"Le Clan des Otori", un classique de la Fantasy historique

18 mars 2021 3
  • Adaptation de la saga épique imaginée par l’autrice britannique Lian Hearn, "Le Clan des Otori" prend racine dans un japon fantasmé et féodal. Entre guerre de clans, luttes de pouvoir et légendes séculaires, ce premier épisode intitulé « Le Silence du rossignol » plante le décor et les protagonistes d’un univers riche et complexe.

L’histoire se déroule dans une région imaginaire appelée « les trois pays » pendant la seconde moitié du XVIe siècle. Ils sont trois car ce territoire est dirigé de façon autonome par trois clans rivaux qui se livrent une guerre sans merci afin d’étendre leurs territoires.

Il y a d’abord les Tohan, à l’Est, dirigé par le terrible et sanguinaire Iida Sadamu. Dans l’Ouest, règnent les Seishuu sous la coupe de Dame Maruyama. Enfin, dans le centre, les Otori occupait une large partie du territoire allant du nord au sud, malheureusement, à la suite de nombreuses défaites contre le clan des Tohan, ils ont perdu la plupart des territoires dont ils étaient les maîtres. Les sociétés qui peuplent ces terres sont soumises à une féodalité de caste rigoureuse et ferme, dans laquelle la mobilité est quasiment impossible. C’est dans cet ensemble géopolitique complexe que nous allons suivre les destins croisés de Takeo et Kaede.

"Le Clan des Otori", un classique de la Fantasy historique
La carte des 3 pays

Takeo est issu de la communauté des Invisibles, un groupe d’individus apparenté aux premiers Chrétiens du Japon. En prônant l’égalité entre les hommes et l’évidence d’un Dieu unique, les Invisibles sont persécutés par le clan des Tohan. Suite au massacre de son village, Takeo est recueilli par Shigeru Otori, héritier du clan Otori. Afin de protéger le jeune garçon, Shigeru l’adopte et lui donne une nouvelle identité. Là, va commencer son apprentissage au sein du clan Otori afin d’en faire un héritier digne de ce nom. Du maniement des armes à la calligraphie, Takeo parfait son éducation en cachant ses racines sans les renier.

Pendant le conflit qui à opposé le clan Otori au clan des Tohan, ces derniers se sont assurés de la neutralité des familles Maruyama et Shirakawa en exigeant des otages. Kaede est l’une d’entre eux. Réduite au statut de souillon par le vassal Noguchi Masayoshi, c’est suite à une tentative de viol que la famille décide que Kaede est prête à être mariée. Suite au décès de ses deux premiers fiancés, la rumeur cou rt que la jeune fille serait victime d’une malédiction : elle porterait le malheur aux hommes qui veulent l’épouser. Afin de se débarrasser de son rival Otori, le despotique Iila Sadamu propose à Shigeru d’épouser Kaede en espérant que celui-ci trouve la mort des suites de cette union…

Ce premier volume de l’adaptation du Clan des Otori, une série de romans jeunesse vendue à plus de 600 000 exemplaires en France, est un album d’exposition dont le but est de nous faire comprendre l’ampleur et la complexité de cet univers inspiré de l’histoire japonaise. Ce récit d’initiation permet de comprendre les us et coutumes de cette société féodale où les complots sont très nombreux. Entre les différents clans, ethnies et familles, l’immersion dans cette lecture n’est pas évidente mais elle vaut le détour.

Un registre épique et médiéval où des incursions fantastiques sont également présentes. Les planches de Benjamin Bachelier sont très soignées et documentées. Dans sa ligne claire oroche de l’estampe japonaise, son trait est vraiment expressif et retranscrit parfaitement ce Japon fantasmagorique.

(par François RISSEL)

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