La BD à toujours la cote à la BRAFA 2017

25 janvier 2017 0 commentaire
  • Comme chaque année au mois de janvier, la BRAFA, la Foire internationale des antiquaires et des galeries d'art prend ses quartiers sur le site de Tour & Taxis à Bruxelles. Un événement incontournable pour les amateurs d'art, où la BD s'est définitivement fait une place.
La BD à toujours la cote à la BRAFA 2017
’Uli’ Ancestor figure - Galerie Didier Claes
Crédit photo : BRAFA

L’édition 2017 de la Brussels Art Fair (BRAFA) a ouvert ses portes au grand public ce samedi 21 janvier. Jusqu’au 29 janvier, ce rendez incontournables des collectionneurs et des amateurs d’art réuni sur le site de Tour & Taxis 132 antiquaires et galeries originaires de 16 pays, qui proposent leurs plus belles, leurs plus rares et leurs plus raffinées œuvres d’art. Peintures, sculptures, argenteries, art classique africain, joaillerie, design, art contemporain, mobilier ou Neuvième Art, presque toutes les disciplines de l’art plastique sont mises à l’honneur pour le plus grand bonheur du public.

Un renouvellement dans la continuité :

On ne change pas une formule qui gagne, dit l’adage. Mais on peut l’améliorer par petites touches. Fort d’un record d’affluence de plus de 58 000 visiteurs l’an dernier, les organisateurs ont reconduit leur stratégie pour cette 62e édition. Nous l’avions dit, un nombre d’exposants quasi identique à l’an dernier ont été conviés, parmi lesquels treize nouveaux noms font leur apparition : citons la Belgian Fine Comic Strip Gallery, qui occupe la place laissé vacante par la galerie Champaka dans la liste des représentants du 9 ème Art. Elle propose une série de dessins originaux et des "Collectors remarquables" de Hergé. Cette galerie luxembourgeoise fondée par Bernard Soetens et Olivier Van Houte, spécialisée dans la recherche des meilleurs dessins originaux et grandes pièces de collection de l’École Belge, dite “de Bruxelles” (Le Journal de Tintin) et “de Marcinelle” (Le Journal de Spirou) s’est faite un nom dans le milieu de la Bande Dessinée de collection grâce à l’organisation depuis 1990 des “Ventes Scriptura”.

GALERIE SISMANN
Crédit photo : BRAFA
BOON GALLERY
Crédit photo : BRAFA
BELGIAN FINE COMIC STRIP GALLERY
Crédit photo : BRAFA

Autre nouveauté à la BRAFA, l’hommage rendu à un artiste durant toute la durée l’événement. Le choix des organisateurs s’est porté sur le sculpteur et peintre argentin Julio Le Parc, précurseur de l’art cinétique et de l’art optique. Quatre œuvres : le Continuel Mobile, la Surface Couleur et deux Sphères (l’une rouge et l’autre bleue), des structures de grande dimension, sont installées dans des endroits stratégiques de la foire.

Crédit photo : BRAFA
Crédit photo : BRAFA

Les affaires Yves Bouvier, les faux meubles de Versailles ou plus récemment le Scandale Van Gogh ont mis bien malgré lui le marché de l’art sous les feux de l’actualité. Les questions sur l’origine, la traçabilité et la qualité d’une œuvre sont plus importantes que jamais. Conscient de l’importance de ces problématiques, la BRAFA a mis en place le vetting, un processus d’examen scientifique et d’évaluation des œuvres exposées durant la foire. La Commission d’Admission des Objets responsable de cette lourde tâche pour la BRAFA rassemble cent experts internationaux, européens essentiellement, dont les identités restent confidentielles. Par contre, celle du président de ce comité est connue, il s’agit de Bernard Blondeel, expert belge en tapisseries anciennes.

FUTUR ANTÉRIEUR
Crédit photo : DR - BRAFA

À l’occasion de cette nouvelle édition, la BRAFA présente un site internet entièrement relifté mais qui propose surtout un nouveau nom de domaine : http://www.brafa.art
Annoncé officiellement à Londres fin novembre 2016, le nouveau nom de domaine “.ART” est dédié aux professionnels de l’art du monde entier, qu’ils soient artistes, galeristes, fournisseurs de services, médias, bloggeurs, influenceurs, marchands, fondations, musées ou organisations. La BRAFA est la première foire au monde à utiliser ce nouveau nom de domaine.

La galerie Huberty & Breyne, toujours fidèle au poste

Pour la huitième participation à la BRAFA de la galerie Huberty & Breyne, celle-ci nous propose, dans un nouvel endroit, un espace sensiblement identique en terme de dimensions que ce qu’elle nous avait proposé l’an dernier, mais agencé différemment. Les murs demeurent immaculés mais profitent cette fois-ci d’une lumière tamisée, installant ainsi une ambiance beaucoup plus cosy. Marc Breyne nous explique ce choix : « Tous les artistes que nous avons réuni ici on un côté, je dirais “confidentiel”, y compris dans leur manière de s’exprimer. Je pense notamment à Jacques de Loustal. L’an dernier, nous avions Denis Deprez qui est beaucoup plus contemporain comme artiste. Il méritait donc un éclairage plus ample. Je trouve qu’avec des artistes tels qu’Olivier Ledroit ou Philippe Berthet, un éclairage moins prononcé donne une certaine homogénéité à l’ensemble du stand ».

Parmi les auteurs exposés, nous pouvons admirer les travaux de Jean-Claude Götting qui propose, comme les années précédentes, des tableaux avec des femmes mais dans une palette de couleurs beaucoup plus lumineuses. Tandis que Philippe Geluck poursuit sa série d’hommages décalés aux grands noms de la peinture, Gustave Courbet, le fauvisme, Yves Klein, ou encore Victor Vasarely, en proposant des œuvres quasiment toutes récentes et surtout, inédites.

Marc Breyne
Crédit photo : Christian Missia Dio

La véritable nouveauté chez l’ex-galerie Petits Papiers, c’est l’arrivée de Loustal, qui était anciennement représenté par la galerie Champaka. Celui-ci présente une dizaine de toiles, des paysages peints à l’huile qu’il nous décrit en ces termes : « Il y a deux axes. Il y a toute une partie un peu froide qui résulte d’un voyage que j’ai accompli en Terre de feu au mois d’avril dernier, et qui m’avait beaucoup impressionné au point de réutiliser les photos que j’avais pris pour en faire des tableaux. Mais je ne voulais pas uniquement rester dans des tonalités froides. J’ai donc aussi réalisé une quinzaine de toiles assez colorées - car j’aime bien la couleur - auxquelles j’ai ajouté des toiles que j’ai fait en Écosse. Et puis, il y a quatre toiles panoramiques à l’aquarelle, issues d’une collection de dix toiles que j’avais réalisé à la demande d’Alain Huberty, pour une exposition collective sur les panoramiques. C’est une discipline que je pratique énormément en photographie. Je possède des tonnes de livres dans lesquels j’ai rangé des milliers de photos en panoramique, un peu à la manière des gens du cinéma. Ces tableaux représentent la partie visible de mon travail. C’est ma zone de confort, celle que je maîtrise et que mes lecteurs connaissent. Par contre, la peinture à l’huile m’emmène dans des zones plus inconnues, plus douloureuses aussi car beaucoup plus difficiles ». L’ensemble des œuvres donnent un contraste saisissant entre ses panoramiques à l’aquarelle et ses toiles à l’huile qui ont un côté un peu expérimental.

Jacques de Loustal
Crédit photo : Christian Missia Dio

Mais Loustal n’est pas seul à faire son arrivée chez Huberty & Breyne puisque l’auteur américain Miles Hyman lui a emboité le pas : « Pour cette collaboration avec la galerie Huberty & Breyne, j’ai décidé d’expérimenter. Je vais suivre mon inspiration. Avec Marc et Alain, nous avons travaillé sur une série de tableaux consacrés aux fêtes foraines. C’est une thématique que je pourrais comparer à ce que j’avais fait dans mes livres comme Images interdites ou le 30-40 que j’avais fait chez Futuropolis. Il y a un côté insolite que j’ai envie de plus explorer en peinture. Ce sera aussi l’occasion pour moi de quitter les planches de BD pour des formats plus grands et adaptés à la peinture ». En rejoignant la galerie Huberty & Breyne, Miles Hyman retrouve aussi du même coup ses amis François Avril, Dominique Corbasson et Loustal, des artistes avec qui il partage une certaine sensibilité.

En marge de ses projets avec Breyne et Huberty, Hyman prépare avec Jean-Luc Fromental un one-shot intitulé Le Coup de Prague et qui paraîtra au mois de mars chez Dupuis, dans la collection Air Libre.

Pour Marc Breyne, l’arrivée de Loustal et d’Hyman dans sa galerie lui permet d’avoir une homogénéité par rapport aux auteurs qui travaillent avec lui. Un groupe d’auteurs qu’il qualifie de “Nouvelle École de Paris”.

Galerie Huberty & Breyne
Crédit photo : Christian Missia Dio
Crédit photo : Christian Missia Dio

Régulièrement présent à la BRAFA, François Avril a proposé une série de paysages d’inspiration bretonne, dont certains avec des constructions industrielles directement inspirés de Kunstruktion, une exposition qu’il avait proposé à Paris il y a deux ans. Il s’inspire également des travaux des photographes allemands Bernd et Hilla Becher, qui photographiaient des usines et des châteaux d’eau.

De son côté, son épouse Dominique Corbasson propose plusieurs compositions très personnelles de New York, une ville qu’elle trouve assez graphique. Les familiers de son style ne seront pas dépaysés : un travail sur les jeux des lumières, frais, des taches de couleurs imbriquées les unes dans les autres, un peu comme sur un tissu ou un foulard.

Bien que les deux artistes ont travaillé chacun de leur côté, ils conservent néanmoins un regard aiguisé sur leurs travaux respectifs : « On se donne souvent des conseils. Moi je lui donne des conseils sur les couleurs, tandis que lui me fait des suggestions sur mes compositions. Et puis, on se critique. Nous sommes à l’écoute l’un de l’autre », nous explique Mme Corbasson.

François Avril
Crédit photo : Christian Missia Dio
Dominique Corbasson
Crédit photo : Christian Missia Dio

Philippe Berthet ne devait normalement pas être présent à la Brussels Art Fair cette année. L’auteur qui vient de publier chez Dargaud Motorcity, un nouveau polar co-signé avec le scénariste Sylvain Runberg, travaille actuellement sur un projet d’exposition pour la galerie bruxelloise Huberty-Breyne. C’est en voyant ses travaux que les deux galeristes ont décidé d’intégrer quelques unes de ses toiles en tant que preview à leur sélection pour la BRAFA. « Le thème est le personnage féminin dans une mode rétro-glamour. Je me suis vraiment positionné dans le dessin de mode. Pour mes toiles, j’ai sélectionné des supports tels que le carton, que j’aime utiliser comme couleur de mes personnages. Il s’agit d’un mélange de techniques, essentiellement de la gouache et de l’acrylique. Pour cette expo qui proposera une trentaine de tableaux, j’ai essayé de ne pas utiliser trop de couleurs afin de rester sobre au niveau des tons », nous détaille le dessinateur de Pin-Up.

À l’issue de notre visite à la BRAFA, nous constatons que la vente d’originaux de bande dessinée continuent de drainer les foules. Surtout, il est devenu important pour les galeristes de rassurer les visiteurs et futurs acheteurs. Ceux-ci se montrent particulièrement attentif à ce que les artistes présentés sont bien des auteurs de BD. Il s’agit là d’une sorte de recherche d’authenticité de la part de la clientèle.

Enfin, signalons le futur déménagement de la galerie Huberty & Breyne. Celle-ci quitte le prestigieux quartier du Sablon pour la très huppée place du Châtelain à Ixelles, non loin du centre-ville de Bruxelles. Et à en croire Marc Breyne, lui et son associé auraient fait une affaire : ils quittent un espace de 300 mètres carrés pour un 800 mètres carrés dont le loyer serait quasi identique. L’ensemble du nouveau bâtiment qu’ils viennent d’acquérir affiche une superficie totale de 1500 mètres carrés ! Au vue du potentiel de leurs futurs locaux, les galeristes imaginent déjà de nouvelles scénographies et de nouveaux concepts d’expositions, autour du Street art notamment. L’ouverture de cette nouvelle galerie est prévue pour le mois de décembre.

Philippe Berthet et sa compagne Dominique David
Crédit photo : Christian Missia Dio
Philippe Geluck
Crédit photo : Christian Missia Dio

Voir en ligne : Visitez le site de la BRAFA

(par Christian MISSIA DIO)

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