Double Masque - T4 : "Les Deux Sauterelles" - Par Dufaux & Jamar - Dargaud

13 novembre 2008 0
  • {Deux Sauterelles} est le dernier album du premier cycle de {Double Masque}. {{Jean Dufaux}} et {{Martin Jamar}} abordent en filigrane de leurs intrigues fictionnelles le destin du Premier consul Napoléon Bonaparte. À la veille de la création de l’Empire, on veut assassiner le futur empereur!

Paris. Février 1804. Le Premier consul Napoléon Bonaparte fait venir Fouché dans ces bureaux. L’homme est en bonne grâce depuis qu’il a résolu « l’affaire des lettres » qui aurait pu embarrasser l’État ! Des personnes peu attentionnées avaient mis la main sur des écrits enflammés que le second consul Cambacérès et futur Grand Chambellan de l’Empire adressait à un jeune amant. Napoléon fait miroiter à Fouché la possibilité de le réintégrer dans sa fonction de chef de police s’il arrive au bout de cette prochaine mission. Un complot se prépare visant à renverser Bonaparte. Fouché doit écraser la rébellion dans l’œuf et mettre les comploteurs hors d’état de nuire. L’homme saisit l’occasion de redorer son blason, mais ne se doute pas que les ennemis de Napoléon ont infiltré son cercle intime. François, alias « La Torpille », un escroc qui a l’habitude d’effectuer des basses besognes pour le Premier consul, enquête également…

Les deux premiers albums nous avaient peu convaincu. L’introduction de Double Masque était un moment de lecture agréable, mais l’intrigue n’avait aucun piquant ! Jean Dufaux a renversé la vapeur avec L’Archifou et cet album-ci, Deux Sauterelles, confirme ce mouvement ! Il décoche régulièrement un trait d’humour dans les propos de Bonaparte et de François, "la Torpille", un personnage haut en couleurs dont la démesure fait parfois penser à Giacomo C.

En 2004, le scénariste nous disait : « Giacomo C, Double Masque ou les Rochester sont des sujets où les portes débouchant sur l’humour peuvent être poussées et ouvertes. C’est passionnant, car cela permet un tempo très différent : le découpage fonctionnera plutôt autour du dialogue. Ce sont des scènes qui sont moins évidentes pour le dessinateur, car le dessin se doit d’être au service du scénario. ». Jean Dufaux, comme à l’accoutumée, réinvente l’histoire et donne enfin le meilleur de lui-même dans cette série dont on est heureux qu’elle soit enfin sur de bons rails.

Servi par un trait réaliste quoique légèrement caricatural, le dessin de Martin Jamar est raffiné, précis, impeccable. On notera le soin particulier consentis pour les décors. Tout en étant fidèle à une rigueur de la représentation historique qu’il a acquise dans François Julien et Les Voleurs d’Empires. Martin Jamar réalisera la prochaine histoire, qui devrait tenir en deux albums, en couleur directe. Nous vous en reparlerons prochainement.

(par Nicolas Anspach)

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Lire la chronique du T1, T2 et du T3

Lire une interview des auteurs - Jamar & Dufaux : « Pas question d’écrire un récit didactique sur Napoléon » (Octobre 2004)

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