Retour sur un polar culte des années 1990 : "Stray Bullets".

2 mai 2019 0 commentaire
  • "Stray Bullets" plonge le lecteur dans une véritable descente aux enfers. L'une des perles de la BD indépendante alméricaine publiée par david Lapham de façon chaotique dans les années 1990 et réunie en albums chez Dark Horse. La série ressort aujourd'hui chez Delcourt. Immanquable.

Prenez des hommes de main maladroits qui empilent des cadavres dans leur coffre de voiture, des junkies qui déambulent en ville à l’affût d’un mauvais coup, des jeunes délinquants sans repère ni morale, des mères de famille déséquilibrées accro aux antidépresseurs, des scènes de ménage qui tournent au carnage, des couples qui forniquent en toute liberté... et vous obtiendrez le cocktail détonnant de ce que peut vous présenter Stray Bullets, un récit hard boiled pimenté typique des années 1990.

Remercions les éditions Delcourt de revenir sur l’œuvre majeure de l’auteur David Lapham, Stray Bullets, considéré comme l’un des comics de polar contemporains les plus aboutis et ceci sur différents points.

Sans réelle surprise, certains lecteurs trouveront des similitudes avec des œuvres de Frank Miller ou de Warren Ellis : ses protagonistes perturbés offrent comme chez eux un spectacle jubilatoire qui, d’aventures en mésaventures, illustrent leur déchéance... afin de mieux renaître en ce qui concerne quelques élus.

Stray Bullets se reçoit comme une balle perdue, sans que l’on s’y attende. Ce polar moderne traine sa violence page après page, de manière exacerbée comme dans les romans de John Burdett ou dans les films de Takashi Miike, pour ne citer qu’eux.

Ici point de temps mort. La force de David Lapham réside dans sa capacité à captiver d’entrée le lecteur, grâce notamment à une succession rapide de séquences-choc. Non seulement il hypnotise le public par une touche personnelle, mais s’y ajoute un humour noir parfaitement cynique.

La qualité graphique, quant à elle, est d’une redoutable efficacité dans un découpage classique comportant huit cases, à quelques variations près. Son noir et blanc, au trait gorgé d’encre, construit une atmosphère sinistre et saisissante particulièrement réussie.

Cette brique de 460 pages à la présentation soignée ravira les amateurs de polar urbain par sa palette de figurants dégénérés et leurs improbables interconnexions. Point de protagoniste qui se démarque en particulier vu que chacun d’entre eux explore à sa manière la bassesse du comportement humain, allant du plus sournois au plus hypocrite, nourrissant à l’envi le côté sombre et ténébreux de l’intrigue.

Retour sur un polar culte des années 1990 : "Stray Bullets".
©David Lapham / Delcourt Comics
Frank et Joey, un cadavre de prostituée dans leur coffre, en train de sermonner sur la vie

(par Marc Vandermeer)

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Stray Bullets T.1. Auteur : David Lapham. Éditeur : Delcourt Comics. Traduction : Hélène Remaud-Dauniol. 464 pages. Sortie : le 10 avril 2019. Prix : 34,95 euros.

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