Joker War T.2 - Par James Tynion IV - Guillem March & Jorge Jimenez & Collectif - Urban Comics

16 avril 2021 0
  • Remarquable en tous points ! Cet album est une démonstration graphique de haute voltige associée à une trame soutenue. La guerre menée par le Joker touche tous les domaines d'activité faisant de lui le grand ponte du crime !

Tandis que le Joker et sa nouvelle compagne Punchline ont pris le contrôle de Wayne Enterprises, Batman se retrouve désarmé, sans moyen financier ni le moindre accès à ses multiples gadgets. Un coup de maître instauré par son ennemi de toujours qui s’est permis d’utiliser les techniques du Designer en mode copycat ce qui a affaiblit Le Chevalier noir sur tous les fronts. Catwoman semble être la plus affectée, non seulement psychologiquement par ses mauvais souvenirs lors de sa rencontre avec le Designer, mais également physiquement par sa récente défaite face à Punchline, qui s’est associée à son ancien amant.

Le milieu boursier et financier est confronté à de rudes fluctuations suite à l’abolition de Bruce Wayne, qui voit son empire pris en charge par Harlan Graves, un nouveau conseiller juridique. Batman est détrôné et la ville, comme tout ce qu’il a créé, lui échappe.

La destitution pour l’un, la réussite pour l’autre : le Joker, à la tête de 100 milliards de $ se lance dans une campagne visant à racheter chaque cinéma de Gotham, du plus pittoresque tel que le "Monarch Cinéma", connu en son temps comme l’allée du crime, aux plus insignifiantes salles d’arts et d’essai de Burnside, dans l’unique but d’entreprendre le lavage de cerveau de chaque spectateur. Mais les plans diaboliques et rusés du Joker ne se limite pas au divertissement ; ils se répercutent à tous les domaines d’activités, lui qui concrétise enfin son idéal de dominer tout Gotham. Les gangs rivaux se rallient à sa cause, plus aucun endroit n’est sécurisé, tout part en vrille ...

Tout comme pour le premier tome de Joker War, nous faisons face à de nombreux flashbacks, le récit évolue à travers différentes époques. Celle où l’association Bruce Wayne & Alfred son majordome étaient synonymes de réussite là où aujourd’hui le Batman est accablé, affaibli, en totale introspection sur lui-même. James Tynion IV privilégie tout de même l’apparition d’Alfred sous une forme de spectre lors des nombreuses hallucinations que subit La Chauve souris, notamment sous l’influence des toxines administrées à son insu par Punchline. Alfred demeure donc un protagoniste incontournable, autant lors de son vivant que disparu.

James Tynion IV développe peu à peu son plan machiavélique visant à destituer Le Chevalier noir de tout son arsenal, à renforcer la toute puissance de son rival, et à mettre le feu aux poudres dans chaque recoin de Gotham. Plus les chapitres se suivent, plus on voit un Batman dévasté, sans le moindre contrôle sur sa personne. D’ailleurs, notons que c’est monnaie courante récemment de le voir sous l’emprise d’une drogue prise malgré lui et le paralysant en lui remémorant des souvenirs accablants. Tout du contraire du Joker, qui s’affiche décomplexé et en pleine confiance.

Joker War T.2 - Par James Tynion IV - Guillem March & Jorge Jimenez & Collectif - Urban Comics

D’ailleurs, l’une des réussites du Joker porte un nom : celui du personnage de Punchline, qui a de quoi donner le tournis. Cynique, brutale, sans cœur. Certes, la brune n’est point la première à agir de la sorte, mais chacune de ses apparitions démontrent sa soif de destruction, faisant d’elle l’alter ego idéal pour le Joker. C’est elle l’antagoniste de ce récit, au détriment d’une Catwoman toujours traumatisée, et de Harley Quinn.

Nous noterons également l’apparition d’un nouveau venu, un protagoniste pour le moins original : "Clownhunter", littéralement le chasseur de clowns. On ignore ses réelles motivations, mais il s’en prend directement aux hordes du Joker.

Lors du premier acte, la partie graphique était déjà fortement relevée, il en est de même ici puisqu’on retrouve le duo Jorge Jimenez et Guillem March pour la plupart des chapitres. Ils ne cessent d’innover en créant des décors magnifiques à l’aide de découpages tonitruants. Certaines planches frôlent la perfection, tant par le trait d’une précision chirurgicale que par la palette de couleurs jouant sur la luminosité et cet effet électrique à souhait. C’est le cas du chapitre se déroulant dans les cavernes de Gotham, cet havre enchanteur créé par Poison Ivy, pour se refaire une santé. Un recoin de la ville aux antipodes du monde lugubre de la surface, un Eden paradisiaque où les fleurs et les plantations donnent du baume au cœur.

D’autres dessinateurs tels que Tony Daniel & Mikel Janin se partagent certains chapitres, ceux-ci répondent favorablement à nos attentes sans toutefois égaler l’excellent travail de leurs collègues.

Joker War nous en met plein les yeux et on en redemande ! Sans temps mort, d’une qualité graphique somptueuse, vivez la guerre de Gotham comme vous ne l’avez jamais vue !

©Jorge Jimenez / Urban Comics

(par Marc Vandermeer)

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