BD numérique : Les auteurs frappent du poing sur la table !

23 mars 2010 27 commentaires
  • Une semaine avant la grande messe parisienne du livre, cinquante auteurs de BD montent au créneau en lançant une pétition (et un pavé dans la mare). L’objet du litige : le marché de la bande dessinée numérique.
BD numérique : Les auteurs frappent du poing sur la table !
Le Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs monte au créneau

À l’heure où les négociations dans le monde du travail se résument désespérément aux bras de fer et aux rapports de force, le SNAC BD [1] a décidé de crever la bulle des relations avec les éditeurs en concentrant ses efforts sur la bande dessinée numérique, dont le modèle économique est encore balbutiant. Six Grand Prix de la ville d’Angoulême (Charles Berberian, Florence Cestac, Régis Loisel, François Schuiten, Joann Sfar et Lewis Trondheim), des mastodontes de la profession (Christophe Arleston, Manu Larcenet, Maëster, Midam, Jean David Morvan, Riad Sattouf et Yann) et quarante autres auteurs tout aussi émérites, ont ainsi apposé leur signature sur un document baptisé « l’appel du numérique ». Une pétition, ou plutôt une remontrance à l’adresse des éditeurs, accusés ici globalement de ne pas associer suffisamment les auteurs aux réflexions sur l’évolution du métier.

Agir avant qu’il ne soit trop tard, c’est le credo des pétitionnaires. « Nous voulons être associés de très près à ce qui sera peut-être demain le moyen de diffusion principal de nos œuvres et dont tous, aujourd’hui, ignorent quelle forme il aura. » Alors que les structures se mettent en place et que l’année 2010 voit une augmentation sensible de l’implication des gros éditeurs, les auteurs se sentent exclus de l’organisation d’un nouveau marché dont ils sont pourtant l’un des acteurs principaux.

L’usage sur les supports téléphoniques...
Photo : D. Pasamonik,(L’Agence BD)

Un enjeu autant artistique qu’économique

L’enjeu est de taille, et à deux niveaux. D’abord artistique. « Si le livre de bande dessinée numérique est une adaptation du livre (parce qu’on modifie l’organisation des cases, le format, le sens de lecture, qu’on y associe de la publicité) l’auteur devrait avoir un bon à tirer à donner, au cas par cas », précise la pétition. Ensuite économique. La bande dessinée numérique est-elle le résultat d’une cession de droits dérivés ? Est-elle un « livre comme les autres » ? « Pourquoi les rémunérations prévues pour les auteurs sont au bout du compte sans doute au moins deux fois plus basses que dans le livre papier ? Qu’est-ce qui justifie tel ou tel pourcentage de droits proposés aux auteurs, hormis le fait que c’est ce qui arrange le business plan des éditeurs ? Est-ce que les éditeurs vont gagner deux fois moins d’argent ? Est-ce que le travail des auteurs de BD numériques sera deux fois moindre ? » Les réponses à ces questions sont cruciales car elles entraînent des niveaux de rémunération sensiblement différents pour les auteurs.

Face à l’absence de concertation des éditeurs (la généralisation de ce constat à l’ensemble de la profession par la pétition est peut-être réducteur mais l’action syndicale ne s’embarrasse pas de demi-mesures), la revendication des pétitionnaires est simple : « nous voulons la mise en place d’un groupe de travail représentant éditeurs et auteurs sous l’égide du Ministère de la Culture. » Ce groupe aurait la mission de « surveiller et étudier l’évolution du marché du livre de bande dessinée numérique, [pour] identifier les bonnes pratiques, repérer et favoriser des usages équitables, être le garant que l’évolution des techniques soit garantie par une évolution des termes des contrats de cession, que les rémunérations restent proportionnelles au succès de la diffusion et de la consommation de nos œuvres, que celles-ci soient adaptées au support de diffusions, à leur évolution, à l’interopérabilité des matériels permettant d’y accéder, etc, etc. »

... comme sur les ordinateurs, vont être dépassés par des lecteurs électroniques de type iPad
Photo : D. Pasamonik,(L’Agence BD)

Un moment bien choisi

La manœuvre tombe à point nommé. D’une part, le Salon du livre de Paris, plus gros rendez-vous de l’édition littéraire francophone, ouvre ses portes vendredi prochain. D’autre part, pendant ce même salon, est annoncé le lancement d’Izneo [2], la plate-forme de vente et de location de BD numériques commune à Dargaud, Dupuis, Lombard, Casterman, Bamboo, Fluide Glacial, Fei, Jungle, Grand Angle, Kana, Lucky Comics et Circonflexe, galaxie représentant 48,3% du marché de la bande dessinée francophone [3] (en attendant peut-être la venue d’autres participants). L’occasion de discussions animées dans les travées du grand hall de la porte de Versailles. Mais également la possibilité de tester la réalité d’un nouveau rapport de force. « Faute de la moindre concertation, prévient en effet la pétition, alors que les éditeurs organisent tranquillement un marché aux formes qui leurs seraient les plus profitables et confortables, nous refusons d’autoriser l’exploitation de nos œuvres dans leur format numérique et nous appelons tous les auteurs de bande dessinée et du livre en général à faire de même. » Une menace à prendre au sérieux quand on connaît l’impact médiatique et économique de certains pétitionnaires.

La création d’un véritable syndicat défendant les intérêts des auteurs de bande dessinée avait marqué une étape importante dans l’organisation du métier. L’initiative de « l’appel du numérique » va peut-être marquer les esprits. La profession, réputée individualiste, est en tout cas très réceptive puisque la pétition a déjà reçu plus de 550 signatures (la plupart d’auteurs) en trois jours.

(par Thierry Lemaire)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

[1Le groupement des auteurs de bande dessinée, créé en 2007 et qui fait partie du Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs (SNAC), compte aujourd’hui plus de 200 membres.

[2Izneo prévoit la lecture en streaming des premières pages des albums, le téléchargement temporaire des albums sur PC pour une durée de 30 jours (à partir de 1,99 euros) et le téléchargement définitif sur Iphone (à partir de 4,99 euros). Un premier choix de 600 titres est prévu au démarrage du site.

[3Chiffres fournis par Izneo.

 
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27 Messages :
  • Cette pétition émanant d’un groupe d’auteurs qui ont rencontré le succès et dans lequel on trouve même le présumé futur scénariste d’Astérix, me fait davantage penser à une manif d’actionnaires qu’à un combat syndical pour la sauvegarde des plus faibles.

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    • Répondu le 24 mars 2010 à  07:31 :

      personnellement, je n’ai pas cédé mes droits numérique à mon éditeur. Rappelons d’ailleurs que s’il existe un contrat type d’édition, il peut -être modifié et négocié... comme tout contrat. D’autre part si un album de bd est vendu environ 10 euros, 2 vont à l’impression et 4 au libraire ; ce qui ramène la BD numérique grand publique (extrait d’un album BD papier ) à un prix de 4 euros. D’après un contrat "classique" il s’agit d’une cession d’un droit dérivé.... donc 2 euros (50 pour cent ) reviennent à l’auteur (qui n’a pas à tenir compte des taxations de mise en ligne ). Enfin à mon gôut, une page de BD n’a pas a être découpée en case par case pour être visualisée sur un écran : une page de BD est un ensemble, un peu comme le montage d’un film. Enfin, si les éditeurs ont les droits d’exploitation de BD pour le web, ils ont aussi l’obligation d’en défendre les droits contre les internautes indélicats et contrefacteur qui les diffuse gratuitement par le biais de forums, de peer to peer ou sur des site de partage. Et oui, à de grand pouvoirs incombent de grandes responsabilité (dixit "spiderman" ;) .

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    • Répondu par rené le 24 mars 2010 à  07:45 :

      à marcel :
      à vous lire, vous avez déjà eu entre les mains beaucoup de contrats d’édition.
      je pense que vous ignorez de quoi vous parlez.
      pour ma part, j’en lis très souvent, j’en signe aussi et je suis très heureux que de "grands noms" aient cosigné cette pétition, cela donnera plus de poids aux auteurs qui n’ont pas les ventes nécessaires pour influencer le choix de leur éditeur.

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      • Répondu par pierrot le dernier homme libre le 8 décembre 2010 à  18:24 :

        PIERROT ROCHETTE
        CREATEUR D’ART NUMERIQUE

        ici Pierrot, du colloque epaper world
        bravo pour votre magnifique page web

        je voulais vous partager une réflexion
        sur l’écosystème numérique

        1) chaque membre de production de la chaine numerique risque de devenir a tour de role un sous-traitant de qualite pour le projet soit d’un auteur, soit d’un auditeur, soit d’un réseauteur international. Pour moi c’est en ce sens que l’éditeur ESS (ECONOMIE Sedentaire solide) va etre remplacé par l’éditeur ENN (editeur nomade numerique).

        2) j’ajouterai deux sections sur mon blog http://www.reveursequitables.com dont les deux oeuvres d’art numerique constituent deux approches suivant l’évolution du numerique (Monsieur 2.7 K, l’age d’or de la decouverte) et le journal-courriels du dernier homme libre (l’age d’or du courriel)

        3) la derniere oeuvre de ma trilogie s’intitulera BOOK BLOG et sera écrite en directe sur un blog avec commentaires ou je serai virale sur facebook et twitter sans qu’on ne puisse jamais me parler personnellement, sauf par comemntaire entre les chapitres…. le tout étant accompagne par un BOOK CAM, soit une camera web qui tous les matins a 6h.30 am jusqu’a 7h permettra au lecteur d’assister a une discussion de créativite entre mon partenaire master web Michel Woodard et moi le master art numerique.. le tout sera suivi d’une publication papier ou le MAKING OF servira a donner une valeur ajoutée à la marque REVEURSEQUITABLES.COM de facon à ce que je puisse me passer de tous les acteurs de la chaine de production numerique, vendant mes oeuvres à $1.00 chaque, cherchant plutot 100,000 personnes qui paieront pour l’ensemble de mes oeuvres dans un panier (ex : mes 3 ebook, mes 19 emissions de t.v. deja canees sur le work progress du pays oeuvre d’art, mes 105 chansons …

        Puis une fois mon ier million fait, j’écrirai un livre sur le design du modele d’affaire pour l’auteur numerique roi par son contenu, parce que selon moi, le createur, qu’importe son domaine d’expression a droit au meme privilege que Picasso qui n’a jamais demande a ce qu’un editeur formate au dessus de son epaule pendant qu’il peint…

        Puis une fois ces deux millions en poche, je donnerai tout et repartirai vagabonder la beaute du monde

        Pierrot
        ermite des routes

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    • Répondu par Maë l R. le 24 mars 2010 à  08:09 :

      Un peu de bon sens, ce n’aurait été que de jeunes auteurs d’autres auraient dit "pfff, de toute façon ils n’ont aucun poids on s’en fout". Comme dans la création du Snac on a ces auteurs, divers, qui appuient de leurs force les actions de ce type je trouve ça juste bien, et arrêtons le délire, ça ne change au fait qu’ils aient raison dans le fond. Ils ne seraient pas là, à tous les coups on en parlerait même pas.

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    • Répondu par Cyril Pedrosa le 24 mars 2010 à  08:20 :

      Cette pétition signée par 600 auteurs de bande dessinée me fait plutôt penser à un sujet crucial qui touche TOUS les auteurs.

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    • Répondu par isabelle merlet le 24 mars 2010 à  08:38 :

      Marcel, je t’explique...
      si les "grands noms" de la Bande Dessinée ne montent pas au créneau pour défendre leur création, que devient le travail de tous les auteurs de Bande Dessinée ? Alors, Marcel ? Tu crois vraiment que les "gros" éditeurs vont trembler face aux menaces de boycott de quatre auteurs qui vendent 2000 albums chacun ? Il n’y a pas que des millionnaires qui font des livres, ils sont même assez peu nombreux comparé à ceux qui travaillent dans la mafia ou dans les cosmétiques.
      Cher Marcel, il est bon de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant d’en sortir une boule puante ! A bientôt petit scarabée !

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      • Répondu par JPD le 24 mars 2010 à  10:52 :

        J’ai aussi deux collègues qui ont vu, sans même en être avertis, leurs albums apparaîtrent sur sites numériques et même téléphones !!! Il y a donc beaucoup de laxisme et de flou ( ? ) dans les manières de certains éditeurs !

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    • Répondu par Stephane crety le 24 mars 2010 à  11:26 :

      tout a été dis sur vos propos, Marcel. De l’art de faire du néant avec sujet verbe complément. Il n’est pas nécessaire de prendre la parole quand on a rien à dire et que l’on ne sait pas grand chose.....

      Je suis heureux de l’élan fédérateur autour de cette pétition, et j’ose rêver d’un acte fondateur d’une certaine coordination des auteurs. ..et j’en ai plus qu’assez d’entendre annoner cette fausse vérité, l’auteur individualiste. C’est faux, totalement, et il est temps que tous en prennent conscience.Seul coordonner, et fédérer reste à faire. Le syndicat s’y emploie.

      et heureusement.

      Stéphane Créty

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      • Répondu par Géraud le 24 mars 2010 à  14:22 :

        Il y a deux choses que j’ai du mal à comprendre :
        1) La virulence des réactions envers "Marcel". Je n’approuve pas ce qu’il dit, mais on peut le dire "sans haine ni violence" (verbale, j’entends).
        2) Le plaisir qu’on peut avoir à lire de la BD numérique. Celle ci fera-t-elle réellement chuter la vente d’albums ? Ou rammènera-t-elle un nouveau public, qui se dirigera à nouveau vers les albums ?

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        • Répondu par Stephane crety le 24 mars 2010 à  17:03 :

          Deux choses... le pauvre Marcel a bien maladroitement cristallisé la sempiternelle critique faite à la démarche syndicale...De fait, il a servi de paratonnerre à une certaine irritation vis à vis de reproches aussi injustifiés qu’inexacts, mais qui ne cessent de revenir sur le tapis..avouez que cela peut fragiliser une patience quasi tantrique....

          Nul part il est exprimé que nous nous opposions à l’évolution numérique ( ce serait vain...), mais nous insistons juste pour que cette évolution ne se fasse pas sans et au détriment d’intervenants( les auteurs) importants, si ce n’est essentiel ( soyons immodestes)...reconnaissez que nous sommes loin du grand soir et des joyeuses guillotines.
          pour ce qui est des habitudes de lecture et de leur évolution, jetter un oeil sur nos chers amis auteur compositeur interprète suffit pour comprendre que dans ce registre, rien n’est éternel.....

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        • Répondu par Kris le 24 mars 2010 à  17:37 :

          La question n’est pas là. Lisez le texte de l’appel. Les auteurs se félicitent que les éditeurs s’attaquent enfin sérieusement au marché numérique. Mais pas sans que des règles claires et équitables n’aient été établies au préalable. Ce qui est loin d’être le cas actuellement.

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    • Répondu par comicspowa le 27 mars 2010 à  20:08 :

      Cette poignée d’auteurs qui prétendent parler pour les autres feraient mieux de se taire.
      Chacun est livre de signer ou non telle ou telle cause de contrat.
      Et s’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à faire éditeur.
      Aboyer, c’est facile.

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      • Répondu par LC le 4 avril 2010 à  16:02 :

        Cette poignée d’auteurs qui prétendent parler pour les autres feraient mieux de se taire.

        Autant d’imbécilité en une seule phrase est un record. La représentativité de ces auteurs est le principe même du syndicalisme, ils parlent en mon nom, ça me va, si mon avis diffère, je le fais savoir et apporte un éclairage différent. Nous sommes bien conscients que ce groupement d’auteurs pour défendre les droits de tous fait grincer des dents chez les éditeurs et leurs suppôts au pseudo ringard (comicspowa, lol), c’est que nous sommes dans la bonne voie. D’ailleurs lors de la rencontre à Angoulême, des éditeurs s’étaient glissés dans la salle, preuve qu’ils ne se sentent pas tranquilles...

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  • A l’heure actuelle, ce sont plus de 600 auteurs qui ont signé l’appel, et pas les seuls cinquante dont les médias arrivent à retenir les noms.

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    • Répondu le 24 mars 2010 à  13:09 :

      A ma connaissance, Sfar n’a jamais été grand prix de la ville d’Angoulême ? Non ?

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      • Répondu par Thierry Lemaire le 24 mars 2010 à  20:19 :

        Joann Sfar a reçu en 2004 le prix du trentenaire, que je considère comme une sorte de Grand Prix, même s’il est honorifique. Mais il est vrai que Joann Sfar, si je ne m’abuse, ne participe pas au déjeuner des Grand Prix (tout comme Albert Uderzo, Prix du Millénaire, et Claire Bretécher, Prix du 10ème anniversaire) pour désigner le président de l’édition suivante. Techniquement, il n’est donc pas Grand Prix. J’accepte le KO technique de votre part.
        Mais j’ai des ressources de mauvaise foi et je remonte sur le ring en annonçant qu’il n’y a pas six Grand Prix mais bien sept qui ont participé à cette pétition ! José Munoz et Baru ont en effet apposé leur signature en bas du document électronique.

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    • Répondu par marcel le 24 mars 2010 à  16:05 :

      Bonjour à tous, je découvre à l’instant le tollé que mes propos ont succités.
      Je souhaite vous dire que je n’enlève pas une ligne de ce que j’ai dis et j’accepte d’être votre Zemmour de service.
      ça fait 30 ans que le prix à la planche est sans cesse revu à la baisse,alors un peu de sérieux, ce n’est pas une pétition qui va changer quelque chose.
      On peut faire du Lobbying quand on a une certaine puissance que je sache.
      Je tiens les renseignements suivants concernants le journal de spirou années 60-75 d’Yvan Delporte avec lequel j’avais sympathisé lors d’une expo aux halles Saint Géry à Bruxelles
      de 1960 à 1975, le prix du matériel planches publié dans le journal de spirou, environ 400 euros pour le dessin et le scénario sans la couleur.
      Journal de spirou à l’heure actuelle 100 à 150 euros la page dessin et scénario sans la couleur.
      Editions Lefrancq en 1994, 200 euros la planche pour le dessin, sans le scénario ni la couleur.
      Editions du triomphe, à l’heure actuelle, 200 euros la planche pour le dessin, sans la couleur ni le scénario.
      Editions Joker à l’heure actuelle 120 à 130 euros le dessin sans le scénario et la couleur.
      Delcourt 1995, 150 euros la planche dessin et scénario sans la couleur, source le dessinateur Mezzo.
      Voila j’arrête là vous pouvez aussi fourger vos infos si vous en avez.
      Le jour ou l’avaloir se résumera à une peau de chagrin, comme c’est déjà le cas seul les plus nantis pourrons passer tout leur temps à faire de la bd et l’art sera à nouveau le privilège d’une classe bourgeoise.

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      • Répondu par marcel le 24 mars 2010 à  20:15 :

        Mais j’y pense, le débat du numérique a déjà été tenu et il en a résulté que ce mode de lecture ne remplace pas le support papier mais vient en complément de celui-ci.

        Le combat à mener devrait davantage porter sur les moyens de la création, quand l’avaloir ne permets plus de se consacrer à plein temps au métier ça devient difficile, il faut faire autre chose, s’extraire du travail, perdre le fil, y revenir.

        Moi j’ai besoin de dix mille euros nets pour couvrir 12 mois durant lesquels, je voudrais mettre au point une idée de série humoristique, réalisé un lot d’histoires courtes pour un support bien connu, illustrer un livre pour enfant que j’ai coécrit et illustrer la nouvelle qu’un écrivain bien connu m’a confié,et qui est destinée au New-Yorker.

        Si on peut me donner un vrai coup de main, écrivez au journal comme on dit.Albert uderzo si tu me lis...

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        • Répondu le 25 mars 2010 à  08:50 :

          Moi j’ai besoin de dix mille euros nets pour couvrir 12 mois !

           ????? Vous étes donc un sous-smicard, m’sieur Marcel ???
          Et vu tout le gros travail que vous avez prévu de tomber selon vos dires pendant cette année ...
          je dirai que même en Chine, les ouvriers sont mieux payés !

          Masochiste ou provocateur ???

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      • Répondu par LC le 25 mars 2010 à  05:31 :

        Mon pauvre Marcel, une guerre de retard encore ! Avec de telles aumones en prix à la planche - ce que je ne conteste pas d’ailleurs - La plupart des auteurs de BD ne s’en sortent plus depuis bien longtemps, mais ceux qui en font encore ne sont pas pour autant des "nantis", mais tous ont une activité parrallèle, enfin beaucoup parmi ceux que je connais, afin de pouvoir continuer à faire leur BD
        sans crever de faim !

        Par contre, ce n’est pas parce qu’il règne un marasme total dans ce milieu, auteurs limite pauvreté, surproduction de fou, qu’il faut rejeter en bloc une telle pétition sur le numérique, c’est initiative est bonne.

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        • Répondu par marcel le 25 mars 2010 à  13:11 :

          Je n’ai besoin que de 10 000 euros parce que mon l’employeur de mon activité alimentaire me verse une prime en cas de pose carrière.
          Au passage je te trouve bien méprisant envers les smicard.

          Réponse à LC.
          Le métier de dessiner, en tant que tel on peut dire qu’il est mort.
          Je pense à Yves Chaland qui dessinait dans la pub pour subvenir à ses besoins et pouvoir faire de la BD. A l’heure actuelle fini tout ça alors si on veut me faire croire que ça s’améliore....faire de la bd c’est, et ça a toujours été une compétition. Ce n’est pas très populaire de le dire, mais comme je le disais d’entrèe j’accepte d’être votre Zemmour de service.
          Et puis je voudrais dire aussi que ce débat prends parfois la tournure d’un débat politique et alors là on sait qu’on est dans la grande illusion.
          Pour finir, je propose de confronter les résultats, patientons en attendant de les avoir et organisons un suivi.

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      • Répondu par Christian Boutaillon le 25 mars 2010 à  13:52 :

        Marcel...

        Je bosse chez Spirou... Vos chiffres sont tout à fait farfelus ! Seriez pas un peu un poto de François Pincemi vous par hasard ?

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        • Répondu par marcel le 25 mars 2010 à  17:20 :

          Je m’attendais bien à ce qu’un malin conteste mes chiffres, et ça illustre bien ce que je vous disais de cette discussion aux relents de débat politique.
          Une perte de temps totale, je n’y consacre plus une seule minute.
          Bien à vous.

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          • Répondu par Kamil P le 26 mars 2010 à  11:06 :

            Ce débat dépasse largement le clivage gauche/droite habituel ; il n’y aucune intention de phagocytage ou de message politique larvé ; j’en ai discuté avec quelques auteurs. Il suffit de réfléchir un peu sur les conséquences que pourraient avoir un marché sans un minimum d’étique. La bande dessinée virtuelle peut être un danger pour les auteurs comme pour les éditeur. Cela me semble évident. Parmi les signataires vous avez des personnalités de gauche (probablement en majorité), mais aussi de droite (j’en suis). La guerre des chiffres n’apporte rien : il y aura toujours quelqu’un, de toute façon, pour vous contredire. Je crois que vous vous trompez d’enjeux, c’est dommage.

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            • Répondu par marcel le 27 mars 2010 à  08:17 :

              Il n’y a pas d’enjeu, vous ne pouvez pas faire de lobying si vous n’êtes pas une force, des déclarations de bonnes intentions je peux vous en produire au kilomètre.
              Je dis que la situation de l’artiste en BD n’a fait que se dégrader et que l’avaloir se rétrécit d’année en année, ce qui pose des problèmes pour produire un projet.
              Discuter avec des auteurs qui font ce métier depuis 30 ans sans en être des stars et puis vous verrez.
              Ici, pour le cas du numérique, on voudrait nous faire croire qu’une pétition va tous régler, donner plus de droit, etc. C’est un leurre, proposons aux grands auteurs de fonder un syndicat avec de vraies règles, prix minimum à la planche, indexation annuelle.
              Mettons un terme au tout publiable, à cette surproduction de tout et rien dans laquelle on se noyent les bons comme les mauvais, redonnons un peu de valeur au fait de publier.

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              • Répondu par éden le 27 mars 2010 à  12:47 :

                > Marcel, tout ça est vrai, surprod débile, prix à la planche de naze, et tout le monde
                se noit, enfin les auteurs, donc, ok avec ça, vu que l’unanimité s’est déjà faite là-dessus,

                mais ça a déjà été débattu, dans la tribune, " Fillipini a raison "

                là on est sur le numérique, et c’est une entourloupe de plus à éviter ;-)

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