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Jerry Frissen (rédacteur en chef de Métal-Hurlant) : « Je fais ce que je veux ! » [PODCAST]

Par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 19 février 2022                      Lien  
Jerry Frissen, 57 ans, est aujourd’hui le rédacteur en chef de Métal Hurlant nouvelle formule, qu’il reprend à partir du numéro 2. Ce concepteur graphique belge né à Bruxelles, émigré aux USA il y a un peu plus de vingt ans, a déjà toute une carrière dans la bande dessinée : on lui doit les anthologies Lucha Libre, Les Zombies qui ont mangé le monde (avec Guy Davis) et surtout le spin-off des Méta-barons avec Valentin Secher, Niko Henrichon and Esad Ribic. Il opère aujourd’hui à partir du siège américain des Humanoïdes Associés, à Los Angeles. Rencontre.

Une interview de Didier Pasamonik - Production : ActuaBD.com

Jerry Frissen (rédacteur en chef de Métal-Hurlant) : « Je fais ce que je veux ! » [PODCAST]
La Caste des Méta-Barons (Humanoïdes Associés)

Ado, Thierry, alias Jerry, Frissen est punk et fan de Métal Hurlant. Cela décide de sa vocation pour le graphisme. Au début de la trentaine, il veut voir des horizons nouveaux et s’envole pour les États-Unis. Il y fait des petits boulots comme designer, notamment comme concepteur de figurines. Un copain lui signale un jour que les Humanoïdes Associés cherchent un graphiste à Los Angeles. Il va les voir à Paris et il est engagé.

Pendant plusieurs années, il va s’occuper de la conception graphique des publications des Humanos, d’abord pour les USA, ensuite pour la France. Parallèlement, il devient scénariste pour des séries comme Lucha Libre (Humanoïdes Associés, 2002) nominé aux Eisner comme meilleure BD humoristique, Les Zombies qui ont mangé le monde (Humanoïdes Associés, 2004), Luuna (2008, Soleil) et le cycle des Méta-barons (Humanoïdes Associés, 2015), spin-off de la série L’Incal de Moebius et Jodorowsky, qu’il cosigne avec le fantastique scénariste de John Difool. « Je me suis surpris d’y raconter des choses plus personnelles que ce à quoi je m’attendais… » L’effet médiumnique de Jodorowsky a agi, sans doute…

Jerry Frissen, un punk à LA, à la tête de Métal.
Photo : DR

Rédacteur en chef de Métal Hurlant

En Avril 2021, en pleine pandémie, Métal revient grâce à un financement participatif mené par Vagator Productions et Vincent Bernière. Au sommaire, 28 histoires et 50 auteurs parmi lesquels Mathieu Bablet, Ugo Bienvenu, Brian Michael Bendis, Fabien Vehlmann... Ce N°1 vend 70 000 exemplaires. Un énorme succès.

Mais le 6 octobre 2021, refroidis par la formule du N°1, les Humanos signifient à Bernière la fin de leur collaboration et reprennent le contrôle du titre. Pour les milliers d’abonnés passés par le crowdfunding de Kisskissbankbank, le problème se règle simplement. En revanche, une partie des abonnements a été commercialisée par le Société CRM-ART. Vagator devrait normalement rembourser les souscripteurs. « C’est une situation que nous ne contrôlons pas et dont nous sommes totalement étrangers » nous dit-on du côté des Humanos. Les lecteurs qui ont des problèmes peuvent écrire à abonnements[at]metahurlant.com.


Jean-Pierre Dionnet, "ange tutélaire" du journal, introduit plusieurs chapitres en égrenant ses souvenirs.

boîte à secrets

Toujours est-il que Frissen hérite du magazine. Il va en conserver le projet initial : quatre numéros par an avec, en alternance, un numéro de création et un numéro d’anthologie qui reprend les grandes histoires classiques de Métal Hurlant. Ce numéro 2 reprend en couverture le dessin de Druillet qui était précisément celui du numéro 2 du magazine historique.

Dans cette édition, 300 pages parmi les plus mythiques de la Machine à rêver : The Long Tomorrow de Moebius & O’ Bannon, et notamment les BD de Philippe Druillet, de Caza, de Bilal, des frères Schuiten, mais aussi Jean-Michel Nicollet, Chantal Montellier, Michel Crespin, Nicole Claveloux, Gal, Marc Caro, Serge Clerc, Jean-Claude Mézières, Ted Benoit, Vaughn Bodé, Paul Gillon, Robert Crumb, Sergio Macedo ou Alain Voss. Ces pages sont entrecoupées de rédactionnels qui construisent le « mythe » Métal Hurlant, ils sont signés Jean-Pierre Dionnet, Claude Ecken ou Christophe Quillien.

Très décriés par les arbitres des élégances et du bon goût, Macedo et Voss font leur retour...

Frissen va demander conseil à Dionnet et va longuement l’interroger pour essayer de comprendre la recette de la potion magique. Il comprend très vite que le Prométhée de Métal travaillait à l’instinct. « C’est sans doute pourquoi Métal est une créature éternellement insaisissable qui est loin d’avoir révélé tous ses secrets », écrit-il dans son éditorial, tout en promettant de les révéler dans les prochains numéros.

Crumb, au coeur de la contre-culture
Apparemment, Druillet a aimé !
Photo : Galerie Barbier

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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En médaillon : Photo DR

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22 Messages :
  • Il fait ce qu’il veut mais l’aventure va tourner court très vite.

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    • Répondu par richard le 21 février 2022 à  15:11 :

      pas forcement, mais il faut trouver des graphistes top de chez top

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  • J’aime beaucoup ses scénario pour la série Jhen , écrits avec Cornette , on y retrouve l´ambiance des albums de Jacques Martin.

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  • Pour les photos, comment il est trop rebelle, le Frissen !
    En revanche, Druillet (gloire à lui !), il faut absolument lui dire que pour faire un doigt (signe de rébellion), on doit abaisser l’index, sinon ça fait Churchill et donc ringard !

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    • Répondu le 20 février 2022 à  16:56 :

      En quoi Churchill serait ringard ? A part ça, on peut préférer l’illustre photo de Johnny Cash faisant un doigt, ça a quand même un peu plus de gueule…

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      • Répondu par lorentzo.B le 20 février 2022 à  19:41 :

        Oui, bon..à moins que ce ne soit sorti du contexte, je ne comprends pas trop la grossièreté du geste. J’en ai un peu marre de cette banalisation de l’impolitesse ("j’ai envie d’emmerder..."). J’écoute du hard rock, vais aux concerts (enfin, dans le monde d’avant), suis méditerranéen et franchouillard.. Bref, je n’ai pas toujours le vocabulaire soutenu de la langue de Molière et ce malgré mon statut d’enseignant, mais quand même ! Sinon, Métal Hurlant en 2022.. J’admire sincèrement l’effort, mais le journal d’antan était justement à remettre dans le contexte de l’époque, un souffle bienvenu je crois (ou alors je suis dans la pure nostalgie). Enfin, tant que ce n’est pas un ressucé grossier comme Pif gadget (revue sublime à l’époque quand on y pense), pourquoi pas... Mais je n’y crois pas trop. Les lecteurs de l’époque ne sont plus ceux d’aujourd’hui ; il faudrait voir la sociologie de ceux qu’on appelle "lecteurs de presse" d’ailleurs. La majorité des (jeunes) gens ne votent pas, ils ne lisent plus non plus certaines presses. J’espère me tromper..

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        • Répondu le 20 février 2022 à  22:26 :

          Justement, si vous écoutez du hard-rock, vous faites plutôt le signe de satan en dressant l’index et l’auriculaire. Le majeur dressé est davantage l’apanage des punks… mais votre question est pertinente, c’est quoi être punk en 2022 ? Et ça rime à quoi lire Metal en 2022 ?

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          • Répondu par lorentzo.B le 20 février 2022 à  23:49 :

            Euh, non, on s’en fiche mais je ne suis pas formaté avec look et attitude (du pipeau la plupart du temps d’ailleurs) ; la musique, juste la musique (et le hard-rock, pas le "métal"). Le reste, c’est un jeu à ne pas prendre au premier degré à moins d’avoir un sérieux problème. Pour le magasine Métal, je suis dubitatif mais je ne condamnerai pas une tentative de remettre une bd de qualité sur les rails, surtout si ça émane de passionné(e)s. Mais en tant qu’ "ancien", je n’y vois pas trop d’intérêt, surtout quand je me remémore un échange avec Dionnet sur le "bon vieux temps". Reste les nouveaux lecteurs..

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  • Abonnement à métal hurlant souscrit en décembre 2021
    Jamais rien reçu ! Crm art le renvoie vers frissen/humanoïdes qui ne répond pas. Les 80€ d abonnement ont bien été encaissés et sans tarder ! Aucun remboursement ! À qui profite les sommes de cette souscrit mensongère ? Je ne suis sans doute pas la seule dans ce cas. Alors mr frissen ce fuck s adresse peut être à vos anciens collaborateurs mais je le prends également pour moi en tant que simple souscripteur arnaqué mais aussi punk qui ne vas pas en rester là !

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    • Répondu par Nina le 21 février 2022 à  18:58 :

      Exactement pareil !! C’est quand même hallucinant que Métal Hurlant ne dise rien sur le sujet ! Ça donne vraiment mais alors vraiment pas envie de leur faire de la pub ! Et heureusement que j’ai pas souscrit à un abonnement plus important !!

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    • Répondu par JIGEPE le 7 mars 2022 à  14:33 :

      Bonjour,
      Pareil pour moi abonnement souscrit en décembre 2021 via VAGATOR Abonnements, aussitôt encaissé
      Mais pas de livraison, personne ne répond ni aux Humano et chez Vagator.qui renvois vers metalhurlant.com et Jerry
      le service abonnement.metalhurlant.com/abonnement ne répond pas !
      J’ai vraiment le sentiment de me faire avoir comme un pigeon et c’est très décevant...
      Tellement déçus que ça ne donne pas envie de commenter le contenu du 1er numéro, je dirais juste que la qualité du papier est "légère" et pour le prix mériterait mieux selon moi quoiqu’il en soit comme dirais l’autre I want my money back !
      Si quelqu’un, ici, a d’autres infos/procédures ou un moyen de solutionner le souci... On doit-être plusieurs
      Merci d’avance

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  • S il ce monsieur nous fait ce geste pour nous attirer dans sa démarche commerciale ,je pense qu’il se trompe.
    Mais peut-être à t il voulu résumer toute sa culture en un doigt.

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  • Bonjour,
    En ce qui me concerne, j’ai plutôt apprécié ce MH 2 formule XXIe siècle. Le choix des 22 BD est bien vu, reflétant la diversité de styles du magazine, la présentation et la contextualisation avant chaque histoire sont judicieuses, les indications de Jean-Pierre Dionnet en fin de volume justifiant ses choix sont passionnantes (comme toujours).
    Reste quelques broutilles qui, en ancien correcteur, m’ont agacé l’œil et qui nous ramènent à la maladie originelle du journalisme BD, « la coquille ». L’inexactitude, l’omission.
    Ainsi, pour l’édito, c’est 1985 le départ de Métal de Jean-Pierre (édito du MH 114 d’août), et pas 1984 comme mentionné ; dans les fondateurs (ours), ne pas indiquer Farkas est assez indélicat ; page 31, la légende de la couverture du « Bandard fou » est inexacte, c’est 1974 et pas 1975, idem pour le diffuseur (La Marge) qui se barre avec la caisse, c’est 1974 et pas 1975 (p. 36 de l’article sur la naissance de Métal Hurlant) et la plus amusante (sourire jaune), page 26, la légende de la photo de JPD et Druillet : « Philippe Druillet et Philippe Dionnet » !
    Ce n’est pas tant ces petites fautes disséminées (tout le monde peut se tromper, même s’il y a une correctrice dans le staff et qu’on a affaire à des connaisseurs du sujet à la barre) que, du fait de la paresse et l’ignorance de beaucoup dans les médias généralistes concernant la bande dessinée, ces erreurs seront répétées et deviendront références et vérités. C’est embêtant.
    À part ces remarques tatillonnes, bravo pour l’effort à toute l’équipe et je ne boude pas mon plaisir de relire ces merveilles.

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  • Ah ! J’y crois pas, non seulement il y a Voss mais en plus Macedo ! Le bras cassé de l’aérographe.
    Frissen aurait pu mieux choisir. Ses deux artistes méritent surtout d’être oubliés. Il y avait tellement mieux dans les pages de Métal Hurlant.

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  • Malgré le changement de direction, les problèmes sont les mêmes. C’est cher, il y a trop de pages et c’est trop éloigné de l’esprit d’origine (pour les nouvelles créations). Il faut y mettre un peu de BD dans l’esprit du magazine original : Christian Rossi, Ralph Meyer, Avramoglou Dimitri... En plus, il n’y a que de la SF, alors que celui qui a permis d’arriver à des ventes correctes de la première version c’est Frank Margerin. Il faut varier les genres. Enfin, dernier point : les jeux vidéo, la télévision et l’accès facile au divertissement (parfois gratuit comme Fortnite) ont provoqué le déclain de la presse.

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    • Répondu le 22 février 2022 à  12:41 :

      Je ne vois absolument pas le rapport entre ce que fait Christian Rossi et le premier Metal. Encore moins Ralph Meyer. Par contre ce que vous dites sur Margerin est exact mais à mon avis, il serait très compliqué de le faire revenir.

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      • Répondu par Santiago le 22 février 2022 à  14:21 :

        Rossi et Meyer maîtrise le style de Giraud (BD Undertaker ou Jim Cutlass). D’où la filiation à Moebius et Métal Hurlant. Il ne parle pas de faire revenir Margerin, simplement du fait qu’il ne faisait pas de SF.

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  • Je vois ce que veut dire Tambini :

    Style graphique : Giraud = (ou presque) styles de Meyer (Undertaker) et Rossi (Jim Cutlass).

    Giraud = Moebius = Métal Hurlant

    Le retour de Margerin n’a pas été mentionné.

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    • Répondu par Milles Sabords le 22 février 2022 à  18:53 :

      La phalange s’allonge, mais pas celle du lectorat, guerrier Frissen. Dans un dernier chant du cigne, il tente la punkattitude. C’est très Métal, mais ça ne fait pas Hurler, sauf ses détracteurs. Pauvre Druillet, le rappel de l’ancienne garde, du Grognard et son "V" de la résistance, ne changera rien à ce Waterloo du magazine.

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  • Les donneurs de leçon
    26 février 2022 10:53, par rmn

    Tout les fans addicts radicaux viennent donner des leçons, qu’ils savent mieux que les autres ce qui constitue l’esprit métal hurlant originel...

    On s’en fout les gars, on sait bien que vous avez lu tout les numeros historiques...

    Le but de ce reboot est de transferer ce pan de la pop culture vers une nouvelle géneration pantechno pour fonder une nouvelle société, ou les relations humaines heureuses seront plus importantes que les développements technologiques...

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    • Répondu le 26 février 2022 à  11:32 :

      Reboot, d’accord, mais manque de qualité BD !

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  • Si autant de lecteurs parlent si souvent de manque de similarités entre le passé et le présent, c’est qu’il y a un problème. Mettre de la SF dans un journal ne suffit pas à en faire Métal Hurlant.

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