Sawako, T1, 2 & 3 - Par Karuho Shiina - Kana

26 juillet 2009 0 BD d’Asie par Stéphanie Francqueville
Éditeur : Kana
  • Comment se distinguer des autres au milieu de la masse éditoriale constituée par les mangas ? Kana a choisi sur le prix : 4,50E pour les deux premiers tomes de ce manga adorable, plutôt classique, mais qui bénéficie d'une maitrise remarquable à tous points de vue.

À quinze ans, Sawako Kuronuma est une jeune fille discrète qui a toujours suscité la peur chez ses camarades. Avec ses longs cheveux noirs et sa peau blanche, elle est la copie conforme de la fillette du film Ring, ce qui lui vaut le surnom de Sadako [1].

Les rumeurs les plus folles courent à son sujet : elle pourrait communiquer avec les esprits, croiser son regard plus de trois secondes porterait malheur, etc... et la jeune fille ne les a jamais démentis de peur de décevoir les autres élèves. Elle a donc toujours passé sa scolarité seule dans son coin. Sawako n’en veut pas à ses camarades et persévère chaque jour pour faire plaisir à tout le monde. Jusqu’au jour où elle rencontre Kazehaya, un jeune garçon brillant et très gentil qui rassemble naturellement les gens autour de lui. La jeune fille décide de faire du jeune homme son modèle, lui qui parle sans crainte et qui voit qui elle est vraiment. Mais elle a beaucoup de mal à exprimer ses sentiments.

De son côté, Kazehaya a rencontré la jeune fille lors de l’examen d’entrée au lycée et a tout de suite senti qu’elle n’était pas comme les autres la décrivaient. Au fil du temps, elle est même devenue plus qu’une simple amie pour lui, mais comment lui faire comprendre alors qu’elle ne sait même pas ce que c’est que d’avoir des amis ?

Sawako, T1, 2 & 3 - Par Karuho Shiina - Kana

En choisissant un personnage inspiré de Sadako, Karuho Shiina a décidé de nous faire frissonner et son trait y contribue fortement. Sans être effrayant, les pages d’ouverture de chapitre (ou tout simplement quand Sawako essaie de sourire ^^) nous font ressentir un léger frisson dans le dos ou nous remémorent les affiches de films d’horreur vues dernièrement.

Pourtant, l’héroïne est loin d’être repoussante : elle est même plutôt drôle et extrêmement touchante. Une fois de plus, le dessin y est pour beaucoup. On passe, pour le plus grand plaisir du lecteur, des grands yeux rond d’étonnement complètement vides au regard plein d’étoiles typique des shôjo mangas. A ceci près : quand Sawako sourit, on sourit avec elle et quand elle pleure, on sort nos mouchoirs ! La maitrise du trait se traduit notamment par une expressivité absolument remarquable qui fait de ce manga un vrai plaisir pour les yeux.

Au niveau du scénario, en revanche, l’histoire est moins exceptionnelle. Entre l’héroïne naïve au possible, incapable d’exprimer ses sentiments et le héros beau, intelligent, aimé de tous et qui vole au secours de la jolie princesse, le lecteur repassera pour l’originalité. Les thèmes abordés sont les même que n’importe quel manga : l’amitié, l’amour, le regard des autres, la rivalité...Et le personnage principal n’est pas sans rappeler Sunako du manga Yamato Nadeshiko, en moins drôle et plus touchant.

Pourtant, grâce à une mise en page travaillée et un traitement de l’histoire centré sur le ressenti de la jeune fille, Karuho Shiina parvient à faire de ce shôjo un manga vraiment agréable à découvrir. On regrettera par contre les problème d’adaptation française qui rendent certaines situations difficiles à suivre et certaines phrases dénuées de sens. Saluons aussi la performance de l’auteur qui n’a pas profité de son personnage mal-aimé pour nous dépeindre des étudiants méchants et parfois violents car, même si c’est une réalité, il est aussi agréable de pouvoir s’en échapper.

Enfin, Kana a lancé une opération manga à « prix chouchou » et propose les premiers tomes de cette séries au prix exceptionnel de 4,50E au lieu de 6.25E. Pour ceux qui n’auraient pas pu en profiter, l’éditeur réitère l’opération sur les mangas Five, dont le premier toma est sorti au mois de mars, et Gentlemen’s Alliance Cross, sorti ce mois-ci.

(par Stéphanie Francqueville)

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