Le Chemisier - Par Bastien Vivès-Casterman

6 novembre 2018 3 commentaires
  • Dans ce roman graphique, on retrouve un des thèmes classiques de Bastien Vivès : un parcours féminin en déviation salutaire, qu'il traite sa finesse et sa sensibilité, mais cependant aussi avec certains fils un peu épais. Reste alors le charme du dessin, toujours aussi captivant.

Il aura suffit de changer de haut pour voir la vie autrement... Un peu court, mais c’est en tous cas le point de départ du dernier Vivès, récit de métamorphose, d’éveil féminin, d’émancipation.

Séverine apparaît bien sage dans les premières pages : son petit ami ennuyeux et immature, son concours de prof, son boulot de baby-sitter. Justement, le chemisier de la mère de famille qu’elle revêt change brusquement le regard des autres, des hommes surtout. Commence alors un parcours sans limites, au cours duquel Séverine s’autorise des aventures, des rencontres impromptues, et de s’imaginer une autre vie. Jusqu’à un drame qui changera encore la donne.
Le Chemisier - Par Bastien Vivès-Casterman
Comme souvent avec les albums de Bastien Vivès, on est à la fois sous le charme et un peu agacé. Les scènes érotiques, assez crues, semblent dispensables et l’événement qui apparaît en fin de récit sonne un peu faux. Mais il y a ces personnages, qui eux sont justes. Notamment ces hommes croisés par Séverine, dans leur vérité pas toujours glorieuse, mais toujours crédibles. Et cette science du regard qui donne de l’intérêt à toutes les scènes.

Plus qu’une une nouvelle ode au genre féminin (entonnée déjà avec Elles en 2007), Le Chemisier parle beaucoup de liberté, un thème plutôt nouveau pour l’auteur.

(par David TAUGIS)

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3 Messages :
  • Le Chemisier - Par Bastien Vivès-Casterman
    6 novembre 18:07, par PhilC

    Je vous trouve bien indulgent alors même que votre chronique évoque une partie de ce qui fait de ce livre un complet ratage :
    - Des scènes de sexe priapiques qui tombent à plat et laissent à penser qu’à trop vouloir publier l’auteur finit par mélanger les planches des ses divers opus en cours.
    - Une héroïne que l’on arrive jamais à trouver sympathique mais qui étouffe les personnages secondaires qui, du coup, sont inconsistants.
    - L’assurance prise par Séverine en portant le chemisier se situe presque exclusivement dans sa libido débridée (la soutenance de thèse qui devrait être plus essentielle est vaguement évoquée en quelques cases). Je ne suis pas sûr que le genre féminin s’y retrouve.
    - Et enfin, comme vous le dites, le final est un peu affligent.

    On ne retrouve jamais la grâce dont est capable l’auteur. On est à des années-lumières de Polina. C’est incontestablement l’oeuvre la plus mauvaise de sa carrière.

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    • Répondu par Thierry le 8 novembre à  12:19 :

      La chronique est assez juste, selon moi.
      Ce récit est une belle promesse mais qui reste à l’état de promesse. En effet, l’argument est assez intéressant : comment le regard des autres change profondément une personne.
      Je rejoins le propos précédent sur le fait que la prise de confiance en soi de l’héroïne ne se situe que dans un désir sexuel de l’autre vis à vis d’elle.
      Et c’est là tout le problème à trop vouloir montrer du cul, on se perd dans une démonstration où le propos ne serait qu’un prétexte à de scènes érotiques, inutiles de surcroit.
      Cela m’a rappelé la vie d’Adèle, bon film, mais, notamment, une scène d’ébats (assez crus) entre les deux protagonistes qui dure par mois de 14 minutes (j’ai compté) interroge sur le désir du réalisateur de rincer l’œil que de dire la vérité d’une relation.
      Et, il en va de même pour Bastien Vivès...

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      • Répondu par Henri Khanan le 8 novembre à  17:41 :

        Oui, la vie d’Adéle, dont les deux actrices se sont étonnées de la longueur du tournage (plusieurs jours !! ) de la grande séquence d’amour lesbien. De plus, impatient, le cinéaste leur a imposé de commencer le tournage par cette scène. Pour Vivès qui bénéficie déjà de publications bien crues dans la collection BD-Cul des Requins-Marteaux, avec des albums vendus sous cello, voire retirés des rayons de plusieurs libraires, on peut s’étonner qu’il persiste à exprimer sa libido chez un éditeur sérieux comme Casterman. Son Pollina était quand même plus rafiné, pour ne pas dire subtil.

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