Parasite : (ré - )édition originale tome 7 et 8 : suite et fin de l’épopée

3 juin 2021 1
  • Les comptes se règlent, les points finaux sont posés, les masques tombent et les parasites tremblent : avec les tomes sept et huit de "Parasite", Glénat termine son cycle de rééditions d'une série-culte, et nous offre une fin qui cloue le titre au pinacle des œuvres d'exception. Car si "Parasite" est un manga excellent tout au long des chapitres, le final qui nous est proposé par Itoshi Iwaaki tient de la masterclass.

Après six tomes palpitants à mi-chemin entre l’enquête et la réflexion métaphysique, Migy et Shinichi se rapprochaient toujours plus du cœur du problème, le roi de la ruche des parasites. Le tome six se concluait sur un affrontement dantesque entre les forces de l’ordre et Reiko, singulière consœur de Migy au départ terrible ennemie du duo mais qui s’est finalement révélée être une alliée inattendue.

À l’article de la mort, elle dévoile des secrets qui pourraient bien changer la face du monde et le cours de la guerre secrète menée entre l’humanité et l’envahisseur. Cette guerre occupe les deux derniers volumes de la réédition, avec tout d’abord, l’assaut mené contre la mairie infiltrée par les dirigeants parasites. Une opération à haut risque illustrant à merveille le précepte "on ne fait pas d’omelette sans casser (beaucoup) d’œufs".

Suite à l’assaut plus ou moins fructueux, c’est à Migy et Shinichi de régler leurs comptes personnels avec Goto, jusqu’à arriver à l’instant fatidique de la victoire (?) et des adieux.

Parasite : (ré - )édition originale tome 7 et 8 : suite et fin de l'épopéeUn final épique entre actions et révélations, au rythme impeccable et qui apporte une fin satisfaisante sur tous les plans : voilà de quoi peut se targuer Parasite. Du début à sa fin, la série aura su conserver tous les ingrédients de son succès en jonglant habilement entre les registres (horreur, action, enquête, introspection), tout en conservant en son cœur le duo de personnages principaux Migy et Shinichi qui constitue indéniablement le plus gros point fort du titre.

La façon dont leur relation est développée, tant physiquement que psychologiquement, résume à elle-seule toute l’ambition de l’auteur : montrer comment deux êtres que tout oppose jusque dans leurs plus bas instincts peuvent coopérer et s’enrichir mutuellement. Mais Migy incarne également la part d’animalité de son hôte, une animalité que la société humaine contraint et qui parfois explose pour le meilleur ou pour le pire.

C’est finalement ça qu’on retient de Parasite à la fermeture du dernier volume : une réflexion sur la nature de l’homme, la dualité entre l’animal et le civilisé (nature et culture pour les plus instruits en philosophie), et surtout un rappel à l’humilité. Au bout du compte, nos agissements en tant qu’homme ne valent parfois pas beaucoup plus que ceux d’une bête sauvage. Et pour ce constat soit évident, il est toujours utile de le rappeler.

Mais le fond de la série n’est pas la seule explication à son succès : la forme a elle aussi un rôle essentiel. En dépit de son trait un peu "daté" très marqué "manga old school", l’auteur démontre un talent qui frôle le génie dans le découpage de l’action, entre temps morts et précipitation extrême pour figurer la vitesse des créatures.

Il brille particulièrement dans la réalisation des scènes de combat, tirant pleinement parti des possibilités offertes par le concept de ses monstres à mi-chemin entre déformations tentaculaires, combats au sabre et arts martiaux. Les bastons ne ressemblent en rien à ce qu’on a pu voir avant ou après dans le manga, et restent longtemps en mémoire, ne serait-ce que pour le malaise suscité par les déformations des parasites ou la violence graphique très crue.

Huit tomes, ce n’est finalement pas grand chose en coût, en place dans la bibliothèque et en temps de lecture pour une série aussi hors-norme. Nous vous l’avons recommandé tout au long de nos chroniques au fil des sorties des volumes, mais on peut bien le faire une dernière fois pour la route : lisez Parasite.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

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