Le Moine mort - Par Jean-David Morvan et Scietronc - Glénat

27 mars 2021 0
  • Un récit de Fantasy médiévale, une plongée à la fois dans un récit d’aventure et dans un débat théologique, une relecture fantastique du "Roman de la Rose" : un début de cycle prometteur !

On ne présente plus Jean-David Morvan, l’un des scénaristes les plus prolifiques de sa génération, de Sillage à Je suis morte, en passant par Nomad et Irena. Associé au dessinateur Scietronc, membre de l’atelier rémois The Tribe, créé par Jean-David Morvan, il a déjà travaillé avec ce dernier, notamment sur J’irai cracher sur vos tombes ou sur Ted Bundy. Toujours chez Glénat, le duo publie un nouveau projet, ambitieux et réussi, dont le premier tome, sombre et violent, vient de sortir et donne envie de rapidement connaître la suite de ce récit conçu en trois volumes.

Le Moine mort - Par Jean-David Morvan et Scietronc - Glénat

De quoi s’agit-il ? Pour le dire vite, d’un Nom de la Rose mâtiné à la sauce Fantasy, le tout conçu avec un scénario à tiroirs s’inspirant de récits tels Usual Suspects. Dans un monde médiéval imaginaire, une théocratie dirigée par l’Inquiperatore Sophora, on suit Stolin, un gamin placé par ses parents dans un monastère où le silence est sacré et où les moines ont donc la bouche cousue (ils mangent dans des gourdes de la nourriture mixée) et passent leur temps à recopier des livres saints, tels des Chartreux, qui, s’ils n’avaient pas physiquement la bouche cousue, devaient eux aussi respecter leur vœu de silence.

À la mort d’Ernao, un moine intendant, Stolin trouve caché dans sa cellule les mémoires de ce dernier, qui commencent un demi-siècle plus tôt, quand, à la suite d’une bataille sanglante, le baron Ytrium décide d’enfermer les hérétiques survivants dans les geôles du monastère. Approchée par la mère d’un d’entre eux, Ernao se laisse convaincre que ce Ciimon Bracchio est un innocent, pris par erreur, un paysan simplet du coin, en aucun cas un hérétique. S’ouvre alors un débat, autant politique que théologique, pour savoir qui est cet individu : pourrait-il être Darst Vostri, le meneur charismatique des intégristes ? Peut-on condamner un innocent ? On imagine une suite à l’histoire en forme de controverse de Valladolid à la sauce Fantasy, car le tome 1 s’arrête à la veille de ce procès.

Le dessin très nerveux sert bien le propos assez dur, même si les couleurs ne servent pas toujours à la lisibilité en l’aplatissant notamment et en rendant parfois difficile la distinction entre premier et arrière-plan. De jolis effets graphiques sont néanmoins à souligner, comme le travail sur la pluie par exemple ou sur l’architecture, mélange d’inspirations byzantines, orientales et médiévales.

Le récit, malgré l’utilisation un peu laborieuse d’un vocabulaire sensé et qui se traduit surtout par la multiplication de notes de bas de page pour nous le faire comprendre, est rythmé et l’on sent le métier de Jean-David Morvan qui sait où il va. Ce début d’univers est prometteur et l’on a hâte de pouvoir juger de l’ensemble !

(par Tristan MARTINE)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Commander cet album:

BDFugue FNAC Amazon

  Un commentaire ?