Sillage, T. 18 : Psycholocauste - Par Morvan & Buchet - Delcourt

15 octobre 2015 3 commentaires
  • Avec une régularité et une efficacité sans faille, les auteurs de Sillage continuent à faire doucement évoluer leur série et leur icône, Nävis. Sans grande révolution, ils proposent une belle exploitation de leur personnage.

Il y a un second être humain officiel à bord de Sillage ! Et le conseil doit voter s’il lui accorde ou non la citoyenneté sillienne. Nävis l’espère vivement et prend ses responsabilités pour le convaincre.

Mais très rapidement, cette préoccupation devient secondaire car un virus extrêmement puissant sème la terreur. Convoité par le Magister et récupéré par Bobo, il se déclenche par erreur, et provoque des mutations horrifiques et violentes pour toutes les créatures dotées de pouvoirs psy. Si Nävis est donc immunisée, elle va devoir redoubler d’efforts si elle désire sauver Sillage et protéger sa pupille.

Sillage, T. 18 : Psycholocauste - Par Morvan & Buchet - Delcourt
Sillage, T18 : Psycholocauste - Par Morvan & Buchet - Delcourt

Dans la logique de la série qu’ils construisent depuis vingt ans, Morvan & Buchet prolonge leur univers à chaque tome. Même s’il peut être lu indépendamment du précédent Grands Froids, Psycholocauste en est la suite directe, que cela soit au niveau de l’intrigue, ou des liens entre les personnages.

J-D. Morvan a imaginé l’un des pires dangers qui n’aient jamais menacé Sillage. Il place une fois de plus l’identité humaine de Nävis comme seul échappatoire. Pourtant, l’intrigue intéressante (mais sans réelle surprise) passe au second plan face à la relation qui se crée entre Nävis et sa pupille. Morvan l’avait annoncé : il désirait faire évoluer Nävis pour l’entraîner doucement vers l’âge adulte : cela ne la rend pas moins farouche et déterminée, et cela ajoute même une couche complémentaire à sa personnalité. Le scénariste n’en oublie la large galerie de personnages qu’il a développée au cours des années : Bobo, le Magister, Yannseï trouvent leur vraie place, telle une mécanique bien rodée.

Sillage, T18 : Psycholocauste - Par Morvan & Buchet - Delcourt

Quant à Buchet, son travail demeure exemplaire de lisibilité et d’inventivité. Il fait varier la mise en page pour renforcer la terreur du virus qui met Sillage en réel péril. Quant aux décors par trop parfaits des intérieurs de ses vaisseaux, ils permettent de mettre en avant les sentiments forts que ressentent ses personnages. La lente métamorphose de Nävis se caractérise également dans sa silhouette : une stature plus posée et un regard déterminé qui ne l’empêche de réagir à propos lors de situations périlleuses.

À l’image de ces héros, Sillage s’est irrémédiablement transformé à la fin de cette aventure. Quant aux prochains tomes, est-ce que la focalisation des émotions va progressivement basculer vers Juliette, un miroir de la jeunesse de Nävis, et qui présente bien plus de failles après avoir fait tomber le masque du tome précédent ? Nous le saurons dans les prochaines aventures de Sillage, avec ses héros en constante évolution... comme d’autres séries devenues des classiques du franco-belge.

(par Charles-Louis Detournay)

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A propos de l’univers de Sillage, lire aussi :
- Sillage fourbit ses "Premières Armes"
- Sillage T. 16 : Liés par le sang - Par Morvan & Buchet
- Sillage – T12 : Zone Franche – Par Morvan & Buchet
- Sillage - T11 : Monde flottant - Par Morvan & Buchet
- Sillage T10 : Retour de Flammes - par Morvan et Buchet
- Sillage - T9 : Infiltrations - par Morvan & Buchet
- Sillage - T8 : Nature humaine - par Morvan & Buchet
- Sillage - T7 : Q.H.I. - Par Morvan & Buchet
- 1001 Nävis

Concernant les Chroniques de Sillage, lire les articles concernant les tomes 2, 3, 4, 5 et 6

Concernant le prequel Nävis, lire :
- l’introduction de la série Nävis : une "spin-off" réussie.
- les chroniques des tomes 2, 3 et 4

- une interview des auteurs Morvan & Munuera : "Avec Nävis, nous voulons réaliser une série basée plus sur l’émotion que la réflexion."

Tous les visuels sont de Sillage T18 : © Éditions Delcourt, 2015 - Morvan, Buchet

 
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3 Messages :
  • oui, c’est pas mal mais l’histoire de fond n’avance pas, ça traine en longueur , ça "digresse à foison" , j’ai peur que l’on en voie jamais le bout.
    18 tomes ça commence à faire beaucoup pour une seule histoire

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  • Bonjour,
    Je ne comprends pas tout dans votre article alors que je viend juste de finir la lecture de l album. Jules est une fille mais sauf erreur, pas LA fille de Navis, non ? Merci a vous pour vos precisions.

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    • Répondu par Charles-Louis Detournay le 7 novembre 2015 à  08:08 :

      Vous avez entièrement raison, j’ai mal interprété un dialogue du tome 17 !
      Il faut dire que la bagarre qui sert de retrouvailles entre Nävis, Clément, leur enfant déjà adulte, sans oublier les liens confus entre Clément et sa "petite nièce", on finit par s’y perdre !

      Bravo pour votre attention !

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