José Muñoz, un choix naturel pour l’Académie des Grands Prix

29 janvier 2007 0 commentaire
  • Effervescence à l’hôtel Mercure d’Angoulême dimanche midi. Une vingtaine de journalistes couraient dans tous les sens pour obtenir un commentaire des membres du jury à propos de l'élection du nouveau lauréat. La nouvelle était tombée rapidement : le dessinateur argentin {{José Muñoz}} était le 35ème président du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême.

Le nom de José Muñoz avait déjà été évoqué lors des précédentes élections de l’Académie des Grands Prix. « Ces dernières années, il a été plusieurs fois à deux doigts de passer, nous confie André Juillard. A un doigt même l’année dernière. Finalement nous avions opté pour Lewis Trondheim ». Cette élection a semble-t-il été une évidence pour la plupart des membres de l’Académie. Un choix rassembleur, puisqu’il a été rapidement applaudi avec enthousiasme par bon nombre de professionnels qui appréciaient son trait novateur et sans concession, ainsi que l’intégrité d’un parcours qui ne concéda à aucune mode.

José Muñoz, un choix naturel pour l'Académie des Grands Prix
Wolinski, qui a été l’un des premiers à publier José Muñoz en France, dans "Charlie Mensuel" commente son élection.
Photo (c) N. Anspach

Muñoz récompensé par ses pairs pour l’ensemble de son œuvre, nous apprenons que d’autres noms circulaient avec insistance parmi les favoris : celui de Joann Sfar par exemple. Pourquoi n’a-t-il pas été élu cette année ? Parce que l’étonnant Niçois recueille encore quelques voix hostiles dans l’Académie. Plus sûrement parce que celle-ci n’a pas souhaité privilégier une génération plus qu’une autre, ni tenir compte du compagnonage étroit qui unit le président de l’édition 2007 avec l’auteur du Chat du Rabbin.

Muñoz associe son prix à Carlos Sampayo

Prévenu par son attachée de presse, il était passé 16h00 lorsque le dessinateur argentin débarque à Angoulême. Arrivé en train de Paris où il réside depuis 2001, José Muñoz a rejoint le grand salon de l’Hôtel de Ville sous les yeux de Lewis Trondheim et de ses éditeurs. A l’issue de la conférence de presse orchestrée par les organisateurs, il a fait part de son émotion. Il rappelle le rôle du Festival dans sa carrière qui, en primant ses albums en 1978 et 1983, l’avait fait, dit-il, "entrer dans le monde de la bande dessinée".

Dans un français encore teinté par un bel accent argentin, il se définit par rapport au Festival, comme "un habitué" : "je suis passé, dit-il, du statut de jeune excité à celui de vieillard excité !". Il ne manque pas d’associer à ce prix son complice de toujours, le scénariste Carlos Sampayo : "Ce prix, c’est pour tous les deux... Il n’est pas possible de nous séparer".

De gauche à droite : Mézières, Lauzier, Froideval, Cabanes, Boucq et Giraud... Qui n’est pas membre du jury ? Cherchez l’intrus !
Photo (c) Nicolas Anspach

Interrogé sur la tonalité qu’il souhaite apporter au Festival lors de l’édition 2008, il explique être "en train de faire un peu de maturation intellectuelle" et lance aussitôt l’idée d’un spectacle de tango, ce qui emballe immédiatement le directeur artistique Benoît Mouchart ! A tous les spectateurs présents, José Muñoz nous apparaît comme un grand monsieur, humble et lunaire, qui estime avoir « passé beaucoup de temps à dessiner et n’avoir pas assez profité de la vie »...

Le dessinateur, reconnu aujourd’hui par ses pairs de l’Académie des Grands Prix, devra dans quelques mois restreindre son activité créatrice pour s’impliquer, s’il le souhaite, dans une édition 2008 du Festival de la Bande Dessinée d’Angoulême qui n’annonce, grâce à lui, sous les meilleurs auspices.

(par Nicolas Anspach)

(par Arnaud Claes (L’Agence BD))

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Photo en médaillon (c) A. Claes.

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