maria Llovet, dont le style contemporain continue de faire merveille. Nous noterons néanmoins que les plans larges donnant sur l’architecture extérieure (notamment pour la ville de Turin) ne bénéficient pas du même soin que celui apporté pour le dessin des personnages.

Plus métaphorique qu’explicite, le second tome de Faithless s’inscrit exactement dans la même veine que le premier. Ses multiples mystères et son ambiance ésotérique/fantastique continuent de nous intriguer, quitte à attendre patiemment la suite des aventures de Faith dans le monde de l’art… Ce qui est bon signe !

(par Romuald LEFEBVRE)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Faithless T. 2. Par Brian Azzarello (scénario) et Maria Llovet (dessins). Traduction de Laurence Belingard. Panini Comics. Sortie le 21 avril 2021. 160 pages. 20,00 Euros.

 
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6 Messages :
  • La couverture est très réussie, proportions du visage, composition... Par-contre, il y a trop de laisser-aller sur les planches, visages ratés et proportions humaines aussi. L’encrage me fait penser à Vivès, certains découpage de planches à Crépax voir même les bouches féminines.

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    • Répondu le 21 juillet à  07:31 :

      Jugement à la va-vite et manque de discernement : Maria Llovet est une des plus intéressantes dessinatrices espagnoles actuelles.

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      • Répondu par Milles Sabords le 22 juillet à  14:37 :

        N’empêche que les influences sont là, Crepax, Pratt, mais c’est trop lâché pour être virtuose et sortir du lot.

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        • Répondu le 22 juillet à  18:48 :

          Elle ne sort pas du lot parce qu’il y a un paquet de bon dessinateurs et dessinatrices en Espagne. Crepax et Pratt, c’est bien vu en effet. Elle est encore jeune et sa progression est continue.

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          • Répondu le 23 juillet à  11:15 :

            Encore de la tablette graphique ! Ça donne un côté froid et mécanique au dessin. Jeune ne veut pas dire bâcler son travail.

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            • Répondu le 23 juillet à  14:01 :

              Jeune ? Elle a 39 ans. Beaucoup de dessinateurs se mettent à la tablette et pas seulement des jeunes. Je pense au vétéran italien Angelo Stano qui fait aussi bien avec que sur papier.

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