Seven Deadly Sins T13 - Par Nakaba Suzuki - Pika Édition

4 mars 2016 0 commentaire
  • Fin en apothéose de la bataille de la Capitale et du premier arc narratif de la série. Au programme : révélation, technique secrète et résolution de l'intrigue principale... ou presque. Tout est prêt pour se lancer dans la seconde partie de ce brillant « shônen », l'un des meilleurs du moment.

Contraint de se cacher après avoir été accusés de trahison, les Seven Deadly Sins, un légendaire groupe de chevaliers, se reforme sous l’impulsion de la princesse Elizabeth dans le but de mettre en échec les sombres machinations des deux Généraux des Chevaliers Sacrés du royaume de Liones : Dreyfus et Hendrickson.

Nous avions laissé nos héros en opération d’infiltration dans la Capitale pour y délivrer Elizabeth, enlevée pour mener à bien rien de moins que la résurrection du clan des Démons, scellé il y a 3000 ans par l’alliance des Déesses, des Géants, des Fées et des Humains.

Ce treizième tome conclut la bataille qui vise à la fois à sauver Elizabeth et à mettre à jour la conspiration fomentée par les Généraux. Il débute par ce que nous pouvons définir comme le moment choc du tome, qui se retrouve en couverture : l’éveil d’Elizabeth à ses pouvoirs de druidesse, où comment la demoiselle en détresse prend une nouvelle dimension.

Seven Deadly Sins T13 - Par Nakaba Suzuki - Pika Édition
Elizabeth : Apôtre des Déesses !
NANATSU NO TAIZAI © 2013 Nakaba SUZUKI / Kodansha Ltd.

S’ensuit le dernier round du combat contre Hendrickson qui propose une stratégie finale simple et efficace, mais permet une victoire relativement cohérente, rapide et collective : un pur moment nekketsu [1] qui apporte la touche finale à une bataille qui sait marier action, émotion et mise en situation des héros d’une très belle manière : la planche où King apparaît devant Diane blessée étant devenu rapidement culte chez les fans.

Les Sins enfin reconnus en tant que héros !
NANATSU NO TAIZAI © 2013 Nakaba SUZUKI / Kodansha Ltd.

Ce tome s’articule autour de trois moments forts : la dénouement de la bataille donc, les réjouissances de circonstances et le lancement du second acte de la série. Signalons que Nakaba Suzuki a indiqué en interview, publiée au Japon au moment de la fin de ce premier acte, qu’il en avait prévu trois en tout : s’achevait ainsi celui consacré aux « Chevaliers Sacrés » pour suivre celui des « Démons ».

Il y admit également qu’il était prêt à réaliser une séquelle -sans doute consacrée au Roi Arthur et aux Chevaliers de la Table Ronde si nous lisons correctement entre les lignes- mais ce qui nous semble à retenir pour le moment, c’est bien que le mangaka ait en tête son histoire complète en trois parties et qu’il s’y tiendra. Il n’étirera pas artificiellement son récit original et s’il poursuit, ce sera sous forme de séquelle.

Une position suffisamment rare dans l’univers des shônen manga [2] à succès pour être soulignée, mais sans doute guère étonnante vu le parcours de Nakaba Suzuki qui n’est ni un débutant (sa première série date de 1998), ni un « employé d’éditeur » : il a « roulé sa bosse » chez les quatre grands éditeurs japonais en alternant des séries très différentes.

Outre ces questions de maîtrise de scénario, nous retrouvons également dans ce tome l’efficacité et la rapidité du mangaka à enchaîner les actions et à saisir des moments intimes et touchants.

Ainsi, nos héros sont définitivement réhabilités tandis que Merlin, la sixième « Sin », réintègre officiellement le groupe, et son absence nous est narrée par d’amusantes pages bonus s’intercalant entre les chapitres. Quant à l’inévitable fête de la victoire, elle propose une double page étonnante : d’un côté des scènes de joie, et de l’autre certains personnages nous sont montrés seuls et tristes, rappelant que tout ne finit par encore bien.

Enfin, plusieurs petites choses se trouvent lancées en fin de tome, certaines de façon anodine ou comique, dont la principale est le départ de Ban, accompagné bon gré mal gré de King et Jericho, pour la forêt du Roi des Fées… Déjà des séparations alors que toute la dynamique du premier arc narratif avait pour objet de rassembler les « Sins » ?

Comme toujours avec Seven Deadly Sins, le récit conjugue une impressionnante maîtrise densité des évènements et des situations à une exécution rapide et étonnamment fluide, le tout exprimé avec un charme faussement désuet.

En effet sous ses airs de classicisme et de simplicité l’œuvre de Nakaba Suzuki propose une trame narrative extrêmement fouillée, regorgeant de surprises et de secrets, peuplée de personnages aussi attachants que « badass », offrant une relecture tout à fait singulière de la Légende Arthurienne.

Festivité nocturne sous l’œil de Mama.
NANATSU NO TAIZAI © 2013 Nakaba SUZUKI / Kodansha Ltd.
Ban bien accompagné pour sa virée en solitaire !
NANATSU NO TAIZAI © 2013 Nakaba SUZUKI / Kodansha Ltd.

(par Guillaume Boutet)

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Seven Deadly Sins T13. Par Nakaba Suzuki. Traduction Fédoua Lamodière. Pika Édition, collection "Shônen". Sortie le 3 février 2016. 192 pages. 6,95 euros.

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Seven Deadly Sins sur ActuaBD :
- Lire la présentation de la série,
- Lire la chronique des tomes 4&5,
- Lire la chronique du tome 9.

Concernant les autres œuvres de Nakaba Suzuki :
- Lire la chronique des tomes 1 & 2 de Kongoh Bancho,
- Lire la chronique du tome 3 de Kongoh Bancho,
- Lire la chronique du tome 11 de Kongoh Bancho.

[1Nekketsu : signifie « sang bouillant », ce vocable désigne un type de récit au traitement exacerbé et exagéré dans ses situations et dans la manifestation des émotions.

[2Shônen : désigne un type de manga ayant pour cible éditoriale les garçons adolescents.

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