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Coco : du dessin « coup de poing » au dessin résilience

  • La vie n’est pas un dessin, on ne l’efface pas d’un coup de gomme. Celle de Coco sera définitivement associée à « Charlie Hebdo », même si pour cette dessinatrice encore jeune et à la carrière bien remplie, il reste encore un long chemin à parcourir, notamment en succédant à Willem comme éditorialiste graphique pour Libération. De ses débuts à l’École européenne supérieure de l’image de Poitiers à ses premiers pas à « Charlie Hebdo » avec qui elle a vécu la journée terrible des attentats du 7 janvier 2015 et la renaissance de la feuille satirique avec le numéro des « survivants », sujets de son album « Dessiner encore » (Les Arènes BD), Coco nous raconte son parcours. Un document émouvant et marquant.

L’année 2021 s’est ouverte avec « le procès des complices » de l’assassinat de la rédaction de Charlie Hebdo. Coco a été celle qui, sous la menace, a été contrainte d’ouvrir la porte aux assassins. Elle a été aussi la première à découvrir l’ampleur de la tragédie : ses amis dessinateurs morts qui, la semaine précédente étaient encore pleins de vie : Cabu, son mentor, Charb le chef de bande, Tignous l’enjoué, Honoré le taiseux, Wolinski le grivois, Bernard Maris le prof et les autres, tous les autres qui, en ces journées terribles, sont tombés pour défendre notre liberté de conscience, notre droit à la libre critique et à la libre expression.

Coco : du dessin « coup de poing » au dessin résilience

C’est un trou béant dans lequel -comment peut-il en être autrement ?- elle se laisse engloutir, recouverte par une vague froide et bleue qui la submerge. Elle aimerait bien les laisser derrière elle, mais il y a les fantômes qui sont là, noirs et menaçants, et puis la tristesse, la douleur, la culpabilité, la perte d’une certaine insouciance, l’idée qu’il y a une étape de sa vie qui est dépassée, sans espoir de retour en arrière.

Et le procès survient, qui oblige à répéter les faits, encore et encore, dans le détail, à les confronter aux témoignages des autres. Moments insupportables et pourtant nécessaire catharsis.

Car il faut se reconstruire et le dessin est le lien le plus solide avec le monde extérieur : cause des malheurs et en même temps raison d’être. Cette réflexion existentielle, on la retrouve dans Dessiner encore ! (Les Arènes BD) qui, après Catharsis de Luz (Futuropolis) et La Légèreté de Catherine Meurisse (Dargaud), revient sur la tragédie de Charlie Hebdo et constitue un document d’une probité incontestable sur un événement qui aura marqué notre époque.


Un reportage de Didier Pasamonik et François Rissel. Montage vidéo : Cédric Munsch.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

(par François RISSEL)

(par Cédric Munsch)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Coco – "Dessiner encore" – Les Arènes BD

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Notre chronique de l’album » « Dessiner encore ! (Les Arènes BD)

 
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