Dans l’antre de Jean-Michel Nicollet

6 février 2021 4
  • C’est l’illustrateur des plus grands auteurs du fantastique et de la SF : Edgar Allan Poe, Jules Verne, Arthur Conan Doyle, Lovecraft, Pierre Véry, Jean Ray ou R.L. Stine. Ses fantasmes ténébreux ont illustré les couvertures des éditions Né0 comme de "Métal Hurlant". Comme prof, il a transmis son art dans le cadre de la fameuse École Émile-Cohl à Lyon. C’est tout cela et plus encore que Jean-Michel Nicollet nous raconte dans l’interview qu’il nous a accordée dans le secret de son antre parisien. Un auteur érudit et particulièrement « habité ».
Dans l'antre de Jean-Michel Nicollet
"Tardi Monographie" par Thierry Groensteen - Magic Strip (1980)

Compagnon de route de Jacques Tardi, qu’il avait croisé à l’École des Beaux-Arts et avec qui il partagea un atelier dix ans durant, il a l’esprit et le regard tourné d’abord, comme lui, vers le XIXe siècle avant d’explorer les noirs tréfonds du XXe.

Ses débuts professionnels, il les fait en réalisant des couvertures pour Folio dans les années 1970, puis pour le mensuel de charme Lui . Il travaille aussi pour l’éditeur d’avant-garde pour la jeunesse Harlin Quist qui a révolutionné le livre pour enfants.

Mais c’est sa participation à Métal Hurlant et à Heavy Metal qui est encore dans toutes les mémoires des amateurs de bande dessinée. Là, il publie d’abord Le Diable (Humanoïdes Associés, 1979 ; réédité chez Zampano, 2006), puis Ténébreuses Affaires (1979), sur des scénarios de Picaret et de lui-même. Il partage avec sa compagne d’alors, Kelek [1], un goût pour le fantastique « dark » peuplé de vampires, de monstres visqueux et de goules cruelles, mêlant horreur et érotisme. S’ensuivent, en collaboration avec Kelek, Le Rejeton de l’univers (1980) pour le même éditeur et Le Manuscrit d’Orvileda, avec François Rivière (Hachette, 1980).

Les éditions NéO (Nouvelles éditions Oswald), la collection Folio Junior ou encore Chair de poule lui doivent une bonne part de leur identité graphique. C’est par centaines qu’il a réalisé des illustrations, toutes trempées d’étrange, pour ces éditeurs. Elles ont fait l’objet de recueils publiés pour la plupart chez Zampano : NéO (2008) où l’on retrouve l’essentiel des illustrations pour cet éditeur ; Miroirs (2009, préface d’Enki Bilal) où l’on retrouve notamment ses couvertures pour ses romans noirs et pour Harry Dickson ; et un inédit : Chambres meublées (2011) illustrant des nouvelles de Serge Lehman.

Kelek et Nicollet par Kelek



En 1979, il est récompensé par le Premio Grafico Fiera di Bologna per l’Infanzia de la Foire du livre Jeunesse de Bologne (Italie), l’une des plus importantes récompenses au monde pour un illustrateur pour son travail sur L’Histoire du petit Stephen Girard de Mark Twain.

Au bout de cette longue carrière très productive, il rejoint l’École Émile-Cohl à Lyon, où il devient le professeur d’illustrateurs et dessinateurs aujourd’hui prestigieux comme Mathieu Blanchin, Philippe Jozelon, Didier Graffet ou François Roca.



Lors de notre entretien, il raconte sa vocation, ses influences, sa carrière dans une réflexion artistique qu’il égrène paisiblement en tirant sur sa bouffarde. Une belle rencontre.


Un reportage de Didier Pasamonik, François Rissel et Cédric Munsch.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

(par François RISSEL)

(par Cédric Munsch)

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[1Pseudonyme de Jacqueline Barse. NDLR.

 
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