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Que penser du Corto Maltese de Bastien Vivès et Martin Quenehen ?

  • La réalisation d’une aventure du célèbre marin d’Hugo Pratt par la jeune coqueluche de la BD française a fait le tour de la toile et immédiatement, les réactions ont fusé : « C’est une opération commerciale ! », « Vivès ne sera jamais à la hauteur de Pratt », etc. Ceci sans avoir même lu le livre qui avait été mis sous embargo par Casterman pour qu’aucune information ne fuite avant la publication.

La prospection même du livre par les représentants avait tenu secrète le nom des auteurs. Jusqu’à ce qu’un copain d’atelier de Bastien Vivès, sans penser à mal, en parle avant l’été à un libraire. Dès lors, le secret n’était plus que de polichinelle. Restait à planquer les visuels pour que la surprise soit totale. Hier soir, chez Casterman, quelques invités triés sur le volet (dont ActuaBD, évidemment) célébraient l’événement. Nous avons reçu l’ouvrage il y a quelques jours. Alors, qu’en pense-t-on de cet album dont le titre est Océan noir ?

Que penser du Corto Maltese de Bastien Vivès et Martin Quenehen ?
Lors du lancement de l’album, hier soir : (de g. à dr.) Bastien Vivès, Martin Quenehen, Benoit Mouchart, directeur éditorial de Casterman, Charlotte Gallimard, directrice générale, et Patrizia Zanotti, ayant droits d’Hugo Pratt.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Le défi n’était pas facile car il existe des repreneurs « officiels » de l’univers d’Hugo Pratt : les Espagnols Juan Diaz Canales qui nous a livré des albums très respectueux de l’univers du créateur italien par l’un des artisans actuels les plus proches du savoir faire du maître, un orfèvre du noir et blanc : Ruben Pellejero. Ils ont réalisé trois albums entre 2015 et 2019, plus qu’honorables.

Le danger est que l’on juge ce nouvel album, à l’aune du talent d’Hugo Pratt, et que l’on compare ensuite les successeurs entre eux. Il ne le faut pas. D’abord parce que quoique l’on fasse en termes de reprises, Pratt sera toujours Pratt et un nouvel avatar de Corto par d’autres auteurs -ce qu’il avait désiré- ne lui enlève rien : ses albums sont toujours là, incontournables. Cette reprise est simplement un événement qui permet de remettre l’œuvre originelle au cœur de l’actualité. L’enjeu commercial, si l’on parle de cela, ce ne sont pas seulement les ventes de ce titre (le tirage est de l’ordre de 100 000 exemplaires) mais une remise en avant de toute l’œuvre de Pratt dans les librairies. On voit que ce n’est pas une mince affaire.

Avec quel résultat ? Sur ce plan, nous sommes assez séduits. D’abord parce que Bastien Vivès aborde l’affaire de manière décomplexée. Quel est l’intérêt de faire du Pratt lorsqu’on est Bastien Vivès ? Autres temps, autres mœurs, Pratt était issu d’une génération de dessinateurs qui rêvaient d’être peintres : Crepax, Battaglia, Toppi… Il y a un geste pictural dans son travail. Il tendait, dans ses dernières années, de plus en plus vers l’abstraction. Il avait fait ses premières armes en copiant les recettes de Milton Caniff et de Noël Sickles, sous l’influence de son aîné le dessinateur argentin Alberto Breccia. Pellejero est un successeur appliqué, comme issu de l’atelier du maître. Sans faille et sans faute.

C’est un parti pris de ces auteurs : le Corto de Vivès et Martin Quenehen n’est pas ce marin un peu raide revenu de tout, pérégrinant dans un monde où l’on voyageait sans visa. Il est plutôt un jeune adulte des années 2000 croisant de jeunes otakus dans le quartier de Shibuya à Tôkyô.

Entre l’archipel et le Pérou sur cet océan qui n’est pas que pacifique, Corto affronte une tempête qui le dépasse largement. Il croise à Lima rien moins que le secrétaire d’État Colin Powell, qui apprend là-bas l’anéantissement des tours du 11 septembre : c’est authentique, il était à Lima le 11 Septembre. Corto s’adresse à lui en yiddish et Powell le comprend : il a été « goy du Shabbat » à Brooklyn pour des employeurs juifs religieux. Là encore c’est authentique.

Ça c’est pour le repère historique. Pour le reste, nous sommes dans la tradition de Pratt avec ses grands flous ponctués de silence, de phrases mystérieuses à multiples sens, de personnalités attachantes et dangereuses issues aussi bien d’organisations criminelles secrètes que d’officines gouvernementales undercover.

Les auteurs s’amusent, trouvent prétexte à belles images et si le plot est bien de Martin Quenehen, avec ses références littéraires et cinématographiques, Vivès a pris soin de rendre la narration fluide et rythmée dans une absolue décontraction : pour la première fois, vous découvrirez les fesses de Corto dans une séquence furtive qui donne son autre sens au mot « aventure ». Ce n’est sans doute pas le chef d’œuvre du siècle, mais si les auteurs se sont bien divertis, nous aussi.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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31 Messages :
  • Corto montre ses fesses et nous sommes encore plus orphelins de l’essence même du personnage voulu par Pratt. Ce nouveau Corto à la chaleur d’une couverture lisse de magazine de mode. Ce nouveau Corto emmène sur des océans de monotonie un jeune homme et sa jeune compagne et non plus un marin mature et mystérieux. Ce nouveau Corto ne vogue plus dans les ports de l’imaginaire créer par Pratt, mais au fil de l’onde d’un port de l’angoisse du tiroir-caisse. Un Corto pour ados dans une société du Covid ou tout est noir et tout est blanc.

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    • Répondu par Lol le 2 septembre à  00:19 :

      alors que vous n’avez pas lu l’album et que vous êtes peut-être à jeun... balèze !

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    • Répondu par lorentzo.B le 2 septembre à  14:59 :

      Je n’ai pas encore lu cet album - on pourra donc me contredire facilement - mais les vignettes choisies pour l’article et le contexte du récit ("Corto" à notre époque) m’ont immédiatement fait penser aux adaptations cinématographiques de Tanguy et Laverdure et de Blueberry : si les personnages ne ressemblent pas, dans tous les sens du terme, à ceux de la BD (les Chevaliers du ciel ont même changer leur nom !), on s’éloigne un peu, beaucoup, de la série non ? Si Tintin a une coiffure banane, a un chien loup et un pote captain qui fait la manche pour boire des litrons, est-on toujours dans le(s) personnage(s) de Hergé ?! Autant créer un nouveau personnage..qui attirera moins la curiosité, à moins qu’il fasse un carton. Ici, je ne retrouve pas le regard de ce Corto, ce coté mystérieux qui fait le charme du héros ; on y voit plutôt - du moins c’est mon interprétation - celui d’un ado timide voire apeuré.. Je ne conteste pas le talent de Bastien Vivès mais j’ai tout de même un peu de mal à saisir un intérêt autre que commercial.. La référence de la reprise ponctuelle (j’espère) reste, je crois, celle du Spirou d’Emile Bravo voire, sur la longueur, du Ric Hochet de Van Liemt et Zidrou : elles apportent une fraicheur qui ne trahit pas l’esprit de la série..

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      • Répondu le 2 septembre à  15:31 :

        Le Lucky Luke de Mathieu Bonhomme est bien (je n’ai pas lu le deuxième). Pour moi, dans ce registre du « Reboot », la référence reste le Batman de Frank Miller.

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      • Répondu le 4 septembre à  07:19 :

        Bien sûr que l’intérêt de toutes ces reprises n’est que commerciale. Les éditeurs et les auteurs de reprises essaient de nous faire croire qu’il y a aussi un intérêt artistique mais c’est bidon. Le but, et c’est dit dans l’article, est de remettre en place l’ensemble des livres de Pratt. Faire parler de Corto. Les deux auteurs de cette reprise ne sont engagés que pour faire les VRP. La création artistique, le regard de ces auteurs, ne sont que des prétextes, des argumentaires commerciaux. Un auteur doit faire uniquement son œuvre.

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        • Répondu le 4 septembre à  17:55 :

          C’est exact mais toute une partie du business de la BD mondiale s’est faite là-dessus : la transmission de personnages à de nouveaux auteurs, la transformation d’œuvres en franchises. L’édition européenne ne fait qu’appliquer ce qui s’est toujours fait aux USA. De plus Corto est une BD italienne et en Italie ça se fait depuis toujours.

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    • Répondu par Guilloud le 3 septembre à  15:53 :

      Acheté et lu hier. Scénari et graphisme top. Mais ce n’est pas Corto Maltese .
      Juste un ersatz.

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    • Répondu par MOURE GUILLAUME le 3 septembre à  16:52 :

      Et ? Si ceci fait découvrir Corto aux plus jeunes, ça me va. Et Vivès n’a rien à prouver.

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  • Que penser du Corto Maltese de Bastien Vivès et Martin Quenehen ?
    1er septembre 20:13, par Laurent Colonnier

    C’est sidérant le talent de Bastien Vivès.

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    • Répondu le 1er septembre à  22:26 :

      C’est une conjugaison d’intérêts bien compris. Les Corto de Pellejero et Canales sont des réussites artistiques mais une certaine déception sur le plan des ventes, pas seulement pour Casterman mais pour toute l’Europe. Les derniers livres de Bastien Vivés ont déçu commercialement aussi. Il y a tout à gagner à relancer l’un en essayant de booster l’autre, et à essayer d’attirer un public plus jeune vers le fond Pratt. Il s’agit donc évidemment d’un coup commercial. Il n’empêche que les planches qu’on voit ici sont superbes. Il faut lire pour juger. Espérons qu’avec l’argent gagné, Casterman signera des projets neufs et proposera de nouvelles aventures de nouveaux personnages.

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    • Répondu le 2 septembre à  04:39 :

      C’est sidérant votre admiration pour le vide.

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    • Répondu par alain ANDREY le 2 septembre à  07:38 :

      Avant de l’avoir lu (et donc jugement à priori à nuancer) cette oeuvre m’inspire le même genre de réflexion que la "La bête" de Frank Pé : une bande dessinée pleine de qualités, que l’on peut aimer ou non selon ses goûts, mais pourquoi y plaquer artificiellement un personnage emblématique "revisité" ? (sinon pour provoquer un reflexe d’achat pavlovien chez une partie de public ? Et les cris d’orfraie des puristes horrifiés ou dégoûtés par le "sacrilège" ne font que renforcer l’echo publicitaire ). Ces récits "tiendraient la route" avec des protagonistes originaux, mais le potentiel commercial serait moindre.. ( je ne veux pourtant pas méconnaitre le plaisir authentique des auteurs de "jouer" avec ces icones)

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      • Répondu le 2 septembre à  11:53 :

        Ca changerait tout si ce n’était pas Corto Maltese, car il y a avec lui tout le background qu’on connait.

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      • Répondu par bibouneto le 7 septembre à  22:17 :

        Les goûts et les couleurs.
        Fan de Spirou depuis toujours, je m’emmerde devant les albums fait par Émilie Bravo, et j’ai beaucoup aimé « la bête »… Vivès est très doué, ses albums sont rythmés, alors pourquoi pas faire un essai sur un personnage comme Corto… ça ne change en rien la série originale.

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  • pour note, il doit s’agir de Noel Sickles et non Sickels.

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    • Répondu le 2 septembre à  15:29 :

      Le problème de ce Corto, c’est qu’il n’est pas incarné, une coquille vide remplie de Vivès mais sans un peu de Pratt. Et ils veulent en vendre 100.000 ? Ouais, peut-être avec les fans de Vivès, mais le grand public ou les jeunes, y a doute...

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 3 septembre à  10:06 :

      Mais oui ! Le coupable sera condamné à manger des pickels afin de s’en souvenir ;)

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  • Dans les visuels présentés, je trouve que Corto a quelque chose d’ado, candide et efféminé qui est aux antipodes du personnage créé par Pratt. Son Corto était adulte, viril et ténébreux.
    Je trouve aussi que si le dessin de Pratt est une écriture, les dessins de Vivés ressemblent à des roughs pour un story-board de film. On sent que c’est dessiné sur un écran et pas sur du papier. On perd l’empreinte, ce passage entre dessin et écriture, dessinateur et écrivain qu’il y a chez Pratt.

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    • Répondu par Frédéric Demaël le 3 septembre à  21:23 :

      Bonjour,
      Je trouve votre analyse très juste, surtout concernant la technique et le fameux "dessin écriture" de Pratt.

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  • Acheté ce matin, une évidence s’impose à moi : c’est un roman graphique sympa mais pas un Corto Maltese. C’est très frustrant car je l’attendais avec impatience . Nous sommes loin de Diaz Canales et Pellejero qui faisait du Corto sans tomber dans le piège du Pratt à tout prix

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    • Répondu par Jacques le 3 septembre à  11:51 :

      Nous sommes loin de Diaz Canales et Pellejero qui faisait du Corto sans tomber dans le piège du Pratt à tout prix

      Je trouve qu’ils sont justement tombés dans le piège du Pratt à tout prix.

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      • Répondu le 3 septembre à  13:54 :

        Non. Pellejero et Canales racontent de nouvelles aventures, mais ils sont très loin de se risquer directement sur le terrain de Pratt. Personne ne le peut. Ils ont habilement contourné ce péril et leur approche humble de l’œuvre de Pratt les a paradoxalement libérés. Il faut dire qu’ils n’étaient pas du tout des débutants quand on leur a confié Corto. Ce n’est pas le cas de Vivés qui est bien jeune pour s’attaquer à une reprise pareille. C’est même dangereux pour sa propre carrière. Je vais voir ce que ça donne quand même.

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  • Reprise risquée mais totalement réussie. Le scénario est très réussi, la narration fluide, ça respecte totalement le personnage et le dessin est d’une sensualité magique. Grande Réussite.

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  • Déjà, perso, les articles, ou statuts de réseau social qui me disent ce que je dois penser, aimer et détester d’un ton péremptoire, je fuis.

    Et une fois de plus, pourquoi pas ?

    Ensuite, c’est LE problème des réseaux sociaux et d’Internet.

    Nous devons déverser des tombereaux de likes et de commentaires dithyrambiques sur des fanarts de milliards d’inconnus s’emparant d’œuvres et de personnages connus (coucou Deviantart) et en même temps ,dès qu’un auteur reconnu (ici, Vivès) revisite un classique ultra-connu, il est de bon ton de le conchier et le lapider en place publique ?

    Quelle hypocrisie !

    Et je suis un vieil admirateur de Pratt...

    Et on voit les miches de Corto 😄

    Rien que pour ça...

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  • Je venais de relire MU juste avant...
    Il y a la même recherche en trouvant un autre point d’entrée du continent perdu.
    Le dessin est agréable à suivre ainsi que les textes.
    Juste déçu par Raspoutine, il n’est plus aussi caustique que l’original.

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  • Il ne peut y avoir qu’un Corton point barre .
    Tout les autres ne sont et resteront des pâles copies sans saveur ni goût et je pèse mes mots.
    Les albums de Pratt que j’ai découvert très tard ( je parle de mon âge lol ) sont des merveilles , couleur , noir et blanc , la présentation des personnages ect ... Sont et resteront pour moi le sommun .
    Les derniers albums sont bons très bons mais ne seront jamais égalent à l’origine .
    Sortir un album made 2021 pffu fini le rêve , fini l’imaginaire bref sans moi .

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  • Des goûts et les couleurs...
    6 septembre 08:35, par Lorenzaccio

    Il y aura les tenants de l’original et rien d’autre, et ceux qui kifferont à la remise à plat du personnage et on ne les mettra jamais d’accord. Est-ce utile de donner un avis alors ? Oui, si c’est juste pour faire une sorte de sondage sur l’oeuvre en discussion, non si c’est pour convaincre les autres qu’ils n’ont rien compris, qu’ils sont des abrutis, des passéistes ou des iconoclastes... Donc je donne mon avis mais que pour le "sondage".

    Avez-vous aimé la version Vivès de Corto : Non.

    Perso, même dans l’oeuvre de Pratt lui-même, je n’ai pas aimé tous les albums. L’épuration des derniers enlevait à mes yeux tout l’avantage du noir&blanc. Ils n’étaient plus que... blancs. Et si certaines histoires sauvaient encore l’album, ce n’était pas le cas de tous (à mes yeux... pas la peine de me lyncher, je n’interdis à personne d’aimer ces albums-là). Canales et Pellejo sont revenus au Pratt du début. Pour moi, un excellent point, et ils ont su raconter des histoires à la Pratt qui tiennent sacrément bien la route. Vivès, c’est autre chose. Je l’ai feuilleté, j’ai lu le début, une vingtaine de pages, il ne m’a absolument pas fait envie, ce n’est plus du tout Corto. C’est peut-être un album très bien si on arrive à oublier que c’est de Corto qu’il s’agit mais je n’y arrive pas. Je n’aime pas le graphisme et en BD, le graphisme ça compte ! Sinon, autant lire des livres ! MDR.
    Je retournerai lire Les Celtiques et autres En Sibérie qui continuent à me faire rêver même après 20 lectures.
    De même, je n’aime pas les reprises de Lucky Luke qui graphiquement en sont trop proches tout en étant assez dévoyées. On retrouve un peu le graphisme des débuts de Morris où il se cherchait encore. S’il a abandonné ce style, il y avait peut-être une raison. Dans les spin-off de Spirou, il y en a eu des bons et des très mauvais. Bref, les goûts et les couleurs... Il y a un vieux commentaire posté en 2008

    https://www.actuabd.com/Les-Scorpions-du-Desert-T5-Quatre-cailloux-dans-le-feu-par-Camuncoli-Casali-Casterman

    d’un certain David disant déjà qu’il attendait avec impatience un nouveau disque de Brel, la suite de Sgt Peppers, la 10eme de Beethoven, etc... (je précise, c’est ironique de sa part) Et là tout le monde tomberait d’accord pour dire que c’est n’importe quoi. Alors pourquoi ça ne s’applique pas à la BD ? La réponse de Cong à David n’apportera rien...
    Dans ma propre incohérence trop humaine, j’apprécie parfois ces reprises en BD (Canales/Pellejo pour Corto par exemple), et les meilleurs Spirou ont été pour moi ceux de Tome & Janry. Meilleurs que les originaux même (ici rafale de tomates trop mûres...) mais dans l’ensemble, je suis plutôt contre, trop commercial à mes yeux. Incohérent, vous dis-je. J’assume.

    Enfin, je tiens à signaler une nouvelle réédition en intégrale des Scorpions du Désert (2021) qui est une totale redécouverte de cette oeuvre. Outre qu’il m’en manquait une partie, cette réédition est cent fois meilleure question graphisme (le tirage original avec les couleurs sous forme de gros pointillés était très bas de gamme) et les textes ne sont plus édulcorés !! Quand la guerrière parle de châtrer les ennemis, c’est bien écrit "châtrer" (ou peut-être parle-t-elle de les circoncire, désolé, pas le temps d’aller vérifier). La version précédente faisait totalement l’impasse et certains "noirs" étaient des saturations pour ne pas montrer le sexe de ces guerrières. La censure pour la jeunesse, j’imagine ? ActuaBD a parlé de la réédition de 2013 mais pas de celle-ci. Je ne sais pas si elles diffèrent et je laisse le soin à ActuaBD d’en parler... ou pas.

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    • Répondu par H60 le 6 septembre à  17:22 :

      J’ai découvert ce livre cette aprés-midi chez Cultura
      Ayant connu Corto Maltese dans Pif-Gadget et ayant apprécié les reprises de Canales et Pellejero j’ai feuilleté les 2 versions de ce livre et cela ne m’a absolument pas donné envie de l’acheter ; je n’ai apprécié ni le dessin ni le texte ; je n’ai pas reconnu le personnage qui se fait appeler Corto Maltese ; je n’ai pas aimé le fait que l’histoire se déroule au 21 eme siècle ; J’espère que ce n’est qu’un "one shot" et que les prochains Corto seront plus respectueux du personnage

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    • Répondu par Poildur le 7 septembre à  11:41 :

      les meilleurs Spirou ont été pour moi ceux de Tome & Janry. Meilleurs que les originaux même

      C’est quoi pour vous les "originaux" de Spirou ? Ceux de Rob-Vel ? parce que les suivants sont tous des reprises.

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      • Répondu par Lorenzaccio le 7 septembre à  14:36 :

        Non, je pensais aux premiers albums de Franquin qui démarrent ce qui s’appelle la série principale. En effet Franquin n’a pas créé le personnage (par contre il a créé Zorglub, le comte de Champignac, Seccotine...) mais il a changé le cadre et on peut considérer qu’il a créé la série en format album 48 pages dans laquelle les albums de Tome & Janry tiennent le haut du pavé pour moi (et je ne demande à personne d’être d’accord). Je ne crois pas être tombé sur les originaux de Rob-Vel ou alors juste en passant et j’ai oublié.

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  • Je viens de lire les différents messages !🤔
    c’est mesquin de parler du travail des auteurs comme cela !
    J’ai beaucoup apprécié le livre, graphique et scénario !👏🏼
    L’histoire est bien faite , et l’esprit de HP est là . Romantisme, aventure et grand paysage !
    j’adore Corto et j’avoue avoir eu une appréhension quand je me suis rendu compte que l’histoire ce situait début 2000.
    Mais j’ai dévoré le livre tant qu’il est plaisant à lire !
    j’ai le sentiment de lire une histoire du petit-fils de Corto du 19e !
    bravo les gars

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