Prix Max und Moritz : la BD franco-belge revient bredouille

11 juillet 2020 0 commentaire
  • Les Max und Moritz Preis sont remis tous les deux ans à la biennale du Salon d’Erlangen. C’est le plus important trophée pour la BD en Allemagne, l’équivalent des Prix d’Angoulême ou des Eisner Awards de San Diego. Habituellement, la BD franco-belge y est distinguée. Pas cette année, où les prix se sont contentés d’une prestation numérique en raison de la crise sanitaire.

Les personnages de Max und Moritz ont été créés par Wilhelm Busch en 1865. Ils figurent parmi les plus anciens personnages de BD de l’histoire. Ils ont inspiré notamment les Katzenjammer Kids de Rudolf Dirks (Pim, Pam, Poum pour les lecteurs du Journal de Mickey). Ils prêtent leur nom à la plus haute distinction pour une BD en Allemagne.

Cette année, à l’exception d’Emil Ferris, déjà dotée d’un Eisner Award et d’un Prix du meilleur album à Angoulême, le palmarès est très allemand.

– Prix du meilleur artiste de BD de langue allemande :

Anna Haifisch

Née en 1986 à Leipzig, cette autrice n’est pas inconnue chez nous : elle a publié trois albums chez Misma : Clinique Von Spatz et deux albums de The Artist. « L’Artiste dessiné par Anna Haifisch incarne tous les artistes, écrivait Frédéric Hojlo dans nos pages. En vogue ou maudit, il demeure toujours un oiseau fragile, dont l’élan créatif peut être brisé d’un souffle.[…] Une description ironique mais sensible du monde de l’art contemporain. »

Prix Max und Moritz : la BD franco-belge revient bredouille

– Meilleure BD de langue allemande :

Der Umfall“ (Apprendre à tomber) de Mikaël Ross

Né en 1984 à Munich, Mikaël Ross n’est pas non plus un inconnu en France. Passé par la Maison des auteurs à Angoulême, il est publié par Sarbacane qui compte trois de ses titres au catalogue : Les Pieds dans le béton (2013), Totem, avec Nicolas Wouters (2016), et Apprendre à tomber (2019) qui vient de recevoir le prix.

– Meilleure bande dessinée internationale :

Am liebsten mag ich Monster“ (Moi ce que j’aime, c’est les monstres) d’Emil Ferris

Que dire de plus sur Emil Ferris multiprimée, personnalité BD de l’année sur ActuaBD en 2019 ? Rien de plus sinon que de vous renvoyer sur la belle interview qu’elle nous a donnée sur son album publié aux éditions Monsieur Toussaint-Louverture.

– Meilleur strip de langue allemande :

Busengewunder“ de Lisa Frühbeis

Première distinction pour une autrice qui a été résidente à la Maison des auteurs à Angoulême.

– Meilleure BD pour enfants :

Manno ! Alles genau so in echt passiert“ d’Anke Kuhl

Encore une autrice qui n’est pas une inconnue. Née en 1970 à Francfort, Anke Kuhl a publié La Famille dans tous ses états, avec Alexandra Maxeiner, à La Joie de lire (2017) et Une Vie de géant, une variation sur la figure du Golem, chez Steinkis (2019). L’ouvrage primé ne devrait pas tarder d’être publié en français.

– Prix du public :

Schweres Geknitter“ de @kriegundfreitag (Tobias Vogel) publié chez Lappan Verlag

Recueil des twittos en dessin-bâton du fil Krieg und Freitag (Guerre et Vendredi) plein d’aphorismes subtils et de photos marrantes.

– Prix spécial du Jury :

David Basler

Le vaillant éditeur alternatif suisse de Edition Moderne n’est pas un inconnu d’ActuaBD qui l’avait interviewé pour vous en 2008. C’est notamment l’éditeur de Tardi en langue allemande.

David Basler
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

– Meilleur premier album de langue allemande :

Wie gut, dass wir darüber geredet haben“ de Julia Bernhard

Excellente artiste qui ne devrait pas tarder à être publiée en France.

– Prix pour l’ensemble de son oeuvre :

Anke Feuchtenberger

Cette autrice n’est pas non plus une inconnue dans nos contrées. Née en 1963 à Berlin-Est, compagne du dessinateur Stefano Ricci, c’est une illustratrice puissante et une fidèle de l’édition alternative et de ses deux figures de proue L’Association et Amok/Fremok qui ont publié notamment La Petite Dame, avec Katrin de Vries au scénario, (L’Association, coll. « Patte de Mouche », 1996), La Putain P, avec Katrin de Vries ( 3 vol. (L’Association, coll. « Ciboulette », 1999 ; Frémok, coll. « Quadrupède », 2006 ; et coll. « Amphigouri », 2011), nominé au Prix Artemisia, et Si mon chien meurt je me taille une veste (Frémok, 2006).

Un palmarès où la BD francophone se retrouve confinée dans l’absence.

© Anke Feuchtenberger

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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