Angoulême 2019 : L’exceptionnelle exposition Corben

24 janvier 2019 3 commentaires
  • Au Musée d’Angoulême, il faut absolument aller visiter ce qui constitue le clou de ce 46e Festival : une formidable exposition rétrospective du maître américain Richard Corben, un ensemble exceptionnel de 260 œuvres jamais montrées au public et qui constitue une magistrale leçon de dessin.

C’est époustouflant ! Dans le vénérable Musée d’Angoulême qui réunit des tableaux anciens et quelques pièces archéologiques, Richard Corben a pris ses marques, envahissant toutes les salles et même les vitrines de la collection permanente.

Angoulême 2019 : L'exceptionnelle exposition Corben
Photo : Vincent Savi

Un incroyable parcours dans l’œuvre riche et abondante du grand artiste américain, Grand Prix d’Angoulême 2018. « Contrairement à ce que l’on peut croire en regardant la minutie de ses planches, raconte Fred Manzano, le co-commissaire de l’exposition avec Stéphane Beaujean, auteur pour sa part des textes des cartels, Corben dessinait vite. Sa production était abondante, dans toutes sortes de registres, dans une infinité de techniques… »

Et effectivement, au mur, ce sont des planches à l’encre, des planches tramées, des pages dessinées sur du Doubletone, des lavis, des gouaches, des aquarelles, de grandes peintures à l’huile… On y découvre un dessinateur réaliste puissant qui influença beaucoup ses contemporains, notamment un certain… Moebius. Un univers fantastique raffiné et caractéristique.

Photo : Didier Pasamonik

En effet, les anatomies de Corben se reconnaissent au premier coup d’œil : « Il a un dessin classique, tout en rondeurs, poursuit Manzano. Ses influences viennent de Wallace Wood d’abord, mais surtout de peintres comme Maxfield Parrish ou les Préraphaélites anglais. C’est un dessinateur qui a produit pour la presse underground, mais qui n’est pas undergroud, comme peut l’être Crumb, par exemple. »

Notre rédacteur Vincent Savi en pleine admiration des planches de Corben.
Photo : Didier Pasamonik

Il faut passer du temps à examiner chacune de ses planches puissamment émotionnelles. On y découvre une œuvre variée, personnelle, le plus souvent dédiée au fantastique. Toutes ces pièces sont issues de la collection de l’artiste et d’une vingtaine de collections privées.

Le travail de Richard Corben est finalement assez peu connu dans nos contrées. Il faut saluer le travail exceptionnel des éditions Délirium qui ont fortement contribué à nous le faire mieux (re)connaître ces dernières années.

Stéphane Beaujean et Frédéric Manzano, les deux commissaires de cette incroyable exposition
Photo : Didier Pasamonik

Une exposition à inscrire absolument à votre agenda et qui, heureusement, tient place au Musée d’Angoulême jusqu’au 10 mars 2019. Après cela, elle devrait aller à Palma de Mallorca en Espagne.

La superbe affiche de l’exposition

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA BD D’ANGOULÊME 2019
Du 24 au 27 janvier 2019.

LE SITE DE L’EVENEMENT

 
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3 Messages :
  • "… mais surtout de peintres comme Maxfield Parrish"
    Techniquement Oui. Artistiquement et émotionnellement Non !
    Bien évidemment, cela n’enlève rien à sa personnalité !

    Comme Frank Frazetta, Il a débuté comme dessinateur de comics
    avec moins d’habileté et de dextérité dans le croquis de mémoire que lui.
    Mais à cette époque, il était dans l’ombre de Frazetta.

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    • Répondu par Jean-Paul le 27 janvier à  20:48 :

      ça y est voilà quelqu’un qui décrète ce qui est artistique et émotionnel. Visiblement, au vu des réactions des visiteur, beaucoup ont partagé des émotions et personnellement, si j’admirais l’auteur de comics depuis des années, là, j’ai découvert l’artiste !

      Jean-Paul

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      • Répondu par CHRIS le 28 janvier à  00:14 :

        Il est écrit dans l’article : … ses influences viennent de Wallace Wood d’abord,
        mais surtout de peintres comme Maxfield Parrish ou les Préraphaélites anglais.

        Je ne décrète pas ce qui est artistique et émotionnel !!

        J’observe simplement à mon sens, que Richard Corben ne déclenche pas
        les mêmes émotions que les tableaux de Maxfield Parrish malgré les influences techniques et chromatiques !

        J’ai apprécié son travail de peintre-illustrateur dans les 70’s comme la plupart
        des lecteurs de Métal Hurlant !!

        L’expo était sans aucun doute, très intéressante pour un public ne le connaissant pas.

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