L’espoir assassiné - Le cri du Peuple, n°2 - Tardi et Vautrin - Casterman

25 septembre 2002 0 commentaire
  •  Avec "Le cri du Peuple", Tardi et Jean Vautrin font revivre, au travers des aventures d'une multitude de personnages à la personnalité soigneusement étudiée, un épisode dramatique de l'histoire de France: la Commune.

Antoine Tarpagnan a décidé de venir chercher la belle Caf’Conc’, et tant pis si La Joncaille et ses gars rappliquent et cherchent à faire du grabuge. Dans la fièvre communarde de Paris, toutes les passions se déchaînent. Cette fois, Antoine aura bien de la veine s’il réussit à s’en sortir vivant. Heureusement, ça se sait qu’il a viré communard, alors il y en a qui lui filent un coup de main. Grondin, blessé et convalescent, attend lui aussi son heure pour faire la peau à Tarpagnan… Pendant ce temps, la Commune se fait, l’Histoire avance.

Ce deuxième tome, très attendu, n’a franchement rien à envier au premier : un argot pur et dur, haut en couleurs, débité par des personnages rocambolesques. La gouaille et le talent sans conteste des auteurs laissent plein d’admiration, presque sans voix. Merci à eux : "Le Cri du Peuple" est un véritable chef d’œuvre.Les canons du 18 mars, premier titre de la série, a reçu l’Alphart du public et l’Alphart du dessin à Angoulême en janvier 2002.

(par Patrick Albray)

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Il fallait l’expérience et la maestria de ces deux grands auteurs pour réussir à tenir la route au long de ce long récit avec tous ces personnages, qui ne cessent de se croiser et de se perdre durant ces trois fois 80 pages (dont ce tome ne constitue que la deuxième partie). Autant de personnalités fortes, dont les destins dramatiques, parfois terribles, restituent toutes les facettes d’un Paris dur et cruel, où les idéaux ne résistaient pas longtemps à la violence de la réalité. Le travail du noir et blanc de Tardi, qui excelle dans la restitution des "gueules" des petites gens, force le respect. Et l’équilibre de la narration, qui entremêle les différentes étapes historiques de la Commune avec les récits parallèles vécus par tous les protagonismes, n’inspire qu’admiration. "Un chef d’oeuvre", écrit l’éditeur. Pour une fois, ce terme n’est pas galvaudé.

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