Le Grand Prix Töpffer 2020 décerné à Dominique Goblet, le Prix Töpffer Genève pour Helge Reumann

3 décembre 2019 0 commentaire
  • Depuis 1997, la ville et le canton de Genève mettent à l'honneur la bande dessinée avec les Prix Rodolphe Töpffer, nommé ainsi en hommage à l’un des premiers créateurs et théoricien du 9e Art, natif de la ville Suisse. Le Grand Prix Töpffer qui récompense un artiste francophone pour l'ensemble de son oeuvre revient cette année à Dominique Goblet.

Nous vous rapportions en septembre dernier que le Grand Prix Töpffer 2019 était attribué à Nikita Mandryka, le créateur du fameux Concombre masqué, co-fondateur de L’Écho des Savanes, ancien rédacteur en chef de Charlie Mensuel qui est aussi passé chez Spirou, Vaillant et Pif.

L’artiste est ainsi à l’honneur de deux expositions : "Nikita Mandryka : Dans la bibliothèque du concombre" du 16 novembre 2019 au 18 janvier 2020 à la Bibliothèque de Genève et "Nikita Mandryka : Cosmic Stories", du 29 novembre au 8 décembre 2019, à La Haute École d’art et de design de Genève.

Le Grand Prix Töpffer 2020 décerné à Dominique Goblet, le Prix Töpffer Genève pour Helge Reumann
Dominique Goblet en novembre 2018 lors de la conférence de presse du FIBD 2019 dont elle a été la présidente du jury.
Photo : Didier Pasamonik

Lors de la cérémonie de remise de prix vendredi dernier, nous apprenions que sa successeur n’est autre que Dominique Goblet, autrice de bandes dessinées, illustratrice et plasticienne belge qui présidait en ce début d’année le jury du FIBD d’Angoulême et qui sera ce week-end l’une des invités d’honneurs du festival parisien SoBD dont elle a d’ailleurs réalisé l’affiche.

L’Amour dominical

Personnalité atypique du monde la bande dessinée, l’autrice nous livrait cette année une œuvre hors normes avec Dominique Théate : « L’Amour dominical ». Un ouvrage « impressionnant, tant par son processus de création que par son esthétique inclassable et les sentiments qu’il provoque. (...) il conjugue art brut et finesse de réalisation, tout en brouillant les limites entre les arts mais aussi les artistes. » selon les mots de notre rédacteur Frédéric Hojlo. Cet album co-édité par le Frémok et Knock Outsider est d’ailleurs en compétition dans la sélection officielle du FIBD 2020.

Faire semblant c’est mentir

L’artiste nous avait déjà marqués avec les Hommes-Loups et Souvenir d’une journée parfaite aux éditions FRMK, ou bien évidemment avec Faire semblant, c’est mentir, publié en 2008 chez L’Association et qui vient d’être édité cette année en Russie !

Dominique Goblet est aussi impliquée dans La « S » Grand Atelier, une association qui œuvre à décloisonner la bande dessinée en faisant interagir différents types d’arts et d’artistes, ainsi qu’en proposant des ateliers à des artistes mentalement déficients.

Le Prix Töpffer Genève, qui récompense un album réalisé par un.e auteur.e vivant à Genève et publié dans l’année précédente, est attribué à Helge Reumann pour SUV publié aux éditions Atrabile. Un choix unanimement salué par le jury qui récompense un album marquant, où l’auteur décrit « un monde sombre et chaotique, entre folie totalitaire et anticipation post-apocalyptique. Et livre ainsi une vision fascinante mais pessimiste de l’humanité. » Comme pour le Grand Prix, le lauréat recevra une récompense de 10 000 francs suisses, l’équivalent d’environ 9 000 euros.

SUV de Helge Reumann
© Atrabile

Le Prix Töpffer de la jeune bande dessinée, qui encourage « la relève locale » du 9e Art récompense un projet non publié d’un ou une artiste entre 15 et 30 ans, est cette année attribué à Jeff Délez, un jeune artiste de 22 ans pour Quelques bribes éparpillées. Le projet est décrit comme « une plongée dans une passionnante réflexion sur le rapport à l’espace et sur le médium du dessin. Avec un langage propre à l’auteur, ce projet traduit une obsession du détail ». Le jeune artiste reçoit ainsi une récompense de 5 000 francs suisses, soit environ 4 500 euros.

Le jury était cette année dirigé par Jean-Christophe Menu, Grand Prix Töpffer 2018 et composé Anette Gehring (directrice du Cartoon Museum de Bâle), Jana Jakoubek (directrice du Festival Fumetto de Lucerne), Raphaël Oesterlé (chercheur à l’Université de Lausanne), Dominique Radrizzani (directeur du Festival BDFIL de Lausanne), Patrick Fuchs (doyen de l’École supérieure de bande dessinée et d’illustration de Genève) et Clément Paurd (responsable de l’option Image/Récit à la HEAD – Genève)

Jusqu’au 5 décembre prochain, le travail de l’ensemble des nommé.e.s est exposé au Centre de formation professionnelle des arts de Genève.

(par Vincent SAVI)

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