Catherine Meurisse ("Delacroix", Ed. Dargaud) : « "Delacroix" c’est la liberté. »

18 décembre 2019 0 commentaire
  • À l’occasion de la publication de son roman graphique, "Delacroix", Catherine Meurisse nous fait redécouvrir la générosité de l’écrivain et le génie du peintre à travers l’hommage d’Alexandre Dumas. Nous l'avons rencontrée et nous avons parlé de l’importance de l’amitié, de la liberté, de la beauté et surtout du rire.

Votre première publication en tant qu’autrice de bande dessinée date de 2005, sur un texte d’Alexandre Dumas Causerie sur Delacroix, aujourd’hui vous revenez sur ce projet. Quelle relation avez-vous avec Eugène Delacroix et Alexandre Dumas ?

Catherine Meurisse : Cela fait longtemps que je suis, comme beaucoup de dessinateurs je pense, attirée par les dessinateurs du XIXe Siècle qui a vu l’essor de la presse. Je connais les caricaturistes comme Grandville, Daumier, Doré ou encore les peintres romantiques comme Delacroix, İngres et bien d’autres.

Delacroix m’attire depuis longtemps. En 2004, j’avais 24 ans, dans une librairie, je suis tombée par hasard sur un petit livre d’Alexandre Dumas. C’était Delacroix et, sur la couverture, il y avait un détail d’un de ses tableaux, La Mort de Sardanapale. C’est un tableau qui est au Louvre et que j’adore. J’ai toujours aimé ce tableau depuis que je suis jeune, même petite. Je crois qu’au début je ne savais pas ce qu’il représentait mais ce n’était pas grave, j’aimais les couleurs, le mouvement. Quand j’ai vu ce tout petit bouquin, je l’ai acheté, je l’ai lu et j’ai découvert ce qu’était une causerie. Un an après la mort de Delacroix, Dumas rassemble un public. Sur les murs sont exposés les toiles de l’exposition posthume du peintre et Dumas fait un discours face à son public en hommage à son ami Delacroix. İl parle surtout d’amitié. Ce texte doit faire 100 pages à peine, je l’avais trouvé formidable.

Catherine Meurisse ("Delacroix", Ed. Dargaud) : « "Delacroix" c'est la liberté. »

Je m’étais mise en tête de l’illustrer et d’en faire mon diplôme de fin d’année. J’ai passé le diplôme des Arts déco et en 2005 je présentais une version en noir et blanc, très sèche, très pointue, très radicale, de ce texte où il n’y avait aucune couleur. Je ne représentais pas du tout les tableaux de Delacroix. Je m’étais surtout concentrée sur les petits dessins rigolos à mettre entre les lignes. J’avais déjà repris le texte de Dumas à la main et j’ai conservé cela dans le bouquin d’aujourd’hui. İl était incrusté de petites illustrations, très dix-neuvièmistes. En fait, il y avait quelque chose qui faisait de ce livre un livre assez proche de ce qu’on voyait dans la presse de l’époque.

Puis il se trouve que 2005, l’année où j’ai présenté ce diplôme, dont le travail a ensuite a été publié dans la foulée par l’éditeur Drozophile en Suisse, est aussi l’année où j’ai été embauchée à Charlie Hebdo. J’ai commencé à avoir un véritable métier de dessinatrice de presse à Charlie, mais aussi de temps en temps pour Les Échos, Libé, etc. Cet ouvrage que j’avais appelé Causerie sur Delacroix s’est un petit peu évaporé dans la nature. İl n’y a pas eu de suivi et quinze ans après j’ai voulu récupérer les droits, reprendre ce livre, le proposer de nouveau et surtout le mettre en couleur et en faire quelque chose de flamboyant. C’est vraiment le mot qui me revenait en tête. Je voulais qu’il soit flamboyant parce que je trouve le texte de Dumas formidable, accessible, généreux et la peinture de Delacroix est elle aussi vraiment énergique, il y a un élan, une fougue dans ses tableaux.

"Delacroix" – Catherine Meurisse – ©Dargaud

Je voulais qu’il y ait, pas une fougue au niveau du seul Delacroix parce que je ne suis pas Delacroix, ni quelque chose d’énorme comme Dumas, mais je voulais quand même y mettre mon énergie, une flamboyance toute personnelle. Je me suis vraiment plongée dans la peinture de Delacroix, je l’ai observée, j’ai utilisé mes souvenirs des toiles que je connaissais, je suis allée regarder des catalogues, je suis allée voir quelques expositions, j’ai pris des notes et puis cela a fait son chemin. J’ai peint les peintures en ayant fermement l’intention de proposer des images plein pot, des peintures pleines pages dans le livre. Je voulais que cela ressemble à peine à une bande dessinée, que ce soit autre chose. Surtout je voulais être absolument libre et c’est un livre où je le suis.

"Delacroix" – Catherine Meurisse – ©Dargaud

On parle beaucoup de liberté dans ce livre : « Mon cher Delacroix, votre liberté serait mieux chez vous que dans un grenier étranger. Donnez-lui l’hospitalité. Dans des temps meilleurs nous la reprendrons » (Page 98). C’était important pour vous de parler de la liberté ?

Alors, je n’y ai pas pensé en ces termes, peut-être parce que La liberté (La Liberté guidant le peuple, 1830, Eugène Delacroix, Musée du Louvre) est un tableau tellement iconique, tellement phare de Delacroix. Justement je ne voulais surtout pas me préoccuper des tableaux trop connus. La Liberté guidant le peuple je pense que c’est le tableau que tout le monde connaît sans savoir que c’est de Delacroix. Elle est évoquée un moment par Alexandre Dumas et j’avoue que je redoutais un petit peu ce moment parce qu’il fallait représenter cette femme, sein nu, qui porte un fusils, que tout le monde a déjà représenté. On a tous fait, nous dessinateur de presse, un, dix ou mille gags qui parodient La Liberté guidant le peuple. Par conséquent je l’ai quand même représentée à ma sauce mais en restant assez fidèle à Delacroix.

Quand j’avais découvert ce livre il y a quinze ans, ces mots n’avaient pas encore résonné ainsi. İl y parle vraiment d’une femme. Je vais vous citer le texte parce que c’est chouette et je trouve que ça résonne différemment aujourd’hui. Dumas écrit en parlant de Delacroix : « Regardez-moi un peu ce tableau ! İl vit de la vie de 1830 ! İl émane une atmosphère chargée de salpêtre ! İl grouille sous le soleil de juillet ! Et les soldats, comme ils sont bien tués ! Et cette liberté : ce n’est pas la Liberté classique. C’est une fille du peuple qui combat pour ne plus être tutoyée, outragée, violée par les seigneurs ! ». Je vois là une lettre féministe sans détour. C’est le petit moment #MeToo du livre. J’aime beaucoup cette phrase de Dumas. C’est par cet angle-là que j’ai abordé ce tableau de Delacroix et non pas le côté iconique qu’on voit partout, très contextualisé, qui parle de l’époque historique.

"Delacroix" – Catherine Meurisse – ©Dargaud

Dans ce livre, le lecteur peut s’amuser à comparer chaque tableau que vous avez redessiné avec les originaux de Delacroix. Cela lui permet de redécouvrir les œuvres du peintre sous un autre angle de vue et de même pour le texte de Dumas. Avez-vous repris le texte dans son intégralité ?

J’ai dû enlever quelques lignes parfois où Dumas parlait notamment d’Adolphe Thiers qui était un amateur d’art. İl y avait aussi deux ou trois allusions à des revues comme Le Constitutionnel, à des choses assez politiques qui faisaient parfois trois lignes. C’était dans la version de 2005 mais je l’ai supprimé pour ce nouveau livre. J’ai réintégré un passage sur Géricault, que je n’avais pas abordé une première fois. À un moment donné, Dumas fait une digression formidable sur Géricault. İl parle du moment où il va lui rendre visite. Géricault vit ses derniers jours, il a été blessé à cause d’une chute de cheval. Dumas l’observe. Géricault explique à quel point l’opération des reins qu’il a eue, était intéressante. İl n’a pas du tout pensé à l’opération. İl pensait à un tableau, il a observé les chirurgiens qui trifouillaient dans ses reins parce que c’était une bonne leçon d’anatomie. İl a pris des notes, il était le meilleur modèle qui soit pour ensuite faire ses tableaux. Géricault meurt huit jours plus tard. Je suis tout à fait fidèle au texte, à tel point que je n’ai quasiment pas ajouté de petites phrases parce que les dialogues sont déjà prêts.

C’est cela qui est génial. C’est un discours où Dumas se met à parler et fait parler Delacroix qui donne les réponses aux questions d’un tel, etc. C’est très vivant. Ce sont déjà des dialogues et j’avais juste à les mettre dans les bulles. Dumas a d’abord été reconnu comme dramaturge à succès, en faisant des pièces de théâtre, C’était un est un très bon dialoguiste. Dans ce discours sur Delacroix les répliques fusent et elles sont très drôles.

"Delacroix" – Catherine Meurisse – ©Dargaud

À un moment, Dumas organise un bal costumé qu’il souhaite plus beau que celui qu’a donné Louis-Philippe juste avant aux Tuileries. İl confie les murs de l’appartement à ses amis peintres qui sont Delacroix, Granville, Barye, etc. Deux peintres qui ne finissent pas leur travail à la lumière du jour continuent de peindre les murs à la lueur des bougies. İls ne se rendent pas compte des couleurs qu’ils sont en train d’utiliser. İls se trompent. Le lendemain à la lumière naturelle un des peintres dit : « On a cru faire un tableau et on a fait une omelette aux fines herbes. » C’est hyper-drôle, très moderne. J’avais juste cela à mettre dans mes textes et c’était un plaisir fou.

Quand nous lisons vos œuvres, nous avons souvent l’impression de voir les personnages et leurs actions sur scène. C’est très vivant. Vous avez déjà travaillé avec une chorégraphe. Avez-vous aussi des projets de théâtre ? Ou penseriez vous à écrire sur une œuvre dramatique ?

Non. En revanche le texte de Dumas, je le verrais vraiment adapté au théâtre. Ça, ce serait un projet. Ce serait vraiment un texte que je verrais dit par un comédien, mis en scène, par quelqu’un d’autre que moi, bien sûr. Là je lance un appel ! Après pour Moderne Olympia, je me suis inspirée du théâtre, de la comédie musicale, du cinéma, c’est un mélange. Le théâtre est toujours présent. J’évoque la pièce Oblomov jouée à la Comédie Française dans La Légèreté, dans Les Grands Espaces.

C’est la façon dont vous mettez l’œuvre en image, la mise en scène du livre qui est toujours assez théâtrale, très vivante.

Oui, certains auteurs de bande dessinée se réfèrent au cinéma ; moi, je me réfère plus au théâtre. C’est vrai que dans mes plans, dans mes cases, on peut souvent jeter un coup d’œil à l’ensemble de la scène, il y a des jeux de regard d’un coin à l’autre du dessin. J’adore le burlesque, les portes qui claquent, le vaudeville sur scène, en dessins, dans les films comme chez Billy Wilder ou d’autres. J’injecte cela dans mes bandes dessinées.

Vous parliez de politique tout à l’heure. Dans le livre, on s’aperçoit que Delacroix ne se mêle pas à la politique, et qu’il se retrouve malgré lui dans le mouvement révolutionnaire. C’était important pour vous aussi de parler de cela ?

Maintenant que vous le dites. Non, pas complètement, parce que Delacroix était conservateur…

Peut- être pas dans ses idées…

Oui, pas dans ses idées. Mais oui, en effet, c’est vrai que Delacroix ne s’est pas engagé. Il a peint malgré lui, enfin il le dit : « Si je n’ai pas vaincu pour la patrie, au moins j’aurai peint pour elle » (P. 99). C’est vrai que cela me plaît quand la peinture ou le dessin ne sont pas trop militants. Enfin, je peux admirer et apprécier le travail de certains militants et heureusement il y en a. Greta Thunberg en est une et heureusement qu’elle est là. J’aime beaucoup cette petite nénette qui est hargneuse, qui me plaît beaucoup. Mais en ce qui me concerne, je ne suis pas militante, je pense que mes dessins le sont plus que moi. J’étais militante à Charlie un peu, sans le vouloir. Et aussi par un effet d’entraînement, en m’autorisant aussi beaucoup de dessins absurdes, décalés mais pas forcément ultra-politisés.

En général j’aime bien faire un petit pas de côté et aller voir par le petit bout de la lorgnette, essayer de trouver quelque chose de plus absurde, ce qui peut-être me différenciait de mes copains Charb, Cabu etc. J’ai besoin de réfléchir un moment, d’écouter un peu tout ce qui se dit pour me forger une opinion. C’est vrai que je ne sais pas dire tout de suite, gueuler tout de suite ce que je pense. J’ai peur de me tromper, j‘ai peur que ce ne soit pas juste... Donc, c’est vrai que dans mes dessins je prends le temps. À Charlie, je vivais un peu une contradiction : à la fois j’avais besoin de temps pour comprendre un peu le monde qui m’entourait et en même temps, je donnais des gifles comme les autres. Fallait bien s’exprimer, comme les autres, assez rapidement. Je vivais avec cette contradiction. C’est plus le cas aujourd’hui.

C’est à travers les œuvres que l’on retrouve vos propres points vues.

Oui, c’est ça. Mais je ne veux surtout pas dans mes dessins, dans mes albums, donner d’ordre ou faire passer un message de force, surtout pas. Je fais confiance aux lecteurs, je veux les laisser penser ce qu’ils ont envie de penser. Moi même, en tant que lectrice, je veux qu’on me laisse le temps de penser ce que je veux et ne surtout pas enfermer les choses. La forme même de ce livre Delacroix c’est tout sauf une prison, c’est à dire qu’il n’y a pas de case, il n’y a pas de forme qui enferme le texte. Les images viennent dans le texte, il y a quelque fois des pages de bande dessinée, des fois ce sont des pages illustrées, parfois des pages en couleurs, parfois des pages uniquement en noir et blanc, assez sèches, à la plume, des grandes peintures plein pot... C’est vraiment au gré des envies.

"Delacroix" – Catherine Meurisse – ©Dargaud

Vous êtes entrées très jeune chez Charlie Hebdo. İl y avait surtout des hommes, et puis c’était politique, comme vous dites. Quand on est très jeune, qu’on est une femme, comment cela se passe ? Est-ce qu’on s’intègre très vite ? Est-ce que ça allait de soi ?

İl n’y avait que des mecs dans l’équipe des dessinateurs et beaucoup de femmes dans l’équipe des journalistes. Par conséquent ce n’était pas une rédaction uniquement masculine. İl y avait aussi beaucoup de voix féminines. Quand j’y suis arrivée, j’ai trouvé des copines mais c’est vrai que dans le groupe de dessinateur ils étaient un peu quand même les princes du journal. Cabu, Charb, Tignous, Honoré, Luz, tout le monde était très content qu’une fille arrive. Je me souviens que Cabu attendait ce moment et ne comprenait pas pourquoi il n’y avait pas eu de fille avant qui s’y intéressait. Tignous était aux anges, il disait « Enfin une gonzesse », ils avaient évidemment tous des mots fleuris, Wolinski n’en parlons pas, mais ils étaient tous vraiment enthousiastes. J’ai donc été accueilli avec beaucoup de bienveillance.

C’est surtout moi, qui me suis mis la pression assez forte, j’étais très dure avec moi-même. Je crois que Luz et les copains s’en souviennent, j’ai vraiment mis du temps à montrer mon travail, à l’afficher avec les autres. Je voulais être à la hauteur, j’étais la plus jeune, j’étais la moins expérimentée. Pourtant Philippe Val, le directeur de l’époque m’avait dit : Non, non, mais tu es exactement comme les autres, tu es comme Cabu, tu es comme Wolinski. Je n’ai jamais oublié cette phrase qui me semblait sortie de la planète Mars où j’arrivais, où je déboulais. Cela faisait deux ans que j’étais à Paris et on me disait : Non, non, tu es exactement comme toute cette équipe de dessinateurs que moi je voyais adolescente, en tant que lectrice, sur le papier. C’était des noms et des signatures. Soudain, franchir cette frontière là et être parmi eux, c’était quelque chose qui m’intimidait beaucoup, mais en même temps ils me faisaient tous tellement rire. Leur esprit de répartie, notamment celle de Charb, était impressionnante. İl me faisait pleurer de rire. Au début j’étais jeune, intimidée, j’avais beaucoup de mal à avoir du répondant. C’était très difficile de renvoyer la balle, ça allait trop vite, c’était trop drôle, c’était terrible. Puis tout le monde se renvoyait la balle. Au début évidemment, je riais à toutes les blagues, je trouvais ça génial. C’est venu après. C’était formidable.

Dans Delacroix il y a aussi toute l’histoire de l’amitié…

Oui exactement.

Peut-on dire qu’à travers ce livre Delacroix, vous faites un hommage à l’amitié aussi ?

Et bien peut être ! Oui. C’est vrai. C’est super de le lire comme ça. C‘est vrai que je ne l’ai pas vu comme ça.

Quand Delacroix arrive et commence à peindre les murs, Dumas décrit : Aussi le cercle s’était-il fait autour du maître, et chacun sans jalousie, sans envie, avait-il quitté sa besogne pour venir battre des mains à cet autre Rubens qui improvisait tout à la fois la composition et l’exécution. (P. 117)

Catherine Meurisse : Ça pourrait être tout à fait Cabu ! C’est vrai. C’est un peu un Cabu que tout le monde admirait à Charlie. On applaudissait tout ce qu’il faisait. Cabu gloussait dans son coin parce que jamais il n’aurait mis des lauriers sur sa tête. Oui, c’est vrai, je n’y avais pas pensé mais il y a un côté comme ça. En tout cas c’est sûr que c’est un texte sur l’amitié. Dumas a le génie pour cela. İl a le génie pour le récit généreux avec sa voix très familière, qui résonne. On a l’impression qu’il nous chuchote à l’oreille ou qu’il nous entraîne tous ensemble à un grand banquet de l’amitié où il va nous raconter ce qu’il a vécu, ce qu’il a vu, les personnes extraordinaires qu’il a croisées.

Vous faisiez allusion à ce bal costumé qui a lieu dans l’appartement où il y a tous les amis de Dumas qui peignent et tout le monde applaudit quand Delacroix arrive au dernier moment. Dumas évoque « Une sainte fraternité dans l’art » (P. 103). J’adore cette expression, je la trouve fabuleuse. Tout le monde est émerveillé de cette bonne entente, de ces talents qu’il y a partout.

Pourtant Dumas pourrait être très égocentrique et dire C’est formidable ! Moi qui ai invité tout le monde ! Regardez comme je suis génial, mes amis sont géniaux. Et pas du tout. C’est surtout Delacroix qu’il met en avant, il se pose vraiment en spectateur admiratif. Ce qu’il ne raconte pas après cette anecdote du bal costumé, cela je l’ai lu dans une biographie d’André Maurois qui parle notamment des Dumas, c’est que Dumas a fait un gigantesque dîner. Les jours précédents il est allé chasser, il est allé tuer neuf chevreuils pour les faire cuire à la broche. İl avait tout préparé, il avait échangé un chevreuil contre un saumon de je ne sais pas combien de livres. Du chevreuil et du poisson ont été cuits à la broche dans cet appartement qui avait été peint par ses amis. İl a fait un dîner gargantuesque. Les gens ont mangé à 3 heures du matin. On dansait avant et après, ça semble fabuleux. Mais Dumas ne parle pas de lui ainsi. C’est quand on va chercher la petite histoire après dans les coulisses que l’on retrouve ces détails. À la fois Dumas a une voix qui tonne fort et en même temps, il est derrière Delacroix. C’est cela qui est très réussi, je trouve, chez Dumas. C’est un ton qu’on retrouve dans ses romans et dans ses souvenirs dramatiques, ses souvenirs de théâtre... İl a de l’humour. C’est vraiment sa générosité qu’on retient.

"Delacroix" – Catherine Meurisse – ©Dargaud

L’humour de Dumas se retrouve même quand il parle de chose très sérieuses. Au début de l’œuvre, il décrit Delacroix ainsi : « À trois ans, il avait été pendu, brûlé, noyé, empoisonné, étranglé » (P. 8). Et au lieu de dire que Delacroix avait eu une enfance malheureuse, il préfère parler d’une enfance accidentée. Le rire est-il important pour vous ? De quelle manière l’amenez-vous ?

Le rire est là. İl est là depuis toujours. J’aborde les choses sous cet angle, tout naturellement. Je crois que je prends mon métier très au sérieux. C’est à dire que pour moi le dessin c’est très sérieux. Mais je ne peux pas me prendre au sérieux. Cela fausserait tout. J’ai l’impression que pour être la plus juste possible, pour raconter les choses, le réel ou l’histoire avec le plus de justesse, je passe par l’humour. Il faut que je le raconte avec drôlerie. Pour que les corps dessinés de manière burlesque disent quelque chose. Ce quelque chose qui cesse de faire peur. Je crois qu’en passant par l’humour, en me faisant rire, en cherchant à faire rire le lecteur, j’abats les murs qui foutent la trouille.

Quand j’ai abordé les grands auteurs dans Mes Hommes de lettres ou Le Pont des Arts, etc., j’y vais avec de grosses chaussures de clown, comme les gens timides qui arrivent et qui bousculent tout le monde parce qu’ils sont maladroits, en avançant avec un nez rouge. On avance, on est un peu planqué aussi derrière le nez rouge, mais on avance. C’est cela qui m’aide à me rapprocher des choses qui m’impressionnent. Je m’approche à pas feutré grâce à l’humour. Je peux les observer de plus prêt grâce à ce recours à l’humour.

Après il y a évidemment des choses qui ne me font pas rire. Dans La Légèreté, je raconte tout le contraire, des choses qui m’ont fait pleurer. J’ai même beaucoup pleuré en dessinant La Légèreté. J’ai même été assez émue en dessinant certaines scènes Des Grands Espaces. Là, je ne rigole plus du tout, mais je sais que le sourire va venir juste après parce qu’il est complémentaire, parce que le rire, comme les larmes, c’est une manifestation de vie, donc ça va ensemble. Le rire juste après les larmes c’est vraiment une façon de se prendre par « la peau du cul et par le col ». C’est une façon de se redresser, de ne pas se noyer dans les larmes. Je crois que c’est vraiment cela. L’humour c’est le filtre qui évite de s’effondrer. Mais quand on constate la violence du monde, de l’existence humaine, c’est terrifiant, la vie est absurde, elle est violente, cruelle et si on n’en rit pas mais on est mort, on est mort avant l’heure. Donc je crois que c’est surtout cela oui.

Votre livre est beau, les reprises des tableaux de Delacroix sont belles. D’ailleurs c’est très amusant de les comparer aux originaux de Delacroix et de les découvrir dans un nouvel angle de vue. En plus du rire, avez-vous besoin d’être entourée de la beauté ?

Oui, je crois que l’humour et la beauté vont de pair. La clownerie peut aller de pair avec la beauté. Pour en revenir très précisément à cet album, Delacroix, le texte et l’image, je les fabrique dans mon coin. Mais après c’est tout une équipe, mon éditeur, les graphistes, le chef de fabrication, l’imprimeur avec qui nous travaillons ensemble. C’est à dire que nous allons choisir le papier, le papier de couverture ensemble. Au touché, il y aura une sensation particulière et je tiens à faire cela peut-être parce que, lectrice j’aime lire de tel livre et on a mis dans mes mains depuis longtemps des livres qui sont beaux et qui parfois racontent des choses très sérieuses ou très drôles. Je suis habituée à voir de belles choses et j’essaie de faire des choses belles avec mes moyens. Si c’est réussi, tant mieux. Mais je ne suis pas toute seule à le faire, ça c’est impossible. C’est vraiment un boulot d’équipe. J’ai besoin d’être conseillée. C’est évident.

"Delacroix" – Catherine Meurisse – ©Dargaud

Dumas écrit cette très belle phrase : « Delacroix eut le courage de vivre » (P. 88) Est-ce que la beauté et le rire sont pour vous « le courage de vivre » ? Où en est La Légèreté aujourd’hui ?

Oui, c’est vrai, vous avez repéré des phrases qui… Le courage de vivre c’est très beau comme expression. La Légèreté c’est le titre de l’album qui est sorti en 2016, après Charlie, et ce titre s’est imposé immédiatement alors que j’étais dans un état lamentable. Je pense qu’il n’y a pas de légèreté dans La Légèreté. Elle se retrouve plus dans Les Grands Espaces, et plus encore dans Delacroix. Je crois que je l’annonçais, en fait. C’était un titre qui aller annoncer non pas ce qui avait dans l’album mais ce qui allait venir après... C’était le début de la quête de légèreté, comment retrouver un peu de joie de vivre, comment m’éloigner de la culpabilité, comment peser un peu moins que dix tonnes... La légèreté se retrouve dans Les Grands Espaces, dans l’insouciance de l’enfance, dans ses souvenirs d’enfances, regroupés, mis en scène. La légèreté est dans le coup de pinceau de Delacroix, inspiré par le vrai Delacroix, mais là en effet cette légèreté s’associe vraiment à la liberté. Ça c’est certain. C’est drôle comme j’ai besoin d’avoir des mots en tête qui me guident, auxquels je m’accroche quand je fais les livres. La Légèreté, c’était la beauté, Les Grands Espaces, c’était l’espace, ouvrir les fenêtre et les portes, et Delacroix, c’est la liberté. Je suis libre, je fais ce que je veux.

Est-ce que cette quête de la beauté a changé votre style graphique ? C’est conscient ou inconscient ?

Oui, ça change, je le vois. Est-ce que c’est conscient ? Alors je ne me regarde jamais dessiner, il faut quand même garder une certaine spontanéité. Bien sûr, je travaille mon dessin, j’essaie d’avoir un juste équilibre entre la spontanéité et le labeur. Je dessine rapidement, toujours, mais, je peux m’arrêter et prendre un peu plus le temps. C’est vrai que pendant quinze ans, quand je dessinais trop lentement, c’était mauvais signe, cela voulait dire que mon gag n’était pas bon, que la mise en scène n’était pas bonne. Cette impression vient du dessin de presse. Quand on rame trop, qu’on met trop de temps à trouver un gag, on se dit « non, c’est pas bon », on laisse tomber. J’ai fait mes bandes dessinées pendant 15 ans en me disant cela : « vite, vite, vite ». Je vais vite, je ne m’embarrasse pas du superflu parce que cela va peser. Le gag va être moins bon...

Je suis un peu revenue sur cette idée qu’il faut toujours courir pour que ce soit bien. Au contraire je trouve que la lenteur ne fait pas de mal à mon dessin. Une fois de plus, cela ne veut pas dire que je m’attarde sur mon dessin et que je regarde en disant : « Ah la la, comme c’est beau ! » Pas du tout ! Je prends le temps de réfléchir à une composition peut-être plus complexe de mon dessin. Je prends le temps de rêvasser avant de poser le crayon. Pour Delacroix, j’ai pris le temps de regarder ses toiles, comment il posait la couleur, pourquoi est-ce qu’il avait mis un jaune ou un rouge ici. Je prends un peu plus de temps et mon dessin est plus rond qu’avant.

"Delacroix" – Catherine Meurisse – ©Dargaud

İl s’arrondit ?

Oui vraiment c’est ça, il s’est arrondi. İl était très nerveux jusqu’ici, enfin surtout les premières années quand je suis entrée à Charlie à 25 ans. J’ai un dessin très pointu, très nerveux. Aujourd’hui, il est plus rond. D’ailleurs c’est drôle parce que dans cet album Delacroix, j’ai conservé certains dessins qui ont été publié en 2005. Si vous regardez bien vous pouvez voir que certains dessins sont très pointus, très nerveux, ce sont ceux de 2005. D’autres, qui sont plus nombreux, sont plus ronds. C’est vraiment le mot qui me vient à la bouche, c’est plus rond. Plus apaisé. Je me suis plus attardée sur le dessin et ça se voit.

Ce serait comme prendre son temps dans l’urgence ?

Oui. Hâte-toi lentement. C’est la devise des Médicis. Mais c’est vraiment ça, vous avez raison. Je ressens toujours une urgence à faire des livres. Je ne sais pas ce que sera le prochain, mais je sais qu’il faut que j’en fasse un. İl faut que ça sorte. C’est sûr qu’il y a une urgence à faire des livres.

Mais après, je ne veux plus dessiner en courant, je veux prendre le temps, l’urgence pour moi, c’est associé au dessin de presse, à la politique et à l’attentat contre Charlie où tout s’est effondré en une minute. Pour moi, la lenteur est un rempart. J’ose espérer que c’est un rempart contre cette violence et la course du monde qui, en dehors des attentats et des atrocités, court dans le mur mais en chantant. Je trouve que c’est une attitude plutôt saine de ralentir, de faire un pas de côté, de regarder vraiment là où on vit, comment on vit, avec qui on vit et qu’est-ce qu’on fait, plutôt que d’aller courir chercher l’iPhone numéro 34 ou 122.

Vous êtes marraine de l’année de la BD en 2020. En quoi consistera votre rôle ?

Catherine Meurisse : Alors je ne suis pas seule. L’autre marraine c’est Florence Cestac, et les deux parrains sont Régis Loisel et Jul. On va accompagner certains projets, il va y avoir de belles expositions et des projets pédagogiques. J’ai beaucoup d’espoir dans cette année de la BD, j’espère que ça ne va pas être qu’une fête du médium, mais qu’il y ait vraiment un focus sur les auteurs, leurs conditions de vie et leurs conditions de travail.

On sait tous que les auteurs sont précaires dans leur majorité, surtout les femmes, et qu’il y a probablement un système à revoir qui est très lourd à transformer. MPeut-être que l’année de la BD peut éclairer un peu les consciences et ne pas être qu’une fête. Cela va être, je pense, une année jalonnée de beaux évènements.

"Delacroix" – Catherine Meurisse – ©Dargaud

De plus en plus de femmes font partie du paysage de la bande dessinée. On croise beaucoup plus de jeunes étudiantes qui se destinent à travailler dans ce milieu. À votre avis pourquoi le nombre d’étudiante augmente par rapport à avant ?

Je crois que c’est la marche du monde. On va dans ce sens même si c’est très long. Les femmes arrivent progressivement aux mêmes postes que les hommes. Que ce soit dans les boîtes ou dans la BD, dans le dessin de presse. Les femmes commencent à rattraper le retard absurde qu’il y a et se font entendre. Avant on ne leur autorisait pas à faire des métiers d’homme. Et voilà, maintenant elles y arrivent.

Elles pensaient qu’elles ne pouvaient pas le faire et maintenant elles se disent qu’elles peuvent…

Oui exactement. Cela fait maintenant un moment qu’elles se disent qu’elles peuvent. Et tant mieux !

Vous avez plusieurs expositions : une à Galerie Barbier & Mathon, où l’on peut retrouver les originaux de votre livre Delacroix, vous faites aussi l’objet d’une vaste rétrospective proposant plus de 150 planches, dessins, manuscrits originaux, vidéos au Musée du Papier à Angoulême. Avez vous d’autres expositions ?

 ;J’ai fait une résidence artistique de quatre mois l’an dernier à la Villa Kujoyama à Kyoto au Japon et aussi, une plus courte, sur l’île d’İki (İki İsland, Japon) où on m’a demandé de visiter l’île et de revenir avec une série de dessins. Ce ne sont pas des planches de bande dessinée car le temps qui m’était imparti pour produire les œuvres pour une exposition était beaucoup trop court. Je vais donc faire des illustrations mais que j’espère reprendre plus tard dans un ouvrage. J’espère que cela va enclencher un travail sur le Japon et développer ce que j’ai vu à la Villa Kujoyama. Cela m’a fait du bien de voir le Japon qui a une culture très différente pour moi qui suis et fait des bandes dessinées très françaises.

"Drôles de femmes" - scénario Julie Birmant, dessin Catherine Meurisse, ©Dargaud

Vous avez aussi ressorti avec une nouvelle édition Drôles de femmes que vous aviez faites avec Julie Birmant.

Catherine Meurisse : Oui. Nous l’avions publié il y a dix ans. İl s’agit de neufs portraits de femmes célèbres. J’aime beaucoup ce livre. Je trouve les reportages de Julie Birmant pertinents et drôles. Elle a eu la bonne idée d’interviewer ces femmes hors promo. Moi, je l’accompagnais. On est donc allé rencontrer ensemble Anémone dans les Deux-Sèvres, Amélie Nothomb dans son bureau à Paris, on est allé voir Tsilla Chelton à Bruxelles et Claire Bretécher aussi qui nous a parlé de son amie Dominique Lavanant. C’était en 2009, je rencontrais pour la première fois Bretécher, chez elle, cela m’avait vraiment marqué parce que c’est une idole.

Toutes ces femmes ont un parcours étonnant elles ont voulu être et sont devenues comédiennes, écrivaines, actrices, dessinatrices comme Florence Cestac qu’on retrouve aussi dans le livre. Elles ont dû ramer parce que c’était des métiers où les hommes excellaient et étaient surtout connus. C’était vraiment un terrain destiné aux hommes mais elles y sont arrivées. İl y a une gaîté, une mélancolie qui traverse ces témoignages. Ce sont aussi des femmes qui ont de l’humour, elles sont épatantes, on peut s’inspirer de chacune d’elle. Elles sont des femmes libres qui ont commencé avec des boulets aux pieds, entravées, mais qui ont gagné leur liberté et qui sont admirables pour cela. Aujourd’hui, elles sont de véritables exemples. Nous ne voulions pas que ce livre se perde, disparaisse.

"Drôles de femmes" - scénario Julie Birmant, dessin Catherine Meurisse, ©Dargaud

Quelles étaient vos dessinateurs préférés quand vous étiez enfants et aujourd’hui ?

Je crois que c’est toujours un peu les mêmes. Petite, j’ai adoré très vite les Quentin Blake qui illustrait les romans de Roald Dahl. J’adorais aussi Le Petit Nicolas de Sempé et Goscinny. C’est vraiment mes lectures de prime jeunesse. Je pleurais de rire, trouvais cela à la fois tendre et hilarant. Sempé reste un maître que je regarde régulièrement. Quentin Blake aussi. Je trouve qu’il a la grâce, il est généreux et j’ai eu la chance de le rencontrer il y a quelques années. İl est passionnant, il aime la jeunesse, le travail des jeunes, s’y intéresse, il peut donner des conseils, il est formidable. Petite aussi j’ai lu Tommy Ungerer, que j’aime toujours. Mais j’aime surtout les grands illustrateurs. İl y en a plein d’autre Bofa, Steinberg, Beuville bien sûr, Dubout, Charles Addams, Edward Gorey, tous les Anglos-Saxons, William Steig, Ronald Searle. Sasek aussi, un illustrateur tchèque. C’est vrai qu’ils sont indémodables, indéboulonnables. İl y en a plein.

"Drôles de femmes" - scénario Julie Birmant, dessin Catherine Meurisse, ©Dargaud

Que conseillez vous à des jeunes gens qui commencent le dessin et qui ont envie de devenir dessinateurs, illustrateurs, auteur de bande dessinée ? Comment vous leur conseilleriez d’avancer ?

De travailler longtemps, et surtout de rencontrer des auteurs assez tôt. Les rencontrer lorsqu’ils sont invités dans les écoles, ou lors des expos. Moi je n’osais pas, j’étais timide mais en fait, il ne faut pas, il faut montrer son travail aux dessinateurs professionnels et ne pas hésiter à se prendre des sales remarques. Ce sera toujours constructif.

Pour ceux qui souhaitent faire de la bande dessinée, ne pas lire que de la BD mais surtout lire plein d’autres choses. Aller voir des films, des expositions, aller dans les fondations d’art contemporain. İl faut aller chercher les inspirations plus loin. On commence toujours par copier un dessinateur qu’on aime, bien sûr, comme par exemple Walt Disney ou un autre. Mais il ne faut surtout pas chercher à imiter le style d’un copain de BD qui a juste quinze ans de métier de plus que soi. Ce n’est pas intéressant. İl faut aller voir ailleurs. Moi je regarde plutôt du côté de Doré, Daumier, Hopper, Courbet, Manet, Odilon Redon, Goya. Je ne regarde quasiment que les peintres.

"Delacroix" – Catherine Meurisse – ©Dargaud

C’est ainsi que l’on crée son propre style ?

Oui exactement. Tout seul. Je me souviens, à l’école Estienne, je n’avais pas de style mais certains autres élèves en avaient. Je me souviens que certains professeurs disaient : « Vous vous débarrassez de votre style, vous allez tout remettre à plat et puis le style vous verrez ça viendra plus tard. Vous oubliez ce mot. Vous laissez tomber et vous faites des essaies, vous expérimentez. » Ça c’est pour quand on est étudiant, quand on commence à bosser, il vaut mieux déjà avoir une écriture dans laquelle on vous reconnaît un peu. Heureusement on peut faire évoluer cette écriture.

(par Zeynep Su)

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Drôles de femmes, scénario Julie Birmant, dessinateur Catherine Meurisse, Dargaud, paru le 22 novembre 2019, 19,99€

Exposition Delacroix à la Galerie Barbier & Mathon à Paris.
Du 13 décembre 2019 au 11 janvier 2020

Exposition rétrospective de Catherine Meurisse au Festival İnternational de la Bande Dessinée à Angoulême
Janvier 2020

Exposition Catherine Meurisse à la Villa Médicis à Rome.
Jusqu’au 1er mars 2020.

L’Académie des beaux-arts de l’Institut de France lui consacrera une exposition personnelle en septembre 2020.

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